Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Les Dogons dans la tourmente !

Les Dogons dans la tourmente !

La triste actualité malienne me donne l’occasion de présenter à ceux qui ne le connaissent pas encore le pays Dogon. Très proche de Konna, à peine 70 kms à vol d’oiseau, la dernière ville la plus au sud investie par les mouvements islamistes. Les dogons sont installés sur les falaises de Bandiagara, le plateau de Sangha et la plaine du Séno.

C’est probablement l’ethnie malienne qui a le mieux conservé son originalité, ses traditions et ses croyances séculaires. Mon histoire personnelle fait que je ne peux rester indifférent au destin du Mali, mais mon but n’est pas de convaincre qui que ce soit de la nécessité de l’intervention militaire française décidée par Hollandemol , grand producteur de gadgets sociétaux, mué en chef de guerre.

J’ai lu et entendu la litanie des arguments contre, certains recevables, d’autres plus spécieux en vrac, les arrières pensées politiques et économiques vraies ou fantasmées qui sous-tendent cette intervention, le risque d’enlisement, la vie de nos otages, de nos militaires etc.

Ceux qui sont pour, et notamment l’immense majorité des maliens si j’en crois la presse locale et les forums maliens et africains pourraient nous rappeler les milliers de soudanais morts pour que la France ne devienne pas la ‘’Vranze’’.

Les détracteurs de cette intervention, très nombreux sur la toile connaissent sans doute mieux que quiconque la géographie, la culture, la composition ethnique de ce vaste pays. Selon le député Mamère, marieur compulsif, il était urgent d’attendre la délibération des députés et le Mujao, Aqmi et Ansar ed-Dine demeureraient sagement l’arme au pied en guettant les décisions du Palais Bourbon.

Pour ma part, j’ai juste pensé à ce qui arriverait aux Bambaras, Malinkés, Peuls, Bozos, Sénoufos, Songhaïs (déjà touchés à Gao) et autres qui composent la mosaïque ethnique de ce pays. Les Dogons eux, se situent géographiquement au nord de la ligne sécurisée par les troupes maliennes et françaises à Sévaré et Mopti.

Qu’adviendrait-il de ce peuple venu du sud ouest du Mandé, entre le XIIIème et XVIème siècle s’installer en trois vagues de peuplement sur la falaise de Bandiagara ou vivaient alors des populations troglodytes les Tellem afin d’éviter une islamisation qui a fini par les rattraper au 19ème siècle pour une bonne partie d’entre eux ? Cette islamisation se conjugue encore de nos jours avec de nombreuses pratiques animistes.

Le peuple Dogon a éveillé rapidement l’intérêt d’abord d’un lieutenant de l’infanterie coloniale Louis Desplagnes en 1907, mais c’est surtout grâce aux travaux des le début des années 1930 d’éminents ethnologues, le Professeur Marcel Griaule, rejoint quelques années après par Germaine Dieterlen qui vivront vingt ans parmi eux que la connaissance de la cosmogonie Dogon symbolisé par les masques est parvenue jusqu’à nous.

C’est probablement grâce à la situation géographique et aux falaises de grès au sein desquelles sont blottis ces villages constituant ainsi des forteresses difficilement accessibles que cette vieille civilisation a pu rester relativement épargnée.

Les deux ethnologues français, initiés par un prêtre Dogon, le Hogon Otogommeli publieront une étude en 1951 dans le journal de la société des africanistes intitulée « un système soudanais de Sirius ». Dans cet article, ils décriront la vision des Dogons de l'univers, tellement stupéfiante pour un peuple dit primitif qui suscita l’incrédulité.

Ce qui semble incontestable, c’est que la cosmogonie Dogon intègre des faits astronomiques observables qu’avec des télescopes dont ils ne disposaient bien évidemment pas, par exemple, les quatre satellites de Jupiter, les anneaux de saturne. L’origine de ce savoir astronomique reste une énigme.

Le célèbre masque Kanaga qui illustre cet article est censé être l’évocation d’Amma le dieu créateur, qui semble évoquer un homme les bras levés a même figuré fugitivement sur le drapeau du Soudan français (actuel Mali) en 1958/1959 et sur l’éphémère Fédération du Mali constituée du Sénégal et du Soudan français.

Ce qui surprend le visiteur en visitant le pays Dogon, c’est aussi l’architecture qui diffère totalement des autres villages maliens. La vue qui s’offre à lui est à la fois magnifique et spectaculaire avec des hauts greniers surplombant les cases et plus haut encore des anfractuosités dans lesquelles les Dogons placent leurs défunts.

Les cases sont construites en pierres venues des éboulis, matériau quasiment absent ailleurs au Mali ou en briques d’argile façonnées à la main, elles sont entourées de greniers à mil reconnaissables à leur toiture conique en paille et à leurs portes sculptées.

