Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Les communistes philippins soutiennent la rupture de Duterte avec les États (...)

Les communistes philippins soutiennent la rupture de Duterte avec les États Unis : Les Philippines se tournent vers les BRICS !

Se tournant vers la Chine et la Russie, le président Duterte affirme une rupture des Philippines avec la tutelle totale de Washington sur sa plus veille colonie. Dans le même temps, Duterte a engagé une politique de cessez le feu avec les très influents rebelles communistes. Et des négociations de paix sont en cours depuis cet été à Oslo ayant déjà abouti à la libération de plusieurs dizaines de prisonniers politiques et des engagements en faveur d’une profonde réforme agraire.

Le PRCF, mobilisé pour défendre la paix soutient les efforts pour la paix des camarades philippins.

prcf_logoLe PRCF exprime son soutien au Front démocratique National des Philippines dans les négociations de paix qui se déroulent à Oslo.

Ces négociations sont le fruit de décennies de résistance et de luttes populaires – d’abord contre la dictature de Marcos et ensuite contre les pouvoirs corrompus vassaux du grand Capital et des Etats Unis – qui ont toujours vu les forces rassemblées par le NDFP en première ligne, au prix de grands sacrifices.

Le NDFP se bat pour la libération de plus de 400 prisonniers politiques et pour un accord pour résoudre les causes réelles du conflit, à commencer par une profonde réforme agraire avec la distribution de terres aux paysans et un plan de développement industriel prérequis indispensable pour un pays indépendant et se développant.

L’arrivée de Duterte à la présidence a ouvert une possibilité concrète pour mettre une fin au conflit dans le pays, un conflit qui a commencé il y a 47 ans. La victoire aux Philippines d’une option politique qui ne soit pas asservie à l’impérialisme mais tournée vers le développement indépendant et progressiste serait un appui majeur pour promouvoir la paix dan la région et pour renforcer partout le camp anti-impérialiste

Pour cette raison nous réaffirmons notre solidarité internationaliste avec le NDFP et avec l’ensemble des luttes populaires des Philippins pour une paix durable et pour la justice sociale.

Commission Internationale du PRCF – 27/10/2016

Pour illustrer l’évolution de la situation aux Philippines nous publions une tribune de José Maria Sison figure du parti communiste philippin qui expose son point de vue mais donne aussi des indications pour nourrir nos propres analyses.

www.initiative-communiste.fr donne la parole aux camarades philippins, avec la traduction de cette tribune de Jose Maria Sison, figure du parti communiste philippin, traduite par nos soins. Évidemment, l’avenir dira si un large Front populaire et patriotique à participation communiste parvient à se consolider aux Philippines et si les déclarations, annonces et actions de Duterte contre l’impérialisme américain se confirment dans la durée. D’ores et déjà la violente campagne de presse et les pressions exercées par Washington contre Duterte (lire ci après Vont-ils assassiner Duterte ?) montre que le mouvement des Philippines menace les visées de l’impérialisme américain. Le désalignement des Philippines – principale et historique base militaire et politique des Etats-Unis depuis près d’un siècle et demi – signerait un bouleversement politique majeure ouvrant des perspectives majeures pour l’ensemble de l’Asie et donc pour les peuples de toutes la planète. Cela cinquante ans après que les Etats-Unis et le bloc impérialiste occidental ont totalement fini de verrouillé cette partie du Monde, imposant leurs tutelles l’Indonésie en génocidant près de 3 millions de communistes indonésiens pour faire tomber le régime non aligné de Sukarno et après avoir mis sous tutelle Philippines et Malaisie là aussi en massacrant les communistes.

source : http://www.initiative-communiste.fr/articles/international/les-communistes-philippins-soutiennent-la-rupture-de-duterte-avec-les-etats-unis/

Pour une info indépendante et libre, lisez IC, abonnez vous !

