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Les enfants de plus en plus nombreux dans la production de semences de coton en Inde

Le nombre d’enfants employés dans la production de semences hybrides de coton en Inde va en augmentant, selon une étude du Glocal Research and Consultancy Services. Ils sont plus de 416 000 de moins de 18 ans, dont la majorité ont moins de 14 ans, à travailler dans les États Gujarat, Andhra Pradesh, Tamilnadu et Karnataka, lesquels produisent plus de 92 % des semences hybrides en Inde. Les multinationales Monsanto et Bayer sont impliquées dans ce qui constitue un véritable esclavage, révèle l’organisme.

Les enfants travaillent de longues heures dans des conditions non sécuritaires, exposés à de dangereux pesticides, pour des salaires de misère. Les lois indiennes et les conventions internationales sont carrément bafouées, soutient le Glocal Research.

Près de la moitié des enfants, environ 200 000, sont employés par des fermiers dont la production est achetée par des intermédiaires qui la revendent à quatre entreprises indiennes : Nuziveedu, Raasi, Ankur et Mahyco, dans le cadre d’un partenariat avec Monsento en ce qui concerne cette dernière entreprise.

Les efforts entrepris tant auprès des États que du gouvernement fédéral Indien et des entreprises pour mettre fin à cette situation ont jusqu’ici donné peu de résultats.

Déjà en 2004 une étude faisait état de l’emploi de 82 000 enfants dans l’Andhra Pradesh, 90 000 dans le Gujarat et 28 000 dans le Karnataka. La situation s’est dégradée depuis, malgré les pressions d’ONG, de médias, de groupes d’investisseurs sociaux et l’intervention du Bureau international du travail, de l’Unicef et des gouvernements locaux. Le nombre d’enfants employés dans les champs produisant des semences hybrides de coton, surtout des filles, continue d’augmenter. Ils y forment même la majorité des travailleurs. Il s’agit de la plus forte proportion de travailleurs enfants dans tous les secteurs d’emploi de l’économie indienne.

La méthode utilisée pour obtenir cette main-d’oeuvre à bon marché est particulièrement insidieuse. Les fermiers font des prêts aux parents qui les remboursent avec le salaire des enfants. Ajoutons que les enfants sont recherchés parce qu’ils sont beaucoup plus habiles que les adultes dans l’opération délicate de pollinisation croisée (Les champs de coton, des droits en friche) essentielle à la production des semences hybrides.

La complexité des opérations menant de la production dans les champs à l’achat par les grandes entreprises contribue à perpétuer l’embauche des enfants. Les entreprises n’ont pas de relations d’affaires directes avec les fermiers, mais passent plutôt par des intermédiaires. Elles ont toutefois une responsabilité indéniable, car ce sont elles qui fournissent les semences d’origine, avancent les capitaux, fixent les prix et déterminent les critères de qualité.

La production de semences hybrides de coton a explosé entre 2003-2004 (environ 5 000 acres sur 54 000) et 2006-2007 (environ 40 000 acres sur 60 000). Or, ce type de production nécessite une abondante main-d’oeuvre pour accomplir les opérations permettant l’hybridation. Il faut préciser que l’Inde produit plus de 12 % du coton à l’échelle mondiale, sur plus de 9,1 millions d’hectares (7,6 millions en 2003-2004) et que 65 % de cette production est constituée de variétés hybrides de coton.

Pour compliquer davantage la situation, le coton transgénique, le "BT cotton", est planté sur plus de 3,8 millions d’hectares. Or, ce dont ne parle pas l’étude, une production pirate de coton transgénique s’est développée qui rend encore plus difficile l’application des normes internationales du travail.

Sans compter l’augmentation récente du trafic d’enfants pour alimenter les fermiers indiens en quête d’une main-d’oeuvre docile et à bon marché.

Child bondage continues in Indian cotton supply chain.


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4 réactions à cet article    


  • Avatar 15 octobre 2007 11:52

    A l’auteur,

    Merci pour cet article fort intéressant.

    Et oui, vous décrivez bien ce qui se cache derrière un T-shirt made in India à 1 ou 2 €uros...

    Sommes-nous prêt à acheter nos vêtements plus chers ?

    A quand une mention « vêtement sans OGM » ?


    • LE CHAT LE CHAT 15 octobre 2007 12:33

      superbe article, on voit comment fait L’Inde pour atteindre de tels chiffre de croissance ! une démocratie , peut être , mais faut pas gratter profond pour retrouver une mentalité total moyenageuse ! smiley


      • Marie Pierre 15 octobre 2007 22:16

        Bonsoir M. Monette,

        Très bon article, j’espère que le coton de commerce équitable ne provient pas des petits paysans qui se font rouler en achetant des semences douteuses. Une ONG pourrait très bien n’y voir que du feu !


        • Michel Monette 15 octobre 2007 22:38

          Je ne connais pas bien la filière du commerce équitable en provenance de l’Inde, mais je crois comprendre que le label équitable correspond à des critères très stricts. Je sais par ailleurs que des associations de paysans se battent avec beaucoup de difficultés pour l’amélioration du sort des travailleurs agricoles dont la situation est, pour employer un euphémisme, déplorable :

          http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article2023

          et

          http://paysan-bio.blogspot.com/2007/10/monsanto-tue-les-paysans-de-linde.html

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