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Accueil du site > Actualités > International > Les ambitions régionales de l’Iran au coeur de la tourmente

Les ambitions régionales de l’Iran au coeur de la tourmente

Les pressions des Etats-Unis sur le régime iranien se font de plus en plus pressantes depuis quelques semaines. Ces pressions marquent un changement de la politique américaine dans la région. L’Iran ayant profité de la politique américaine en Irak pour augmenter son influence dans la région, les Etats-Unis cherchent aujourd’hui à contenir les ambitions régionales de l’Iran.

Les déclarations américaines se multiplient quant à la nature agressive du régime iranien, dans un scénario qui rappelle les déclarations sur le régime de Saddam Hussein avant le lancement des opérations en Irak en 2003.

En février 2007, Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la sécurité nationale, fait part d’un scénario plausible pour justifier le départ en guerre contre l’Iran. Seymour Hersh, dans un article du New Yorker de mars 2007, analyse ce changement de politique américaine au Moyen-Orient comme étant destiné à réduire l’influence grandissante de l’Iran dans la région ; influence qui est une conséquence profonde et inattendue de la politique américaine en Irak.

Les ambitions géopolitiques de l’Iran au Moyen-Orient et sur la scène internationale sont multiples, que ce soit sur le plan stratégique et militaire, politique ou encore économique. L’Iran, de par sa taille et ses potentialités, ambitionne de devenir un leader dans la région qui l’entoure. Cette ambition n’est pas nouvelle dans les relations internationales iraniennes, puisqu’elle était déjà envisagée dans les années 1970, quand le Shah Mohammad Reza Pahlavi rêvait de faire de l’Iran le "gendarme du Golfe".

L’Iran a réussi à développer une industrie militaire depuis la fin de la guerre Iran-Irak et est aujourd’hui en mesure de produire des avions de transport et de combat, des véhicules blindés, des missiles et des munitions. Ce développement de l’industrie militaire a été rendu possible par les synergies avec la technologie des principaux fournisseurs (Chine, Corée du Nord, Russie et Ukraine) qui assurent aujourd’hui à l’Iran une autonomie dans la conception et la production d’armements, ou la transformation de ceux-ci en versions plus modernes[1]. Le matériel produit en Iran reste toutefois obsolète par rapport au matériel employé par les pays voisins. Le rôle du programme nucléaire de la République islamique d’Iran a été considéré comme une force de "dissuasion virtuelle" par certains experts. L’Iran montre ainsi ses capacités à développer la technologie nucléaire, en essayant de rester dans la légalité prévue par le TNP.
Les forces militaires et la position géographique du pays lui donnent une position d’importance au débouché du Golfe persique, dans le détroit d’Ormuz, par lequel transitent 40 % du pétrole mondial. De plus, l’Iran est naturellement un pays de transit avec les quinze pays voisins avec lesquels il partage des frontières terrestres et maritimes. Au cours des dernières années, le développement du chemin de fer, des routes et des voies aériennes marque une avancée dans ce sens. L’Iran, qui possède les deuxièmes réserves mondiales de gaz naturel, cherche par ce moyen à développer ses ambitions régionales et internationales. Oman a signé en mai 2007 un accord de coopération avec l’Iran pour l’exploitation d’un champ de gaz du Golfe persique. Un gazoduc reliant l’Iran à l’Arménie a été inauguré le 19 mars 2007. La Géorgie, qui cherche à réduire son indépendance énergétique vis-à-vis de la Russie, pourrait être intéressée par une extension de ce gazoduc jusqu’à son territoire[2]. L’Iran est également en train de finaliser les pourparlers autour d’un projet de gazoduc reliant le pays à l’Inde via le Pakistan, qui permettrait d’exporter 60 millions de mètres cubes de gaz par jour afin d’alimenter ces nations de l’Asie du Sud en fort développement (ce projet rencontre d’ailleurs l’opposition des Etats-Unis, qui voudraient construire un gazoduc entre le Turkménistan et l’Inde passant par l’Afghanistan).

La République islamique d’Iran essaie également d’étendre son influence en finançant des projets dans les pays voisins, comme elle l’a fait par exemple au Tadjikistan en finançant des projets d’importance stratégique (tunnel routier, central et réseau électrique). Téhéran cherche également des ouvertures vers d’autres pays en développement, comme le montrent les rapprochements avec le Venezuela ou les actions commerciales lancées dans les pays d’Afrique.

