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Les États-Unis refusent toute personne ayant commis un crime touchant à la turpitude morale

Je vais parler du Canada et du Québec. Pour mieux illustrer mes préoccupations à l’égard de ce qui se passe ailleurs, dans le monde. Au nom de la sécurité nationale de leur territoire, les États-Unis exigent des pays alliés une certaine transgression des droits de la personne. Jusqu’où iront-ils ? Et jusqu’où seront-ils entendus par ces mêmes pays ? Le chef du renseignement américain, Mike McConnell, affirmait dans une lettre adressée à un sénateur, que les écoutes controversées sans mandat de la justice n’étaient qu’un volet d’un programme plus étendu de surveillance, rapportait la semaine dernière le Washington Post.

__________________________

« Le gouvernement américain refuse toute personne ayant commis un crime touchant à la turpitude morale  », affirme Shereef Elshafei, porte-parole du Centre du pardon national. Les personnes condamnées pour conduite avec les facultés affaiblies ne font pas partie de cette catégorie. Et le Canada refuse-t-il toute personne, venant des États-Unis d’Amérique, ayant commis un crime touchant à la turpitude morale ? Cette question vaut également pour tout autre pays, qu’il soit d’Europe ou d’Asie. Qui informe nos voisins sur le dossier personnel des Canadiens si ce n’est le gouvernement du Canada lui-même  ? Et les États-Unis nous informent-ils sur ces personnes qui portent la lourde accusation d’avoir commis un crime touchant à la turpitude morale ?

Faut-il rappeler que dans un rapport présenté le 11 octobre 2002, un agent du SCRS posté à Washington soulignait que les deux organismes américains de sécurité, le FBI et la CIA, avaient tendance, lorsqu’ils souhaitaient interroger des personnes suspectes « de façon musclée », à remettre les personnes suspectées de terrorisme à des pays qui pratiquent la torture (Cyberpresse). Les autorités canadiennes du renseignement se doutaient bien que leurs vis-à-vis américains songeaient à déporter Maher Arar vers un autre pays où il serait torturé. Pire, le Canada a fourni des informations fausses aux États-Unis.

Se rendre aux États-Unis, maintenant, est un pari risqué

Le Consulat américain l’indique clairement sur son site internet : «  En vertu de l’article 212(a)(2) de la loi de l’immigration américaine, les individus qui ont un antécédent criminel peuvent se voir refuser l’entrée aux États-Unis. Si vous avez un casier judiciaire pour une première condamnation reliée uniquement à la conduite en état d’ébriété, il n’est pas nécessaire de vous procurer une dispense (ou waiver) pour entrer aux États-Unis. Cependant, vous devez obtenir une copie du jugement de la Cour, la faire traduire en anglais et la présenter aux officiers lors de votre entrée aux États-Unis. Pour tout autre type d’offense criminelle, vous pourriez vous voir refuser le droit d’entrée aux États-Unis, et ce, quelle que soit la nature du délit ou la date à laquelle il remonte. De plus, la réhabilitation ou le pardon canadien ne sera aucunement considéré. Vous pouvez communiquer avec le US Department of Homeland Security (DHS) afin de vérifier si vous êtes admissible aux États-Unis ou si vous devez obtenir une dispense  ».

Ariane Lacoursière, du quotidien La Presse, s’est intéressée à cette problématique entre le Canada et les États-Unis. Elle a rencontré un homme d’affaires, Pierre Sévigny, qui a eu maille à partir avec l’immigration des États-Unis. M. Sévigny voyage fréquemment entre le Canada et les États-Unis. Il a aussi vécu en Suède pendant quatre ans. En 1981, alors qu’il était étudiant à l’université, il se fait prendre en flagrant délit de vente pyramidale. M. Sévigny obtient un pardon quelques années plus tard.

En mars dernier, les douaniers américains refusent de le laisser passer : «  Pour une raison que j’ignore, ils ont su que j’avais déjà eu un casier judiciaire. Ils ne voulaient vraiment pas que je traverse la frontière  », raconte-t-il. Puisque des clients l’attendaient à New York, M. Sévigny a protesté. «  J’ai dit que je n’avais pas commis de crime violent. J’ai parlé de mes clients. On m’a finalement laissé passer avec un permis spécial, mais on m’a bien fait comprendre que, dorénavant, je serais banni tant que je n’aurais pas de waiver  », dit-il. Sur la question du pardon royal, les douaniers répondent à M. Sévigny que les terroristes, qui ont fait sauter une discothèque en Indonésie, avaient eux aussi obtenu un pardon.