Les rebelles communistes philippins soutiennent la rupture de Duterte avec la politique américaine

jose-maria-sison-philippinesUn accord de cessez-le-feu entre le Gouvernement de la République des Philippines (GRP) du président Rodrigo Duterte et le Front Démocratique National des Philippines (NDFP / FNDP) conduit par le parti communiste des Philippines (CPP) a débuté le 26 aout dernier, à la suite d’une première session de pourparlers de paix entre le GRP et le NDFP

L’accord de cessez-le-feu a été mis en œuvre au moyen d’ordres de cessez-le-feu unilatéraux simultanés ordonnés par le GRP aux Forces armées des Philippines (AFP), à la Police nationale philippine (PNP) et aux forces paramilitaires ; et par le Comité central du PCP à l’Armée Nouvelle Populaire et la milice populaire.Jusqu’à présent, c’est le plus long-feu en vigueur entre le GRP et le FNDP depuis le début de ces 47 années de guerre civile révolutionnaire aux Philippines. Les ordres de cessez-le-feu unilatéraux devraient être transformés en un cessez-le-feu bilatéral ou conjoint plus stable sur la base du respect de certaines exigences, dont la principale est l’amnistie et la libération de plus de 500 prisonniers politiques emprisonnés par les régimes Arroyo et Aquino.

Dans la deuxième série de pourparlers officiels, à partir des 6 et 10 octobre les équipes de négociation du GRP ont assuré à leurs homologues du NDFP que la libération effective de 22 consultants politiques du FNDP emprisonnés serait suivie par la libération de 200 autres prisonniers qui sont malades ou âgés , des femmes et de ceux qui sont depuis trop longtemps en prison avant que la troisième série de pourparlers formels ne débute dans la troisième semaine de Janvier 2017.Les négociateurs du NDFP ont fermement rappelé à leurs homologues du GRP que la libération est en conformité avec l’Accord général sur le respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire (CARHRIHL) que tous les prisonniers politiques doivent être libérés immédiatement parce qu’ils ont été injustement emprisonnés sur des accusations forgées de toutes pièces de crimes de droit commun.

La délégation de négociation NDFP a également rappelé à la partie du GRP que le président Duterte a promis d’effectuer la libération des prisonniers politiques par le biais d’une proclamation d’amnistie afin d’éviter des retards inutiles dans leur libération et de leur faire bénéficier d’un effacement de leurs casiers judiciaires après une longue période d’incarcération injuste. La demande du peuple pour la libération de tous les prisonniers politiques a été réclamée à grands cris depuis plusieurs décennies déjà.

En fait, la promesse du président Duterte de l’amnistie et de libérer tous les prisonniers politiques a été une importante incitation pour le NDFP pour souscrire à la reprise et l’accélération des négociations de paix et à un cessez-le-feu au moyen d’ordres de cessez-le-feu unilatéraux qui peuvent conduire à un accord de cessez le feu conjoint bilatéral plus robuste.

Le NDFP est devenu très ouvert à forger un accord de paix avec le GRP sous la présidence de Duterte en raison de sa déclaration d’opposition à l’impérialisme US et contre l’impérialisme et l’oligarchie nationale des grands compradores, alors que Duterte apparait se tenir comme le premier président de gauche des Philippines qui est déterminé à respecter l’indépendance nationale, étendre la démocratie pour le peuple, à mener à bien l’industrialisation nationale et une véritable réforme agraire, et à conduire une politique étrangère indépendante.

Le NDFP est prêt à coopérer avec le gouvernement Duterte à travers les négociations de paix dans l’adoption et la mise en œuvre des réformes sociales, économiques et politiques et est prêt à participer à un gouvernement inclusif d’unité nationale, la paix et le développement et à un système de défense nationale contre toute combinaison des agressions américaines et des menaces réactionnaires locales.

Le NDFP est bien averti par l’exemple des FARC de la Colombie qui a accepté les promesses de concessions du gouvernement Santos mais qui a accepté d’admettre la responsabilité pénale et de dissoudre l’armée du peuple, avant même la mise en œuvre des réformes. Le pire de tout, il est convenu de soumettre son accord de paix avec le gouvernement Santos à un référendum qui était évidemment un dispositif piégeant et de la frustration de tout ce qui a été promis comme bénéfique pour le peuple et les forces révolutionnaires.

Alors que le président Duterte lui-même a essayé d’inspirer l’espoir d’un changement parmi le peuple, il y a des éléments dans son propre gouvernement qui souhaitent imposer la capitulation et la pacification des forces révolutionnaires et populaire et qui souhaitent prolonger la politique économique néolibérale déjà discréditée et en faillite dictée par les Etats-Unis et perpétuer la domination étrangère et féodale dans le Philippines.