Autre particularité, la case à palabres, la Togou-na ou Toguna sous laquelle les hommes du village, et plus particulièrement les anciens, se réunissent pour parler des affaires communes. Sa taille basse est conçue pour préserver l'ombre et la fraîcheur du lieu de réunion. Il est dit aussi que sa hauteur réduite à 1.20 m empêcherait les hommes de se tenir debout et réduirait les emportements.

Les dogons sont également connus pour leurs danses masquées régies par ‘’ La Société des masques’’ composé uniquement d’hommes dont la plus emblématique s’exécute sur des échasses organisées lors des différentes cérémonies. On peut regretter qu’elles s’organisent aussi désormais pour les touristes moyennant rétributions.

Le tourisme constitue aujourd’hui un revenu non négligeable pour certains acteurs locaux : guides, hôteliers, agences de voyage mais les Dogons sont essentiellement des agriculteurs cultivant le mil, le sorgho, le fonio et là ou l’eau est présente, notamment grâce à de petits barrages s’est développée une culture maraichère, majoritairement des oignons.

L’art Dogon est réputé dans le monde entier pour ses masques, ses statuettes rituelles et ses fameuses portes en bois sculptées et les falaises hautes de 100 à 300 mètres d’altitude sont désormais classées au patrimoine de l’UNESCO comme site exceptionnel.

J’espère que ce petit billet écrit sur la base de souvenirs personnels forcément parcellaires avec l’aide du livre de Bokar N’Diaye ‘’Les Groupes ethniques au Mali’’ éclairera le conflit actuel sur d’autres aspects que la politique et la géostratégie. Une rencontre avec l’islam radical risquerait d’anéantir à jamais ce qu’ils ont su préserver jusqu’à ce jour : leur identité.

Je formule le vœu aussi que le Mali tout entier qui recèle beaucoup d’autres richesses culturelles échappe enfin à cette tourmente que l’inconséquence de sa classe politique et les errements des putschistes plus à l’aise pour perpétrer des coups d’état que d’aller se confronter avec les islamistes n’ont pas su éviter.

JPEG - 175.7 ko
Toguna
Case à palabres Vilage Dogon
JPEG - 18 ko
Danse des masques
JPEG - 12.1 ko
Greniers à Mil
JPEG - 117.9 ko
Village d’Ireli
JPEG - 11.8 ko
Les cases des Tellem

Moyenne des avis sur cet article :  4.73/5   (15 votes)




Réagissez à l'article

33 réactions à cet article    


  • siatom siatom 16 janvier 2013 09:56

    C’est effectivement une région magnifique que nous avons découvert la 1ere fois avec mon épouse après 10 ans de présence au Mali et qui nous transporte dans un autre monde. C’est pourquoi elle a tant fasciné les ethnologues.


    • siatom siatom 16 janvier 2013 10:02

      Il y a une erreur sur la première photo qui nes’t pas la fameuse Toguna, case à palabres mais des hauts greniers.
      Pour en visualiser une cliquer sur ce lien :http://www.artheos.org/cgi-bin/get.pl?c0=&c1=&c2=&lang=fra&pg=6&O=2364&P=4387


      • Gollum Gollum 16 janvier 2013 10:51

        Ce qui semble incontestable, c’est que la cosmogonie Dogon intègre des faits astronomiques observables qu’avec des télescopes dont ils ne disposaient bien évidemment pas, par exemple, les quatre satellites de Jupiter, les anneaux de saturne. L’origine de ce savoir astronomique reste une énigme.


        Il est probable que ce savoir vient en ligne droite des égyptiens qui avaient un savoir évolué et qui accordaient aussi une place importante à Sirius comme les Dogons..

        Je rappelle ici cette vidéo qui commence à avoir du succès sur l’Égypte d’il y a 12000 ans : http://www.youtube.com/watch?v=pK0d4yJneXI

        • Gollum Gollum 16 janvier 2013 11:03

          Ah ben tiens.. Quand on parle du loup..



           smiley

        • robin 16 janvier 2013 20:45

          Sauf que les Egyptiens ne possédaient pas officiellement de télescopes donc fausse piste


        • siatom siatom 16 janvier 2013 20:50

          @ robin
          ça reste une énigme et c’est tres bien comme ça.


        • siatom siatom 16 janvier 2013 11:03

          Sans doute c’est une des hypothèses souvent évoquée.De toute façon c’est fascinant.


          • siatom siatom 16 janvier 2013 11:23

            @ gollum
            heureuse coincidence


            • jako jako 16 janvier 2013 11:48

              Vraiment bel article qui fait découvrir l’envers du décor, mais il me semble que vous en aviez écrit d’autre, merci à vous.


              • jako jako 16 janvier 2013 11:51

                dont celui-ci et « un dimanche à Bamako »


              • siatom siatom 16 janvier 2013 11:59

                @ jacko
                Merci jacko, j’avais effectivement déjà écrit deux articles sur le Mali ou j’ai passé plus de 20 ans de ma vie et je prévoyais un jour d’évoquer ce fameux pays Dogon et les tragiques évenements ont précipité le mouvement.
                J’ai voulu pour évoquer le conflit malien un autre angle que les péremptoire ’’contre’’ qui pullulent sur Agoravox avec quelques ’’Pro’’ minoritaires mais dont les arguments théoriques font peu de cas de l’humain.


                • Richard Schneider Richard Schneider 16 janvier 2013 18:06

                  Très bon article, loin des invectives de certains quand il s’agit du Mali.

                  Merci à l’auteur qui se contente de décrire ce qu’il connaît - et c’est tellement rare ces derniers temps que l’on ne peut s’empêcher de regretter qu’il n’y ait pas davantage d’articles de ce genre.

                  • siatom siatom 16 janvier 2013 19:36

                    @ Richard
                    Merci pour votre commentaire qui prouve que vous avez parfaitement compris l’esprit dans lequel je l’ai rédigé.


                  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 16 janvier 2013 19:16

                    Peuple et culture magnifique ....Maururu !


                    • siatom siatom 16 janvier 2013 19:48

                      @ Aita

                      Si vous n’aviez qu’un seul voyage à faire en Afrique je vous conseillerai celui là , bien entendu quand le calme sera revenu.


                    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 16 janvier 2013 20:00

                      Dans le flot de docus que j’ai ingurgité depuis mon enfance ils ont une place à part ,avec quelques autres ,et en est la preuve que j’en ai encore des images multiples en tete .
                      Ce serait un beau et très intéréssant voyage ,mais ne voudrais pas non plus les déranger en leur culture ....


                    • siatom siatom 16 janvier 2013 20:10

                      @Aita
                      Pour ma part j’y suis allé 3 fois en petits groupes de 3 ou 4 personnes et ils sont tres contents d’accueillir des touristes à condition qu’ils soient respectueux..
                      De toute façon la géographie des lieux au relief escarpé ne se prête guère aux déversements de touristes descendant de cars mais le risque existe et mes visites datent des années 80.


                      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 16 janvier 2013 20:34

                        Un tourisme respectueux,surtout sur de si petites communautés ....
                        S’ils l’organisent vraiment eux meme ,et encore ....
                        Je n’ai jamais été touriste,et n’ai fait que me balader ,en y vivant...Et donc pouvoir recevoir les mauvais retours de mon irrespect .
                        Je pense,vu ton parcours Siatom,que tu me comprends .


                      • robin 16 janvier 2013 20:49

                         « les quatre satellites de Jupiter, les anneaux de saturne. L’origine de ce savoir astronomique reste une énigme. »

                        Ca reste une énigme uniquement pour les idiots utiles pour qui la présence extratterrestre ne peut être qu’une fadaise.

                         


                        • siatom siatom 16 janvier 2013 20:54

                          @ robin
                          Je n’ai aucune compétence en astronomie et ne fait que relater les travaux de deux ethnologues.
                          Les dogons sont interessants par bien d’autres aspects.


                        • siatom siatom 16 janvier 2013 21:06

                          @ Sabine
                          L’excision est à ma connaissance encore fréquemment pratiquée au Mali bien que des voix féminines essaient de s’y opposer. Dans son livre Bokar N’diaye affirme que l’excision n’existe pas chez les Dogons.C’est un livre qui date de 1970.C’est un auteur qui fait référence dans l’étude des ethnies et des castes au Mali.Pour ma part bien qu’ayant travaillé avec quelques Dogons à Bamako je n’ai jamais évoqué cette question avec eux.


                          • rocla (haddock) rocla (haddock) 16 janvier 2013 21:13

                            Un de vos plus beaux articles Siatom . 


                            Puisse la paix revenir dans cet endroit du monde . 

                            • siatom siatom 16 janvier 2013 21:50

                              @ rocla
                              Merci pour ce compliment mais sa qualité si qualité il y a doit beaucoup aux principaux acteurs : les Dogons.


                              • volpa volpa 20 janvier 2013 08:56

                                Bel article.