Les Canadiens ont souvent entretenu à l’égard des voisins américains des relations d’amour et de haine. Lorsque le dollar est au pair, nous consentons volontiers à dépenser notre argent aux États-Unis. Lorsque les États-Unis envahissent l’Irak, nous leur tournons le dos.

Le cas de M. Sévigny est troublant. Qui a communiqué aux États-Unis les informations sur M. Sévigny ? Les États-Unis ont atteint un niveau de paranoïa aigu. Très aigu. Au point de vouloir vivre dans une bulle. Si nous croyons être les seuls à vivre ces tracasseries, il faut élargir nos horizons pour constater l’ampleur de la situation. Un président d’entreprise québécoise, spécialisée dans l’exportation et l’importation, formulait cette boutade face à la présente situation : «  Les attentats terroristes du 11 septembre ont servi de prétexte aux Américains pour mettre en place les mesures protectionnistes qu’ils voulaient imposer à leurs partenaires commerciaux depuis plusieurs années  ».

Du côté français, l’Ambassade de France informe ses ressortissants que : « la législation américaine oblige les ressortissants étrangers à se munir d’un visa avant tout séjour de quelque nature aux États-Unis. Cependant les Français, désirant effectuer un séjour touristique et/ou d’affaires d’une durée inférieure à 90 jours, rentrent dans le cadre du programme d’exemption de visa auquel la France participe et en sont par conséquent dispensés  ». Le Visa Waiver Pilot Program (VWPP) permet de solliciter l’admission sur le territoire américain pour un séjour touristique et/ou d’affaires d’une durée inférieure à 90 jours sans avoir à obtenir un visa au préalable. Il ne sera pas possible, une fois sur le territoire américain, de changer le statut de votre visa ou de prolonger votre séjour au-delà de 90 jours.

La paranoïa se poursuit

Le président américain George W. Bush a promulgué en début d’août une loi instaurant nombre de recommandations pour lutter contre le terrorisme, notamment dans les transports. «  Cette loi consolide les progrès considérables que nous avons faits pour renforcer nos défenses et la protection des Américains depuis les attentats du 11 septembre 2001 ». Le texte donne trois ans aux aéroports pour mettre en place un système permettant de vérifier tout le fret embarqué dans les avions transportant des passagers et cinq ans pour arriver au contrôle des cargaisons de navires à destination des États-Unis. Il prévoit notamment de rendre obligatoire de scanner la totalité des conteneurs étrangers avant leur embarquement sur un cargo à destination des États-Unis. Cette mesure inquiète la Commission européenne.

Cette fois-ci, c’est le Congrès qui adopte, dans la controverse, le Foreign Intelligence Surveillance Act. En donnant son approbation pour la mise en place du programme d’écoute électronique sans mandat judiciaire préalable, le Congrès donne au gouvernement américain la possibilité d’intercepter les communications électroniques ou téléphoniques de ressortissants étrangers de passage sur le sol américain. En bref, la loi permet au gouvernement de mettre sur écoute des Américains communiquant avec des personnes à l’étranger, et ce sans aucun contrôle de la part des tribunaux ou du Congrès. Les congressistes accordent, pour six mois, au Service national des écoutes, la National Security Agency, le droit d’intercepter toutes les communications passant par un réseau américain, d’où qu’elles viennent et où qu’elles aillent, à une condition : qu’un des participants soit un étranger soupçonné de connexions terroristes.

Les associations de défense des droits de l’homme pensent pour leur part que ce système va trop loin alors que l’American Civil Liberties Union a accusé la Chambre des représentants de céder aux pressions du gouvernement Bush : «  Nous sommes profondément déçus que les tactiques d’intimidation du président contraignent une fois de plus le Congrès à la soumission  ».

Les démocrates de gauche sont en colère, comme en témoigne le New York Times. De nombreux parlementaires démocrates ont montré leur irritation car ils estiment que cette loi donne les coudées franches au controversé ministre de la Justice Alberto Gonzales, dont certains demandent la démission, voire la destitution. Plusieurs blogueurs de gauche, dont Kos qui exprime « ici  » et « ici  » sa colère en publiant la liste de tous les parlementaires qui ont voté en faveur de la loi, dénoncent le Parti démocrate (Cyberpresse).

Peu après les attentats du 11 septembre, les États-Unis ont mis en œuvre de nouvelles dispositions en matière de sécurité de l’aviation et du transport, et des conditions d’entrée sur le territoire américain. Dans ce cadre, les compagnies aériennes ont l’obligation de communiquer aux services des douanes et de sécurité américains les données dites « Passenger Name Record  » (PNR) de leurs passagers à destination des États-Unis le non respect de ces obligations est sanctionné par des contrôles renforcés, d’amendes et du refus du droit d’atterrir.

Depuis le 1er Août 2007, un nouvel accord a été mis en place et devrait comprendre l’accord proprement dit et une lettre du ministère américain de l’intérieur (DHS) qui précisera certains points. Une fois ratifié par les Parlements nationaux, cet accord transatlantique entrera en vigueur pour une durée de sept ans. D’après les autorités européennes de protection des données, le Parlement européen et le Contrôleur européen, cet accord est loin d’offrir un niveau de protection adéquat aux données PNR transmises. D’aucuns regrettent l’insuffisance de dispositions claires et proportionnées relatives au partage d’informations, de conservation, d’envois supplémentaires de données, de contrôle par les autorités de protection des données, et s’inquiètent de ce que la mise en œuvre de nombreuses dispositions soient soumises à la discrétion des États-Unis.

Quelques exemples « abusifs » des prérogatives dont se dotent volontiers les États-Unis : «  La décision éventuelle de transférer des données PNR européennes vers d’autres pays tiers sera prise de manière unilatérale par les États-Unis, sans consultation préalable des autorités européennes  ». Rien de moins. Et cet autre exemple : «  L’évaluation de l’application de l’accord (review) perd son caractère annuel obligatoire. Seul le commissaire européen de la Direction générale Justice-Liberté-Sécurité sera en charge de cette inspection, sans que les autorités nationales de protection des données y soient clairement associées  ». Et ce dernier exemple : «  Les autorités américaines auront la faculté de décider de manière unilatérale s’il sera répondu favorablement aux demandes des passagers européens d’accès et de rectification aux données les concernant détenues par les autorités américaines  ».

En terminant, un jour, quelqu’un, quelque part, pourra décrire le contenu de votre PC, en ligne. Pour l’instant, nous en sommes aux données statistiques, bientôt, nous en serons aux données personnalisées publiées sur internet : «  Le cabinet d’études statistiques comScore a récemment fait part d’un communiqué, relayé par GNT, montrant qu’un PC américain contient en moyenne 880 MP3, 197 fichiers Word, 100 documents PDF, 77 fichiers Excel et 36 fichiers Windows Media. L’étude fait également état de la capacité de stockage moyenne des disques durs dans les ordinateurs. Selon comScore, le nombre de machines équipées avec un DD de 70 Go ou plus est passé de 33 % en janvier, à 39 % en avril. Logiquement, les PC avec un DD de moins de 50 Go sont passés de 59 à 53 % sur la même période. De plus, l’étude montre que les gros consommateurs de MP3 surfent sur des sites spécifiques, à l’inverse des internautes lambda, et ils sont 39,4 % à visiter des sites de jeu en ligne. Les grands possesseurs de fichiers Word, quant à eux, sont plus habilités à se rendre sur les sites financiers, professionnels et de tourisme  ».

Je vais fermer mon ordinateur pour quelques jours, je crois.


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62 réactions à cet article    


  • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 13 août 2007 13:26

    Ridicule, on fait « chier » le touriste, mais pendant ce temps, il y a des milliers de « clandestins » qui passent la frontière sans problème.

    N’importe quel terroriste, connu, qui voudrait commettre un attentat au EAU, ne passera jamais par la voie dite légale pour rentré.


    • docdory docdory 13 août 2007 13:38

      @ Pierre R

      C’est quoi , un crime touchant la turpitude morale ? Une guerre décidée unilatéralement au mépris du droit international , telle que la guerre d’Irak , et ayant déjà fait des centaines de milliers de victimes civiles ne ferait pas partie des turpitudes morales , selon les autorités américaines ????


      • aurelien 13 août 2007 14:00

        Oui, nous devons faire face à un régime aveugle de connivence entre grandes puissances économiques.

        L’introduction de principes « moraux » dénote la dérive dans laquelle s’engouffre toujours un peu plus ce pays et la population américaine, bien malgré elle.