Dans le même temps es éléments patriotiques et progressistes occupent des postes au sein du gouvernement philippin et s’opposent aux réactionnaires et aux marionnettes pro-U.S.. Duterte lui-même veille à ce que le mouvement de masse continue à le soutenir. Ainsi, il a organisé le Kilusan sa Pagbabago (Mouvement pour le changement) qui est prêt à coopérer avec le mouvement de masse de longue date des forces patriotiques et progressistes. [Ndlr : l’avenir dira si un large Front populaire et patriotique à participation communiste parvient à se consolider aux Philippines]

Un large éventail de la population philippine a applaudi les rapprochements du président DUTERTE avec la Chine, la Russie et le reste du bloc des BRICS pour les relations diplomatiques et économiques dans la reconnaissance d’un monde multipolaire et tournant le dos à l’hégémonisme des Etats-Unis et le pivot stratégique des Etats-Unis vers l’Asie de l’Est. Duterte est allé aussi loin que fustiger les Etats-Unis pour n’avoir jamais présenté ses excuses pour l’assassinat en masse de 1,4 millions de Philippins entre 1899-1914, fustigeant également la poursuite de la même politique meurtrière d’agression dans divers pays à l’heure actuelle.

Les forces révolutionnaires et le peuple au sein de la large alliance du FNDP et sous la direction du PCP continuent d’appuyer les déclarations et les actes progressistes et patriotiques du gouvernement Duterte , de faire des propositions de réformes fondamentales et de pousser Duterte à confirmer par ses actes ses déclarations générales contre l’impérialisme américain et les oligarques nationaux.

Jose Maria Sison est membre fondateur du Parti Communiste des Philippines et consultant politique du Front Démocratique National des Philippines FNDP

Traduit depuis l’anglais par www.initiative-communiste.fr

source


Vont-ils réellement tenter d’assassiner le président Duterte ?

Source : Le Grand Soir, Andre Vltchek, 18-10-2016

arton31045-edd12

Andre VLTCHEK

A l’heure qu’il est, Rodrigo Duterte, le Président des Philippines au franc-parler, fait très probablement partie de la liste noire occulte, prestigieuse et permanente de l’Empire.

La liste est très longue et l’est depuis déjà plusieurs décennies. On pourrait facilement perdre le compte et s’embrouiller : combien de personnalités ont été marquées et secrètement condamnées à mort ? Combien sont effectivement mortes ?

La liste se lit comme un catalogue de leaders mondiaux illustres : de Patrice Lumumba (Zaïre), Mohammad Mossadegh (Iran), Hugo Chavez (Venezuela), Sukarno (Indonésie), Juvénal Habyarimana (Rwanda), Salvador Allende (Chili) à Mouammar Kadhafi (Libye ), Al-Basheer (Soudan) et Fidel Castro (Cuba), pour ne citer que quelques-uns.

Certains ont été directement assassinés ; d’autres ont été « seulement » renversés, tandis que seule une poignée de « listés » ont effectivement réussi à survivre et rester au pouvoir.

Presque tous avaient commis des crimes graves et de nature similaire, dont : défendre des intérêts vitaux de leurs nations et de leur peuple, refuser d’autoriser le pillage effréné des ressources naturelles par les sociétés multinationales, et s’opposer aux principes de l’impérialisme. La simple critique de l’Empire a aussi été souvent punie de mort.

M. Duterte est en train de les commettre tous. Il semble être « coupable de tous les chefs d’accusation ». Il plaide coupable et semble même être fier des accusations portées contre lui.

« Est-ce qu’il en marre de la vie ? » se demandent certains. « À-t-il perdu l’esprit ? Est-il prêt à mourir ? »

Est-il un héros, un nouveau Hugo Chavez asiatique, ou tout simplement un populiste hors de contrôle ?

Ce qui est certain c’est qu’il risque gros et peut-être même tout. Il est en ce moment en train de commettre les péchés les plus impardonnables aux yeux des régimes occidentaux : il est ouvertement insultant envers l’Empire et ses institutions (y compris l’ONU, l’OTAN et l’UE). Il leur crache même à la figure !

Et pour ne rien arranger, il ne se contente pas de paroles ; il prend des mesures décisives ! Il essaie d’aider les pauvres dans son pays, il flirte avec le Parti communiste et les socialistes, et pour comble, il demande l’aide de la Chine et de la Russie.

