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Les exactions de l’armée russe en Ingouchie font craindre une « Tchétchénie bis »

La tension monte en Ingouchie, république voisine de la Tchétchénie de tradition pourtant pacifique et fédéraliste. Et si la guerre qui se prépare n’avait pas d’autre but que le maintien de Poutine au pouvoir ?

Officiellement, le guerre menée par le président russe Vladimir Poutine en Tchétchénie est terminée depuis juillet 2006 et la mort du dernier grand leader indépendantiste tchétchène Chamil Bassaïev. Officiellement seulement car, en réalité, la guerilla est encore active, quoique largement affaiblie. Le 22 septembre, une dépêche AFP signalait l’attaque par des hommes armés d’un convoi militaire près de la frontière avec l’Ingouchie, attaque ayant causé la mort de deux soldats. Toujours selon le communiqué de l’agence, les assauts contre les forces fédérales russes ou les responsables tchétchènes pro-russes restent fréquentes dans la province russe. Le 21 septembre, un policier était tué et deux de ses collègues blessés suite à l’attaque de leur voiture dans le sud-est de la Tchétchénie. Le 8 septembre, c’est un chef de guerre séparatiste, Moussa Moutiev, qui était mis définitivement hors d’état de nuire par les forces tchétchènes pro-russes...
Malgré cette agitation, la campagne de Poutine en Tchétchénie apparaît, du moins aux yeux de l’opinion publique russe, comme une victoire, même si elle fut lente, laborieuse et très coûteuse en vies humaines (plus de 20 000 soldats russes et plusieurs dizaines de milliers de civils selon les organisations humanitaires). De 1999 à 2006, le conflit aura permis à Poutine de se donner l’image d’un homme fort et de maintenir le peuple russe dans la peur du terrorisme, peur qui n’était pas toujours dénuée de fondement comme on a pu le voir lors des prises d’otages de Moscou en octobre 2002 ou de Beslan en septembre 2004. A l’heure actuelle, on peut raisonnablement penser que la résistance tchétchène, décimée par l’armée russe, n’aurait plus les moyens logistiques de commettre de tels attentats.
Mais à peine le calme revenu à Grozny, c’est une autre république de la fédération de Russie, frontalière de la Tchétchénie, qui semble sur le point de s’embraser. Depuis quelques semaines, la tension monte en Ingouchie, qui n’a pourtant pas comme sa turbulente voisine une longue tradition d’indépendantisme et d’hostilité envers le Russie. Mais ces derniers temps, le nombre d’enlèvements arbitraires de jeunes Ingouches par des mysterieux hommes en treillis, masqués et armés se sont multipliés. La plupart des jeunes hommes enlevés ne réaparaissent jamais, sauf en de rares exception comme ce mecredi 19 septembre, où quelques centaines de mères en colère ont obtenu en manifestant la libération de deux cousins enlevés. Qui opère ces enlèvements ? Difficile de le savoir, puisque les témoignages sont rares et qu’aucune information ni accusation ne filtre. Mais la rumeur enfle. Pour la population, comme pour les ONG Memorial et Machr (La paix) présentes sur place, les coupables ne sont autres que les soldats du FSB, l’organe russe qui a remplacé le célèbre KGB et dont le président Poutine est lui même issu. Le ministère russe de l’Intérieur ne dément d’ailleurs pas que des opérations militaires sont en cours en Ingouchie, officiellement pour « protéger la population des attaques de bandits armés » qui pourraient venir de Tchétchénie.
Prise d’une haine nouvelle et farouche, la population se révolte peu à peu contre l’oppression russe qu’elle ressent de plus en plus durement. Les images de manifestations violentes contre les forces armées officielles renforcent elles la méfiance des Russes envers les Ingouches, souvent traités dans les médias russes de terroristes musulmans en puissance. L’assassinat sauvage, le 16 juillet dernier, d’une famille russe, a encore renforcé ce sentiment. Les rebelles Ingouches avaient été présentés comme les auteurs présumés de cet acte barbare. Selon Le Figaro.fr, les vrais coupables étaient en fait deux soldats russes à la triste réputation stationnés en Ingouchie, et qui auraient été discètement arrétés. Le policier qui aurait transmis cette information a lui-même été liquidé le 11 août.
Tout semble se mettre en place pour déboucher sur un conflit d’importance entre la Russie et l’Ingouchie. De fait, le point de non retour semble être atteint et la presse internationale évoque de plus en plus la possibilité d’une « Tchétchénie bis ». Le déclenchement d’une guerre et le retour de la menace terroriste permettrait à Poutine, qui manoeuvre en ce moment pour s’assurer de garder le plus de pouvoir possible après les élections présidentielles de mars 2008, de déclencher l’Etat d’urgence, et ainsi d’annuler la tenu du scrutin. C’est en tout cas un des scénarios que craint Mikhaïl Kassianov, ancien Premier ministre passé dans l’opposition, parmi ceux qui permettraient à Poutine de se maintenir à son poste.
Martin MAGDELAINE


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1 réactions à cet article    


  • debonsens 1er octobre 2007 18:38

    a l’auteur—pour une personne qui reve de devenir journaliste chapeau : vous ne savez rien mais vous savez que ce sont les services de renseignements russe qui procedent a ces enlevements et a ces exactions.coluche se serait delecte de votre article

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