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Les causes (méconnues) du conflit syrien

Les langues se délient, les passions se déchainent, les experts de pacotilles prolifèrent sur cette thématique bien complexe. Revenons dès à présent sur l’essence même du conflit, à savoir les causes, trop souvent omises délibérément..

Syrie mandataire {JPEG} Ancien protectorat français de 1920 à 1946, la Syrie a connu une forte régionalisation confessionnelle durant cette époque, la Syrie mandataire fut composée d’entités politiques distinctes : l’état de Damas, l’état d’Alep, l’état du djebel druze, l’état alaouite auxquelles s’ajouta le sandjak d’Alexandrette (cédé par la France à la Turquie en 1938 pour maintenir sa neutralité dans la seconde guerre mondiale). Cette politique française n’a eu de cesse d’animer les tensions communautaires.

Jugé faible sur le plan étatique, le pays était soumis à des convoitises étrangères après son indépendance en 1946.

Suite au coup d’état militaire d’Hafez Al Assad en 1970, la minorité alaouite (branche du chiisme) devient une minorité dominante dans un pays composé d’une majorité de sunnite. Le pays est donc en proie à des tensions confessionnelles accrues, mais le clan Assad dirige le pays d’une main de fer, avec un pouvoir autoritaire sous l’égide du parti Baas. Parti qui se voulait à l’avant garde du changement dans la région, pour entériner la période humiliante de la colonisation, en effet le slogan « Unité, Liberté, Socialisme » reprenait la même idéologie panarabe qu’un Gamal Abdel Nasser.

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Répartition ethnico-religieuse en Syrie

Après trois décennies de pouvoir autoritaire, ou les contestations furent durement réprimées, Bachar Al Asasd prend les reines du pays en 2000, moins ferme que son père, il s’imposera plus comme un réformateur souhaitant faire avancer le pays économiquement et politiquement.

C’était sans compter la recrudescence des tensions communautaires qui minèrent l’ensemble de la région.

Centre névralgique des questions internationales, ce conflit laisse place à des études partiales et trop souvent simplistes. Sortons de cette léthargie manichéenne et proposons une analyse précise des causes.

 

  • Cause écologique :

 

Méconnue, cette cause est pour le moins déterminante dans le début de l’enlisement. Durant la décennie 2000-2010, la Syrie a subi de plein fouet une sécheresse, notamment dans l’est du pays (Al Hasakeh, Deir el Zour, Al Raqua et l’est de la région d’Homs). Les conséquences sont catastrophiques pour l’agriculture, mais également pour les populations qui vivent de la Terre. Le pays est donc contraint d’importer un grand nombre de denrées pour faire face à cette crise. Nombreuses, sont les populations qui fuirent la sécheresse afin de trouver un emploi en ville. Cet exode rural va être le déclencheur de la reprise des tensions internes. Le président Bachar Al Assad doit prendre des réformes économiques pour annihiler cette crise. Les résultats ne sont pas escomptés, et les mouvements protestataires se font de plus en plus réguliers dans les grandes villes syriennes.

 

 

  • Causes sociales et sociétales

 

Pays peuplé de 22 millions d’habitants, la Syrie est composée de 90% de musulmans et de 10% de chrétiens. Parmi les musulmans, seulement 17% d’alaouites, cependant cette communauté monopolise la grande partie des instances gouvernementales malgré la lente démocratisation du pays lors du premier mandat du président syrien.

La majorité dominée veut être mieux représentée au sein du gouvernement syrien. Bachar Al Asasd et son clan alaouite proposent en compromis plusieurs engagements afin de calmer les ardeurs des manifestants. Mais ceux ci s’avèrent insuffisants aux yeux de la population. Poussée par le « Printemps Arabe » qui n’en est pas un, la population a le vent en poupe et devient agissante à travers les réseaux sociaux, les manifestations de rues. Le climat est de plus en plus délétère avec des critiques de plus en plus véhémentes à l’égard du régime. Profitant de cette situation peu stable, timidement les puissances étrangères s’immiscèrent à l’aube d’un conflit sanglant et catastrophique pour la stabilité régionale.

 

 

  • Causes géopolitiques

 

Bon gré mal gré Bachar al Assad n’est pas aimé dans la région. Ennemi invétéré d’Israël depuis la prise du Golan en 1967, il n’a de cesse de soutenir financièrement le Hamas, le président syrien a de plus soutenu le Hezbollah lors de l’intervention israélienne au Liban en 2006. Le gouvernement sionniste s’empressera de choisir son camp dès le début des hostilités. En effet, de nombreux « rebelles » de Jabhat al-Nusra furent soignés par l’armée israélienne dans la région du Golan.

Les relations sont de moins en moins cordiales avec les pays du Golfe, les pétromonarchies s’inquiètent de l’influence iranienne dans la région, ils soutiennent les rebelles sunnites en leur apportant une aide financière dans un premier temps.

Les occidentaux sous le joug des Etats Unis, habitués aux doubles discours forcent Bachar Al Assad à réformer son pays tout en aidant les rebelles. (Cf Mr Fabius « le front Al Nusra fait du bon boulot »).

Les seuls pays à entretenir de bonnes relations dans la région avec le régime de Damas sont bien évidemment l’Iran, qui cherche à maintenir le croissant chiite de Téhéran à la Méditerranée, l’Hezbollah libanais qui fournit de nombreux contingents sur le front syrien et pour ainsi éviter toutes incursions de l’état islamique au Liban (cf été 2014). Et sans oublier, la Russie, vieille alliée du clan Assad depuis la période soviétique ; l’accès au port de Tartous et la base aérienne de Lattaquié semblent symboliques pour la Russie, l’enjeu est plus important et demeure l’équilibre avec ses anciens partenaires. Le conflit en Syrie est pour la Russie un moyen de rappeler au monde entier, son grand retour sur l’échiquier international. En effet, l’axe russo-iranien fait ainsi contrepoids face à l’axe occidental mené par les Etats-Unis. Les intérêts divergent malgré les interminables pourparlers qui ne sont que le paravent du droit d’ingérence.

 

 

  • Causes économiques

 

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Projet de gazoduc

 Quand on sait l’importance des intérêts économiques dans un conflit, on ne pouvait passer outre. L’argent est le nerf de la guerre, aujourd’hui cet adage vieux comme le monde garde tout son sens. En 2010, les pétromonarchies proposent à la Syrie un projet de gazoduc partant des Emirats et de l’Arabie Saoudite en passant par le territoire syrien pour ensuite atteindre la Turquie dans le but d’alimenter l’Europe en gaz. Projet juteux, mais c’était sans compter la proposition iranienne, cherchant à garder ses intérêts dans la région tout en faisant du tord aux sbires de l’Arabie Saoudite (pléonasme), la puissance perse souhaita construire un gazoduc jusqu’en Syrie qui contournerait ensuite le territoire turc afin d’aller vers le marché européen. Damas accepte le deuxième projet en 2011. 2011 fut également le début des hostilités en Syrie (coïncidence ?).

Perdant un profit conséquent, les puissances du Golfe et la Turquie se liguent contre Damas, ils accentuent l’aide aux rebelles en leur fournissant un soutien militaire et financier. La Turquie quant à elle, profitant de cette instabilité chronique, va intensifier son combat contre les kurdes de plus en plus irrédentistes.

 

Les raisons de la crise syrienne sont obscures, mais souvent inconnus du grand public qui se laissera facilement convaincre par la diabolisation politico-médiatique. En effet, les médias à l’avant garde d’une politique belliqueuse vilipenda constamment le régime de Damas et ses alliés. Ne tombons pas dans le piège de la lecture confessionnelle du conflit, tous les sunnites du pays ne se sont pas rebellés contre le pouvoir en place et n’ont pas rejoint les rangs de l’état islamique, seulement une minorité active et instrumentalisée de l’extérieure.

Aujourd’hui la Syrie, jadis fierté du Moyen Orient est exsangue, la propagation et l’enlisement du conflit font craindre une guerre interminable pour la région. Les convoitises étrangères de toutes obédiences ont détruit le pays. Les occidentaux en connivences avec les puissances du Golfe ont armé les rebelles qui aujourd’hui combattent pour l’état islamique. Dernière en date, l’envoi de 2 500 soldats américains pour entrainer les « rebelles », tout en faisant fi de la souveraineté syrienne. Ou comment sanctuariser une zone d’intervention..

Cette guerre est tout sauf civile, la convergence des intérêts économiques et stratégiques poussent certaines puissances régionales voire occidentales à prendre le parti de l’état islamique.

Sous couvert de lutte contre le terrorisme, les occidentaux ont un double jeu très pernicieux. A savoir, la crise migratoire que ce conflit a engendré, crise sans précédent qui transcende les passions salvatrices. Les débats oscillent entre discours droit de l’hommisme et discours identitaire.

La durée du conflit et la combativité des belligérants résultent de la main mise des agents extérieurs qui alimentent ce chaos pour leurs propres intérêts.


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79 réactions à cet article    


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 17 juin 11:25

    « La durée du conflit et la combativité des belligérants résultent de la main mise des agents extérieurs qui alimentent ce chaos pour leurs propres intérêts. »


    Alors, il ne faut pas s’attendre à quoi que ce soit de positif sans bouleversements majeurs dans les états qui contrôlent ces « agents » !

    • marionh1 (---.---.76.79) 17 juin 11:58

      Très intéressant, et instructif !

      Bien écrit. Bravo !!


      • ergdor ergdor 18 juin 12:47

        @marionh1

        bien écrit... je n’en dirais pas autant : confondre les reines avec les rênes, sinon les rennes !!!

        voir mon explication plus bas.


      • ergdor ergdor 18 juin 13:19

        @ergdor
        comme c’est étrange, il n’a pas fallu plus d’une demi-heure pour que mon commentaire orthographique saute !

        Est-ce un regrettable incident ?
        Mon explication de texte n’a pas plu ?

        Dans ce cas, ce serait la manifestation d’une censure aussi stupide que sans appel, à faire douter du bon sens « citoyen » d’Agoravox.


      • Pierre 17 juin 12:49

           L’auteur aurait pu ajouter que les syriens se sont comportés au Liban en beaux salopards !


        • kader kader 17 juin 16:49

          @Pierre
          Si on fait un article sur les pays et les peuples qui se sont conduits à l’étranger comme des beaux salopards...., il va y avoir du monde. D’ailleurs il y aura tout le monde. Même le Vatican.


        • Michel Maugis Michel Maugis 17 juin 17:50

          @Pierre

          «  L’auteur aurait pu ajouter que les syriens se sont comportés au Liban en beaux salopards ! »

          Il aurait pu aussi dire si sa grand mère faisait du vélo-

          Vous auriez aussi pu dire que vous ne savez que dire pour défendre NOS SALOPARDS à nous, tels que FABIUS, HOLLANDE qui appellent à tuer un président en exercice.

          Finalement, vous êtes un petit troll lâche, incapable de nommer SES salopards que sont nos dirigeants. 

          Retournez dans votre bac à sable, au lieu de polluer ce site avec des commentaires à la con.

        • Pierre 17 juin 23:37

          @Michel Maugis
          Duc... :

          - j’ai vécu au Liban et y ai de la famillle, et donc, MOI, je sais de quoi je parle, contrairement à d’autres,
          - ce que je dis n’a aucune relation avec Fabius, Hollande qui sont un autre sujet que le mien.
          allez donc faire restaurer votre cerveau qui patine !

        • Byblos 18 juin 03:11

          @Pierre
          Si vous avez vécu au Liban, vous savez sans doute qu’un article majeur du Pacte National, complément consensuel de la constitution libanaise, énonce que « le Liban ne servira pour l’impérialisme ni de base ni de tête de pont ». 

          Force est de constater que, de 1943 (année de l’indépendance du Liban) à nos jours, le Liban n’a pas cessé d’être pour l’impérialisme braqué sur la Syrie, et de base et de tête de pont.
          Allez donc savoir si le salopard c’était Hafez el Assad, ou bien tous les dirigeants libanais presque sans exception et toutes confessions confondues de 1943 à nos jours.
          Soyons sérieux et regardons la poutre qui est dans notre oeil. C’est un Libanais qui vous le dit.

        • Layly Victor Layly Victor 18 juin 10:16

          @Pierre
          Il me semble que l’armée syrienne a mis fin à la guerre civile qui a déchiré le Liban pendant tant d’années. Fait important à mes yeux, l’armée syrienne a sauvé les Chrétiens du Liban, qu’Israël aurait bien aimé voir disparaître (ce point de vue est d’ailleurs ce qui a séparé les Chrétiens libanais entre partisans de Michel Aoun et les autres, Gemayel entre autres).


          Etant en position de force à l’issue du conflit libanais, la Syrie n’a jamais revendiqué l’annexion du Liban qui est pourtant historiquement une province syrienne. Et les chars syriens se sont retirés pacifiquement.

          Que l’auteur veuille bien me reprendre si je dis des bêtises.

          Donc, quand vous dites que les Syriens se sont comportés comme des salopards, qu’entendez vous par là ?

        • Pierre 21 juin 23:15

          @Layly Victor
          Et quand un pays en occupe un autre, il se passe quoi à votre avis ?


        • Alren Alren 17 juin 12:51

          Je ne comprends pas pourquoi Assad n’a pas accepté la construction des deux gazoducs. Leur concurrence n’aurait pu qu’être bénéfique au peuple syrien.

          Les pluies hivernales sur le plateau du Golan volé à la Syrie par l’état d’Israël manquent évidemment à la Syrie pour son bilan hydrique. Mais sans cette eau, aussi importante, sinon plus que le pétrole ou le gaz, Israël pourrait-il subsister avec des habitants qui dépensent autant d’eau qu’en pays tempéré, refusant d’admettre qu’ils vivent en pays aride ?


          • Shopi 17 juin 13:40

            @Alren
            "Mais sans cette eau, aussi importante, sinon plus que le pétrole ou le gaz, Israël pourrait-il subsister..."

            Plus de 60% de la consommation domestique d’eau en Israël provient du dessalement d’eau de mer. L’agriculture est irriguée par les eaux d’égout recyclées.
            Ce pays est aujourd’hui totalement autonome en eau.
            Une partie du réservoir du lac de Tibériade alimente aujourd’hui la capitale jordanienne Amman (50 millions de mètres cube par an).


          • Massada Massada 17 juin 13:59

            @Shopi
             
            Exact, mais triste pour nos amis anti-sionistes. Leur rêve humide, voir Israel crever de soif smiley
             
            Le dessalement est l’une des recettes ayant permis à Israël de surmonter le stress hydrique auquel semblait le condamner son climat semi-désertique. Sous l’impulsion du gouvernement, cinq usines ont été ouvertes durant la dernière décennie. Ensemble, elles produisent 70 % de l’eau consommée par les ménages israéliens.
             
            De plus, 86 % de l’eau rejetée par les villes et villages d’Israël est purifiée et recyclée pour irriguer les terres agricoles.


          • christophe nicolas christophe nicolas 17 juin 14:53

            @Massada

            Oui mais l’eau dessalée coûte très cher tandis que l’eau de pluie est gratuite et éternelle.

            A ce titre, ils devraient construire une canalisation fermée entre la mer extérieure et la mer morte tout en utilisant le surplus de force de gravité pour produire du sel et gagner de l’eau douce sans énergie.

            C’est juste pour aider parce qu’avec leur mauvais esprit, ils ont du mal dans les bonnes solutions, les élus de mes fesses...

          • Shopi 17 juin 15:50

            @christophe nicolas

            « A ce titre, ils devraient construire une canalisation fermée entre la mer extérieure et la mer morte »

            Ah ben non, là tu retardes de 25 ans. C’est ce qui avait été prévu en effet mais rapidement abandonné.
            Maintenant on va sur un projet israélo-jordanien de canal entre la mer Rouge et la mer Morte en construisant en même temps une station de dessalement pour Aqaba, qui a un grave problème d’eau, et rejeter la saumure vers la mer Morte pour un meilleur équilibre entre les deux types d’eau.
            Toute une histoire... smiley


          • kader kader 17 juin 16:45

            @Shopi
            c’est super !!! alors ils peuvent rendre le Golan au syrien ?


          • Shopi 18 juin 09:46

            @kader
            Bien sûr !
            Sauf que le Golan pour Israël c’est pas une question d’eau, c’est une question de sécurité des habitants de la Galilée qui n’ont plus besoin de dormir dans les abris depuis 1967.
            Il faudra donc négocier (comme cela a déjà été fait avec Assad père) pour une reconnaissance totale, une paix réelle et les casques bleus postés sur les hauteurs, chose que Assad père avait refusé à l’époque et c’est ce qui avait fait capoter les négociations..
            Et aussi avoir en face un régime stable, ce qui n’est plus le cas.
            Mais quel dommage, le meilleur vin en Israël provient des vignobles du Golan, les meilleurs fruits itou.
            Tout cela disparaitra quand le Golan sera rendu aux Syriens, si il sera un jour rendu...

            Comme le disait un officier casque bleu sur le mont Bental à un touriste français qui demandait où était la ligne de frontière : « Là où c’est cultivé c’est Israël, là où c’est vide c’est la Syrie, incroyable la différence d’utilisation que deux peuples peuvent faire avec la même terre... »
            Et les casques bleus, l’ONU en général ne sont pas connus pour être des fans d’Israël !


          • Layly Victor Layly Victor 18 juin 10:21

            @Shopi
            C’est totalement faux. Les pauvres jordaniens sont totalement asphyxiés par Israël. Le cynisme le plus implacable va souvent de pair avec la bonne conscience et l’autosatisfaction sioniste.


          • Layly Victor Layly Victor 18 juin 10:31

            @Massada

            La bonne conscience de Massada, c’est emblématique.
            Le dessalement coûte très cher en énergie et en capitaux. Pas de problème, avec l’économie de guerre qui draine les fonds de la diaspora et des commanditaires US.

            Je paraphrase une phrase de l’excellent Massada :

            le blanchiment de capitaux douteux, notamment de la mafia, est une des recettes ayant permis à Las Vegas de surmonter le stress hydrique auquel semblait la condamner son climat semi-désertique.

            C’est pas beau ?

            Profession de foi massadienne : avec des capitaux, on peut tout faire. Corollaire : les pays sous développés qui n’ont pas d’argent sont des cons.

          • Layly Victor Layly Victor 18 juin 10:45

            @Shopi

            C’est vrai que les israéliens sont tellement forts, courageux, intelligents, disciplinés, créatifs, etc (je cite l’agent BHL) et les pauvres syriens tellement nuls !
            Un discours entendu maintes fois. Ceux qui arrivent avec des gros capitaux sont « vachement balaises » par rapport à ceux qui n’ont rien et vivent du pastoralisme.
            En Algérie, où les colons disposaient de crédits pratiquement illimités. En Corse, où les pieds noirs fortunés sont arrivés avec de gros capitaux, ce qui leur a permis ensuite de dire que les Corses étaient des feignasses.
            Votre discours profondément raciste ne m’étonne pas : le racisme, c’est votre raison de vivre, peuple élu.

            Mais dites moi, puisque ces pauvres Syriens sont aussi nuls, pour quelle raison Israël a-t-il besoin du concours des djihadistes égorgeurs pour en venir à bout ?

          • Shopi 18 juin 12:14

            @Layly Victor
            « Les pauvres jordaniens sont totalement asphyxiés par Israël »

            Pouvez vous nous expliquer comment svp ?
            Je vous rappelle juste que c’est Israël qui fournit l’eau à la capitale jordanienne à raison de 50 millions de mètres cube/an.
            Et que la centrale de dessalement qui va permettre à Aqaba une alimentation en eau (afin de ne pas épuiser les dernières réserves de Dissa près du wadi Rum) c’est Israël qui va la construire.
            Idem en question agronomique. Israël forme, de manière tout à fait officieuse, les bédouins jordaniens installés dans le wadi Arabah, aux techniques modernes d’irrigation.
            Et qu’Israël a délocalisé son industrie textile en Jordanie, fournissant du boulot à la population locale.
            Vous voulez d’autres exemples de non asphyxie ?


          • Shopi 18 juin 12:19

            @Layly Victor
            "Mais dites moi, puisque ces pauvres Syriens sont aussi nuls, pour quelle raison Israël a-t-il besoin du concours des djihadistes égorgeurs pour en venir à bout ?"

            Vous l’avez sorti d’où cette affirmation hilarante ? (réseau voltaire ? Dieudonné ou Soral ?)
            Israël se garde bien de mettre les pieds dans le bourbier syrien, sauf pour soigner les blessés de TOUS les bords (ça a fait assez de raffut avec les Druzes) et fournir une aide alimentaire à Quneitra.


          • Shopi 18 juin 12:32

            @Layly Victor - bis
            "Mais dites moi, puisque ces pauvres Syriens sont aussi nuls, pour quelle raison Israël a-t-il besoin du concours des djihadistes égorgeurs pour en venir à bout ?"

            En fait, je crois que vous vous êtes mélangé les pinceaux avec la France. C’est la France qui soutient les djihadistes de par ses liens avec les états qui les arment.
            Assez typique ça de rejeter sur les autres ses propres errements... smiley


          • Layly Victor Layly Victor 18 juin 13:53

            @Shopi

            La diplomatie française au proche Orient, vieille de cinq cents ans, a été complètement ravagée, sous la houlette des agents sionistes Fabius et BHL, ce qui n’exonère pas la classe politique française de son immense responsabilité.
            Les principaux médias français sont propriété de capitaux sionistes. Il suffit donc d’observer leur positionnement sur la guerre en Syrie pour savoir quel camp Israël soutient. Votre attitude particulièrement roublarde, dans le style « on ne comprend pas ce qui se passe » ne trompe personne.
            Par exemple, la nouvelle stratégie d’Israël pour faire exploser la Syrie est de favoriser la création d’un état Kurde. Aussitôt, production d’un documentaire sur les Peshmergas kurdes par l’agent sioniste BHL, et sa réception en grande pompe sur I-télé (devinez les propriétaires ?). Il dit que les Kurdes sont le nouveau rempart de l’occident. Je cite ce grand malade : « ils sont tellement intelligents, courageux, disciplinés, etc...ils sont presque comme Tsahal ! Avec toutes ces qualités, un Kurdistan Syrien serait le pendant d’Israël (un deuxième peuple supérieur) pour contrôler le proche Orient. »
            C’est pas beau ?

            Comme par hasard, on apprend dans l’instant la construction d’une base française près de Kobané, un acte de guerre en violation délibérée du droit international. Une provocation qui peut conduire à l’embrasement, soutenue par les gesticulations guerrières de Kerry et Obama, ces pauvres types.

            Je suis d’accord avec vous sur l’attitude honteuse de la France, mais ce n’est pas la France qui tire les ficelles. Même si les instances sionistes ont obtenu pour Hollande le prix de « dirigeant mondial le plus influent de l’année », prix qu’il doit recevoir en Septembre. Un bonnet d’âne, en quelque sorte.


            Dernière question. Veuillez pardonner mon indiscrétion. Vous êtes Français ou Israélien ?

          • Doume65 19 juin 00:23

            @Massada
            J’ai du mal à comprendre ce que vient faire cet éloge d’Israël dans les commentaires d’un article sue l’histoire de la Syrie. Si vous passez votre temps à glorifier Israël à tort et à travers, vous risquez ben de monter par réaction les gens contre ce pays, puis par extension à son peuple et à tous les juifs. Est-ce vraiment ce que vous désirez ?
            Quand je dis que le plus grand ennemi des juifs est le sionisme...


          • Layly Victor Layly Victor 19 juin 12:14

            @Doume65
            Tout est dit, il n’y a rien à ajouter, et Massada le sait très bien. Mais son orgueil hypertrophié fait qu’il s’en fout et qu’il fait même dans la provocation délibérée.


            Il me fait toujours penser à Philippe Noiret, en colonel franquiste, dans un film sur la guerre d’Espagne. Il dit à ses hommes : « nous allons gagner la guerre parce que nous sommes les plus cons ». C’est tout Massada.

          • Laurent 47 17 juin 12:59

            Je crois me rappeler qu’en 2011, l’émir du Qatar ( pays qui dispose de ressources gazières énormes )
            a intimé l’ordre à Bachar Al-Assad de laisser passer sur le territoire syrien un gazoduc pour atteindre la Méditerranée.
            Ce gazoduc devait au passage alimenter la Turquie, et récupérer les deux gisements offshore israéliens au large de Gaza, avant de traverser la Méditerranée pour alimenter l’Europe par le Sud et contrer Gazprom.
            Mais le président syrien a logiquement refusé, d’abord parce que la Syrie n’est pas le vassal du Qatar, et surtout parce qu’elle recèle elle-même d’importants gisements gaziers.
            Alors, des troubles ont éclaté dans la région d’Homs ( là où devait passer le fameux gazoduc ), provoqués par des rebelles modérés ( des mercenaires à la solde des Etats-Unis, des émirats du Golfe, de la Turquie, de l’Arabie Saoudite, et des pays européens ).
            Et ils auraient réussi leur coup sans l’intervention musclée de la Russie, liée à la Syrie par un accord tacite de défense après l’appel à l’aide de Bachar Al-Assad !
            Au cas où la « Communauté Internationale » ( les pays que j’ai cités ) a le moindre doute, il va falloir qu’elle comprenne une chose :
            La Russie parle peu mais agit vite, étant-donné qu’elle en a les moyens !
            Et s’ils insistent, il va falloir en payer le prix !


            • le_tocard (---.---.196.50) 17 juin 13:15

              Article instructif .
              Il semble évident que les projets avortés de pipeline aient été le déclencheur dans une période dite de revolutions arabe propice


              • Shopi 17 juin 13:45

                Il aurait été intéressant de mentionner les « événements » de Hama en 1982.
                Le pseudo printemps arabe syrien a fort probablement aussi une petite origine dans la volonté de revanche des islamistes...


                • Zolko Zolko 17 juin 13:47

                  A voir votre carte, les Sunnites sont dans une grand partie du pays désertique, tandis que la partie peuplée et intéressante - au bord de la Méditerrané - est peuplée de tous les autres. La logique pourrait alors être de diviser le pays : donner les désert aux Sunnites, et faites un pays prospère et moderne, comme le Liban, avec la partie côtière.
                   
                  Pourquoi s’emmerder à vouloir garder entier un pays déchiré ? Ah, le pétrole.


                  • wesson wesson 17 juin 15:08

                    Cet article est quand même une sorte de curiosité. Partir sur des postulats de départs à deux balles, écrire des bétises aussi grosses que « Les occidentaux [...] forcent Bachar Al Assad à réformer son pays tout en aidant les rebelles. », alors qu’il est maintenant avéré que c’est Clinton qui torpilla le plan de sortie politique qui avait été négocié avec Al Assad par l’Onu et le soutient des Russes. 


                    Bref, toute une collection d’âneries pour en arriver à une conclusion qui est pas si mal que ça : effectivement c’est un conflit qui n’as rien de religieux, mais tout d’une confrontation classique de pouvoir et d’influences entre pays de la région qui se sont routinièrement fait la guerre.

                    Bref, cet article c’est un ovni.

                    • GHEDIA Aziz GHEDIA Aziz 17 juin 15:18

                      Grosso modo, je partage cette analyse. Effectivement, dès le début de ce conflit, on s’était rendu compte que cela n’avait rien à voir avec le fameux « printemps arabe » qui était vite devenu un « fourre tout » pour opposer les populations des pays arabes les unes contre les autres.


                      • soi même 17 juin 17:14

                        @GHEDIA Aziz, il se pourrait bien que le véritable motif principal c’est la guerre contre l’Iran et pour cela en préambule, il fallait un conflit en Syrie qui n’a pas d’autre but d’une part son éclatement en trois zones géographique, Kurdes, Sunnites et Chiites pour rendre impossible la présent Russe dans cette région.

                        C’est sans pour cela qui il y a autant de printemps coloré sur toutes les anciennes zones d’influence soviétique et Russe, Afghanistan, Roumanie, Yougoslavie,Caucase, pays de l’Europe de l’Est, pays Baltes, Irak Libye, Égypte, Yémen.

                        Il va sans dire que la Russie a bien compris le désastre de leurs interversions en Afghanistan et Tchétchénie qui ont été des guerres épouvantables pour ne pas faire la même erreur en Syrie en intervenant habilement en Syrie.

                        L’on commence seulement à prendre la véritable mesure que l’on a plus affaire à la veille politique Soviétique impérialiste héritière du Tsarisme mais bien à une Diplomatie de conciliation et de coopération donc les tires des missiles de croisière Kalibr depuis la mer Caspienne montre le poids de leurs succès Diplomatiques à acquit les Russes dans tous le Proche-Orient .

                        Même l’OTAN en prend compte, et ne soutient plus la Turquie en cas de conflit avec la Russie.

                         


                      • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 17 juin 15:40

                        Ce sont les mêmes causes bien connues qui ont détruit tous les pays zzzzarabes ! Le but et l’objectif final sont aussi bien connus ! D’où les responsables de la destruction du monde qui ne peuvent même pas se défendre : D’où certainement la longue vie du terrorisme planétaire puisqu’il permet encore aux coupables d’utiliser la propagande et leurs armes pour détruire ce qui reste...


                        • Daniel Roux Daniel Roux 17 juin 17:21

                          L’auteur est probablement un soutien de la famille Assad mais il n’empêche, son analyse n’est pas fausse.

                          J’ai souvent eu l’occasion de l’écrire, la diplomatie étasunienne n’a qu’une façon de négocier.

                          « Soit vous céder à nos exigences, soit nous vous renvoyons au Moyen-âge. »

                          Les US veulent court-circuiter la Russie et mettre fin au quasi monopole gazier très fructueux qu’elle détient envers l’Union Européenne. Monopole qu’elle défend bec quitte à faire sauter les gazoducs concurrent comme en Géorgie.

                          C’est un oléoduc refusé aux US par les Talibans qui a provoqué la guerre contre l’Afghanistan et un gazoduc, refusé par la famille Assad, celle de Syrie.

                          La famille Assad est une alliée de longue date à la Russie. Elle ne pouvait pas accepter le plan US de construction d’un gazoduc entre le Qatar et l’Europe. Ce gazoduc aurait affaibli drastiquement les positions russes. Le gaz une carte maîtresse dans les négociations de la Russie avec l’UE.

                          Les US veulent absolument le chute de Poutine et accessoirement, le démembrement de la Russie, afin de mettre la main sur les immenses territoires Sibériens et terminer l’encerclement de la Chine.

                          La baisse brutale des prix du pétrole associée à celle du gaz, fait partie de cette stratégie mais c’est une arme à double tranchant qui ne pouvait pas se prolonger trop longtemps. C’était en attendant que la Syrie tombe.

                          Les Russes n’ont eu aucun mal à lire le plan américain, c’est toujours le même. Repoussés de l’Ukraine, Ils sont intervenus massivement en Syrie pour soutenir la famille Assad et fait capoter la stratégie US.

                          Les US sont furieux de cet échec. Ils deviennent d’autant plus menaçants qu’ils ont abattu toutes leurs cartes pétrolières et gazières. Si Clinton, créature de l’oligarchie, devient Présidente, l’escalade est prévisible.

                          La seule manière de mettre fin à la terrible hégémonie US serait de constituer un front Euro-asiatique fort et sans complexe. Hélas, les dirigeants européens sont des marionnettes US et rien ne montre qu’ils soient prêts à couper leurs fils.


                          • MAIBORODA MAIBORODA 17 juin 17:46

                            @Daniel Roux

                            votre excellent commentaire développe et complète utilement l’article de l’auteur

                          • MAIBORODA MAIBORODA 17 juin 17:28

                            Leçon de géopolitique pour les nuls. Tel pourrait être le titre de cet article, au demeurant clair, limpide et didactique.

                            Les responsabilités françaises « historiques » sont à juste titre évoquées.

                            La prise de pouvoir par la minorité alaouite sous le couvert du « socialisme » baasiste aurait mérité une plus longue analyse.

                            Les appétits des États limitrophes, ou la défense de leurs propres intérêts expliquent effectivement leur interventionnisme direct ou indirect. Ne craignons pas citer ici l’Iran et la Turquie, mais aussi Israël.

                            L’inscription du conflit dans le contexte plus large d’une rivalité entre l’Iran chiite et les monarchies golfiques sunnites est une évidence qui ne saurait être occultée.

                            " La durée du conflit et la combativité des belligérants résultent de la main mise des agents extérieurs qui alimentent ce chaos pour leurs propres intérêts".

                            Cette conclusion résume excellemment la problématique générale du conflit syrien et fait référence à l’interventionnisme des États Unis et de leurs affidés européens (j’ai failli écrire« pitoyables comparses » en lieu et place « d’affidés » en pensant à Hollande et Fabius).

                            Quant à la Russie, ayant bénéficié grâce au pouvoir en place et à ses prédécesseurs d’une implantation stratégique capitale au cœur du Moyen Orient et d’une « fenêtre méditerranéenne », elle ne veut aucunement l’abandonner.


                            • Werner Laferier Werner Laferier 17 juin 17:33

                              3 causes : Assad, l’Iran et la Russie, trois pourvoyeurs du terrorisme international et des actes de terreur dans le monde.
                              Les russes sont ceux qui ont le plus de sang sur les mains en Syrie. La guerre civile y a explosé parce que les russes ont soutenu Assad et l’Iran. Sans les russes il n’y aurait pas eu de guerre civile. Assad serait pendu haut et court et la paix serait acquis. 300 000 morts et 3 millions de réfugiés. Voilà le bilan des russes (et du régime Assad) en Syrie. A quoi sert la CPI si nous ne pouvons pas mener une politique de respect du droit international, de combattre la terreur dans le monde par extension et d’y juger les responsables ?


                              • Daniel Roux Daniel Roux 17 juin 18:22

                                @Werner Laferier

                                Je ne reviens pas sur votre commentaire ridicule mais votre question sur le CPI est un bâton trop facile à saisir pour que je résiste à la tentation.

                                A quoi sert la Cour Pénale Internationale  ? C’est une bonne question d’autant que les US ne l’ont pas ratifié pour une raison évidente : Tous les présidents encore vivants pourraient être poursuivis pour crimes.

                                Ils sont en bonne compagnie dans ce refus :

                                "Trente-deux États, dont la Russie et les États-Unis d’Amérique, ont signé le Statut de Rome mais ne l’ont pas ratifié. Certains, dont la Chine, l’Inde et Israël, émettent des critiques au sujet de la Cour et n’ont pas signé le Statut."

                                Pour répondre à votre question : la CPI sert à convaincre les dirigeants du Tiers-monde de leur intérêt personnel à se soumettre aux occidentaux, s’ils ne veulent pas finir leurs jours en prison.

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