Ca barde. Régulièrement des personnalités ou des institutions telles que Obama, le Pape, les États-Unis, l’UE et l’ONU se voient conseillées d’aller en enfer, ou sont rebaptisées fils-de-putes !

Et les Philippins adorent ça. Duterte a remporté les élections avec une marge très faible, mais les dernières enquêtes d’opinion lui attribuent un taux de popularité incroyable de 76%. Certains soutiennent donc que si la « démocratie » est réellement la « volonté du peuple » (ou du moins un reflet de la volonté du peuple), alors tout va bien aux Philippines.

Alors qu’Eduardo Climaco Tadem, Maître de Conférences des Etudes Asiatiques (Université de Diliman), est critique de la forme « peu présidentielle » du discours de Duterte, et trouve négative sa politique en matière de « droits civils et politiques », il est néanmoins clairement impressionné par ses réalisations dans plusieurs autres domaines. Comme il me l’a récemment écrit dans une lettre :

« Des initiatives positives ont été prises sur d’autres fronts. La nomination de cadres du Parti Communiste à des postes ministériels pour entreprendre une réforme agraire, le travail sur le social et le développement, et les programmes de lutte contre la pauvreté sont bons. D’autres personnalités de l’aile gauche et progressistes occupent d’autres postes ministériels dans le travail, l’éducation, la santé, la science et l’environnement. Plus important, des initiatives positives ont été prises pour faire avancer la redistribution des terres, mettre fin au travail précaire, entrer en contact et apprendre des programmes de santé de Cuba, et réduire les opérations destructrices sur l’environnement des grandes entreprises minières. En outre, les négociations de paix tant avec le CPP que le MILF / MNLF ont été relancées avec des premiers signes encourageants.

Une politique étrangère indépendante a été annoncée et, à la différence des présidents qui l’ont précédé, Duterte ne se prosterne plus devant les puissances américaines et occidentales. Il est également en train de se réconcilier avec la Chine en prenant une voie différente et moins belliqueuse dans la résolution des conflits territoriaux dans la mer de Chine du sud … »

En ce qui concerne Washington, Londres et Tokyo, tout ceci est « mauvais », très mauvais. Un tel comportement ne passe jamais inaperçu ni impuni !

Cette fois-ci, la réponse de l’Empire n’a pas tardé.

Le 20 Septembre, 2016, International Business Times a rapporté :

« Le gouvernement des Philippines a affirmé qu’un coup d’Etat était orchestré contre le président Rodrigo Duterte et a dit que l’administration sévissait contre les comploteurs présumés. Un porte-parole du gouvernement a déclaré que certains Américano-philippins de New York avaient l’intention de renverser le dirigeant troublion.

Sans révéler les noms des conspirateurs présumés ni leurs plans, le Secrétaire des Communications du gouvernement philippin Martin Andanar a dit que ceux qui conspiraient contre Duterte devraient « réfléchir à deux fois . J’ai reçu des informations provenant de sources crédibles aux États-Unis. Oui, nous avons des noms, mais je ne veux pas en parler. Nous examinons la situation avec sérieux. Nous enquêtons. » a déclaré le haut fonctionnaire du gouvernement.

Les coups d’état, les complots d’assassinat. Les coups d’états mous, les coups d’état durs : Brésil, Argentine, Bolivie, Venezuela, Syrie, Ukraine, Libye, Paraguay, Honduras et le Soudan, la moitié de l’Afrique… Tous, au cours des dernières années seulement… et maintenant les Philippines ? Bravo, l’Empire donne un coup d’accélérateur ! L’éthique de travail de ses égorgeurs est en nette amélioration.

Le Président Duterte a tout compris. Comme mentionné ci-dessus, il a déjà qualifié le président Obama de « fils de pute », et a récemment suggéré qu’ « il aille en enfer ».

C’est même plus cru que ce que le président Hugo Chavez avait coutume de dire à propos de George W Bush, connu aussi comme « Señor W ». […]

La vérité est que l’Empire ne pardonne jamais à ceux qui lui renvoient son propre image. Il tue sans pitié pour les plus infimes gestes de désobéissance ou de rébellion. Son appareil de propagande et sa main droite – les médias – arrivent toujours à élaborer une explication et une justification appropriée. Et l’opinion publique nord-américaine et européenne est totalement complaisante, endoctrinée et passive ; elle ne défend que ses propres intérêts étroits, jamais la victime, surtout si la victime se trouve quelque part dans un pays lointain peuplé de « non-personnes ».

