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Accueil du site > Actualités > International > Les fausses explications de la crise alimentaire

Les fausses explications de la crise alimentaire

Récemment, des manifestations populaires ont pris forme dans de nombreux pays du Sud. Les raisons de ce mécontentement sont partout semblables ; les prix de la nourriture de base ont augmenté de manière aussi brutale qu’importante et les populations, déjà paupérisées par la mondialisation, se retrouvent dans l’incapacité d’assumer cette charge supplémentaire. Les peuples ont faim ! Les causes de cette flambée sont multiples, mais elles sont globalement issues des jeux économiques. D’une part, une spéculation de replis sur les denrées alimentaires suite à la crise des subprimes, d’autre part la production d’agrocarburants et le réchauffement climatique. Pourtant, certains journalistes pointent dans leurs articles les autorités locales africaines comme responsables des choix catastrophiques en matière de politiques alimentaires, semblant ignorer que les politiques agricoles des pays du Sud sont soumises aux conditionnalités de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international (FMI) ou encore aux Accords de partenariat économique (APE). 

Ceux qui façonnent l’opinion publique font ici preuve d’une légèreté étonnamment orientée. C’est ainsi que l’on peut lire dans la presse écrite belge : « de nombreux pays du continent [africain] importent des aliments au lieu de les produire, parce que les autorités locales donnent la priorité aux cultures d’exportation afin d’en retirer les devises pour acheter ce qu’ils ne produisent pas |1| ». Raccourci étonnant. Aussi étonnant que simplificateur et qui dédouane à peu de frais les politiques néolibérales de privatisation, de plans d’ajustement structurel, imposés depuis bientôt trente ans par les institutions financières internationales (IFI) et les gouvernements du Nord au reste de la planète.

Les PAS (Plans d’ajustement structurel) ont été imposés par les institutions de Bretton Woods aux pays du Sud dans le contexte de la crise de la dette du début des années 1980 |2|. Ces mécanismes, tout droit issus de l’idéologie néolibérale, englobent l’ensemble des secteurs des sociétés visées. En effet, pour les théoriciens du néolibéralisme, la mondialisation déploiera l’ensemble de ses bienfaits quand chaque région produira ce en quoi elle excelle et laissera donc le soin aux autres régions de produire la majorité de ce dont elle a besoin. C’est en substance la théorie des avantages comparatifs datant de 1817. Plus simplement, un pays reconnu comme étant particulièrement adapté à la culture du cacao doit renoncer à produire les céréales, les huiles végétales, les légumineuses nécessaires à l’alimentation de base de ses habitants et doit échanger sur le marché mondial sa production contre tout ce qui lui manque. Il s’agit donc de se couper des cultures vivrières séculaires et essentielles à la souveraineté alimentaire des peuples pour se plier aux jeux des économistes. Jeux dangereux qui ont montré leurs limites très rapidement et dont on peut contempler toute la déraison à travers les échecs observés dans de nombreux pays (Haïti, le Sénégal, le Burkina Faso, etc.). Dangereux car ignorant la destruction de la biodiversité au profit des monocultures d’exportations, ignorant aussi les impacts écologiques désastreux des transports nécessaires pour toutes ces marchandises. De plus, comment imaginer, sans une politique volontariste de contrôle des prix, qu’un pays qui exporte l’arachide dont les cours restent bas pendant vingt ans sur le marché mondial pourra importer les tracteurs et le pétrole nécessaires à son maintien sur ce marché ? Quand on connaît la tendance des cours du Brent à s’envoler toujours plus vers de nouveaux sommets et des prix des biens manufacturés à rester démesurément supérieurs aux cours de cette pauvre cacahuète, on imagine la catastrophe. C’est immanquablement la ruine et la famine pour la paysannerie locale et l’inévitable migration vers les bidonvilles pour une large partie de cette population.

Quelle est donc cette théorie issue des milieux intellectuels réputés sérieux qui fait fi de la biodiversité, de la souveraineté alimentaire des peuples, des risques de destruction par différents fléaux naturels ou humains accrus par le choix de la monoculture, de l’essence chaotique du marché |3|, de la pollution généralisée ?