D’un point de vue industriel et commercial, l’Iran devient de plus en plus présent chez ses voisins. Les biens d’origine iranienne envahissent les marchés irakiens. Les échanges avec la région autonome du Kurdistan irakien se seraient élevées à plus d’un milliard de dollars en 2006 d’après le gouvernement iranien. Le 13 juin 2007, les premières Logan fabriquées en Iran (sous le nom de Tondar-90) étaient livrées aux clients iraniens. Cette nouvelle voiture est le résultat d’une joint-venture entre IranKhodro, Saipa et Renault, qui a investi 300 millions de dollars dans ce projet. Cette joint-venture devrait permettre de produire 10 000 véhicules par mois à partir de mars 2008[3].

Enfin, l’Iran semble être un partenaire incontournable pour les Etats-Unis dans la stabilisation de la situation en Irak. Les Américains ont d’ailleurs été obligés de reconnaitre ce rôle de l’Iran en s’asseyant à la même table que les Iraniens lors du sommet de Charm-el-Cheikh début mai 2007. Ce rôle de l’Iran en Irak est lié aux tensions sur le programme nucléaire iranien[4].

Les Etats-Unis, mis en difficulté en Irak, vont maintenant chercher à déstabiliser l’Iran, qui prend trop d’influence dans la région. Cette politique de "containment" des ambitions iraniennes passe par des pressions de la part des Américains, et, dans l’hypothèse la plus pessimiste, par la mise en oeuvre du scénario évoqué par Zbigniew Brzezinski. L’Iran, déjà catalogué parmi les pays de l’Axe du mal, fait l’objet de déclarations américaines répétées visant à démontrer publiquement le pouvoir de nuisance, réel ou supposé, de Téhéran. Récemment, le sous-secrétaire d’Etat américain, Nicholas Burns, faisait état des preuves irréfutables dont disposait les Etats-Unis au sujet des armes d’origine iraniennes livrées aux talibans en Afghanistan. Les références aux Pasdarans (Gardiens de la révolution) dans le soutien à des groupes terroristes comme le Hezbollah au Liban ou le Hamas en Palestine sont régulières.

L’affaiblissement de l’Iran passe aussi par les sanctions qui sont proposées par la communauté internationale à l’encontre de l’Iran. Washington est un moteur dans ces proposition de sanctions, quand le département du Trésor américain demande le gel des avoirs internationaux de la banque Sepah ou de la banque Saderat par exemple. Les mouvements indépendantistes aux marches de l’Iran, qui seraient, selon certains experts, aidés par les Etats-Unis, visent également à déstabiliser le régime iranien. Les évènements violents qui ont eu lieu récemment dans les zones kurdes (échanges de coups entre indépendantistes kurdes et les forces de l’ordre), baloutches (attentat contre un bus de Pasdaran) ou l’agitation régulière qui soulève la communauté azérie sont des illustrations de ce point de la politique américaine.

La suite du scénario décrit par Zbigniew Brzezinski serait de rendre l’Iran responsable d’une attaque terroriste organisée par Al-Qaida sur le sol américain, qui serait présentée comme organisée depuis le territoire iranien. Il est encore difficile de savoir si ce scénario se réalisera. L’issue de la crise entre l’Iran et les Etats-Unis dépendra en grande partie de l’orientation prise par la Maison-Blanche. Seymour Hersh relatait au mois de mars l’existence de deux vues qui s’affrontaient à Washington : certains voient l’Iran comme le plus grand danger, d’autres pensent que ce sont les extrémistes sunnites. Les forces armées qui se pressent autour de l’Iran et les rapprochements entre Israël et l’Arabie saoudite (qui voient tous deux l’Iran comme une menace dans la région) laissent à penser que réduire l’influence de l’Iran est effectivement le nouvel objectif de l’administration américaine, quel qu’en soit le prix.

Notes :
[1] : voir Autarcie : l’industrie militaire iranienne. Projets et développements de systèmes d’armes, Michel Brunelli, Groupe d’étude sur le Nucléaire et les relations internationales et stratégiques, janvier 2001. Voir également « Iran makes big strides in missile capability », Nadim Kawach, Gulf News, 15 mars 2004.
[2] : voir « GEORGIA SHOWS INTEREST IN IRAN-ARMENIA GAS PIPELINE », Maryanna Gregorian, Eurasianet, 12 avril 2007.
[3] : voir « First Iranian-made Renault Logans hit the road », Middle East Times, 13 juin 2007
[4] : voir Iran’s influence in Iraq, un rapport de Kenneth Katzmann destiné au Congrès américain.