                                • siatom siatom 20 janvier 2013 10:28

                                  Merci à vous volpa


                                • Gérard Luçon Gérard Luçon 20 janvier 2013 12:13

                                  @siatom, je partage cette connaissance du Mali et du pays Dogon ou je suis alle pour la 1ere fois en 1987, notamment j’ai pu organiser le ravitaillement du village de Yendouma ou officiait mon ami Ateme Teme, infirmier ... lui et sa femme sont morts a 25 ans de salmonellose. Village inaccessible par la route, nous avions embauche des porteurs et nos cartons etaient sur leurs tetes

                                  Moins rose est quand je suis retourne en 2004 a Bandiagara puis suis passe dans la plaine par une route desormais frequentee par les voitures, et ai decouvert que les gosses n’allaient plus a l’ecole car cela rapportait plus de mendier aupres des touristes

                                  Enfin a lire Dieu d’eau de Marcel Griaule chez Fayard .. ses entretiens avec Ogotemmeli


                                  • siatom siatom 20 janvier 2013 12:23

                                    @ Gérard Luçon

                                    Ce que vous me dites de l’évolution malheureuse des enfants Dogons est confirmée par de nombreux témoignages mais n’étaient pas encore trop perceptible dans les années 70 et 80.Ayant séjourné une vingtaine d’années à Bamako j’ai eu l’occasion d’y aller à 3 reprises et à cette époque il me semble que le tourisme n’avait pas atteint encore ces effets dévastateurs.


                                  • Gérard Luçon Gérard Luçon 20 janvier 2013 12:45

                                    au fait j’ai aussi ecrit sur le mali et la situation actuelle, sur Agoravox, 4 articles avec quelques photos qui vous rappelleront « la-bas »


                                    • siatom siatom 20 janvier 2013 13:02

                                      J’irais lire et même visiter vos articles, celui sur les Dogons est le 3ème depuis la prise des villes du nord. Le 1er datant du 8 juillet 2012 s’intitulant : Qui se soucie encore du Mali ? A l’époque l’Euro, la Grèce, la Syrie phagocytaient les médias.


                                      • Gérard Luçon Gérard Luçon 20 janvier 2013 15:01

                                        au fait comme vous parlez de Konna, il y a aussi une piste assez difficile qui relie Douentza au pays Dogon et arrive en bas de la falaise, je l’ai prise une fois, elle passe tres pres de la frontiere avec le Burkina .. une passoire cette frontiere !


                                      • siatom siatom 20 janvier 2013 19:03

                                        @ Gerard

                                        Je ne connais pas la piste que vous évoquez car résidant à Bamako mon travail m’amenait souvent à Ségou et à Mopti et guère au delà. Les visites évoquées au Pays Dogon correspondaient à des vacances en queque sorte à l’intérieur du Mali.
                                        Ini san kura


                                      • sisyphe sisyphe 20 janvier 2013 15:04

                                        Bel article sur un pays que je connais, et une civilisation que j’apprécie beaucoup (outre les fameuses « portes de greniers », notamment les sculptures sur bois et les statuettes en bronze).

                                        Un bémol toutefois ; faire un article sur les Dogons sans évoquer ne serait-ce que le nom de Jean Rouch (élève de Marcel Griaule) , c’est quand même une sacrée lacune...

                                        Pour ceux que ça intéresse, quelques références :

                                        Les Dogons : chronique d’une passion

                                        Jean Rouch : une aventure africaine

                                        Cimetières dans la falaise (tourné en 1950)

                                        Film des cérémonies du Sigui : Sigui synthèse

                                        L’avenir du souvenir : avec Germaine Dieterlen
                                        dont Philippe Constantini a fait un film

                                        et autres films sur les Dogons ; le tout disponible dans le coffret de 8 disques aux Editions Montparnasse

                                        Je rappellerai juste qu’à sa mort, en 2004, sa dépouille est restée en France, mais que les Dogons, lui rendant un hommage tout à fait inhabituel, ont fait une grande cérémonie pour l’enterrer symboliquement.

                                        Ceci pour compléter votre article, que j’ai apprécié.


                                        • siatom siatom 20 janvier 2013 18:54

                                          s@ sisyphe
                                          Remarque pertinente pour Jean Rouch que j’évoquai dans une phrase dans la première mouture de ce billet concernant les funérailles Dogon en 2004 en l’honneur de Germaine Dieterlin à la demande si je ne m’abuse à sa demande et puis je l’ai enlevée considérant que que cet élément n’était peut être pas susceptible d’interesser le lecteur. De jean Rouch je ne me souviens que de ’’Cocorico Monsieur Poulet’’. J’aurais pu évoquer aussi Michel Leiris et quelques autres qui accompagnaient Marcel Griaule.
                                          Mon objectif en écrivant ce petit article était surtout de parler des hommes qui peuplent ce pays car la lecture de nombreux articles de ’’spécialistes de géopolitiques’’ prenant parti en majorité contre l’intervention au Mali m’avait irritée en faisant abstraction des hommes
                                          pour échafauder des théories et des analyses péremptoires.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès