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Accueil du site > Actualités > International > Les 60 ans de Poutine, tsar du chaud business

Les 60 ans de Poutine, tsar du chaud business

Il a réussi à redonner de la fierté à un peuple qui s’est senti brisé avec la défaite politique et idéologique du communisme. Sa popularité s’est cependant fondée sur un système policier qui malmène la démocratie. Depuis décembre 2011, des yeux s’ouvrent…

Dimanche 7 octobre 2012, Vladimir Vladimirovitch Poutine a 60 ans. Il arrive à un âge canonique, l’ancien âge de la retraite ; mais c’est encore jeune pour quelqu’un qui est au pouvoir depuis près de treize ans et qui compte bien y rester.


Chavez, élu à la russe

Son ami Hugo Chavez, deux ans plus jeune mais au pouvoir un ans plus tôt que lui (depuis le 2 février 1999), lui, va essayer à se faire réélire une nouvelle fois ce même dimanche. Il avait été déjà élu trois fois : le 6 décembre 1998 (56%), le 30 juillet 2000 (59,5%), le 3 décembre 2006 (63%) et peut-être ce 7 octobre 2012.

Pourtant l’article 230 de la Constitution vénézuelienne qu’il avait lui-même promulguée le 20 décembre 1999 interdisait ce cumul successif de plus de deux mandats : « Le mandat du Président de la République est de six ans. Le Président peut être réélu et seulement une fois pour un mandat supplémentaire. ».

Chavez a donc voulu faire un référendum pour supprimer les huit derniers mots de cet article. Mais le référendum du 2 décembre 2007 l’a rejeté avec 50,7% de non. Qu’importe, Chavez réorganisa un nouveau référendum le 15 février 2009 qu’il gagna, cette fois-ci, avec 54,8% de oui. Chavez a pu donc se présenter pour l’élection présidentielle du 7 octobre 2012.

Ailleurs, cette interdiction des trois mandats successifs a été rajoutée dans un amendement à la Constitution des États-Unis (22e amendement du 27 février 1951) après la "longue" Présidence de Franklin Delano Roosevelt (4 mars 1933 au 12 avril 1945). Elle a été également rajoutée à la Constitution française par le Président Nicolas Sarkozy lors de la révision du 23 juillet 2008. Elle est également dans la Constitution russe.

Et justement, revenons à Poutine. Poutine était un ovni dans la politique intérieure russe en 1999.


La lente agonie du système Eltsine

Le Président Boris Eltsine (mort le 23 avril 2007 à 76 ans, en pleine élection présidentielle française), parfois sous la dépendance de l’alcool, en était arrivé à changer de Premier Ministre sur un simple caprice. Ces changements d’humeur étaient d’autant plus inquiétants qu’il recherchait en eux son éventuel dauphin.

Aux côtés d’Egor Gaïdar, nommé (à 36 ans) le 15 juin 1992 (mort le 16 décembre 2009), de Viktor Tchernomyrdine, nommé (à 54 ans) le 15 décembre 1992 (mort le 3 novembre 2010), de Sergueï Kirienko, nommé (à 36 ans) le 23 mars 1998, d’Evgueni Primakov, nommé (à 69 ans) après le krach le 11 septembre 1998, de Sergueï Stepachine, nommé (à 47 ans) le 19 mai 1999, Eltsine songeait aussi à d’autres héritiers possibles avec les influents Vice-Premiers Ministres Anatoli Tchoubaïs (44 ans en 1999) et Boris Nemtsov (40 ans en 1999), ou encore des oligarques, comme le très puissant maire de Moscou, Youri Loujov (63 ans en 1999), et en 1996, il y avait même eu l’hypothèse de son garde du corps personnel, Alexandre Korjakov (48 ans en 1999) ou d’un autre général, devenu très populaire, Alexandre Lebed (49 ans en 1999, mort le 28 avril 2002 d’un accident d’hélicoptère, lui aussi en pleine élection présidentielle française).


Le KBG proche du pouvoir

Finalement, à la surprise générale, Boris Eltsine nomma un récent directeur du FSB (ex-KGB) à la tête du gouvernement russe le 9 août 1999. Lieutenant-colonel assez froid basé en Allemagne de l’Est, Vladimir Poutine est, comme Anatoli Tchoubaïs et Dimitri Medvedev, un "enfant" d’Anatoli Sobtchak (62 ans en 1999, mort le 20 février 2000), élève du professeur de droit et collaborateur du maire de Saint-Pétersbourg jusqu’à sa défaite municipale en 1996. Au moment de sa nomination, Poutine avait 46 ans.

Et visiblement, cela semblait le "bon" successeur pour le clan Eltsine. À savoir, discret, efficace et supposé "manœuvrable". Inconnu du grand public, Vladimir Poutine se créa vite une popularité auprès des Russes par ses propos "musclés", sans langue de bois, et par son engagement dans la seconde guerre en Tchétchénie (à partir du 1er octobre 1999). À Astana, par exemple, il se déclarait « prêt à buter les terroristes jusque dans les chiottes ».

C’est lui qui mena les élections législatives du 18 décembre 1999 qu’il a gagnées même si la Douma restait émiettée en de nombreux partis. Avec son futur parti "Russie unie", Poutine allait obtenir plus tard la majorité aux élections législatives du 7 décembre 2003 (221 sièges sur 450), du 2 décembre 2007 (avec 315 sièges sur 450 !) et du 4 décembre 2011 (238 sièges sur 450), ces dernières ayant été contestées par de nombreuses manifestations qui furent réprimées.

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Malade et épuisé, Boris Eltsine a mis en scène sa dernière surprise lors de son allocution des vœux le 31 décembre 1999 en annonçant sa démission immédiate et en transférant en direct à la télévision ses pouvoirs à Vladimir Poutine, le Premier Ministre étant chargé d’assurer l’intérim selon la Constitution russe.

L’objectif était atteint pour le clan Eltsine, celui de l’immunité, pour ne pas dire l’impunité, pour toutes les éventuelles malversations réalisées par le clan au cours des privations des entreprises d’État.


Opération de séduction réussie

Pour être populaire, Poutine a multiplié les scènes médiatiques où il prenait le beau rôle. Les Russes l’ont ainsi vu comme un skieur, un nageur, un judoka (ceinture noire, il a édité une vidéo de formation pour le judo lors d’un récent anniversaire), un chasseur, un tireur, un pêcheur… n’hésitant pas à parler "cru" et à montrer ses biscotos. Bref, il s’est fabriqué le mythe du héros.

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Résultat, c’est sans beaucoup de surprise qu’il a été élu le 26 mars 2000 avec 52,5% dès le premier tour. Ce n’est qu’à cette date que Vladimir Poutine a pris la mesure de sa puissance. D’une part, il a cherché à restaurer l’État qui s’était effondré depuis la chute de l’Union Soviétique à Noël 1991 en "déseltsinisant" l’économie russe. Cela a fait beaucoup de victimes, parmi les oligarques, en particulier le milliardaire Mikhaïl Khodorkovski, toujours détenu en Sibérie, et Poutine a ainsi pu placer ses propres hommes (notons qu’il n’y a aucune femme à de hautes responsabilités dans son entourage).

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La première épreuve internationale de Poutine se déroula paradoxalement au centre économique de son ancien ennemi de la guerre froide : le 11 septembre 2001, Poutine fut l’un des premiers chefs d’État à réagir aux attentats du World Trade Center et du Pentagone et a assuré les Américains de sa grande solidarité.

Cette réaction fut la fin définitive de la guerre froide et la mise en place d’un nouveau monde où l’ennemi serait plus le terrorisme international, en particulier islamiste, que des nations identifiables. À ce titre, la "croisade" de George W. Bush s’inscrivait très bien dans la guerre contre les Tchétchènes et contre toutes les factions des régions islamiques de la Russie. L’ouverture de l’Asie centrale à l’armée américaine pour la guerre en Afghanistan (en particulier en Ouzbékistan) a cependant inquiété les militaires russes.


"Poutinisation" de l’administration russe

Très vite, Poutine n’a eu plus qu’un mot d’ordre, faire renaître la grandeur de la Russie et redonner la dignité à son peuple, par des moyens assez brutaux. Réorienter l’économie nationale de manière plus dirigiste, recontrôler la plupart des leviers de la démocratie (en particulier la presse et la télévision), et également, trouver un moyen de durcir le ton face aux États-Unis. En 2003, Vladimir Poutine s’est alors pris au jeu d’une entente tripartite entre la Russie, la France et l’Allemagne en multipliant les rencontres avec Jacques Chirac et Gerhard Schröder, le 11 avril 2003 à Saint-Pétersbourg, le 31 août 2004 à Sotchi, le 18 mars 2005 à Paris, le 3 juillet 2005 à Kaliningrad (pour le 750e anniversaire de l’enclave), etc.

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Le 14 mars 2004, Vladimir Poutine fut réélu au premier tour avec 71,2%. "On" lui a donné les coudées franches. Il n’a pas hésité donc à jouer les rapports de force et à replacer les relations internationales autour des ressources énergétiques de la Russie, en particulier le pétrole et le gaz. Gazprom est ainsi considéré en décembre 2005 comme « un puissant levier d’influence économique e politique sur le reste du monde ». Parmi les patrons de Gazprom, il y a eu Viktor Tchernomyrdine de 1989 à 1992, Dimitri Medvedev de 2002 à 2003 et Viktor Zoubkov en 2008.

Résultat sur le plan diplomatique, si la Russie a accepté de fermer les yeux en Libye, elle reste un allié tacite de l’Iran et elle refuse obstinément au Conseil de sécurité de l’ONU toute solution internationale en Syrie en proie aux massacres des populations civiles par son dictateur Bachar El-Assad.


Comment contourner l’esprit des institutions ?

À l’approche de la fin de son deuxième mandat présidentiel de quatre ans, Vladimir Poutine s’est retrouvé avec la même impasse constitutionnelle qu’Hugo Chavez. Mais contrairement à ce dernier, il a préféré contourner l’obstacle d’interdiction d’un troisième mandat successif en choisissant un jeune économiste de 42 ans, d’inspiration libérale et sociale comme successeur. Bénéficiant du parti de Vladimir Poutine, Dimitri Medvedev a été élu le 2 mars 2008 dès le premier tour avec 70,3% alors qu’il n’était pas connu.

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Le deal entre les deux hommes était clair : Medvedev a pris ses fonctions le 7 mai 2008, et il a nommé le lendemain Poutine à la tête du gouvernement. Ainsi, en redevenant Premier Ministre, Poutine a réussi à conserver habilement le pouvoir tout en respectant à la lettre la Constitution russe.

Comme les élections législatives du 2 décembre 2007 avaient donné à son parti la majorité qualifiée (deux tiers) pour réviser la Constitution, Poutine ne tarda pas, en décembre 2008, à en profiter pour réformer la Constitution… Pas pour supprimer l’interdiction du troisième mandat successif, mais pour prolonger la durée du mandat de quatre à six ans (six ans, comme au Venezuela !).


Le match tant souhaité Medvedev vs Poutine…

Medvedev, par son passé et sa sensibilité, paraissait plus humaniste, plus pacificateur et plus modéré que son mentor dans les options politiques et beaucoup avaient imaginé que la fonction allait créer l’homme et qu’une fois Président de la Fédération de Russie, Dimitri Medvedev allait cultiver un peu d’ambition personnelle et se retrouver naturellement en rivalité avec son indéboulonnable Premier Ministre.

Il faut noter que la très forte majorité de "Russie unie" à la Douma pendant qu’il n’était plus Président a assuré à Poutine, redevenu président de ce parti, un pouvoir politique puissant dans le pays.

Finalement, les illusions de certains s’évanouirent le 24 septembre 2011, lorsque, au congrès de "Russie unie", le Président Medvedev, refoulant les motifs de confrontation avec lesquels les deux avaient joué, proposa à Poutine d’être lui-même le candidat à l’élection présidentielle du 4 mars 2012. La boucle était bouclée. Medvedev allait devenir tête de liste aux élections législatives du 4 décembre 2011, qu’il remporta avec une majorité absolue, laissait place à Poutine et prenait sa place à la tête du gouvernement.

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Vingt-quatre ans de pouvoir ininterrompu ?

Sur le papier, tout s’est donc bien déroulé : Vladimir Poutine a été élu (réélu) le 4 mars 2012 dès le premier tour avec 63,6%. Réinvesti à la tête du pays le 7 mai 2012, Poutine nomma donc Premier Ministre comme prévu Medvedev le lendemain.

Nul ne doute que Vladimir Poutine envisagera sérieusement de se représenter à la prochaine élection présidentielle, le 4 mars 2018, où il n’aura que 65 ans, pour un dernier mandat de six ans qu’il exercerait jusqu’au 7 mai 2024 ! Il aura alors 71 ans.

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Avec ce petit jeu institutionnel et cette parade du jeu de copilotage avec un prête-nom fiable et sans caractère (Medvedev), Poutine s’est assuré de rester à la tête d’une des grandes puissances nucléaires pendant plus de …vingt-quatre ans ! Dans toute l’histoire moderne de la Russie (après le tsar), il n’y aura que Staline qui avait duré plus longtemps, près de trente et un ans, du 3 avril 1922 au 5 mars 1953.

Oui, mais voici que le peuple russe n’est pas si docile que cela.


L’ordre avant la liberté

En fait, il n’a jamais été docile, et c’est bien pour cela que tsars et secrétaires généraux du parti communiste de l’Union Soviétique n’hésitaient pas à employer les manières fortes pour avoir gain de cause. Sauf Mikhaïl Gorbatchev (81 ans maintenant) qui, lui, au contraire, a tenté (en vain) de réformer le système communiste de l’intérieur, avec plus de transparence (glasnost) et plus d’ouverture (perestroika, restructuration), aboutissant à la chute du Mur de Berlin (sans effusion de sang) puis à l’effondrement de tout l’édifice communiste du continent en vingt-cinq mois. Cela lui a valu un Prix Nobel de la paix en 1990 (qu’il a ravi à Vaclav Havel).

Non, le peuple russe n’est pas docile, surtout celui des villes, celui des grandes villes comme Moscou et Saint-Pétersbourg. Il refuse des élections noyées d’avance par 99% de participation et 99% en faveur du parti présidentiel dans certaines régions lointaines où il est très difficile de contrôler le bon déroulement des opérations de vote. Il conteste et il le manifeste, et ces manifestations sont régulièrement réprimées par la force, avec des arrestations et des humiliations.

L’élection présidentielle de 2012, comme les précédentes depuis Poutine, n’est que le résultat d’un système politique et médiatique verrouillé et de la dérive totalitaire de Poutine. C’est assez facile de comparer : l’élection présidentielle de 1996, au contraire des suivantes, fut à deux tours, avec des différences assez faibles entre les deux premiers candidats.

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Le 19 décembre 2007, le magazine "Time" a désigné Poutine l’homme de l’année 2007. Et le journal résumait sa politique par ces quelques mots : « Choosing order before freedom » [Préférer l’ordre à la liberté]. L’ordre et la liberté sont souvent antagonistes (ce qui a miné la cohérence intellectuelle de ceux qui veulent à la fois l’ordre sécuritaire et la liberté économique).


Pas d’opposition structurée

Comme dans beaucoup de "démocraties autoritaires" (où le jeu démocratique n’est pas encore totalement sincère), ce qui manque le plus est évidemment la structuration d’une opposition unie, solide, cohérente et compétente face à "Russie unie" et au Président Poutine.

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Pour l’instant, le meilleur opposant est le partisan de la nostalgie, le représentant du parti communiste russe, Guennadi Ziouganov (68 ans), qui est arrivé en deuxième position dans toutes les élections présidentielles : 32,0% au premier tour le 16 juin 1996 (Eltsine n’avait recueilli que 35,3%) et 40,3% au second tour le 3 juillet 1996 ; 29,2% en 2000 ; 17,7% en 2008 et 17,2% en 2012 (en 2004, le candidat communiste Nikolaï Kharitonov était arrivé lui aussi en deuxième position avec 13,7%). Ziouganov a un projet bien particulier pour la Russie : il souhaite une "restalinisation" !

yartiPutin60A03Depuis plus de cinq ans, le Front civique uni organise des manifestations sous la houlette de Gary Kasparov (49 ans), célèbre champion du monde d’échecs (de 1985 à 2000), soutenues par des personnalités comme Mikhaïl Kassianov (54 ans), ancien premier Premier Ministre de Poutine (du 7 mai 2000 au 24 février 2004) et Boris Nemtsov (l’ancien poulain de Boris Eltsine). Mais elles ont conduit pour l’instant à l’impasse.

Car ces "libéraux" n’ont jamais eu la cote en Russie, ne représentant que 5 à 10% des électeurs, symboles des années Eltsine de privatisations et de ruines du collectivisme. Il y a cependant une figure pourrait peut-être émerger.

Il s’agit d’Alexeï Koudrine (52 ans), qui fut Ministre des Finances sous Poutine et Medvedev, du 18 mai 2000 au 26 septembre 2011 (avec rang de Vice-Premier Ministre à partir du 14 septembre 2007). Koudrine fait partie des "libéraux réformateurs" de l’école Sobtchak comme Medvedev et Tchoubaïs, ayant travaillé à la mairie de Saint-Pétersbourg où il a rencontré Poutine. Viktor Zoubkov (71 ans), Premier Ministre du 12 septembre 2007 au 8 mai 2008, fait partie aussi de ce groupe, ayant travaillé également à la mairie de Saint-Pétersbourg.

Au sein du pouvoir, deux clans s’affrontent justement, ces libéraux appelés "piterskiié" et ceux issus, comme Poutine, de l’appareil sécuritaire, KGB, armée, police etc. appelés "siloviki", que comptent entre autres Sergueï Ivanov (59 ans), Ministre de la Défense du 28 mars 2001 au 14 novembre 2005, et depuis cette date, Vice-Premier Ministre (il était rival de Medvedev en 2007 pour le choix du candidat à l’élection présidentielle) et Mikhaïl Fradkov (62 ans), Premier Ministre du 1er mars 2004 au 12 septembre 2007.

Alexeï Koudrine a donné sa démission en septembre 2011 parce qu’il était opposé au fait que Medvedev devînt Premier Ministre après l’élection présidentielle. Il comptait en fait être nommé à ce poste par Poutine revenu à la Présidence de la Fédération. Du coup, il a même participé à des manifestations en décembre 2011 pour protester contre les trucages électoraux.


Donner des leçons… ou écouter le peuple ?

Poutine, à ses 60 ans, envisage peut-être de faire comme à un précédent anniversaire : des leçons de judo. Serait-ce donc pour bien insister sur son invincibilité ? Les digues du mécontentement populaire pourraient pourtant vite se fissurer… Ne serait-ce pas plutôt le peuple qui doit lui donner une leçon ?


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (6 octobre 2012)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Double mandat successif dans le monde.
Histoire institutionnelle récente de la Russie.
La succession de Poutine en 2008.
L’élection de Medvedev en 2008.
Medvedev devient tsar.
Poutineries.
Jusqu’en 2024 ?

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37 réactions à cet article    


  • devphil30 devphil30 6 octobre 2012 07:22

    Merci pour ce bon article sur Poutine.

    Vous êtes meilleur en politique étrangère qu’en politique Française ...

    Philippe


    • eric 6 octobre 2012 09:15

      Après les élections, il y a eu un mouvement de rejet, bien sur assez limité, mais d’une ampleur étonnante pour le pays. Au moins en ville. Quelques scories après. Grâce à un degré de contrôle social difficile à imaginer depuis la France, tout semble à peu prêt rentré dans l’ordre. C’est quand même un pays ou le prix de ton chauffage peut dépendre du fait que ta ville ait bien voté ou non en théorie. ( un peu comme dans le projet du PS en France de tarification du gaz, mais en moins subtil) Du coup, la nomenklatura socialiste au pouvoir se lâche comme jamais dans l’arrogance, l’impudence et l’incompétence et l’enrichissement personnel. On ne peut exclure, et beaucoup de russes le pensent, que cet épisode autoritaire était un pasage obligé pour en finir avec ce qui était ressentit comme une forme d’anarchie.
      Maintenant, ce qui me frappe, c’est le nombre de gens qui, à nouveau, partent ou veulent partir à l’étranger. C’était le cas dans les années Eltsine. Par la suite, beaucoup de gens trouvaient qu’ils y avaient plus d’opportunités au pays qu’en dehors. Beaucoup sont même revenus. Le nombre de gens de tous âges que je vois partir, se préparer à partir, envoyer leurs enfants à l’étranger est remonté en flèche. Je le vois au départ de Russie, je le vois aussi à l’arrivée en France, qui n’est pas la destination privilégiée. Les locaux, qui comprennent bien ce qui se passe, perdent espoir. Ici aussi il y aura des parallèles intéressant à faire avec la France dans quelques mois, quand on aura des statistiques.
      Les dirigeants actuels sont les enfants de Brejnev, comme nos socialistes français sont ceux de Mitterrand. Comme eux, leur pouvoir repose sur l’adhésion des personnels d’état et de ses obligés, sauf qu’en Russie, ceux ci ne font plus semblant de défendre une idéologie de partage, ils l’ont remplacé par une idéologie nationaliste.
      Comme avec la perestroïka, je craint que d’éventuelles évolutions plus démocratiques ne puisse venir que d’une frange « éclairée » de la caste sociale qui dirige le pays. Mais les bureaucrates traditionalistes se sont fait avoir une fois avec Gorbatchev et Poutine et ils sont vigilants.
      C’est un peu comme chez nous. Les socialistes les moins obtus ont compris que si on voulaient continuer à emprunter, il fallait au moins faire mine d’être sèrieux. Pour le moment, au prix de compromissions sur tous le reste, ils parviennent, un peu, à imposer ce cap à une base qui n’en veut pas.
      En Russie, j’imagine qu’un Poutine est assez repus pour envisager de mettre un peu d’ordre dans ses administrations, mais la base sociale des repus est faible par rapport a la marée des petits chinovniks. Eux en veulent encore, et ils sont prêt à rappeler à Poutine qui l’a fait roi. En France le rapport de force entre chinovniks arrivés ( PS) et arrivistes ( autres gauches) connait un meilleur équilibre. Pourtant, Hollande est quand même obligé d’en tenir compte.
      Et puis, chez nous, contrairement à la Russie, il y a quand même des élections même si nous avons aussi cette interpénétration consanguine entre fonctionnaires, élus, syndicats, médias etc Bref, entre le politique et l’État. Chez nous, un gouvernement de droite connait les pires difficultés a mettre en œuvre des reformes démocratiques face à la « résistance » des chinovniki, mais son élection fait quand même passer un message clair aux bénéficiaires de la dépense publique : « il faut se calmer les gars ». En Russie, il ne peut pas y avoir d’alternance. C’est vrai que c’est potentiellement explosif, mais les gens en place sont les héritiers de ceux qui ont géré ce genre de situation pendant 70 ans. A court terme, et le pétrole permettant de mettre un peu d’huile dans les rouages, je ne voit pas bien, en dehors d’une crise d’héroïsme patriotique subite de Poutine, ce qui pourrait faire évoluer le système.


      • le naif le naif 6 octobre 2012 14:26

        Bla bla bla bla bla

        Des preuves, des exemples concrets, des liens ?!?

        Vous écrivez d’où, de France de Russie, du café du commerce ???

        Ce que je constate c’est la situation de la Russie du temps d’Eltsine par rapport à la France et la situation actuelle de la France / Europe part rapport à la Russie d’aujourd’hui.... et la comparaison n’est pas flatteuse. Alors ensuite on peut parler de la démocratie, la situation chez nous est-elle si mirobolante qu’on puisse donner des leçons à qui que ce soit ???

        Poutine n’est certainement pas un saint, mais au moins ne trahit-il pas les intérêts de la Russie lui....

        http://youtu.be/14JH5-Tia5k

        Le jour ou Montebourg en fera autant avec Mittal par exemple, on en reparlera.... smiley


      • Pierre Pierre 6 octobre 2012 09:34

        Je viens de lire un très long texte qui ne fait que reprendre tous les poncifs qu’on peut lire dans la presse courante et qui ne présente qu’une analyse partielle et partiale du phénomène Poutine.
        D’abord, savez-vous que la grande majorité des Russes sont ébahis quand on leur dit qu’on compare leur président à un tsar. Leur première réaction est souvent de dire que ceux qui disent cela ne savent rien de ce qu’était le régime tsariste. Ils ont sans doute raison mais ça fait très intellectuel (ridicule) de gauche quand on l’affirme.

        Pour Hugo Chavez, vous nous désinformez complètement. Il a organisé un nombre considérable de référendum et il a toujours respecté les résultats (pas comme en France) et malgré que 90 % des médias sont d’opposition au Venezuela. Il a perdu celui de 2007 qui concernait une réforme constitutionnelle globale. Il en a alors sorti un article concernant le nombre de mandats présidentiels (quel crime ignoble) et il a largement gagné ce nouveau référendum. Personnellement, je ne vois rien d’antidémocratique à ce qu’on se présente un nombre indéterminé de fois à une élection si on est élu sans fraude. L’important est de respecter son programme électoral et la constitution de son pays. C’est ainsi que Hugo Chavez défend les intérêts vénézuéliens, Vladimir Poutine, les russes et François Hollande, les américains, les israélien et les qataris.

        Je fais une autre analyse de l’arrivée de Vladimir Poutine à la tête de la Russie.
        Contrairement à ce que beaucoup croient, Boris Eltsine s’est beaucoup trompé sur la méthode mais il était un vrai patriote. Il était bien conscient de son échec, surtout après la crise financière de 1998. Les premiers ministres qui se sont succédé avec les conseils de son entourage de banquiers étasuniens en sont responsables et une goutte d’eau qu’on oublie souvent a fait déborder le vase. Les intérêts de la Russie n’ont pas été pris en compte dans l’opération « Kosovo » et Boris Eltsine s’est rendu compte que son avis n’avait aucun poids auprès des Occidentaux. Il a alors fait appel pour la première fois à un premier ministre, Vladimir Poutine, qui n’était pas un économiste mais un ancien militaire du FSB qui s’était reconverti en conseiller de Anatoli Sobtchak d’abord et de Boris Eltsine ensuite. Il était totalement inconnu aussi bien en Russie qu’en Occident mais Boris Eltsine le connaissait bien et il en a fait son dauphin en toute connaissance de cause. Il savait très bien comment Vladimir Poutine allait reprendre le pays en main.

        Dernière remarque. Vladimir Poutine est bien modéré face à l’agressivité de l’Occident. Il est vrai qu’il n’a pas encore les moyens de de faire plus. Pensez que le prochain président russe pourrait être Dmitri Rogozine qui a une attitude beaucoup plus déterminée et qui n’est pas encore bien connu des Russes.


        • Pierre-Marie Baty Pierre-Marie Baty 6 octobre 2012 12:58

          Excellent commentaire Pierre. Eltsine n’était tout simplement pas à la hauteur. C’est d’abord par réaction patriotique qu’il a pris les rênes de la Russie, malmenée par la perestroïka. Il pensait la sauver en la faisant sortir de l’Union, mais se fit berner de bout en bout par ses conseillers.


          Qu’on se rappelle les résultats paradoxaux du premier et seul référendum de l’Union Soviétique : plus de 75% des électeurs souhaitaient la préservation de l’Union, bien qu’en Russie seule, la majorité était alors sécessionniste. Eltsine fit sécession, et il advint ce que l’on sait.


          Pour ma part, je lis la position de Vladimir Poutine face à l’OTAN comme celle d’un infirmier garde malade qui assiste un dément potentiellement violent en phase terminale de sa maladie.

        • Abou Antoun Abou Antoun 6 octobre 2012 22:38

          Je viens de lire un très long texte qui ne fait que reprendre tous les poncifs qu’on peut lire dans la presse courante et qui ne présente qu’une analyse partielle et partiale du phénomène Poutine.
          C’est aussi mon opinion, pas grand chose à ajouter. Je pense que Poutine a été élu assez normalement et assez logiquement. Les accusations de fraude massive sont des inventions, largement reprises par la presse française, qui sont autant de tentatives de déstabilisation. Savoir si Poutine est réellement populaire n’est pas simple. Globalement je dirais oui, les deux grandes métropoles Moscou et Saint-Petersbourg sont un peu une exception , Poutine y est moins populaire qu’ailleurs, particulièrement chez une classe montante correspondant aux ’yuppies’ russes, qu’il ne faudrait pas confondre avec les ’nouveaux russes’ (golden boys). Cette classe, entreprenante, est découragée par les mesures d’encadrement du travail, les tracasseries administratives, une fiscalité sauvage et une corruption qu’on n’arrive pas à éradiquer et qui gangrène la vie économique.


        • Yvance77 6 octobre 2012 09:48

          Salut,

          Je cite ce passage de l’auteur :

          « Pour être populaire, Poutine a multiplié les scènes médiatiques où il prenait le beau rôle. Les Russes l’ont ainsi vu comme un skieur, un nageur, un judoka (ceinture noire, il a édité une vidéo de formation pour le judo lors d’un récent anniversaire), un chasseur, un tireur, un pêcheur… n’hésitant pas à parler « cru » et à montrer ses biscotos. Bref, il s’est fabriqué le mythe du héros. »

          C’est à ce genre d’écrits que je constate que vous n’y connaissez rien de chez rien. Quand on s’appuie sur le Figaro ou autres pour faire son billet c’est sur que c’est limité.

          Alors je vais vous aider un peu et vous livrer un parmi d’autres détails qui font que Poutine est vraiment populaire et pas vraiment parce qu’il est ceinture noire de judo.

          Poutine au début de ses mandats à pris une décision intéressante celle de détruire les immeubles dits Kroutchev reconnaissables entre milles, Ce sont essentiellement des blocs sans ames de 5 étages que l’on alignent l’un derrière l’autre ou cote à cote.

          Avec le temps ils sont devenus insalubres désuets et le symbole d’un autre temps que les russes ne veulent plus voir.

          Aussi en qualité de président, il a ordonné la destruction de ceux-ci pour les remplacer par de nouveaux buildings modernes et ma foi bien structurés. On peu en voir un exemple là

          Mais la différence c’est que les personnes qui étaient dans les anciennes cages à lapin se sont retrouvés dans de beaux appartements pour pas un rond. Ils ont été relogés dignement à l’équivalent ou en qualité supérieure.
          Parfois certes, ils ont dû changer de quartier (Moscou est vaste et compte 12 millions d’habitants, presque) mais la vérité est qu’ils n’ont pas perdu au change.

          Dans nos pays occidentaux, imaginez qu’un Bouygues (parrain d’un fiston à Pipole 1er) soit contraints de reloger gratis des manants et des gueux. Impensable. Et aux States c’est business d’abord.

          A la simple lumière de cela vous comprendrez un poil mieux pourquoi Poutine peut être président de Russie pour encore 20 piges.


          • Pierre Pierre 6 octobre 2012 10:19

            C’est tout-à-fait exact. Les immeubles sans ascenseurs de cinq étages de Nikita Khrouchtchev ont été une catastrophe, tout comme sa réforme agraire.
            Vladimir Poutine n’est pas contesté par la grande majorité des Russes. Ils attendent beaucoup de réformes de son sextennat. Moi, je dirais que la lutte contre la corruption qui exaspère les Russes devrait être sa priorité mais c’est pas facile parce que ce sont les fonctionnaires et les élus du parti qui le soutient qui en sont les principaux bénéficiaires. C’est pour cela qu’il y a eu de nombreuses fraudes lors des dernières législatives quoique les résultats finaux n’auraient pas été très différents si tout s’était déroulé normalement.


          • eric 6 octobre 2012 11:42

            Vous n’y connaissez pas grand chose non plus. Habitez une krouchoba à Dynamo ou un 15 étages à yujnoe botovo, ce n’est pas vraiment la même chose. Et si demain on donne la possibilité à Bouyghes de raser des vieux immeubles parisiens de 5 étages pour construire des 15 étages dont ils peut revendre 10, il va y avoir de la concurrence


          • eric 6 octobre 2012 11:46

            Et a Pierre, les immeubles Krouchev ont été un fantastique progrés et perçu comme tel. C’était le retour au logement décent comme priorité. Jusque là beaucoup d’habitant étaient dans des baracks collectives avec tous le confort pour 50 au bout du couloir, dans des komunalka ou pire. Que 50 ans apré ils aient un peu fait leur temps, c’est vrai, mais leur destruction est surtout liée à la spéculation ; Du reste, en province profonde, on ne voit pas ce rempalcement


          • eric 6 octobre 2012 12:25

            Yvance, votre photo, ce n’est pas une banlieue qu’aux yeux d’occidentaux ne connaissant pas Moscou. C’est Parc Pobied. Ce sont des constructions Lujkov, le maire viré par Poutine, et financées par la vente de l’essentiel des surfaces. Et c’était l’époque ou il y avait encore un obligation légale de reloger sur place. Avec Moscou 2 Poutine s’assure qu’on pourra envoyer les pauvres dans les betteraves en restant dans le cadre de la loi.


          • Pierre Pierre 6 octobre 2012 12:26

            @ eric,
            Les immeubles khrouchtcheviens ont été conçus comme les immeubles de l’entre-deux-guerres chez nous. Un petit living-salle à manger d’environ 16 m² et 60 à 65 m² au total pour des familles de 4 à 6 personnes. Les seuls qui veulent encore y vivre aujourd’hui sont les pensionnés parce qu’ils n’ont pas le choix et les habitants des petites villes où on n’a pas encore commencé à les démolir.
            Ce type d’habitation a été critiqué par les Soviétiques dès la fin des années 60.
            L’Union-Soviétique a dû rapidement construire des maisons pour reloger sa population après les destructions de la guerre 39-45. Il y avait d’autres choix comme par exemple la construction d’immeubles de trois étages qui avaient la préférence de la population avec un autre agencement des pièces. J’écris « soviétique » parce que les mêmes problèmes se posent aujourd’hui en Ukraine, en Biélorussie et sans doute aussi dans les autres ex-républiques.
            C’est vrai qu’il y a de la spéculation immobilière à Moscou mais cela n’explique pas tout. 


          • Pierre Pierre 6 octobre 2012 12:41

            @ eric,
            Vous savez comme moi qu’il y a sans doute au moins deux millions d’illégaux à Moscou sur une population de 15 millions d’habitants. Ce sont des gens qui ne sont pas inscrits et qui vivent de petits boulots, voire de trafics divers. Il y a beaucoup de Russes de province mais aussi beaucoup de clandestins qui viennent d’ex-républiques soviétiques. Ils vont sans doute devoir régulariser leur situation ou, comme vous dites, se retrouver dans les betteraves. Ils peuvent aussi venir en France, le gouvernement leur donnera des logements . smiley


          • Yvance77 6 octobre 2012 13:22

            @ a bas du front !

            Je cite : « Vous n’y connaissez pas grand chose non plus. Habitez une krouchoba à Dynamo ou un 15 étages à yujnoe botovo, ce n’est pas vraiment la même chose. »

            Sauf que j’ai un appartement à Moscou, ma belle-famille, une datcha, j’y vais régulièrement et que mon fils est franco-russe.

            T’es encore certain de ce que t’avances ?


          • eric 6 octobre 2012 13:30

            Ce n’est pas un argument. C’est comme si je vous disais que j’ai plus raison parce que j’habite depuis 25 ans à Moscou, que j’ai trois enfants russo français. Ce n’est pas une garantie.
            Et je vous repose la question, vous préférez une krushoba entre dynamo et belaruskoe vokzal ou la même surface à jujnoe boutovo ?


          • eric 6 octobre 2012 13:33

            A pierre, je ne comprends pas, les gastarbeiter, faute de propiska, ils ne seront en l’état actuel des choses logés ni à moscou 1 ni à Moscou 2.


          • Pierre Pierre 6 octobre 2012 15:04

            @ eric,
            Vous semblez bien connaître la Russie alors je vais éclaircir ma pensée mais cela ne va sans doute rien vous apprendre. Les travailleurs illégaux à Moscou habitent souvent (comme chez nous) à 10 dans un appartement qu’un régularisé a loué ou chez un marchand de sommeil qui loue des lits à prix d’or. Ils obtiennent aussi de faux papiers grâce à des fonctionnaires corrompus.
            Quand on abat les immeubles insalubres, ces travailleurs illégaux ne sont pas relogés comme les habitants enregistrés et il leur deviendra de plus en plus difficile de trouver des logements à Moscou.
            Votre image, « envoyés dans les betteraves », est juste. Ou ils seront forcément refoulés hors de Moscou ou ils devront se régulariser et, alors, ils auront intérêt à avoir lu Kafka pour se faire une idée de ce qui les attend.
            Pour les non-Russes, je ne sais pas. Je pense qu’il y aura des permis pour certains parce que l’économie a besoin de main d’oeuvre mais je pense aussi que beaucoup seront reconduits à la frontière, surtout ceux venant de pays inamicaux.


          • eric 6 octobre 2012 15:27

            Il n’y pas besoin d’être régularisé pour louer. Il y a tous les cas de figure possibles et imaginables. Y compris des gens qui achètent sans propiska. Le cas type est quand même de louer un appart ou une pièce. Les moscovites me semble globalement pas très prêt à accueillir tous ces gens, et en même temps ils sont évidemment indispensable ; Même l’ administration des chemins de fer à l’époque ou je leur louait des locaux embauchait des gastarbeiter illégaux parce qu’il n’y avait pas un moscovite prêt à racler la neige sur les voies. Elle les logeaient aussi et c’était pas la joie.C’est un sujet pour beaucoup de gens. Confère les articles ou les moscovites se plaignent parce que la présence des caucasiens fait monter les pots de vins que prennent les flics. Motif, ils sont solidaires et ils ont de la famille. Tous le monde se cotise pour payer vite. Les moscovites seraient plus isolés...
            En ce moment, il y a une expo au Manège ( en face du Kremlin) sur ces sujets. Je n’y ait pas encore été et il parait que ce n’est pas anti migrants. J’espère, parce que l’organisateur est un ami qui lui même vient du Caucase... Mais la société russe est pleine de paradoxes....


          • Pierre Pierre 6 octobre 2012 16:30

            @ eric,
            Je suis tout-à-fait d’accord avec votre dernier commentaire.


          • Yvance77 6 octobre 2012 19:21

            Et je vous repose la question, vous préférez une krushoba entre dynamo et belaruskoe vokzal ou la même surface à jujnoe boutovo ?

            Eh bien aucun des deux vu que cela reste un clapier de m.... même s’il n’y a pas photo entre Dynamo et Belaruskoe vis à vis de J. Boutovo (zone minable)

            Ceci dit je préfère me rendre à Pokrovka au moins je peux prendre l’air pur me balader en forêt et gouter aux charmes simples... quitte à aller chercher de l’eau aux puits !


          • eric 6 octobre 2012 20:52

            Oui, ben c’est quand même là que poutine envoie les pauvres avant de les envoyer plus loin, c’est pourquoi sa popularité, elle est ambigüe....


          • Aldous Aldous 6 octobre 2012 12:53

            Visiblement les trois agitatrice de foufounne ne suffisent pas a abattre le régime russe pour le plus grand déplaisir des nervis de l’empire.


            Tant mieux.

            • cedricx cedricx 6 octobre 2012 13:17

              Ne connaissant que très peu le sujet, je dirais que Poutine a fait une très bonne chose en rétablissant l’ancien hymne national, qu’ Eltsine avait remplacé, qui est d’une beauté bouleversante ! (je parle évidemment de la musique) 


              • Pierre Pierre 6 octobre 2012 14:11

                Les paroles ne sont plus les mêmes qu’avant 1990. Les paroles actuelles parlent d’amour de la patrie, de fraternité et de protection de dieu. Rien de très agressif pour les autres. Pas comme la Marseillaise (sang impur).


              • joelim joelim 6 octobre 2012 13:18

                Dimanche 7 octobre 2012, Vladimir Vladimirovitch Poutine a 60 ans. Il arrive à un âge canonique, l’ancien âge de la retraite.


                HAHAHA. Bush : 66 ans. Fabius : 66 ans. Hollande : 58 ans. Sarkozy : 57 ans................... Mais eux c’est pas pareil, pour vous, je suppose ?....

                • joelim joelim 6 octobre 2012 13:22

                  Sii on regarde les qualités de :


                  - défense des intérêts de son pays
                  - défense des intérêts des habitants du monde
                  - éthique et travail pour la paix en politique internationale

                  Poutine est nettement au dessus du lot, surtout par rapport à nos dirigeants occidentaux.

                  Si si. Je parle au niveau concret. Je laisse l’idéologie à ceux qui me font marrer. smiley 

                  • cevennevive cevennevive 6 octobre 2012 14:23

                    « C’est ainsi que Hugo Chavez défend les intérêts vénézuéliens, Vladimir Poutine, les russes et François Hollande, les américains, les israélien et les qataris »

                    Ah, Pierre, quelle belle phrase !!!

                    Si vraie, si tristement vraie...


                    • bluebeer bluebeer 6 octobre 2012 14:43

                      Bonjour,

                      Comme souvent dans vos articles, je constate un empilement de données d’une part, une interprétation d’autre part, sans articulation véritable entre les deux. En fait, qu’importent les données, la cause est entendue : Poutine n’est pas un démocrate, la Russie est une « démocratie autoritaire » où « le jeu démocratique n’est pas complètement sincère ». Ce que ces phrases veulent dire exactement, ce qu’elles impliquent réellement, en quoi elles sont étayées, ce n’est nullement expliqué. Pas la peine je suppose, ces choses allant de soi. Ceci constitue très précisément ce que l’on appelle un procès d’intention.

                      Cependant, un certains nombres de vos ficelles me paraissent particulièrement épaisses.

                      L’amalgame avec Chavez, l’antidémocrate par excellence puisqu’il n’arrête pas de consulter ses concitoyens par référendum (c’est le genre d’argumentation schizophrénogène à laquelle vous avez constamment recours). Poutine = Chavez ? Référendum = dictature ? Ces « raisonnements » sont totalement incohérents, mais qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse.

                      Poutine et le culte de la virilité... De fait, semble persister dans la mentalité russe un certain goût un peu brut de coffrage pour les hommes très virils et pour les femmes très féminines. Pourtant, est-ce là quelque chose de tellement exotique ? Qui ne se souvient pas de Sarkozy à cheval en Camargue (avec les journalistes français à leur juste place, derrière dans la bétaillère) ou Sarkozy joggant éternellement entouré de men in black (ce qui ne l’exonérait pas de chirurgie cosmétique photoshop pour effacer les vilains bourrelets sur les photos de vacance). Seulement voilà, Poutine est effectivement un pratiquant expert de judo et de sambo, et à obtenu plusieurs titres dans des compétitions locales. C’est effectivement un sportif accompli, un militaire de carrière, un homme d’action, et quand il a déclaré sa détermination d’aller buter les terroriste tchétchènes jusque dans les chiottes, les intéressés ont du comprendre par la même occasion qu’il n’existait plus pour eux de petit coin tranquille. Sarko, c’était plutôt le niveau bagarre de comptoir ou de trottoir, derrière ses potes du service de sécurité. Avec la classe qui va avec.

                      En ce qui concerne les liens de Poutine et du KGB, qui reviennent constamment sur le tapis, je rappelle quand même que Bush Senior a dirigé la CIA, ce qui laisse entendre que lui et sa famille ne sont pas contre certaines influences obscure pour obtenir le pouvoir. Pour revenir à Sarko, je n’ai jamais vu contestés ou démentis les allégations de lien avec le super responsable de CIA Wisner, membre extrêmement actif et influent de l’institution. L’occultation totale de ce débat en France est pour le moins significative de la qualité de notre démocratie sincère, pour reprendre vos termes.