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24 réactions à cet article    


  • donegale 19 juin 2007 12:35

    à l’auteur,

    Oui, mais vous ne dites pas comment vont réagir les Russes et les Chinois ?


    • madwil madwil 19 juin 2007 13:49

      Grande question !

      Les russes en recherche d’influence nouvelle pourraient soutenir l’Iran. De plus, russes et chinois ne vont pas refuser un marché tel que l’Iran pour écouler Mig-35 et divers systèmes de missiles.


    • mariner valley mariner valley 19 juin 2007 12:40

      Que l’objectif des USA soit e reduire l’influence de l’iran : « D’accord »

      A tout prix : pas sur les americains sont deja bien embourbe en Irak pour se permettre un 3eme front tout seul du moins sans une coalition passant par l’ONU.

      L’iran achete aussi beaucoup de materiel militaire a la Russie et la Chine qui y ont des interet petrolier. De plus une attaque americaine enerverait fortement les chinois (de la a prendre la defense de l’iran, je ne pense pas) mais les chinois ont les moyens par leur archat de la dette americaine en autre de faire beaucoup de mal a l’economie americaine voire de la faire plonger, nous entrainant dans la chute ca va de soi....


      • mariner valley mariner valley 19 juin 2007 12:42

        Par contre faire un travail de sape comme il l’ont fait au paravant pour lasser le peuple et le faire se rebeller contre leur gouvernemnet (car le peuple iranien semble lasser des mollahs) s’est beaucoup plus problable.


      • jay 19 juin 2007 12:53

        Merçi fabien pour un article qui donne simplement et impartialement les tenants et aboutissants du « cas iranien » actuel.

        « réduire l’influence de l’Iran est effectivement le nouvel objectif de l’administration américaine, quel qu’en soit le prix. » je ne sais pas si l’administration US sera prete à payer n’importe quel prix....entre s’accomoder d’un Iran nucléaire (avec tout ce que cela suppose d’influence régionale et de prolifération dans cette partie du monde)et mettre à mal profondément et durablement leurs intérêts au moyen-orient (ce que à mon sens l’aventure irakienne n’a pas fait puisque je ne fait pas partie de ceux qui pense que les américains sont embourbés en Irak).... si l’option militaire n’est pas écartée elle peut être interprétée (c’est une hypothèse pas une affirmation) comme le renforcement de leur position dans une négociation.

        « l’influence grandissante de l’Iran dans la région ; influence qui est une conséquence profonde et inattendue de la politique américaine en Irak. »

        le préssuposé de mon hypothèse est que cette conséquence n’était pas inattendue. le fameux croissant chiite, grande peur des régimes du Golfe, est la conséquence prévisible, et prévue, d’un remodelage de cette région sur des lignes confessionnelles et tribales. Si on voit l’intervention en Irak (et ses modalités notamment la dissolution de l’armée irakienne) comme le premier mouvement en vue de ce remodelage, ce qui est mon cas, la question d’une intervention militaire en Iran se pose différemment : L’état-nation irannien peut-il être brisé, (je ne suis pas une spécialiste de l’Iran mais le peu que j’en connais est que cela serait extrêment difficile a réaliser) ? si ce n’est pas le cas, l’Iran satellise (le mot est un peu fort)les zones chiites et il faut donc une alliance objective avec ce pays, au moins dans certains domaines.

        Je serais curieuse de connaître votre avis sur cette possibilité.

        bien à vous, jay.


        • Fabien DANY 19 juin 2007 14:15

          @jay Briser l’état-nation iranien me semble difficile car seuls de petits groupes se battent pour l’indépendance. La majorité des populations non-persanes sont plutôt partisanes d’avoir plus d’autonomie dans leurs spécificités culturelles, nationales, linguistiques.. et ne souhaitent pas forcément obtenir leur propre état (la république kurde de Mahabad en 1946-1947 a déclaré son indépendance au sein de l’état iranien, sans s’en détacher toutefois, comme le cas de la république azérie à la même période).

          La possibilité d’une alliance objective avec l’Iran pourrait être bénéfique à plusieurs titres (mais moralement intenable pour les occidentaux, à cause de la nature théocratique et autoritaire du pouvoir iranien) : le nucléaire iranien pourrait être encadré afin d’être sûr de ne pas le voir dériver vers des usages militaires (solution prônée par El Baradei) ; un tel accord sur le nucléaire pourrait permettre aux US de commencer par renouer des liens diplomatiques (puis des liens plus « commerciaux ») avec l’état iranien, ce qui pourrait être suivi par tous les autres pays occidentaux qui s’opposent aujourd’hui à l’Iran. Toutefois, c’est une position qui ne peut s’envisager qu’à long terme au vu du passif entre les deux Etats. Les européens ne pourraient pas proposer une telle alliance avec l’Iran car les US s’y opposeraient. Je ne pense pas que l’Iran « satellise » les zones chiites, mais plutôt qu’il s’impose comme un « poil à gratter » (expression pas assez forte) et un partenaire qui se veut incontournable dans le règlement des problèmes dans le croissant chiite auquel vous faites allusion afin de faire reconnaitre le rôle de leader auquel il aspire.


          • madwil madwil 19 juin 2007 14:40

            Je ne pense pas que les pays sunnites de la région (tels que l’Arabie Saoudite) et Israël n’acceptent l’avènement d’un Iran nucléaire, même civil. Leur rapprochement actuel sur cette position le prouve. Jamais ils ne permettront à l’Iran d’acquérir le bombe atomique et ce par tous les moyens. De plus, la volonté actuelle du président iranien est bien de se doter de l’arme atomique (pour preuve les dizaines de centrifugeuses en activité).

            De part son jusqu’au boutisme, Ahmadinejad nous conduit droit à la confrontation. Son pouvoir de nuisance est garnd : soutient ou contrôle du Hezbollah au Liban, Hamas à Gaza, Djihad Islamique en Palestine, brigades chiites d’Al Sadr en Irak, ex-GSPC en Algérie... Il activera tout ces foyers pour répondre à toute attaque sur ses installations.


          • Fabien DANY 19 juin 2007 14:53

            Je rappelle au passage qu’Ahmadinejad n’a que peu de pouvoir dans la politique de sécurité de l’Iran : il n’est qu’un des membres du conseil de sécurité nationale iranien, dirigé par le guide Ali Khamenei. Ce sont les gardiens de la révolution, directement soumis à l’autorité de Khamenei qui sont impliqués à l’étranger, et Ahmadinejad, bien que sortant de leurs rangs, n’a que peu d’emprise sur eux à son poste de président de la république.

            De plus, sur la question du nucléaire, l’AIEA, après plusieurs années d’inspections, n’a pas toujours pas trouvé d’éléments permettant de confirmer ou d’infirmer les objectifs militaires du programme.


          • jay 19 juin 2007 14:56

            @madwil

            C’est sur que les israéliens s’arrachent les cheveux et que les Séouds doivent êtres fou de rage contre leurs alliés américains ! mais seuls les désirs américains comptent, et ce pour encore quelques temps. Malgré la montée en puissance de la Chine, (et peut-être de la Russie) les Etats -Unis ont encore de la ressource. Et attaquer l’Iran, même pour une nation aussi résiliente que les US....cela pourrait savérer plus dangereux pour leur leadership mondial que l’intervention en Irak ne l’a jamais été.

            si les américains disent non, les israélinens et les Séouds seront obliger de s’incliner.


          • Fabien DANY 19 juin 2007 15:09

            Intenable moralement pour les occidentaux car il faudrait faire oublier toutes leurs déclarations sur l’Iran (ce qui prendra un peu de temps : on ne peut pas transformer l’image de l’Iran aussi rapidement sans en changer le régime), cette position serait également intenable pour le régime iranien qui s’oppose à la politique de Washington depuis la révolution. Le rapprochement et l’alliance objective ne peuvent s’envisager qu’à long terme, et à long-terme, c’est le régime iranien qui est en péril de l’intérieur. question insoluble au vu des éléments actuels...