Le grand président indonésien Sukarno fut renversé et détruit (entre autres choses) pour avoir crié publiquement à l’ambassadeur des États-Unis : « Au diable avec votre aide »… Et aussi bien sûr pour avoir défendu les intérêts de son peuple contre l’Empire. Patrice Lumumba fut assassiné pour avoir osé dire que les Africains n’avaient aucune raison d’être reconnaissants envers les colonisateurs.

Duterte dit beaucoup plus. Il est amer et il a d’innombrables raisons de l’être. Les Etats-Unis ont assassiné plus d’un million de Philippins, la plupart à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle. Dans l’histoire récente, ils ont transformé cette nation autrefois fière et prometteuse en un paillasson, une semi-colonie humiliée, entièrement dépendante des caprices de Washington. Capitaliste et totalement pro-américaines, les Philippines ont évolué, comme l’Indonésie, en un « État défaillant », une catastrophe sociale et une friche intellectuelle.

Le Président Duterte a réussi à mettre en place un cabinet déterminé et cohérent d’intellectuels et bureaucrates.

Comme RT l’a rapporté récemment :

« Le Ministre des Affaires étrangères de Duterte, Perfecto Yasay, qui a parfois tenté de minimiser les commentaires de son patron, a publié une déclaration sur Facebook intitulée « L’Amérique nous a trompé » dans laquelle il dit que, s’il y a « d’innombrables choses pour lesquelles nous serons éternellement reconnaissants envers les Etats-Unis », ils n’ont jamais vraiment respecté l’indépendance des Philippines.

« Après avoir proclamé le 4 juillet 1946, que les Philippins avaient été formés de manière adéquate pour l’autodétermination et la gouvernance, les États-Unis ont imposé des chaînes invisibles qui nous ont mené vers la dépendance et la soumission comme des petits frères de couleur incapables d’une véritable indépendance et de liberté, » a dit le Ministre dans la déclaration. »

Ces déclarations sont très rarement répercutées par les grands médias occidentaux, où Duterte et son cabinet sont sans cesse diabolisés et ridiculisés.

Voici les derniers titres sur les Philippines :

« La fille du playboy-baron Antony Moynihan, trafiquante de drogue, abattue aux Philippines » (Daily Mail).

« Le président des Philippines accusé de nourrir un crocodile avec un homme vivant » (Le Journal.ie via Yahoo UK & Ireland News)

« Rapport spécial – dans la guerre de Duterte contre la drogue, les résidents locaux aident à dresser les listes noires » (Reuters)

« Duterte a tué un fonctionnaire de la Justice, déclare un tueur-à-gages devant le Sénat philippin » (AFP)

Rien sur la lutte pour la justice sociale ! Rien sur la lutte contre l’impérialisme occidental.

La guerre contre la drogue …

Oui, beaucoup de Philippins sont véritablement préoccupés par « le tas de cadavres » et les méthodes de ce gouvernement pourraient être qualifiées de brutales, et même d’intolérables.

Mais la situation n’est pas si simple. Ici, ce n’est pas l’Europe. C’est l’Asie avec sa propre dynamique et ses problèmes culturels. Aux Philippines, le taux de criminalité a atteint des sommets grotesques, inconnus presque partout ailleurs en Asie-Pacifique. Une grande partie de la criminalité est liée à la drogue. Et les gens en ont véritablement marre. Ils exigent une action décisive.

Pendant de nombreuses années, M. Duterte a été maire de Davao, une ville sur l’île de Mindanao. Davao était synonyme de délinquance ; un endroit difficile à vivre, et beaucoup disaient un endroit presque impossible à gouverner.

M. Duterte est honnête. Il admet ouvertement qu’il n’aurait pas duré longtemps comme maire de Davao s’il avait « obéi aux 10 commandements ». Peut-être que personne n’aurait pu.

Il est extrêmement sensible à la critique de son bilan en matière de droits de l’homme. Que cela vienne de l’ONU, de l’UE ou des Etats-Unis, sa réponse est le plus souvent rebelle et cohérente : « Va te faire foutre ! »

Et c’est tout ce qu’on répercutera généralement en Occident.