        PS : Je serais intéressé de savoir s’il existe une définition légale du terme « turpitude morale ». Par exemple, un Président qui ment publiquement, pour se faire élire, est-ce aussi considéré comme une turpitude morale ? cf cet article


      • LE CHAT LE CHAT 13 août 2007 13:53

        bigbrother watching you ! avec tout ce que qu’ils ont sur mon compte depuis que j’écris sur agoravox , ma place doit déjà être réservée à guantanamo ( sur lequel il y a un excellent reportage cette semaine dans courrier international ) smiley


        • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 13 août 2007 14:14

          @ Tous et toutes

          Inutile de vous préciser que vous avez devant vous un homme en colère contre son pays, le Canada, qui accepte sans coup férir ces nouvelles règles du jeu. Le Premier ministre canadien Stephen Harper doit recevoir les 20 et 21 août, au château de Montebello (est), dans un grand déploiement de mesures de sécurité, les présidents américain George Bush et mexicain Felipe Calderon, dans le cadre du Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité (PSP).Les représentants de la Gendarmerie royale du Canada, de la Sûreté du Québec et du comité organisateur du sommet ont expliqué à tour de rôle leur mission durant la tenue de cet événement international qui réunira également quelque 200 hauts fonctionnaires. Le conseil des Canadiens et d’autres organisations ont voulu avoir une audience à Montebello mais la GRC et l’armée américaine ont dit « non » !

          Un économiste du Québec, ancien ministre d’un gouvernement libéral, explique que ce qui est sur la table pourrait conduire le Canada, le Mexique et les États-Unis, trois pays très différents en matière de populations, de cultures et d’orientations, à intégrer de facto leurs forces armées et à fusionner leurs politiques étrangères, de manière à former une sorte de Forteresse Nord-Américaine, laquelle opérerait nécessairement sous le protectorat des États-Unis. Par nécessité, en effet, ce serait les États-Unis et son gouvernement qui auraient le gros bout du bâton dans une telle alliance, alors que les deux autres partenaires seraient relégués au statut de quasi-colonies politiques et économiques.

          Pour monsieur Tremblay, les Canadiens n’accepteront jamais que le Canada devienne une colonie des États-Unis et le gouvernement minoritaire actuel de Stephen Harper en subira les conséquences s’il persiste dans cette direction. Les Canadiens ne souhaitent nullement voir leurs forces armées et leur politique étrangère être de facto fondues dans celles de l’Amérique impériale. D’autre part, ils ne souhaitent aucunement voir leurs ressources naturelles placées sous contrôle américain et être exploitées en presque totalité par des entreprises américaines qui ont peu ou pas de considération pour la souveraineté du Canada et pour le bien-être des Canadiens.

          Pierre R.

          Un homme en colère


          • Thomas Thomas 13 août 2007 14:26

            Comme je vous comprends ! Nous Français avons aussi un président (majoritaire celui-là) qui semble un peu trop « cosy » avec Bush à notre goût, qui semble également pris par une frénésie de contrôle (ancien ministre de l’intérieur oblige), ...

            Le Canada serait sans doute plus inspiré de renforcer ses liens avec l’Union Européenne, dont les valeurs sont plus proches. Même le Royaume-Uni semble vouloir prendre ses distances avec les US depuis l’arrivée de Gordon Brown.


          • Antoine Diederick 13 août 2007 14:34

            Pierre, vous avez raison de vous mettre en colère...

            C’est tout bonnement inacceptable.

            Concernant les libertés individuelles et les techniques informatiques, en Belgique, certains groupement démocratiques tirent la sonette d’alarme. La défense de la vie privée est menaçées et les lois regissant cette protection déjà dépassées pour les avançées techniques mais les responsables politiques ne bougent pas.

            Il faut dire qu’ils ne sont mme pas foutus de faire un gouvernement depuis 68 jours....


          • Thomas Thomas 13 août 2007 14:40

            En fait, « Charity begins at home ». Si nous parvenons à empêcher nos propres gouvernements de collecter des données superflues sur le compte de ses citoyens, ils n’auront rien à remettre aux US. Juste « désolé, nous ne collectons pas ces informations, pas moyen de vous les fournir ».

            Je ne suis pas naïf, le contexte terroriste oblige même les états les plus ouverts et tolérants à assurer leurs arrières. La surveillance de quelques résidents est indispensable, mais celle de tout un peuple superflue et excessive.


          • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 13 août 2007 14:58

            Thomas

            Un exemple : quelle que soit la compagnie aérienne dans le monde, si elle ne transmet aux États-Unis la liste de ses passagers, leurs identifications complètes (jusqu’au mode de paiement du billet d’avion), elle ne peut atterrir sur quelque aéroport que ce soit. Imaginez les banques de données exponentielles des États-Unis sur les individus dans le monde. Dès l’instant où vous vous rendez aux États-Unis, vous faites l’objet obligatoirement d’une fiche. Point barre.

            Pierre R.


          • Thomas Thomas 13 août 2007 15:19

            @ Pierre R

            Je n’ignore pas ces contraintes imposées par les US et ça contribue à ma volonté de ne pas m’y rendre ni y faire escale.

            Maintenant, que se passerait-il si nos gouvernements européens avaient le courage d’interdire à tout avion US de se poser sur le sol Européen tant que dure cette loi ? Sans doute une mesure immédiate de réciprocité. Et alors ? Nous ferions tous escale dans les Antilles pour y changer de compagnie aérienne et protéger chacun notre intimité.


          • Perkelix Perkelix 13 août 2007 15:31

            Pierre, l’obligation de transmettre des informations personnelles détaillées ne touche pas que les vols à destination des États-Unis, mais bien de tout le territoire Nord-Américain. Par exemple, en février dernier, le site de Air France m’indiquait clairement que ma réservation Paris-Montréal touchant l’espace aérien Nord-Américain, j’aurais 2 pages de données personnelles additionelles à fournir avant de pouvoir valider ma réservation.


          • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 13 août 2007 16:02

            @ Perkelix

            Merci de cette précision très importante. Elle ajoute bien évidemment à ma colère, tempérée, il va sans dire. smiley

            Pierre R.


          • jamesdu75 jamesdu75 14 août 2007 03:27

            « ..de manière à former une sorte de Forteresse Nord-Américaine »

            Navré de vous contredire mais c’est ce qui va arrivez dans les 100 à 200 ans à venir qu’on le veuille ou non.

            Quelqu’un a dit plus haute « big brother vous surveille », mais c’est prendre uniquement la partie caché de l’iceberg qu’est 1984. La théorie des plaques du livre de Goldstein, est un bon exemple.

            Pour ceux qui n’ont pas lut ce livre, Goldstein explique qu’aprés la 2e guerre mondiale il existe 3 groupes de pays se faisant une guerre mutuelle. Si ces pays n’était pas diviser en 3 groupes mais avec des frontiéres comme maintenant, la guerre aurait était certainement terminé, car l’un ou l’autre camp aurait était « fatigué » et contraint d’abbandonné.

            Ca c’est le livre. Dans la réalité, si les USA parviennent a créer un plaques Nord americaine avec une annexion (une colonie ?) de l’Angleterre. Leur puissance ne sera qu’accrue, face à des géants que peuvent être l’Asie + Russie.

            Tout les elements sont déjà present pour l’aboutissement de cette plaque.

            - Presence imposante de la langue et culture Américaine.
            - Guerre commune contre un terrorisme inexistant pour le Mexique par exemple.
            - Crédibilité au yeux du monde Sud américain grace au Mexique, et Européen grace à l’Angleterre et la porvince du Quebec (coté francophone oblige)
            - Vaste réseau economique profitant à toute cette plaque (Ex : le maïs pour le Mexique ou l’energie pour le Canada)

            Quel est le raisonnement logique de toutes ces bases de données ? Et à quoi serviront-elles à l’avenir ?

            Contrôler pour créer. En restant sur l’idée 1984 :

            Celui qui contrôle le passé, contrôle le present. Celui qui contrôle le prensent, contrôle le futur.

            Si les USA contrôle la maniére de penser, de vivre, diriger ect... les autres pays. Il sera plus simple de créer cette immense forteresse.

            Et l’homme dans tou ça ? Bien lourde question qu’il est préférable d’eviter pour ne pas choquer.

            La vraie question pour moi est : A quoi ca sert ? Même si c’est pour un aboutissant sur 500 ans. Quel est l’interêt de ces actions.


          • docdory docdory 13 août 2007 14:18

            @ Pierre R

            Le plus tordant , c’est que cette surveillance ne servira à rien . Si on surveille tout , on ne surveille plus rien . Il y avait eu il y a très longtemps une étude anglaise , je crois , dont le but était de savoir quel était le nombre optimum d’examens systématiques dans le bilan d’entrée d’un malade à l’hôpital . Il s’est avéré qu’il n’en fallait pas trop , car au delà d’un certain nombre , ils n’étaient plus lus que distraitement et que les rares résultats significatifs passaient inaperçus ! Le même genre de phénomène a toutes les chances de se produire pour les entrants aux USA !


            • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 13 août 2007 15:02

              @ Docdory

              Comment soigner la paranoïa ? Les Américains s’enferment de plus en plus dans une immense bulle. Ils n’osent plus voyager, ne pourront plus faire d’appels à l’étranger (attention aux appels dans les pays arabophones), seront surveillés à partir de leur portable, leur ordinateur, le sans-fil, et quoi encore. Triste. Vraiment triste. Nous ne voulons pas vivre de cette manière ici au Canada, et surtout au Québec. C’est se consumer à petits feux que de vivre aussi à l’étroit dans notre peur constante et quotidienne.

              Pierre R.


            • cniko 13 août 2007 15:09

              La politique de la peur pratiquée par Fox News aide bien à faire passer le sécuritaire poru de la sécurité. Mais au final va falloir déboulonner la statue de la liberté et la mettre dans un autre pays. Mais lequel ?


            • claude claude 13 août 2007 16:23

              cher cousin de l’autre côté de la mare,

              merci pour cet article qui montre une fois de plus que l’administration de g. bush est complètement déjantée et paranoïaque.

              courage ! il vous reste 1 an à tenir !!!

              comment se définit la politique étrangère du canada ? il y a-t-il chez vous une opposition suffisamment puissante pour faire barrage à cette nouvelle tentative de colonisation us ???

              le canada faisant partie du commonwealth, n’y a-t-il des partisans pour initier une politique de rapprochement avec l’europe afin de compenser l’impérialisme américain ?

              bonne journée !


            • Antoine Diederick 13 août 2007 14:18

              Bonjour Pierre,

              Après le 11 septembre, il y avait un site web qui proposait aux américains us d’immigrer au Canada. Ce site a été pris d’assaut par des internautes us tant leur esprit était troublé.

              Que pensent les professionnels us du tourisme du terrible manque à gagner que leur fait subir cette parano ?

              En fait, les EU seraient-ils devenus le pays vers lequel il n’est pas bon d’aller ?


              • marmitte bouillante 13 août 2007 17:20

                A Paris sur les murs du métro, on voit des grandes publicités pour la fameuse « carte verte » (green card).

                C’est la première fois que je vois cette pub en dehors d’Internet. J’en conclus qu’ils augmentent leur budget pour recruter des travailleurs.

                Signe de temps difficiles ?


              • Thomas Thomas 13 août 2007 14:20

                Tant que l’Europe et les autres pays du monde joueront le jeu des US, la situation des libertés individuelles s’aggravera partout.

                Maintenant, si tous les pays du monde s’entendaient pour refuser l’accès ou la traversée de leur territoire à tout citoyen, marchandise, véhicule ou communication US, qui s’en porterait plus mal ? Les US pourraient vivre dans l’isolement total qu’ils semblent appeler de leurs vœux et le reste du monde aurait juste à apprendre à vivre sans iPod, Google, Microsoft, Wall Street, Coca-Cola, ... Gageons que nous nous adapterions facilement et rapidement !

                Personnellement, je n’y ai pas remis les pieds depuis 09/2004, date à laquelle ils ont commencé d’exiger empreintes et photos des citoyens européens entrant sur leur sol. Je ne prévois pas d’y retourner avant longtemps et je ne m’en porte pas plus mal.


                • Antoine Diederick 13 août 2007 14:29

                  y mettre les pieds....or de question pour moi aussi, ils sont devenus complètement givrés.

                  Le problème c’est que nous européens nous leur empruntons de plus en plus de leurs comportements irrationnels et paranos.


                • docdory docdory 13 août 2007 14:58

                  @ Thomas

                  je m’y adapterais d’autant plus facilement que je ne bois pas de coca , j’ignore ce qu’est un i pod , je n’ai pas d’actions et n’ai aucune intention d’en avoir dans l’avenir , mon ordinateur ne comporte à ma connaissance aucun logiciel ni système d’exploitation microsoft ( c’est un mac ) , et que je n’ai jamais foutu les pieds aux USA , et n’en ai aucune intention ! Le seul problème , c’est google , mais si on me trouve une solution de remplacement , pas de problème !


                • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 13 août 2007 15:19

                  S’agissant du tourisme, sur France24, on retrouve cette information : la faiblesse du dollar est une aubaine pour le tourisme aux États-Unis, mais cela ne suffit pas à faire revenir la fréquentation aux niveaux d’avant 2001, selon les professionnels du secteur qui appellent à un plan d’aide publique de 200 millions de dollars. Le gros problème du secteur est la mauvaise image dont souffrent les États-Unis, qui a entraîné une nette baisse de la fréquentation depuis plusieurs années : selon les derniers chiffres disponibles pour 2005, les États-Unis accueillent 17% de visiteurs en moins qu’avant 2001. Le nombre de Britanniques visitant les États-Unis a baissé de 1% à 4,5 millions au cours des 12 mois finissant en mai, selon l’office britannique du tourisme. Les professionnels du tourisme font campagne pour obtenir du gouvernement qu’il intensifie ses efforts de promotion afin de restaurer l’image de marque des États-Unis à l’étranger. Jay Rasulo, le président des parcs Walt Disney, plaide pour une amélioration du système d’entrée aux États-Unis, qu’il juge « inefficace », et qui « traite les gens comme des criminels à la frontière ». « Tout cela fait que les gens ne se sentent pas bienvenus », ajoute-t-il. Selon Discover America Partnership, cela a abouti à un manque à gagner de 93 milliards de dollars et à la perte de 194.000 emplois entre 2000 et 2005.

                  Pierre R.


                • cniko 13 août 2007 15:45

                  C’est vrai que de passer la frontière (avant les attentats pour mon expérience) est plutôt inquiétant. Déluge de questions, posées avec autoritarisme par un douanier qui bien que désabusé profite de sa petite autorité. L’acceuil est loin d’être le point fort !


                • marmitte bouillante 13 août 2007 17:29

                  Tu m’étonnes papy, ton commentaire France24 fait mouche. J’ai jamais été aux US, et ça me tenterait...

                  Mais d’une part, leur paranoïa est contagieuse, et d’autre part, mettre sur mon passeport mes empreintes digitales et ma photo de profil, comme un criminel, me faire dire :

                  « Non merci, une autre fois. »  smiley


                • docdory docdory 13 août 2007 18:50

                  @ Loindelà

                  Oui , alors évidemment , dans ce cas , même américain , le mac est irremplaçable . Depuis que j’ai mon i book G4 , je sais très bien que plus jamais je n’achèterais un PC ! Qui voudrait boire du vin en bouteille plastique après avoir goûté un Château Lynch-Bages !


                • LE CHAT LE CHAT 13 août 2007 14:39

                  allez savoir , Pipole 1er a sûrement bouffé une puce electronique dans les hot dogs bushiens ! le Pentagone le suit désormais à la trace , il fallait au moins ça pour pister l’homme qui veut être partout ! smiley


                  • maxim maxim 13 août 2007 14:43

                    j’ai entendu dire que les pays ennemis des USA avaient fait des recherches pour envahir le pays de Bush ....

                    on deshydrate des millions de combattants ,une fois l’opération effectuée ,ils ressemblent à de la purée en sachet lyophilisée ,il suffit de les tremper dans la flotte une fois arrivés à bon port ,et on a introduit des troupes terroristes au sein même de la patrie de Buffalo Bill .......

                    si vous êtes membres de la CIA ou du FBI ,surveillez bien les importations massives de purée Vico ......

                    ménagères Américaines ,dans vos cuisines sans le savoir ,des bataillons d’islamistes ,ou de criminels redoutables restent à l’affût dans vos placards .......


                    • claude claude 13 août 2007 16:25

                      excellent maxim !!! smiley smiley smiley


                    • LE CHAT LE CHAT 13 août 2007 16:32

                      @maxiM

                      dans les placards , on trouvent les mites railleuses qui rient à la barbe de la CIA smiley


                    • maxim maxim 13 août 2007 17:33

                      merci Claude ,salut mon pote le Chat !!!

                      une seule parade pour neutraliser les bataillons islamistes Vico : la purée avec côtelette de porc !!!!