Une stratégie délibérée de transformation sociale à l’échelle mondiale

Dans son premier rapport de 1999 consacré aux PAS, M. Fantu Cheru |4| explique que l’ajustement structurel va « au-delà de la simple imposition d’un ensemble de mesures macroéconomiques au niveau interne. Il est l’expression d’un projet politique, d’une stratégie délibérée de transformation sociale à l’échelle mondiale, dont l’objectif principal est de faire de la planète un champ d’action où les sociétés transnationales pourront opérer en toute sécurité. Bref, les PAS jouent un rôle de "courroies de transmission" pour faciliter le processus de mondialisation qui passe par la libéralisation, la déréglementation et la réduction du rôle de l’Etat dans le développement national. » Réduction du rôle de l’Etat. Et cela vient d’un rapporteur spécial des Nations unies. M. Cheru n’est d’ailleurs pas le seul rapporteur des Nations unies à avoir évoqué dans ses travaux les conséquences néfastes des PAS. Des critiques détaillées issues des travaux d’autres experts onusiens font feu de tout bois dans les domaines du droit au logement, du droit à l’alimentation ou encore à celui de l’éducation |5|. Là où les IFI imposent la privatisation et ouvrent une voie royale à l’appétit gargantuesque des multinationales. C’est donc à cause d’une dette trop souvent issue de dictatures ou d’emprunts réalisés par les puissances coloniales (l’un n’empêchant pas l’autre) et transférés aux Etats nouvellement indépendants, que les gouvernements des pays du Sud (d’Afrique en particulier) |6| ont été contraints d’accepter les PAS et ainsi concéder une part importante de leur souveraineté. Si bien qu’avancer aujourd’hui que les choix stratégiques pour l’alimentation seraient encore dans les mains des gouvernements du Sud relève de l’escroquerie intellectuelle à moins d’un manque d’information indigne du journalisme que l’on est en droit d’attendre en démocratie. Entendons par là que fustiger à tort les Africains est une contrevérité lourde de sens et qui n’aide en rien à créer un climat fraternel entre les peuples.

Un exemple pour mieux comprendre les impacts négatifs des PAS : Haïti

Les émeutes qui se sont déclenchées la semaine dernière à Port-au-Prince, mais aussi dans d’autres villes haïtiennes, ont été réprimées dans le sang. Une quarantaine de blessés au total dont quatorze par balles et au moins cinq morts. Pourtant, ces manifestations n’étaient que le résultat prévisible d’une flambée subite du prix du riz (de l’ordre de 200 %). Quand on sait qu’aujourd’hui 82 % de la population vit dans une précarité absolue avec moins de 2 $ par jour, on comprend facilement de telles réactions face à cette augmentation. Haïti utilise 80 % de ces recettes d’exportations uniquement pour couvrir les importations nécessaires à ses besoins alimentaires |7|. Cependant, il n’en a pas toujours été comme cela. Avant la chape de plomb dictatoriale des Duvalier père et fils (de 1957 à 1986), l’île connaissait l’autosuffisance alimentaire. Mais la tendance qu’ont les IFI’s à soutenir les dictatures s’est encore confirmée ici et le peuple haïtien, en plus des blessures personnelles (tortures, exécutions sommaires, climat de terreur permanent instauré par les tontons macoutes), se voit réclamer le remboursement de la dette externe qui culminait en septembre 2007 à 1,54 milliard de dollars |8| Le secteur agricole aura été le plus durement touché par les exigences des prêteurs et puisque la population était majoritairement rurale, l’ampleur des dégâts n’en a été que plus importante. En cause ? Principalement l’abaissement des droits de douane imposé aux pays du Sud, mais rarement respecté entre l’Europe et les Etats-Unis. Et l’enchaînement fatal s’est mis en place ; arrivée d’un riz produit à l’étranger à moindre coût (car subventionné) donc exode vers les villes de nombreux paysans ruinés et donc impossibilité de réaction du marché local en cas de flambée des prix sur le marché international. Ici, comme ailleurs, les bénéfices de la libéralisation sont inexistants pour la très grande majorité de la population, les dégâts sont par contre considérables.

Un tsunami d’origine bien humaine

Quand les pompiers pyromanes communiquent, partout la presse y fait écho. Le (pas très bon) mot de L. Michel est cité par tous les journalistes de la place européenne : « un tsunami économique et humanitaire ». On pourrait croire par là que la crise a une cause extra-humaine, comme le fruit d’une catastrophe naturelle. Pourtant, comme nous l’avons développé plus haut, les causes de la crise sont par trop le résultat de politiques dictées par les milieux financiers aux gouvernements du Sud. C’est aussi à notre voracité énergétique qu’il faut imputer une des causes de cette crise ; les agrocarburants rentrent bien en concurrence, sur le marché, avec les denrées alimentaires. La spéculation qui se fait autour de cette nourriture changée en carburant tire le prix des céréales et du sucre vers de nouveaux plafonds. Même Peter Brabeck, patron de la multinationale Nestlé, s’inquiète de la situation dans une interview au journal suisse NZZ am Sonntag du 23 mars 2008. Pour lui, si l’on veut couvrir 20 % de la demande pétrolière avec des agrocarburants, il n’y aura plus rien à manger |9|.