            Je ne souscris pas non plus au plan de remodelage de la région selon des lignes confessionnelles et tribales. Arriver à une partition de l’Irak, qui n’existe que depuis la chute de l’empire ottoman, est en revanche une éventualité. Ce remodelage de l’Irak diviserait le pays en trois zones : une kurde (déjà existante et autonome), une sunnite et une chiite. Les iraniens, à travers le soutien que les pasdarans apportent aux mouvements islamiques au Liban et en Iran, essaient de s’imposer dans la région : ils activent le feu d’un côté et viennent se poser en pompiers de l’autre. Le remodelage selon des bases confessionnelles et tribales me semble beaucoup trop simpliste : les tribus ont toujours fait preuve d’alliances lâches et au gré de leurs propres intérêts (la tribu des Barzanis, aujourd’hui au pouvoir au Kurdistan irakien, a participé à l’aventure républicaine kurde de Mahabad en 1946-1947). L’opposition en sunnite et chiite est elle aussi artificielle : tous deux restent très divisés sur un certain nombre de points (différentes écoles de fiqh sunnites, les chiites duodécimains ne suivent pas tous les mêmes mardjas), et surtout, ils sont tous deux musulmans. Les occidentaux peuvent compter sur un appui ponctuel, mais pas sur une alliance avec l’un ou l’autre parti. Récemment, un officiel saoudien déclarait que l’Arabie saoudite ne servirait pas de base à une attaque contre l’Iran.


          • jay 19 juin 2007 15:15

            @madwil post 2 :

            Vous ne pouvez pas savoir à quel point j’aimerais que vous ayer raison. mais il se trouve que je travaille sur le marché énergétique irakien ; ce que j’observe depuis quelque temps c’est que cela peut aller assez vite si certaines conditions existent(je parle d’un remodelage). quand aux réserves énergétiques, c’est à nuancer ; effectivement, on peut prévoir que les réserves arriveront à terme au moment ou un tel redécoupage (s’il a lieu) serait stabilisé, mais entre temps on peut s’arranger d’e guerres civiles de basse intensité en combinant des tractations politiques ponctuelles et des systèmes de sécurité adapté. pour le coup, si l’Iraq sert de laboratoire à tous les groupes insurgés du globe, elle sert aussi aux armées occidentales. la synthèse Plan prévisonnel à 30 ans 2005 que l’on trouve sur le site de la DGA est intéressant. il donne un bon aperçu des options militaires qui sont prises. et elle vont dans le sens d la gestion de la guérilla. De plus, les compagnies pétrolières ont l’habitude de travailler dans des conditions épouvantables. voir parfois ça aide dans la négociation des contrats. Bref je suis de plus en plus pessimiste.

            Sinon je souscris plus ou moins pou Am. mais il ne vous fait pas pnser à Bush, une sorte de caricature, de façade. le post de Fabien 14h53 est je pense assez justeà ce propos ;

            d’ailleurs au passage fab, vous êtes sur pour L’AIEA et le manque d’élément ?


          • jay 19 juin 2007 15:21

            Merci fabien pour ta réponse. J’étais déjà au courant des dissension interne du sunnisme et du chiisme etc.. mais je n’avais pas vu les chose sous ces angles. j’y réfléchis et avec un peu de chance on en rediscutera sur un fil d’AV. rod afez...


          • LE CHAT LE CHAT 19 juin 2007 14:30

            Si un jour le régime iranien doit tomber , ce sera de l’intérieur .ça reste du domaine du possible , les ayatollahs n’ayant pas tant la cote que ça , le peuple ayant la télé et regardant ce qui se passe dans le monde , ça a été un succès pour venir à bout de la RDA.La stratégie qui consiste à envahir et placer des hommes de paille venus dans les valises a lamentablement échoué à coté ! le seul objectif étant bien sur l’appovisionement en or noir


            • fouadraiden fouadraiden 19 juin 2007 16:54

              le Chat,

              je vous trouve d’un bons sens absolu et rare sur les questions Moyen-orientales qui me rejouit.

              l’or noir certes.mais n’oublions pas la sécurité d’Israel.quand l’or noir cessera de compter les Arabo-perses auront encore cette épine au pied.ce qui les condamne pour longtemps encore à subir.

              MIAS il est vrai que les Occidentaux privilégient l’implosion interne à la russe.scénario encore improbable et qui doit pas nous faire écarter la possibilté de frappes préventives des américains.les israélo-américains n’hésiteront pas une seule seconde à détruire les endroits stratégiques,seulement nous ne connaissont pas la rélaité des progrès techniques des perses en matière nucléaire ,car méfions-nous de la propagande occidentale l’Iran reste un pays sous-developpés avec une armée de pacotille pour l’essentiel.

              C’est dire le temps qu’ils devront encore subir la domination occidentale.

              @ quant à l’auteur ,

              son scénario est trop théorique.les Américains sont beaucoup plus simplistes que cela.leur puissance les y autorise et aucun besion de recourir à quelques théories fumeuses.

              il serait stupide de croire que les Américains contrôlent l’ensemble des paramètres(cf l’irak).ils agiront le jour où ils estimeront nécessaire de le faire sans la moindre hésitation.quelques iraniens crieront au scandale ,quelques occidentaux descenderont manifester dans les rues ,quelques eprits continueront à échaffauder des théories fumeuses et le monde continuera à tourner.

              les Chinois ,voilà un véritable advesaire pour le futur occidental.


            • jay 19 juin 2007 14:31

              Merçi pour vos précision sur l’Iran, je vais aller voir de plus près les cas des république kurde et azérie. Mais pouquoi intenable moralement ? nous, je veux dire les occidentaux, avons d’excellente relation avec l’arabie saoudite ?

              par ailleurs je me demande si vous souscrivez à la thèse du remodelage tribale et confessionel du moyen orient, si oui jusqu’à quel point et dans le cas contraire je serais très intéressée par la lecture que vous faîtes des évènement récents de la région ? si vous avez un peu de temps... merçi d’avance, jay


              • madwil madwil 19 juin 2007 14:50

                Je ne pense pas que les USA aient prévu de remoderler la région en fonction de lignes tribales et confessionnelles. Ce plan prendrait des dizaines d’années et arriverait à terme au moment où mes réserves de pétroles s’épuiseraient.

                Je vois plus les évènement de la région comme les ambitions de grandeurs d’un fou : Ahmadinejad. Le rempart irakien à l’expansion chiite est tombé. Ahmadinejad voit la conjonction de ce fait et du programme nucléaire qui progresse comme une autoroute vers la formation du fameux croissant chiite.

                Alors il active le front libanais par l’intermédiaire du Hezbollah, fait de même à Gaza avec la Hamas et réalise putsch auquel on vient d’assister. Il arrangue les foules arabes en appelant à l’anihilation d’Israel et en niant la Shoah comme Nasser à l’époque. Il veut devenir le Sauveur (chiite) du monde arabe opprimé par l’Occident allié d’Israël !


              • frédéric lyon 19 juin 2007 15:28

                Il faut faire sauter le verrou iranien et permettre au 30 millions d’azeris qui vivent sous le joug des perses en Iran, de rejoindre les 8 millions d’azeris qui vivent en Azerbaidjan qui est l’Etat national de tous les azeris.

                Les frontières actuelles entre l’Azerbaidjan et la Perse ont été traçées par l’ancienne puissance coloniale de la région : la Russie Tsariste, pour le plus grand bonheur des perses et le plus grand malheur des autres peuples de la région, dont les azeris.

                La Perse cherche aujourd’hui à se doter de l’arme atomique car son protecteur russe n’a plus la puissance qu’il avait au temps de l’Empire Sovietique et la chute de l’Empire Soviétique provoque, par ricochet, la libération de tous les peuples périphériques, que ce soit en Europe ou en Asie Centrale.

                La chute de l’Iran, création de l’histoire coloniale, entrainera également la libération du peuple kurde.


                • ZeusIrae 19 juin 2007 19:10

                  Mais personne n’en veut de la liberation du peuple Kurde,absolument personne.Pas les nationaliste shiite irakiens,pas les sunnites irakiens qui veulent garder Kirkouk,pas les turques et évidemment ni les iraniens et les syriens.

                  C’est insistance à parler de manière lyrique de la glorieuse liberation des kurdes(qui n’ont effectivement pas de chances)est passablement agaçante.

                  « Nicholas Burns, faisait état des preuves irréfutables dont disposait les Etats-Unis au sujet des armes d’origine iraniennes livrées aux talibans en Afghanistan. »

                  C’est u point extremement douteux et que le secretaire general de l’Otan avait dementit.Les taliban était hostile a l’Iran et cette derniere a ses propres clients en Afghanistan,soutenir les taliban n’a donc pas beaucoup de sens pour l’Iran.

                  « Les évènements violents qui ont eu lieu récemment dans les zones kurdes (échanges de coups entre indépendantistes kurdes et les forces de l’ordre), baloutches »

                  Si c’est le cas,la politique US nagerais dans un marécage de contradiction.En effet,les Balouchtes sont coupé en deux par la frontiere(poreuse)entre l’Iran et le Pakistan.Si les balouchtes s’agite en Iran,cela ne manquera pas de destabiliser le Pakistan.Pour l’instant il n’y pas de preuve de l’existence d’un mouvement independantiste cohérent et puissant dans cette region.

                  « Les références aux Pasdarans (Gardiens de la révolution) dans le soutien à des groupes terroristes comme le Hezbollah au Liban ou le Hamas en Palestine sont régulières. »

                  Régulière et ancienne,elles existait déjà à l’epoque de la presidence de Khatami.Ce n’est pas nouveaux.

                  « L’Iran a réussi à développer une industrie militaire depuis la fin de la guerre Iran-Irak et est aujourd’hui en mesure de produire des avions de transport et de combat, des véhicules blindés, des missiles et des munitions. »

                  Matériels qui connaissent encore des problèmes de fiabilité importants(voir l’incident de la fregate israelienne au large du liban) et reste inferieur aux standards actuels.


                  • ZeusIrae 19 juin 2007 19:26

                    Mage,pourquoi devez-vous toujours présenter le conflit en terme ideologique alors qu’il s’agit d’un probleme geopolitique ?


                    • frédéric lyon 20 juin 2007 09:09

                      L’Iran (en farsi : Erian Shar = « le pays des aryens ») n’existe pas. En tous cas certainement pas dans ses frontières d’aujourd’hui.

                      Les perses, qui sont des indo-européens, comme les européens, et qui s’en vantent jusqu’à le revendiquer dans le nom de leur pays, ne représentent qu’à peine 50% de la population totale de ce fameux « Erian Shar » !

                      Il faudrait demander aux azéris (qui sont des turcs), ou aux turcmènes (qui sont encore des turcs) qui ont été annexés par l’Iran avec la complicité des russes, alors que ces deux peuples disposent chacun de leur état national (l’Azerbaidjan et le Tukkmenistan), ce qu’ils pensent du fait d’habiter contre leur gré dans un pays qui s’appelle « le pays des aryens » !!

                      Il y a plus de différence entre un azéri et un perse, qu’entre un perse et un allemand nazi !


                      • Fabien DANY 20 juin 2007 10:16

                        Il me semble que vous ne remontez pas assez loin dans l’histoire et simplifiez dans le sens des nationalistes azéris : les safavides qui ont unifié l’Iran au XVIe siècle étaient d’origine turkmène, les Qajar qui contrôlaient le pays au XIXe également. L’Iran est un pays multi-ethnique depuis l’époque achéménide, plusieurs siècles avant J.-C.


                      • frédéric lyon 20 juin 2007 10:54

                        Depuis l’époque Achemenide ? Et bien dites donc, vous m’en bouchez un coin !

                        Donc, vous ne pensez pas qu’il soit nécessaire de demander leur avis aux kurdes, aux turcmènes et aux azéris.

                        Rassurez-vous, celà n’a probablement aucune importance : la CIA se chargera de le leur demander.


                        • Fabien DANY 20 juin 2007 11:12

                          C’est en effet à l’époque achéménide qu’un état-multinational trouve ses origines en Iran (il a connu de nombreuses vicissitudes depuis). Je pense surtout que vous faites l’amalgame entre les non-persans qui veulent leur indépendance et ceux qui souhaitent conserver leur attachement à l’état iranien (cf la révolution constitutionnelle de 1905-1911 en Iran, et particulièrement à Tabriz). Même poussés à l’indépdance par les russes en 46, les azéris voulaient rester au sein d’un grand état iranien. Ces azéris ont d’ailleurs toujours été rattachés à l’Iran, et ce n’est que l’expansionnisme russe du XIXe qui a fait naître le nationalisme azéri (d’après ce que j’en ai lu).


                        • Xerxès Xerxès 21 juin 2007 14:52

                          @Frederic Lyon

                          Je suis Azeri et je te pisse à la raie. smiley

                          Xerxès

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