                      Je passe sur les accusations d’enrichissement personnel, qui seraient assez rigolotes à développer en regard de nos propres grand démocrates, et de leur collusion systématique avec le monde de la finance et des affaires. Je passe aussi sur l’épisode de la Syrie, si vous n’avez toujours pas compris ce qui s’y passe, ce n’est pas la peine de gaspiller davantage d’énergie et de bits sur ce thème.

                      Je constate que vous même semblez incapable de développer et d’étayer solidement les raisons qui font que le système électoral russe soit déficient par rapport au notre, nonobstant cette propension à le répéter constamment (méthode coué ?). Je constate également que vous ne niez pas le patriotisme de Poutine, son réel engagement et dévouement pour la cause de son peuple, de sa nation. Vous qui aimez le gaullisme, ça devrait pourtant vous plaire, non ? Personnellement, sans aucun culte pour quiconque, je regrette que de tels hommes ne se manifestent pas ici, dans nos pays européens. Quitte à vivre dans des démocraties imparfaites, je préfères des démocraties qui visent le bien d’une communauté entière plutôt que de son élite marchande et financière.


                      • Pierre Pierre 6 octobre 2012 19:21

                        @ soulmanfred,
                        Votre commentaire est vraiment nul et est juste un copié/collé de ce qui est ânonné par les médias bonimenteurs aux ordres du capital international.
                        Je remets le lien que le naïf a mis en ligne. (lien) Pour rappel, Oleg Derpaska qui est humilié dans cette vidéo par Vladimir Poutine est l’homme le plus riche de Russie. Alors, quand je dis que votre commentaire est nul, je suis bien gentil.


                      • Pierre Pierre 8 octobre 2012 00:09

                        @ soulmanfred,
                        Désolé mon pote, mais moi je passe des heures à décortiquer les infos en lisant Soral mais aussi Le Figaro, Le Monde, Libération et le reste. Je suis capable de faire une synthèse et d’en exclure ce qui n’est pas crédible. Alors quand un mec comme vous vient me faire la leçon d’Histoire, il se couvre de ridicule avec ses clichés éculés et ses affirmations non étayées. 
                        Je vais juste vous dire deux choses.
                        Les oligarques existaient avant l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine. Il les a mis au pas. Ils le craignent parce qu’il peut être brutal et qu’il a les moyens de les mettre sur la paille s’ils ne marchent pas droit.
                        Le deal, à son arrivée au pouvoir, était : je ne veux pas savoir comment vous avez acquis votre fortune mais, à partir de maintenant, on ne triche plus et on ne s’occupe plus de politique.
                        Les nouveaux riches, ceux qui ont fait fortune après l’arrivée de Vladimir Poutine, ainsi que les 25 % de Russes qui font partie de la classe moyenne sont majoritairement anti-Poutine. Ils ont reconstruit un tissu économique dans le pays et ils n’ont pas pas eu besoin de Vladimir Poutine pour cela. Les siloviki qui sont à la tête des services publics ou des entreprises d’États n’en sont ni propriétaires ni même actionnaires. Ils sont grassement payés comme les grand patrons chez nous.
                        Pour les Tchétchènes, votre avis est effarent. Quand ils combattaient les Russes de 1994 à 2000, ils étaient « des combattants de la liberté ». A partir de 2001, quand ils combattaient les Américains en Afghanistan, ils ont été appelés « de dangereux terroristes » et aujourd’hui, en Syrie, ce sont des libérateurs luttant pour une bonne cause. Votre exemple tchétchène est incohérent. Je parle évidement des combattants, pas des autres Tchétchènes qui ont été victimes des deux camps comme d’ailleurs les civils syriens aujourd’hui.


                      • curieux curieux 6 octobre 2012 16:05

                        Poutine est l’homme qui convient à la Russie. Evidemment, pour nous Français qui avons mis au pouvoir un nain inculte et un hollande, tous deux soumis aux américains, Poutine est au-dessus de notre compréhension. Et la propagande anti-Poutine est là pour essayer de convertir les pro-


                        • curieux curieux 6 octobre 2012 16:08

                          Un ceinture noir, c’est quand même mieux qu’un joggeur qui fait un malaise vagal devant les caméras.


                        • escudo escudo 6 octobre 2012 18:14

                          « L’élection présidentielle de 2012, comme les précédentes depuis Poutine, n’est que le résultat d’un système politique et médiatique verrouillé et de la dérive totalitaire de Poutine. C’est assez facile de comparer : l’élection présidentielle de 1996, au contraire des suivantes, fut à deux tours, avec des différences assez faibles entre les deux premiers candidats. »

                          Parce que en France ou les US ce n’est pas verrouille ?? C’est UMP ou PS et rien d’autre ! C’est Republicain ou Democrates et rien d’autre ! Et les differences sont tjrs. les memes aussi(sauf une fois/Chirac_Le Pen) depuis tres longtemps.
                          Article nul a chier, comme d’habitude de la part de S.R.

                          • filo... 6 octobre 2012 21:35

                            @l’auteur

                            Votre article est une véritable diarrhée anti russe.

                            Honte à vous !

                            Vous êtes certainement un juif ingrat. Vous avez déjà oublié que pendant le 2ème guerre mondiale 27 millions des soviétique sont mort pour vous sortir vous les juifs des griffes d’Hitler.

                            Honte à vous !


                            • tf1Goupie 6 octobre 2012 22:05

                              Article abominablement méchant contre un glorieux président.

                              Il est manifeste que toutes les photos sont fausses et retouchées par la CIA.

                              Tous les commentaires sont heureusement d’une haute tenue, en particulier celui sur les juifs.

                              Les USA n’ont que des intérêts stratégiques et la Russie que des intérêts philanthropiques ; il est important que cette vérité, qui fait honneur à tous ceux qui ont soutenu Brejnev en son temps, soit martelée, au besoin très violemment sur la tête.

                              Dieu que le Mur me manque ...


                              • filo... 6 octobre 2012 22:54

                                Le mur c’est avant tout dans la tête.

                                Alors commencer par détruire le votre !


                              • David 10 octobre 2012 00:07

                                Poutine n’est, certes, pas le modèle parfait du dirigeant mais en existe ou en a-t-il existé un ? Ce texte est lourd de ces poncifs anti-Poutine comme semble le dire Pierre. Vous n’argumentez que très peu au final... Lisez et écrivez ensuite...

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