                    • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 13 août 2007 15:22

                      Monsieur West

                      Vous conviendrez avec moi que les États-Unis ont créé leur propre turpitude depuis quelques années et qu’ils récoltent ce qu’ils ont semé. Voir l’information, notamment, sur le tourisme aux États-Unis postés plus haut. Merci.

                      Pierre R.


                    • cniko 13 août 2007 15:04

                      Avant 2001 déjà les US ne me semblaient pas tout à fait le pays de la liberté. Ayant un peu vécu à New York, l’impression qui m’est restée est celle d’une société où la liberté trouve vite ses limites. A chaque coin de rue un petit panneau vous rappelle que vous ne devez pas faire ceci ou cela, que ça coûte tant etc etc... Des mais se sont fait stopper par un Sherif au milieu du désert et tac amende pour excés de vitesse sans preuve et sans reçu. Pour ma part je suis passé en jugment car bien qu’ayant une « weekly travel card » valide et en règle, je suis passé par la porte (ouverte) à côté des barrières.

                      Après si on s’en tient aux médias US, on a également un doute sur la liberté qui existe dans ce pays. La liberté certes, mais sous conditions...


                      • tal 13 août 2007 15:37

                        Je partage entierement le point de vue Thomas ,Docdory, Aurelien, Wilkinson, Le Chat et les autres... La question est de savoir aussi dans quelle mesure les Canadiens à l’exception -peut-être ?- des Québécois, ne sont pas consciemment ou non en parfaite symbiose avec leur puissant voisin qui à bien des égards considère le Canada comme le plus grand Etat de l’Union...

                        Je connais un peu le Canada et m’y rend assez souvent.L’Idée d’intégrer dans ce genre de magouille, le Mexique, relève de la chimère. Dans l’esprit -et le coeur-de l’Américain moyen, ou plus exactement du Yankee lamda, la frontière sud et la frontière nord n’ont pas pour des raisons que l’on devine aisément, le même sens ni le même attrait... Maintenant en politique tout est possible.

                        WHY NOT ? smiley


                        • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 13 août 2007 15:45

                          @ tal

                          L’Ouest canadien est réputé effectivement pour un certain attachement aux valeurs conservatrices, proches de celles des Américains. L’Alberta a été comparée très souvent au Texas. Toutefois, lorsqu’il s’agit de leur territoire, les Canadiens peuvent démontrer une certaine férocité et un nationalisme surprenant. Il existe encore des royalistes dans l’Ouest, plus proches de l’empire britannique et de la Couronne que du Far-West américain.

                          Pierre R.


                          • claude claude 13 août 2007 16:27

                            dites donc, cher cousin,

                            vous êtes plutôt du genre matinal ! smiley

                            est-ce pour résister à la canicule qui sévit par chez vous ???

                            bonne journée


                          • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 13 août 2007 16:34

                            @ Claude

                            Je suis d’une nature qui dort peu et qui veille beaucoup. Parfois, quand on me dit tout le bien que procure le sommeil, je rêve... debout ! Merci.

                            Pierre R.


                          • tal 13 août 2007 17:53

                            @ Pierre.R

                            Je vous l’acorde volontiers , et je tiens a préciser que mon sentiment sur ma remarque précédente, repose avant tout sur des impréssions subjectives nées de mes déplacement professionnels et privés. Rien de plus.C’est la raison pour laquelle j’ai pris la précaution de dire à propos des Canadiens « ... consciemment ou non en parfaite symbiose avec leur puissant voisin » .Ceci étant je suis quant à moi de ceux qui pensent que -non seulement le Quebec-,mais le Canada dans son ensemble a tout intérêt a rester ce qu’il est, et non pas a chercher a ressembler ni aux States, ni a l’Europe...Son charme et son originalité, est dans sa différence pour l’instant encore bien sensible, comparé à ces deux pôles culturels et économiques de l’Occident.


                            • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 13 août 2007 19:48

                              @ Tal

                              J’avais bien lu votre message dans le sens que vous proposez. Je vous en remercie.

                              Pierre R.


                            • papy papy 13 août 2007 18:06

                              Je reviens du Canada à la frontière étazunienne du Nouveau Brunswick. J’ai essayé de passer aux EU avec mon gendre qui allait faire le plein mais je suis rentré à pied et j’ai été accueilli par le grand sourire de la douanière canadienne qui m’a demandé pourquoi j’avais traversé la rivière (frontière) et m’a dit avec son charmant accent « bienvenue chez nous » sans même me demander mes papiers. Merci cousins !

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