Ce qui est omis, c’est ce que Rodrigo Duterte explique en général après :

« Vous me parlez des droits de l’homme ? Que dire des millions que vous tuez dans le monde, y compris récemment en Irak, en Libye et en Syrie ? Qu’en est-il du peuple philippin que vous avez massacré ? Et qu’en est-il de votre propre peuple, les Afro-Américains qui sont abattus par la police, tous les jours ? »

Il ne cache pas sa profonde allergie pour l’hypocrisie occidentale. Pendant des siècles, les États-Unis et l’Europe ont tué des millions, pillé des continents entiers, et maintenant se réservent le droit de juger, de critiquer et bousculer les autres. Directement ou à travers les institutions qu’ils contrôlent, comme les Nations Unies. Encore une fois, sa réponse est clairement Sukarno-esque : « Allez au diable, vous et votre aide ! »

Mais vous ne lirez rien de tout ça dans les pages du New York Times ou The Economist. Pour eux, il n’y a que la « guerre contre la drogue », les « victimes innocentes » et bien sûr « l’homme-fort » Duterte.

Mais la situation évolue rapidement.

Récemment, le président Duterte a ordonné l’arrêt d’un exercice militaire, surnommé le « Philippines Amphibious Landing Exercise » (Phiblex). Il avait commencé le 4 octobre et devait durer plus d’une semaine. Environ 1 400 soldats US et 500 soldats philippins étaient engagés dans les jeux de guerre, certains dangereusement proches des eaux près des îles contestées en mer de Chine du sud.

Selon plusieurs grands intellectuels philippins, les Etats-Unis ont utilisé les Philippines pour servir leurs ambitions agressives impérialistes dans la région, en confrontant et en provoquant sans cesse la Chine.

Le gouvernement Duterte est déterminé à se rapprocher beaucoup plus de la Chine et à s’éloigner de l’Occident. Il est très probable que les Philippines et la Chine seront en mesure de résoudre tous les désaccords dans un avenir prévisible. A condition que les Etats-Unis puissent être tenus à l’écart de manière permanente.

Pour démontrer sa bonne volonté envers la Chine, et pour démontrer sa nouvelle indépendance politique, Manille envisage également d’annuler l’ensemble des 28 exercices militaires annuels prévus avec les États-Unis.

Le Président Duterte sait parfaitement ce qui est en jeu. Pour marquer ses 100 jours de fonction, il a donné plusieurs discours enflammés, en reconnaissant que l’Occident pouvait tenter de le renverser, et même de le tuer :

« Vous voulez me renverser ? Vous voulez utiliser la CIA ? Allez-y … Ne vous gênez pas. J’en ai rien à foutre ! Je serais viré ? Parfait. (Dans ce cas), ça fait partie de mon destin. Le destin recouvre tellement de choses. Si je meurs, cela fait partie de mon destin. Ca arrive, que des Présidents soient assassinés. »

C’est vrai. Il leur arrive souvent d’être assassinés.

Mais récemment, l’un après l’autre, des pays du monde entier ont rejoint la coalition anti-impérialiste. Certains sont actifs ; d’autres sont déstabilisés (comme le Brésil), économiquement dévastés (comme le Venezuela) ou entièrement détruites (comme la Syrie). Toutes les nations du refus, de la Russie à la Chine, de la RPDC à l’Iran sont diabolisés par la propagande occidentale et ses médias.

Mais il semble que le monde en a assez. L’Empire est en ruines ; il est pris de panique. Il tue de plus en plus, mais il ne gagne pas.

Les Philippins sont-ils en train de rejoindre cette alliance ? Après seulement 100 jours de pouvoir, il semble que le président Duterte a pris son parti : Plus de servitude ! Plus jamais !

Est-ce qu’il survivra ? Est-ce qu’il continuera sur la même voie ?

Est-il aussi dur-à-cuire qu’il en a l’air ? Il faut avoir des nerfs d’acier pour faire face à l’Empire ! Il faut avoir au moins neuf vies pour survivre aux innombrables et inextricables complots d’assassinat, aux systèmes de propagande sophistiqués, aux supercheries. Est-il prêt pour affronter tout cela ? Il semble que oui.

Les élites de son pays sont totalement inféodées à l’Occident ; comme celles de l’Indonésie et, dans une large mesure, de la Thaïlande et de la Malaisie.

Ce sera un combat difficile. C’est déjà un combat difficile.

Mais la majorité du pays est derrière lui. Pour la première fois dans l’histoire moderne, le peuple Philippin a une chance de prendre son destin en mains, ses propres mains.

Et si l’Occident n’aime pas ce qui se passe à Manille ? Le Président Duterte s’en fiche. Il a déclaré qu’il a déjà préparé beaucoup de contre-questions. Et si l’Occident ne peut pas y répondre :

« Si vous êtes incapables de répondre, fils de pute, rentrez chez vous, bande d’animaux. Je vais vous botter le cul. Ne venez pas me faire chier. Ils ne sont pas plus intelligents que moi, croyez-moi ! »

Il est très probable qu’ils ne le sont pas ; ils ne sont pas plus intelligents que lui. Mais ils sont certainement plus impitoyables, plus brutaux.

De quoi l’accuse-t-on ? D’une « guerre contre la drogue », qui a coûté environ 3 000 vies ?

Combien de vies est-ce que l’Occident (ou ces « fils de pute », comme disent de nombreux Philippins ces jours-ci) a prises depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, partout dans le monde ? 40 ou 50 millions ? Ca dépend de la manière de compter : « directement » ou « indirectement ».

L’Empire tentera très probablement d’assassiner le président Duterte, et probablement bientôt, très bientôt.

Pour survivre, pour continuer à avancer, pour continuer à se battre, à défendre son pays meurtri et exploité, il fera très certainement bien d’oublier définitivement les 10 commandements.

Andre Vltchek

Traduction “soyez durs, soyez doux, de toute façon l’Empire s’occupera de vous” par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

Source : Le Grand Soir, Andre Vltchek, 18-10-2016


Moyenne des avis sur cet article :  4.25/5   (12 votes)




Réagissez à l'article

5 réactions à cet article    


  • Laurent 47 3 novembre 18:20

    Le président philippin n’a qu’une seule option pour parer à ce qui risque de lui arriver : accepter le plus rapidement possible l’installation de bases navales russes et chinoises aux Philippines !
    Je suis sûr que ces deux pays ne demandent que ça !
    Il a donc tout intérêt à négocier un accord avec Moscou et Beijing.
    Quand ces deux pays y seront implantés, vous verrez que la hargne des Etats-Unis va s’estomper !
    En effet, le pouvoir de nuisance de Washington est inversement proportionnel au nombre d’ogives nucléaires dont dispose le pays qu’il veut asservir !
    Mais Rodrigo Duterte a intérêt à se dépêcher, car les va-t-en guerre américains ne vont pas rester inactifs, vous pouvez en être sûrs !


    • Le421 Le421 3 novembre 18:28

      Il y a quand même un truc qu’il faudra m’expliquer un jour...

      En France, la gauche est taxée en permanence de « laxiste ».
      Bien sûr, il faut chausser les lunettes noires et voir le PS comme « la gauche ». De la droite, à la limite, je comprendrais...

      Et puis, de par le monde, voilà t-y pas que les cocos, donc, si je ne me trompe la gauche, est taxée de totalitaire et assassine !!
      Les laxistes de gauche en Chine mettent les trafiquants de drogue à genou en rang d’oignon et leur collent une balle dans la tête !!
      Aux Philippines, c’est carrément le tir à vue !!!

      Alors, bon.

      Si on écoute les propos de Mélenchon, que ce soit sur les conneries de burqa ou burqini, ses dires se résument à une seconde et encore !! Niet !

      Laxiste la gauche ?? Dans la légende, peut-être, en vérité...


      • ukulele ukulele 3 novembre 23:56

        Soutenir Duterte… Faux pas avoir honte…


        • Dom66 Dom66 4 novembre 01:35

          @ukulele

          Soutenir les Amers-loques (humaines) non plus


        • Le421 Le421 4 novembre 08:50

          @ukulele
          Il est certain qu’un sale type comme ça, en France, ça serait impossible.
          Maintenant, les bonhommes qui se tapent des gamins(es) de 14 ans traînant dans les rues, ça me semble aussi difficile, même dans les quartiers chauds de Paris.
          Il faut voir en fonction du contexte local et un peu plus loin que le bout de son nez.
          Au fait, c’est qui qui doit décider ? Les philippins ou les français ?
          Réponse :  ???
          J’attends...

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès