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Accueil du site > Actualités > International > Les causes et racines de l’insurrection irakienne

Les causes et racines de l’insurrection irakienne

Historiquement, le discours porté par les Américains, tant militaires que civils, sur les acteurs et les causes de l’insurrection irakienne (ou plus globalement des violences irakiennes) n’a cessé d’évoluer. L’étudier permet ainsi de repérer les stratégies de (dé)légitimation. C’est d’ailleurs ce que font les opposants à la stratégie contre-insurrectionnelle lorsqu’ils dénoncent celle-ci comme un changement du discours destiné à l’opinion publique américaine comme aux populations locales (ce qu’il est aussi en partie). Or, c’est oublier un autre élément : ces discours structurent la compréhension de la mission par l’ensemble des militaires, ce qui, dans le contexte d’une décentralisation croissante de l’action, est crucial.

1) Le discours américain sur l’insurrection : une évolution majeure de la campagne en Irak ?

On le sait, dans un premier temps, l’insurrection est niée par Donald Rumsfeld qui y voit l’action de “jusqu’au-boutistes” du régime de Saddam Hussein tandis que la “campagne de guérilla” annoncée par John Abizaid en juillet 2003 insiste surtout sur les réseaux jihadistes internationaux. Cette vision participe à la délégitimation des mouvements insurgés et démontre surtout une méconnaissance parfaite de la situation politique et culturelle de la société irakienne. 

Dans un second temps, l’insurrection est perçue comme la production “d’anticorps” face à la présence et à l’occupation militaire américaine. Il s’agit d’une vision plus élaborée puisque elle sous-entend que, la “fenêtre d’opportunité” étant passée, les libérateurs ont développé un ressentiment croissant contre eux, tout autant qu’ils ont favorisé la fragmentation sociale et l’amplification de la violence civile. Cependant, il serait faux de croire que cette vision préexiste à la formulation de la stratégie de “l’irakisation par le haut” définie par le général Casey. A compter de juillet 2004, mais surtout en mars 2005, l’objectif de ce dernier est de transférer au plus vite les responsabilités de la sécurité aux forces irakiennes et de légitimer le nouveau gouvernement issu des urnes. Or, la “doctrine de l’anticorps” -formulée par Abizaid en tant que supérieur direct de Casey- sert surtout à légitimer une posture de retrait décidée dès le premier jour de la campagne “Liberté en Irak”. 

Dans un troisième temps, l’insurrection est précisément définie pour ce qu’elle est, c’est à dire en partie un mouvement de résistance, mais surtout une amplification de la compétition politique du fait du vide du pouvoir provoqué par la chute de Saddam Hussein. Plus précisément, l’insurrection s’inscrit aussi dans l’histoire plus longue des relations entre les différentes composantes de la société irakienne et dans le cadre de l’évolution sociopolitique de cette dernière. L’insurrection est donc enchâssée au coeur d’un “écosystème conflictuel complexe” (D. Killcullen) qui comprend des éléments de résistance à l’occupation, de guerre interconfessionnelle et de conflit politico-social. Dans ce cadre, les militaires américains se perçoivent comme des arbitres de ces violences chargés de les “stabiliser” mais aussi comme des réformateurs capables de règler les causes profondes de l’insurrection, principalement économiques, sociales et identitaires.

2) Permanence du discours et de ses composantes :

Derrière une succession de ruptures dans le discours et les stratégies qui les soutiennent (ou qui en sont issues en retour), il existe en réalité trois facteurs persistents :

-l’insurrection est exogène à la population irakienne.

-il existe un caractère essentiellement belligène dans la société irakienne.

-la posture individuelle et collective des militaires américains a un rôle déterminant pour attiser ou atténuer le conflit.

Toutefois, ces trois éléments qui structurent l’ensemble du champ de la contre-insurrection en Irak depuis 2003 connaissent des proportions variables selon le locuteur et selon l’époque. Grosso modo, on peut observer les évolutions suivantes :

-T1 : le premier facteur est central. L’insurrection est décrite comme étant causée par des acteurs étrangers à la population, soit qu’ils soutiennent les restes d’une dictature forcément honnie, soit qu’ils soient les agents de Al Qaeda ou de l’Iran. On peut dire que l’incarnation de l’insurrection dans la figure de Al Zarqawi illustre cette prédominance. On observe pourtant que, si ce premier facteur demeure, il connaît des transformations profondes. A compter de 2006-2008, l’insurrection est mieux comprise dans son contexte politique, culturel et social. Les “causes profondes” (root causes) de l’insurrection ne sont pas niées : ressentiment individuel ou collectif, facteurs identitaires, revendications multiples (notamment des Sunnites) à la participation au processus politique. Les insurgés sont donc classés entre “réconciliables” (ceux dont les griefs sont légitimes et qui peuvent être réintégrés au sein du processus politique) et “irrécupérables” (ceux qui manipulent ces griefs pour des agendas différents, comme l’instauration d’un califat).

-T2 : le second facteur prend de l’importance à partir de l’année 2006, point haut des heurts interconfessionnels (dont on peut se demander si ils ne sont pas avant tout des tentatives pour asseoir le pouvoir de certains groupes et de certaines organisations au sein de chaque communauté- bref, si ils ne sont pas des compétitions intra-communautaires tout autant qu’inter-communautaires). Dans cette optique, l’insurrection est analysée avant tout comme le produit d’une société “pré-moderne” dont les ressorts culturels (honneur, vengeance) et politiques (luttes confessionnelles, rôle de la violence, place supposée des “cheiks et des imams”) sont considérés comme profondément belligènes. On reconnaît là la vision “orientaliste” si prégnante dans les discours académiques américains sur les Arabes et les Musulmans et qui irrigue ici la description d’une société prête à se perdre dans le chaos si elle n’est pas disciplinée et occidentalisée. Néanmoins, cette vision ne cesse d’évoluer à son tour dans une nuance subtile mais importante. Il ne s’agit pas seulement du discours sur “l’arbitrage de la guerre civile” par les militaires américains, mais aussi de la prise en compte au niveau interpersonnel de la réalité de la société et de la culture irakienne dans sa diversité et sa modernité. En ce sens, ce deuxième facteur cède la place au troisième.

-T3 : présente dès les débuts de l’occupation, l’idée selon laquelle les militaires américains agiraient sur l’insurrection est certainement celle qui domine aujourd’hui, et pas seulement à travers les discours sur les changements culturels, conceptuels et institutionnels au sein de l’Army et des Marines. Au départ, l’analyse porte sur la méconnaissance culturelle irakienne et sur l’impératif de ne pas aggraver les relations entre les populations. En juillet 2003 par exemple, le général Sanchez demande à ce que cessent les opérations de bouclage et de ratissage pour la raison qu’elles produiraient davantage de mécontentement que d’assentiment. D’ailleurs, on devrait savoir gré à Ricardo Sanchez d’avoir cherché le premier à unifier la collecte, l’analyse et la distribution du renseignement, même si cela échoue au bout du compte. Néanmoins, cette perception est partagée par de nombreux militaires déployés en Irak ou présents au coeur des organes de réflexion des institutions. En témoigne l’insistance croissante sur la “sensibilité culturelle” qui débouche sur des réformes dès l’hiver 2003-2004, institutionnalisées en 2005-2006. 

Dans un second temps, la “doctrine de l’anticorps” va plus loin puisqu’elle présuppose non seulement que les Américains sont une partie du problème mais qu’ils sont même LE problème. La présence est considérée comme une “fausse bonne idée” (notamment à travers les patrouilles à pied qui sont perçues comme tendant à exacerber le sentiment de rejet de la population) et conduit au retrait progressif des centre-villes. En clair, il s’agit de “mettre un visage irakien” sur la contre-insurrection pour abaisser le soutien populaire aux insurgés. Bien entendu, cette analyse fait l’impasse sur les compétions politiques internes à la société irakienne et sur le rôle négatif des milices chiites, toujours considérées par la majorité des politiques comme des alliées.

Dans un troisième temps, ce facteur devient dominant avec la vision volontariste incarnée en David Petraeus. Désormais, les militaires américains considèrent qu’ils ont l’initiative et qu’ils peuvent agir pour détruire l’insurrection sunnite et chiite. C’est là l’aboutissement d’une évolution complexe qui ajoute à l’analyse plus fine des “causes profondes” de l’insurrection, une vision plus “neutre” du rôle et du positionnement des forces américaines en Irak (notamment vis à vis des Sunnites). Sur le premier point comme sur le second, il y a là la présence des deux facteurs identifiés plus haut (en tenant compte de leurs inflexions), mais aussi l’influence des débats conceptuels et doctrinaux qui animent les institutions militaires depuis 2004. Il est intéressant de voir qu’il s’agit là d’un décalque presque identique des idées de la “guerre révolutionnaire” et des phénomènes sociologiques les ayant accompagné. Ainsi, dépourvus de directives claires de la part du pouvoir politique, les militaires français en Algérie avaient du créer leur propre rôle à travers les analyses intellectuelles faites dans le cadre de leur perception des conflits de décolonisation au coeur de la “guerre froide”. Dans cette optique, quoi de plus exaltant et (auto-)légitimant que de se voir comme des réformateurs souhaitant “couper l’herbe sous le pied” aux “révolutionnaires nationalistes crypto-marxistes”. C’est pourquoi les militaires français s’étaient vus comme les protecteurs de la population civile, comme les éducateurs et les réformateurs des campagnes, comme les véritables “révolutionnaires” face au FLN… Ce phénomène était à l’intersection entre les réflexions intellectuelles de l’année 1957, les pratiques éprouvées de la période coloniale, et les évolutions sociologiques au sein de l’armée “professionnelle” depuis 1945. Plus finement, il était aussi, comme l’est l’expérience collective et individuelle américaine en Irak, une forme particulière de conversion profonde.

Au bilan, cette réflexion sur la perception de la cause de l’insurrection par les militaires américains questionne aussi la formule doctrinale “populo-centrée” : la population est le centre de gravité de l’insurrection, il faut donc la gagner à sa cause, insurrection et contre-insurrection s’affrontent pour leur légitimité auprès des populations locales. Au-delà, elle questionne aussi certains de ses présupposés corollaires, comme par exemple les relations entre la sécurité et le développement socioéconomique. En effet, ces formulations sont performatives et légitimantes. Traduction sans jargon : elles servent surtout à autoriser les nouvelles procédures tactiques et la nouvelle stratégie. Mais, si elles sont un affinement de l’analyse des causes des insurrections (même si c’est à travers les concepts hérités de la “guerre révolutionnaire”), elles ne permettent pas de trancher tout à fait sur la responsabilité initiale (cause ou condition de possibilité) de la présence militaire américaine en Irak dans le déclenchement et la montée en puissance des insurgés (hors le “péché originel” de l’invasion et de la chute de Saddam Hussein bien sûr)… Ce qui renvoie donc à nouveau à notre problème de l’impossible retrait américain d’Irak dans les conditions actuelles.


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28 réactions à cet article    


  • morice morice 10 juin 2009 10:42

    .... au début ils étaient tous appelés « terroristes », puis sont devenus des « insurgés »... le propos de l’armée américaine à l’égard de leurs opposants et le même que celui des allemands face à la résistance. Il existe bien une résistance irakienne aux envahisseurs, et les MOTS n’y pourront rien y changer.


    pour y remédier, l’armée US met en place en ce moment même les mêmes techniques que celles de la bataille d’Alger... les américains ayant copié les généraux français... 

    • abdelkader17 10 juin 2009 11:38

      @Arthur Mage
      Comment pouvez vous être sur que l’on n’alimente pas la guerre confessionnelle par des attentats ?
      visant à ce que les communautés s’entre déchirent, une vieille technique dont les maitres d’oeuvre israeliens sont les champions, diviser le moyen en petites entités politiques et religieuses.(Liban 1975-1990 Soutien Parti Kataeb extrême droite chrétienne)
      Et la recrudescence des attentats au Pakistan est ce un hasard depuis que le théâtre d’opération Américain s’est déplacé dans cette région.


    • leblaze 10 juin 2009 11:40

      la question a qui profitent ses attentats, pourquoi ce faire décrédibilisé par sa propre population, ce qui est sure les irakiens savant a qui les attribué, contrairement au désinfos médiatique, sinon il n’y aurrai plus de résistance en irak, ce qui est loin d’etre le cas.


    • abdelkader17 10 juin 2009 11:48

      @Arthur
      correction
      le moyen orient


    • ASINUS 10 juin 2009 12:16

      sur les marchés pour massacrer des enfants, des femmes et des hommes, tous civils, par dizaines.


      tout a fait mr mage un peu comme les bombardement anglo americain sur les villes allemandes alors que la production industrielle militaire allemande etait quintuplée en 1944


    • morice morice 10 juin 2009 14:07

      La résistance française n’a jamais consisté à mettre des bombes dans les rues, les bus, les universités ou sur les marchés pour massacrer des enfants, des femmes et des hommes, tous civils, par dizaines.

      visiblement vous n’avez lu aucun livre d’histoire.. qu’a-t-on reproché à certains résistants, sinon ça, justement ???? vous ne savez pas faire la différence entre info et propagande !


    • ASINUS 10 juin 2009 11:17

      bonjour monsieur Taillat , pensez vous que le fait que l armée us est laissée l armée
      irakienne se debander se volatiliser sans collectes des armes sans recensement des
      hommes meme sans decorum « chose auquel les civil accordent toujours peu d importance » je pense au ceremonies accompagnant la dissolution de l armée allemande
      en 1918/1919 , soit pour quelques choses dans l efficacité de cette guerilla ,on peu penser que des techniciens de l ordre soient à contrario des techniciens du desordres .
      Par ailleurs une armée irakienne purgée de ses elements baasiste avec des unités
      anciennes amalgamées « cf revolution française » avec des volontaires anti saddam n aurait elle pas eté accéptée plus volontiers par les populations des les premiers mois
      du depart des baassistes ?


      • morice morice 10 juin 2009 14:12

        pensez vous que le fait que l armée us est laissée l armée
        irakienne se debander se volatiliser sans collectes des armes sans recensement des
        hommes meme sans decorum

        euh pire : elles les a vendues... et il n’y a eu aucun registre de fait.... visiblement vous n’êtes au courant de RIEN..


      • Cogno2 10 juin 2009 11:55

        La résistance s’en prends aux forces d’occupation.
        Le terroriste s’en prends aux civils.

        (Pour AV : Affreux les bandeaux latéraux. Mais le top, ce sont les « commentaires les + appréciés », ils font chier à se placer en début, ils sont sortis de leur contexte, c’est, pardonnez moi l’expression, complètement naze.)


        • Cogno2 10 juin 2009 11:58

          J’ajoute que le terrorisme peut aussi être la fait d’un Etat dit « civilisé », ce n’est pas l’apanage d’un groupe de méchants anarcho-gaucho-islamo-pas beaux.


        • morice morice 10 juin 2009 14:10

          La résistance s’en prends aux forces d’occupation.
          Le terroriste s’en prends aux civils.

          génial le distingo : le « terroriste » c’est quoi alors ???? 

          faudrait piger que l’idée de guerre propre n’existe pas mon vieux : si vous tuez des militaires, la répression va tuer combien de civils ? Votre distingo est donc idiot !


        • morice morice 10 juin 2009 14:13

          terrorisme d’état ça s’appelle. Du Bushisme on dit.


        • abdelkader17 10 juin 2009 11:59

          Les américains se sont inspirés de la doctrine de la guerre révolutionnaire mise en place en 1957 en Algérie pendant la bataille d’Alger.
          Doctrine militaire mis en oeuvre en Indochine et en Algérie pour combattre les indépendantistes que les militaires Français profondément anti communistes voyaient comme de la subversion dont l’origine était l’URSS.


          • morice morice 10 juin 2009 14:16

            entièrement EXACT.


          • abdelkader17 10 juin 2009 14:19

            correction mise en œuvre.


          • Stéphane Taillat 10 juin 2009 14:06

            @Asinus, 

            D’accord avec votre analyse sur les « techniciens du désordre » : c’est d’ailleurs l’élément central qui explique la force du noyau initial de l’insurrection nationaliste sunnite dans la narration officielle et dominante aux Etats-Unis... Que n’a-t-il pas été dit sur l’ordre du CPA n°2 prononçant dissolution des forces de sécurité de « l’ancien régime » ? Dans la même veine, la focalisation quasi-exclusive des Forces Spéciales dans les premiers mois dans la recherche des Armes de Destruction Massive et la faiblesse des effectifs initiaux a contribué à la diffusion des armes et des techniciens. Les Américains aiment d’ailleurs à penser ces insurrections sur un mode « darwinien » dans lequel la sophistication croissante des insurgés signifie que les plus malins s’en sortent et que les plus maladroits se font prendre ou tuer.
            Toutefois, cette analyse reste insuffisante car elle néglige deux facteurs :
            PRIMO la dissolution des forces armées et de sécurité irakiennes était effective dès le début du mois d’avril 2003. C’est l’argument que Paul Bremer utilise pour dire que son ordre de dissolution ne faisait que prendre acte d’une réalité. D’un autre côté, il lui a été opposé que les principaux chefs militaires étaient prêts à collaborer avec les Américains sous son éphémère prédecesseur, le général à la retraite Jay Garner. Par ailleurs, la situation au niveau local est plus complexe, puisque de nombreuses forces de police locales restent actives au cours de l’année 2003-2004. On peut trancher en disant que ce facteur de destruction des forces armées, ayant entraîné le basculement de nombreux « techniciens de l’ordre » dans le monde de l’entropie, est plutôt une condition de possibilité de la croissance de l’insurrection au cours de la première année d’occupation. 
            SECUNDO : il faut faire la part des choses. Il est clair que les causes et les raisons de l’insurrection irakienne (et plus globalement de l’amplification et de la complexification de la violence) ne peuvent se réduire à ce qu’en disent les Américains, même si il faut reconnaître -surtout pour les commandants de bataillon et de brigade, voire les commandants de compagnie- qu’ils ont cherché à mieux comprendre, sans forcément occulter leurs propres responsabilités (c’est en ce sens que l’on peut dire que l’action des militaires américains en Irak depuis 2006 est vraiment « réflexive). Il n’en reste pas moins que des facteurs différents se découvrent à des échelles chronologiques et spatiales différentes. En ce sens, je pense que l’irruption américaine est centrale, mais qu’elle n’est pas une cause exclusive. Il faut aussi prendre en compte les réalités complexes des évolutions de la société irakienne sur un temps plus long ou au niveau local.... Bref, il reste à faire la »géopolitique des conflits irakiens".


            • ASINUS 10 juin 2009 14:19

              @S Taillat , merci de votre reponse argumentée et je suis d accord avec vous
              « DES conflits irakiens »
              par ailleurs ce qui me laissent perpelexe c est l incompréhension americaine
              de la sociologie des cadres de l armée irakienne a tous les niveaux ces hommes avaient delegation de pouvoir dans l armée mais appartenaient a la hierarchie
              clanique et civile de la société irakienne comme dans tout l orient cela implique
              pour eux autorité mais aussi responsabilités devant l ensemble familial dont la
              dimension n a rien a voir avec nos normes,en ne gerant pas le reclassement ou
              l intégration de ces hommes ils leurs ont fait perdre la face devant leurs proches
              mais aussi leur commensaux , trivialement les gus sont rentré chez eux avec la honte la haine et le matos =boum
              J’attend vos prochains articles avec impatience


            • morice morice 10 juin 2009 14:15

              nouvelle du jour : l’armée anglaise vient de découvrir que l’on produisait de l’opium en afghanistan.. si, si, après tant d’années tout arrive...
              http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/06/10/01011-20090610FILWWW00426-afghanistan-55-tonnes-d-opium-detruit.php


              • abdelkader17 14 juin 2009 03:57

                @Hubert
                c’est exactement le cas des Irakiens et des palestiniens qui luttent contre des occupations implacables.Qu’est ce qu’un terroriste ? israel et les états unis sont des états terroristes.


              • Stéphane Taillat 10 juin 2009 15:40

                @Asinus

                Vous pouvez toujours aller sur mon blog. Il existe depuis 1 an et demi et comprend plus de 300 articles. Certes, ils sont d’intérêt et de qualité inégaux mais ils démontrent aussi l’évolution et l’affinement de mes perceptions et de mes trouvailles depuis l’automne 2007.

                • frédéric lyon 10 juin 2009 16:10

                  « Ce qui renvoie donc à nouveau à notre problème de l’impossible retrait américain d’Irak dans les conditions actuelle »

                  ...............................

                  Pourquoi « impossibilité du retrait américain » ?

                  Le retrait américain n’a rien d’impossible, d’ailleurs il est en cours.

                  Que va-t-il se passer ensuite ?

                  On s’en fout complètement, ce n’est pas notre problème. La rivalté entre les sunnites et les chiites existe depuis des siècles ce n’est pas nous qui allons y mettre un terme.

                  La situation sur le terrain est claire depuis le début :

                  1° Avant l’intervention américaine, les sunnites de Saddam Hussein massacraient les kurdes et les chiites.

                  2° L’intervention américaine a chassé les sunnites du pouvoir.

                  3° Il faut à présent laisser les chiites et les kurdes terminer le boulot. Nous pouvons nous retirer sur la pointe des pieds, en nous contentant de fournir armes, munitions, logistique et soutien aérien à nos alliés sur le terrain.

                  C’est tout. Les chiites traiteront le problème à leur manière et il n’ a pas trente six façons de le traiter : La carotte et le bâton. Et si ça ne marche pas, le bâton seulement. Les chiites et les kurdes sauront très bien se débrouiller sans nous.

                  Entre temps les mouches ont changé d’ânes et c’est le résultat que nous voulions obenir : C’est nous qui avions mis les sunnites au pouvoir en Irak après la seconde guerre mondiale, c’était donc à nous de les chasser.

                  Ce sont les chiites et les kurdes qui tiennent désormais le bon bout, comme ils représentent 80 % de la population Irakienne, ils seront quand même difficile à déboulonner et c’est la seule chose qui nous importe pour le moment.

                  L’armée est désormais une armée chiite au Sud et une armée kurde au Nord. C’est le résultat qu’il fallait atteindre, après avoir pris le temps nécessaire pour flanquer les sunnites Saddamistes dehors et former de nouveaux officiers et de nouveaux soldats.

                  Tout est bien. D’ailleurs la France, qui avait un peu trainé les pieds lorsque son allié Saddam Hussein s’était fait mettre dehors, a désormais pris acte de la nouvelle réalité sur le terrain et posé sa candidature pour l’exploitation des nouveaux champs de pétrole à développer en Irak.

                  Total a d’excellentes chances de se voir attribuer de bons contrats, car les chiites n’ont aucune raison de se placer entièrement entre les mains des sociétés pétrolières anglo-saxonnes.


                  • ASINUS 10 juin 2009 16:32

                    @f lyons

                    devant une vision geostratégique si lumineuse , puis je evoquer un ou deux petits problemes

                    1/la creation d un etat kurde vas foutre le feu en turquie et dans une moindre part en syrie
                    2/ il ne vous aura pas echappé que majoritaires en irak les chiites sont minoritaires 
                    au dela de leurs frontieres croyait vous vraiment que les waabiste se laisseront
                    deposseder de la prééminence dans la région ?
                    3/je suis assez interloqué de vous voir implicitement applaudir a l éclosion d une deuxieme republique islamiste chiite
                    4/j ai bien compris votre haine viscérale des habitants du magreb et du makreb mais
                     a part tuer de l irakien et faire main basse sur l or noir pourriez vous svp m expliquer clairement et succintement les buts de guerres de l intervention us en irak


                  • ASINUS 10 juin 2009 16:17

                    identifié ,merci , me voila avec de la lecture


                    • frédéric lyon 10 juin 2009 17:02

                      1) La création d’un état kurde est inéluctable et légitime. Le peuple Kurde a certainement le droit de disposer d’un état, au même titre que les Perses, les Turcs ou les Arabes chiites.

                      Les frontières actuelles des états de la région ne reflètent pas les réalités communautaires et sont la cause d’une grande instabilité politique, ainsi que d’une grande violence.

                      A moins de génocider les peuples qui sont en trop, comme Saddam ou les Turcs l’on fait, ou tenté de le faire, aux dépends des kurdes, des arméniens ou des chiites, il faudra bien que les aspirations nationales de ces gens soient satisaites un jour, pour mettre fin à toute cette violence.

                      2) La création d’une république chiite ne nous pose aucun problème, car nous ne sommes pas musulmans.

                      3) On s’en fiche de savoir quel parti controle le robinet du pétrole sur place, qu’est-ce que ça change pour nous ? Celà ne change rien car celui qui en a le controle devra toujours le vendre sur le marché international, c’est à dire à nous. A moins de le boire ou de le donner à boire aux chameaux.

                      Le controle du robinet du pétrole est un problème qui intéresse sans doute les différents clans sur place, il s’agit pour eux de savoir qui va pouvoir se goinfrer, mais celà ne nous intéresse pas : Hier c’était Saddam, aujourd’hui c’est un autre......Et alors ? 


                      • leblaze 10 juin 2009 17:06

                         « il n’ a pas trente six façons de le traiter : La carotte et le bâton. Et si ça ne marche pas, le bâton seulement. Les chiites et les kurdes sauront très bien se débrouiller sans nous. »



                        les américains en sont déja incapable, avec leurs armement et un budget qui a plombé leur économie,la carotte et le baton egalement, on vient pas a bout d’une fourmiliere a coup de marteau. que peuvent faire les kurdes et les chiits, alors que les autres ont échoué ?


                        • frédéric lyon 10 juin 2009 17:17

                          « que peuvent faire les kurdes et les chiits, alors que les autres ont échoué ? »

                          Ce n’est pas notre affaire. Les sunnites peuvent très bien décider de se lancer dans une nouvelle guerre de quatorze siècles pour reprendre Bagdad, en quoi celà nous concernerait-il ?

                          Encore une fois : nous ne sommes pas musulmans.


                          • leblaze 10 juin 2009 17:24

                            « nous ne sommes pas musulmans »

                            et alors ?, pourtant il y a bien 7 millions de musulmans en france, et c’est pas pour autant que ce pays soit a feu et a sang.


                            • CAMBRONNE CAMBRONNE 14 juin 2009 12:43

                              SALUT à l’auteur

                              La référence chez les américains aujourd’hui c’est le livre : « Contre insurrection : Théorie et pratique » du Lt colonel Galula officier français , st Cyrien , 1919-1968 , ouvrage rédigé en 1963 .

                              C’est le livre de chevet du général Petraeus . Galula inconnu en france sauf par quelques spécialistes est perçu comme le plus grand sratège du XXème siècle sur les guerres non conventionnelles et du même niveau que clausewitz dans sa catégorie .

                              La plus grande erreur américaine est certainement d’avoir dissou l’armée de Sadam et renvoyé chez eux tous les cadres sans solde .

                              Sans un rond , ayant perdu leur position sociale et disposant d’un stock d’armes impressionant il était évident que ces gens là allaient mal accepter la politique américaine pleine de maladresses et leur faire payer .

                              Des militaires expérimentés , sur armés et acculés à la révolte vous avez là des motifs suffisants pour lancer une insurrection grave . Cette cause est la première avant les conflits inter religieux et elle se rajoute à eux .

                              La faute la plus grave des US ne fut donc pas d’avoir attaqué l’Irak de Sadam mais d’avoir tout gaché par une série d’erreurs graves sous la conduite de Donald Rumsfeld .. Ils le disent eux mêmes .

                              Vive la république quand même .

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