Il est donc plus que temps d’abandonner ce modèle de (sous-)développement néfaste et de laisser le choix aux populations de cultiver prioritairement pour leur marché intérieur. Actuellement, avec les connaissances acquises dans le domaine de l’agriculture respectueuse de l’environnement, nous pouvons viser l’autonomie alimentaire régionale sur l’ensemble de la planète et donc satisfaire à un droit humain fondamental, celui de se nourrir décemment. Les conséquences positives de ces progrès tant attendus seraient de favoriser rapidement la santé dans un premier temps, puis l’éducation, induisant une qualité de vie meilleure sous toutes les latitudes.

Notes de bas de page :

|1| p. 4 de La Libre Belgique, un article de M. F. C. (avec l’AFP et Reuters) ce jeudi 10 avril 2008.

|2| Lire E. Toussaint, La Finance contre les peuples : la bourse ou la vie, chap. 8 p. 187 coédition Syllepse /CADTM/CETIM, 2004.

|3| Benoît Mandelbrot a conçu, développé et utilisé une nouvelle géométrie de la nature et du chaos. On sait moins que la géométrie fractale est née des travaux que Mandelbrot avait consacrés à la finance au cours des années 1960. Pour de plus amples informations lire : Fractales, hasard et finance, de Benoît Mandelbrot, 1959-1997 en poche.

|4| Expert indépendant auprès de l’ancienne Commission des droits de l’homme des Nations unies (sur les effets des PAS sur la jouissance effective des droits humains - rapport E/CN.4/1999/50 du 24 février 1999).

|5| Lire à ce propos la brochure éditée par le CETIM, Dette et droits humains, décembre 2007.

|6| Pour le Congo, par exemple, au 30 juin 1960, jour de l’indépendance, la dette directe s’élève à un total de 921 096 301,44 US $ » (Tiré de l’article de Dieudonné Ekowana).

|7| Ce qui laisse très peu de marge pour tout le reste, tout ce qui est pourtant nécessaire au développement d’un pays. Jamais d’ailleurs le duo infernal FMI/BM ne s’est vanté d’une quelconque réussite de ses politiques sur cette île.

|8| Selon la Banque mondiale et l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) Bébé Doc. aurait détourné au total entre 300 et 800 millions de dollars.

|9| Tout comme le Premier ministre italien, Romano Prodi, sceptique sur les bénéfices des agrocarburants et qui a affirmé qu’une transition vers ce type de palliatif au pétrole aurait un impact négatif sur la production alimentaire.



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Réagissez à l'article

23 réactions à cet article    


  • karg se 25 septembre 2008 12:49

    Et les subventions agricoles US et européennes ? La bouffe subventionné qui envahie les marchés africains mettant les paysans sur la paille ? On peut pas comprendre cette crise sans évoqué cette question essentiel. Article sans intérêt.


    • Eric De Ruest MoiZZE 25 septembre 2008 12:57

      Avant de réagir, il est bon de relire l’article, car les subventions sont clairement abordées ici :

      "Et l’enchaînement fatal s’est mis en place ; arrivée d’un riz produit à l’étranger à moindre coût (car subventionné) donc exode vers les villes de nombreux paysans ruinés et donc impossibilité de réaction du marché local en cas de flambée des prix sur le marché international."


    • karg se 25 septembre 2008 17:53

      Vous les evoqués comme la dernière roue de la charette, hors elles sont le nerf de la guerre du marché agricole. Les subventions versé au riziculteurs et producteurs de coton US dépassent le PIB d’Haïti et du Togo réuni. C’est elle qui ont rendu les paysans africains dépendant et pauvres.


    • Eric De Ruest MoiZZE 25 septembre 2008 19:18

      Certes, mais c’est dù aux PAS qui imposent entre-autre l’abaissement des droits de douanes, c’est un ensembe odieusement cohérent pour maintenir la domination des élites capitalistes tant du nord que celle qui s’est développée au sud grâce à une corruption honteusement soutenue par la BM et le FMI.


    • karg se 25 septembre 2008 23:03

      Ce que vous ne comprennez pas c’est que les produits agricoles du sud sont plus compétitifs que ceux du Nord. Sans subvention au Nord, ces produits auraient leur place dans notre marché, et notre agriculture serai moins productive mais aussi moins polluante. Le libre échange n’est pas le problème dans cette affaire, mais l’absence de libre échange loyal.


    • Eric De Ruest MoiZZE 25 septembre 2008 23:09

      Débat sans fin avec quelqu’un qui lui, a tout compris - Over !


    • Martin sur AgoraVox Martin sur AgoraVox 25 septembre 2008 14:36

      Cet article pointe avec pertinence sur certains dysfonctionnements dans le cycle production-distribution-consommation des denrées alimentaires.


      Cependant permettez-moi d’y apporter quelques éléments supplémentaires.


      L’explosion démographique est un facteur très important des famines actuelles et à venir. En effet l’idéologie mondialiste y contribuent également. Cela est exposé dans l’article mais je vais le reformuler afin de mettre en évidence l’importance majeure qu’à sur les famines actuelles et à venir le facteur « croissance démographique inadaptée face aux capacités régionales de production agricole écologique ».


      La répartition des productions spécialisées sur certaines régions de la planète, comme l’impose l’idéologie mondialiste, veut que la production agroalimentaire soit concentrée dans certaines régions de la planète alors que les populations consommatrices sont dans d’autres régions de la planète. C’est une aberration par exemple que le Brésil devienne le producteur de l’agroalimentation destinée à l’Europe pendant que les champs agricoles sont en Europe mis en friche. Et c’est effectivement un exemple concret de ce que sont en train de mettre en place les mondialistes.


      Retenons qu’il est anti-écologique de produire sur un continent la nourriture pour nourrir la population sur un autre continent. La règle de base est que les lieux de production agroalimentaire doivent être le plus possible proches des lieux de consommation.


      Mais de cette première règle découlent deux autres règles :

      - Le nombre d’habitants d’une région de notre planète ne devrait pas dépasser la capacité de ces habitants de produire leur nourriture.

      - La croissance du nombre d’habitants d’une région de notre planète ne devrait pas dépasser le seuil à partir duquel l’accroissement lié de la production agroalimentaire induit des niveaux de pollution et de dégradation de l’environnement qui sont nuisibles à la sauvegarde de la biodiversité de la planète.



      Ces deux dernières règles pointent sur le problème de la croissance démographique non maîtrisée. C’est un fait que l’explosion démographique est en rapport direct avec la quantité de nourriture disponible par habitant.


      Cependant dans cet article la question de l’explosion démographique n’est pas soulignée. L’explosion démographique est pourtant un des facteurs importants, et peut-être le plus important, de la réduction de la quantité de nourriture disponible par habitant dans les année à venir.


      Cet aspect est surtout prioritaire lorsqu’on veut bien prendre en compte les critères écologiques de l’analyse du problème.


      Nous sommes 6 milliards d’humains sur la planète. Doit-on attendre d’être 44 milliards dont 25 milliards d’Africains pour devenir enfin conscients où est le cœur du problème ?


      Le nombre d’habitants d’une région de notre planète ne devrait pas dépasser la capacité de ces habitants à prendre en charge leurs besoins vitaux de façon autonome de tout point de vue et pas uniquement sur la question de la production de nourriture. Par exemple les ressources naturelles en eau douce ne sont pas également réparties sur toutes les régions de la planète. La croissance de la population d’une région de la planète doit également être limitée en fonction des ressources naturelles en eau douce qui sont disponibles dans cette région.


      Le productivisme agricole (agriculture intensive nuisible à l’environnement) ne doit pas et ne peut pas être la solution pour tenter de rattraper la croissance démographique : si la production agroalimentaire doit suivre la croissance démographique non maîtrisée de la population mondiale alors nous allons vers des catastrophes humanitaires gigantesques.


      C’est une question de déséquilibre entre d’un coté le potentiel de production agricole en respectant les équilibres écologiques (problème d’utilisation de pesticides, d’utilisation d’eau, de réduction de la biodiversité par la réduction des zones « sauvages » etc.) et de l’autre coté la masse croissante des populations.



      C’est un fait certain : il va être de plus en plus difficile de nourrir la population mondiale si des actions prioritaires ne sont pas entreprises pour faire baisser fortement la natalité dans certaines régions du globe.


      Les gains de productivité dans les techniques agricoles se traduisent partout dans le monde par l’accroissement des pollutions de types divers et par l’accroissement des déséquilibres écologiques du fait de l’accroissement des zones agraires, de la réduction des forêts, de l’exposition accrue à l’érosion des grandes surfaces cultivés industriellement.


      Autrement dit la solution n’est certainement pas dans le productivisme agricole en expansion perpétuelle. La solution est dans des mesures volontaristes de contrôle de la natalité dans les pays où les populations prolifiques n’arrivent pas à subvenir à leurs propres besoins alimentaires. Ces pays sont ceux où les structures économiques ne peuvent pas suivre l’explosion démographique et où les adolescents ont pour objectif principal de venir gagner en Europe de quoi nourrir leur famille nombreuse.


      Par exemple, le Niger a très peu de surface cultivable et très peu d’eau disponible pour l’agriculture, pourtant le Niger est le pays avec le taux de natalité le plus élevé au monde : plus de 7 enfants par femme. À ce taux-là la population double environ tous les 20 ou 25 ans. À l’évidence la priorité est dans la baisse de la natalité et pas dans la hausse de la productivité agricole.


      L’article mentionne Haïti. Ce pays est aussi dans le cas de figure où le potentiel géographique local ne permet plus de mettre en place une agriculture à la fois respectueuse de l’environnement et capable de satisfaire les besoins alimentaires de la population haïtienne en forte croissance.


      Le problème peut être considéré comme global à l’échelle planétaire. Mais le nombre d’habitants dans certaines régions de la planète évolue de manière qui est compatible avec les capacités de l’agriculture locale (c’est par exemple le cas en Europe) alors que la croissance démographique dans d’autres région dépasse les capacités de l’agriculture locale qui serait respectueuse des règles écologiques (c’est par exemple le cas en Afrique).


      Si on n’intervient pas avec des mesures volontaristes pour imposer la baisse de la natalité dans les pays qui n’arrivent pas de façon autonome à assurer la survie de leur population, alors le scénario démographique « moyen » qui prévoit 9 milliards d’habitants sur la planète en 2100 sera largement dépassé et pourrait atteindre plusieurs dizaines de milliards d’habitants. La Division de la population de l’ONU a en effet publié ses prévisions les plus récentes concernant la progression de la population mondiale. La Division de la population envisage plusieurs scénarios dont un scénario « moyen » avec 9 milliards d’habitants en 2100.


      « Selon ce scénario moyen, le niveau de la fécondité mondiale se stabilisera autour de deux enfants par femme. Toutefois, la Division de la population rappelle que même de faibles variations dans le taux de fécondité peuvent avoir d’énormes conséquences sur le long terme. Même une faible variation de 0,25 enfant par femme par rapport à ce scénario moyen de 2,1 enfants par femme aboutirait à une prévision de la population mondiale pour 2033 de 2,3 milliards d’habitants (hypothèse basée, pour un taux de fécondité de 1,85 enfant par femme) à 36,4 milliards (hypothèse haute, pour un taux de fécondité de 2,35 enfants par femme). »


      Vous trouverez le texte du paragraphe précédent dans le Communiqué de presse de l’ONU, en langue française, dont le sous-titre précise que la population mondiale pourrait éventuellement « atteindre 44 milliards vers 2100 » car ce n’est pas exclu.


      En fait tout dépend du taux de natalité moyen des femmes. Le taux de natalité moyen global en Europe (l’ensemble du continent y compris la Fédération de Russie) est actuellement descendu à environ 1,3 enfant par femme. Le taux de natalité qui permet de maintenir une population au même niveau, donc le taux de renouvellement stable, est de 2,1 enfants par femme. Dans certaines régions de la planète ce taux restera longtemps très supérieur à 2,1 enfants par femme. C’est une question d’évolution des mentalités. Ainsi les démographes se basent sur les données économiques et sociologiques (donc sur le contexte de civilisation et le contexte culturel) pour estimer l’évolution des tendances démographiques. D’après ces études, les démographes prévoient généralement que l’évolution des mentalités en Afrique sera très lente, que la notion de transition démographique n’est pas encore applicable en Afrique, et que le pic des populations en Afrique ne sera toujours pas atteint en 2100, date à laquelle les Africains seront selon les estimations moyennes entre 2,2 milliards et 3 milliards (ou entre 15 et 25 milliards dans les cas extrêmes, peu probables mais pas impossibles). Il ne faut pas oublier que les Africains étaient 130 millions en 1900, qu’ils étaient 780 millions en 2000 et qu’ils sont déjà 950 millions en 2008. Le taux de natalité moyen sur l’ensemble du continent africain est actuellement d’environ 5 enfants par femme.


      Le graphe suivant centralise les données démographiques mondiales fournies par divers organismes officiels spécialisés dans les études démographiques, dont notamment la « Population Division » des Nations Unies et l’INED à Paris :

      Taux de fécondité dans le monde.


      Ce graphe est extrait de l’article « Démographie et immigration : suicide collectif des Européens » qui a été publié sur AgoraVox :


      Pour nous recentrer sur le sujet principal de l’article, les famines et la capacité de fournir les ressources agroalimentaires, la solution écologique et de bon sens est la suivante : le nombre d’habitants d’une région de notre planète ne devrait pas dépasser la capacité de ces habitants à se prendre en charge de façon autonome, y compris sur la question de la production de nourriture. Les Africains, qui n’étaient que 130 millions en 1900, sont actuellement près d’un milliard. Comment sera produite leur nourriture lorsqu’ils seront 25 milliards (si on n’arrête pas leur explosion démographique) ?


      Les autres continents devront-ils leur fournir la nourriture ? Il est anti-écologique de produire sur un continent la nourriture pour nourrir la population sur un autre continent. Les lieux de production agroalimentaire doivent être proches des lieux de consommation.


      Encore une remarque : les écologistes estiment que les ressources renouvelables de la planète, en respectant les équilibres écologiques, permettraient d’offrir une vie confortable, du niveau que connaissent aujourd’hui les pays « occidentaux », à 2 milliards d’habitants.


      N’est-ce pas également un critère à prendre en compte ? N’est-on pas déjà largement en surpopulation ?


      Quel avenir vise-t-on : une planète avec 2 milliards d’habitants avec une vie confortable de tout point de vue, ou bien une planète Terre avec 10 ou 20 ou 40 milliards d’habitants qui seront 5 fois ou 10 fois ou 20 fois de tout point de vue moins bien lotis que ce que connaissent aujourd’hui les pays « occidentaux » ?


      Quoi que l’on fasse, un fait est incontournable : toute augmentation de la production agricole se traduit par l’augmentation de la pollution liée à l’industrialisation de l’agriculture. Une planète Terre avec 10 ou 20 ou 40 milliards d’habitants sera aussi 2 fois ou 4 fois ou 8 fois plus polluée que maintenant et avec le réchauffement généralisé qui s’en suivra et avec des difficultés pour produire et répartir la nourriture. Est-ce cela que l’on veut ?


      Il n’y a qu’une solution : la réduction des naissances dans les régions où les populations ne sont déjà pas capables d’assurer leurs propres moyens de survie. Les aides au développement devraient exclusivement viser cet objectif ce qui d’ailleurs contribuerait rapidement à réduire la pauvreté endémique de ces régions.



      • georges badoz 25 septembre 2008 16:35

        d accord avec tous ces points mais il y a d autre parametres
        je prend l exemple de la bolivie ou je reside

        - un casero ( employe gardant une maison et y travaillant pour l entretien ) gagne en moyenne 100 dollars mois , je precise que c est lui qui demande des dollars dans 90% des cas 
        il y a 6 mois ca faisait 800 bolivianos , hors le dollars baisse et en plus evo morales le fait baisser artificiellement , l employe recoit aujourd hui 690 pesos pour ses 100 dollars
        inutile de dire qu il mangera moins

        - tout l est etait gros producteur de soja,mais, tournesol , etc.. hors vu la politique d evo morales voulant prendre les terres beaucoup d agiculteurs y compris indiens car il y en avais , n ont pas attendus et sont partis et ne cultivent plus , ces terres sont d ailleurs en friche
        le resultat c est qu avant nous vendions du soja par exemple en argentine maintenant nous l importons
        donc le prix de vente n est plus le meme, nous importons aussi la farine , le ble , etc...
        la viande de poulet est devenu inabordable pour les pauvres

        l inflation est la plus elevee d amerique latine 28 % juste apres le venezuela 

        regardez le zimbabwe qui etait surnomme le grenier de l afrique et qui est devenu un desert , les nors ont pris les terrs mais ont te tout siimplement incapablees de produire quelque chose et si les choses ne s arrangent pas il se passera la meme chose en bolivie


        • karg se 25 septembre 2008 17:54

          Sauf qu’en amérique du sud les réformes agraires n’ont jamais provoqués de famine. Le problème du Zimbabwe c’est d’avoir donner des terres à des urbains qui n’avaient ni la connaissance ni les capitaux pour les exploiter.


        • Eric De Ruest MoiZZE 26 septembre 2008 08:49

          Propagande de droite antiChaviste/Morales. Vous avez oubliez de taper sur Corréa. Courrez vite encaisser votre cheque de la NED ou d’USAID


        • Radix Radix 25 septembre 2008 19:04

          Bonjour

          Vous concluez en disant :"Il n’y a qu’une solution : la réduction des naissances dans les régions où les populations ne sont déjà pas capables d’assurer leurs propres moyens de survie."

          Pour réduire les naissances il faut autre chose qu’un voeux pieux !

          Tout d’abord assurer l’avenir de ces populations lorsqu’elles vieillissent car souvent les enfants sont la seule retraite qu’ils auront.

          Réduire la mortalité infantile pour que les familles ne fassent pas plus d’enfants dans l’espoir qu’il y en aura assez qui survivront.

          Développer l’éducation et l’information sur la contraception...en envoyant au diable les oukases de papa Shultz !

          Mais c’est aller contre les intérêts des grands groupes économiques qui souhaitent avoir des populations heureuses de travailler pour un salaire de misère.

          En un mot faire tout le contraire de ce qui est fait actuellement.

          Radix


          • dupual 25 septembre 2008 20:18

            Le problème est la surpopulation ! Nous ne pouvons plus procréer en toute anarchie sans se préoccuper du devenir des générations montantes !
            L’homme saccage son environnement pour satisfaire toujours plus de besoin en eau, cultures, viandes, poissons. La densité des villes est un vrai problème e et la violence s’accroit ainsi que le corollaire des pathologies psychiatriques associées, jamais nos prisons ont été aussi pleines.... procréer sans compter est une aberration ! et Tant que le bipède humain continuera à ne pas considérer que le nombre comme le premier des problèmes environnementaux (avec le réchauffement climatique) et qui empêche les cultures bios (comment nourrir 7 milliards d’humains avec des cultures à moindre rendement (avez-vous goûter les légumes, pain et viande bios ? Délicieux mais bcp plus long à récolter !)
            Bref toutes ces mesures (grenelle de l’environnement, développement durable) sont vaines car elles ne s’attaquent pas à la cause ! Elles consistent simplettement à stopper le robinet pendant que l’on se brosse les dents aujourd’hui, à une douche hebdo demain et dans 20 ans nous n’aurons droit qu’à 1 seul verre d’eau à peu près potable !!
            C’est ça que nous voulons comme qualité de vie pour nos ENFANTS ?


            • georges badoz 26 septembre 2008 22:43

              a moi ZZE

              J ai oubli de taper sur correa simplement prce celui ci n st rien en amerique latine pas plus que le farfelu du nicaragua
              au fait si j ai bien compris vous vous adressiez a moi , alors la prochaine fois ayez la politesse de mettre en en tete
              a... untel

              a karg se

              et bien venez voir par vous memes en bolivie , cher ami , je vous attend
              apres on en reparlera


              • Eric De Ruest MoiZZE 26 septembre 2008 22:50

                Si vous voulez regarder à l’analyse de nos réseaux en Amérique latine, c’est facile, il suffit de cliquer ici C’est, pour plus de facilité en trois langues ; français ,anglais et espagnol, vous n’aurez qu’à choisir.


              • Eric De Ruest MoiZZE 26 septembre 2008 22:55

                El Premio Nobel de la Paz Adolfo Pérez Esquivel y el Servicio Paz y Justicia quieren expresar su plena adhesión y solidaridad con el Presidente Evo Morales Ayma y con el pueblo boliviano, que vienen sufriendo una permanente agresión por parte de grupos opositores, que más que opositores son realmente golpistas, y que apoyados por sectores de EE. UU. están fomentando la división y el caos.

                Utilizar las reivindicaciones autonomistas como excusas, para impulsar un golpe de Estado, revela una hipocresía política antes nunca vista, y resulta verdaderamente insólito denominar autoritario o dictador al gobierno de la República de Bolivia, cuando en todo momento se ha venido ajustando a las reglas democráticas. Democracia que fue ratificada con el referéndum realizado el mes pasado, cuando el Presidente Evo Morales Ayma obtuvo más del 60% de los votos del pueblo boliviano.

                Estos sectores golpistas y toda la derecha boliviana no quiere perder bajo ningún punto de vista, ninguno de sus intereses económicos ni territoriales, por lo cual trata de impedir a toda costa, que se aplique la nueva Constitución de la República, que no solamente reivindica de ahora en más los derechos de los Pueblos Originarios y los más desprotegidos, sino a todo el pueblo boliviano.

                La decisión del Presidente Morales Ayma de expulsar al Embajador de EE.UU. deja ver por un lado las actitudes realmente comprometidas de este personaje, que ha apoyado en todo momento al golpismo y patoterismo paramilitar, y por otro lado, la firmeza de quien cuenta con respaldo popular y se apega en todo momento a una verdadera democracia.

                Lamentamos las perdidas de vidas humanas, producto de la violencia ejercida por los sectores totalitarios, que son el instrumento del plan sistemático impuesto por la política de los Estados Unidos, que no son mas que de destrucción y el no respeto a una verdadera democracia, como la del hermano pueblo boliviano.

                Hace muchos años, en un 11 de septiembre sangriento, los EE.UU. y sus cómplices, interfirieron con el proceso democrático de un país hermano ; parece paradójico que en este 11 de septiembre continúen amenazando con la misma actitud al hermano pueblo de Bolivia.

                ¡¡POR UNA DEMOCRACIA REAL, POR EL RESPETO A LAS PERSONAS E INSTITUCIONES !!

                CONTRA LAS POLÍTICAS REPRESIVAS IMPUESTAS DESDE ESTADOS UNIDOS¡¡

                CONTRA LA IMPUNIDAD DE SECTORES DE LA OLIGARQUIA DE BOLIVIA¡¡

                BASTA DE MUERTE¡¡


              • georges badoz 27 septembre 2008 00:46

                a ZZE
                pourquoi votre site ne parle pas des morts qui ont vote
                pourquoi votre site mne parle pas de l augmantation de 150 pour cent de la cultuire de coca
                ca me semble tout a fait une manipulation faite par toutes ces miserables ONG qui polluent l amerique du sud
                95 pour cent du gouvernement de morales est pollue par les ONG
                heureusement nous les decouvrons et les eliminons une a une


                • Eric De Ruest MoiZZE 27 septembre 2008 01:14

                  Donnez moi des preuves réelles des morts qui votent, merci


                • georges badoz 27 septembre 2008 16:43

                  si vous parlez espagnol lisez donc la presse latino americaine
                  petit rigolo

                  par contre moi je sable le champagne , bush viens d annoncer la fin immediate du plan ATPDEA a la bolivie
                  cout pour la bolivie - 400 millions de dollars a l export et perte de 120000 emplois situes principalement a la paz , el alto et cochabamba , les fiefs d evo morales
                  apres l arret du plan milagro de 540 millions de dollars et ce plan ca fait pret de 1000 millions de dollars qui passerons sous le nez de morales

                  cerise sur le gateau american airlines qui traite pres de 70 % du traffic aerien bolivien parle luii aussi de son retrait

                  tous ces renseignements sont dans la presse bolivienne de ce mtin , alors cherchez au lieu de vous ridiculiser


                  • Eric De Ruest MoiZZE 27 septembre 2008 19:03

                    Tu ne t’es jamais demandé à qui appartenait la presse qui répend ces infos ? Non certainement, vu la violence de tes propos, tu ne dois pas beaucoup te poser de question dans la vie. Gagner du fric et mépriser l’AUTRE est ton seul créno de petit blanc raciste dégénéré ! La lie de l’humanité. Fin de la discussion Gringo


                  • Eric De Ruest MoiZZE 27 septembre 2008 19:32

                    usqu’à maintenant, le président de la Bolivie, Evo Morales, priorisait la voie du dialogue avec les forces de la droite bolivienne même si, depuis plus de deux ans, celles-ci ignoraient complètement ses appels et faisaient tout pour paralyser son administration.
                    Pourtant, dans n’importe quel autre pays du monde, les agissements des médias privés, des préfets, des grands propriétaires terriens et de leurs milices seraient venus à bout de la patience des gouvernants et auraient depuis longtemps été réprimés politiquement sinon militairement.

                    Imaginons la réaction du gouvernement canadien si les souverainistes québécois avaient posé seulement une infime partie des actes commis par les élites des départements de Santa Cruz, Beni, Pando et Tarija, dans l’est du pays !

                    Rappel

                    Pour bien mesurer cette patience du gouvernement bolivien, il est bon de rappeler ces actes posés par une minorité répudiée par les urnes qui prépare minutieusement un coup d’état civil contre un gouvernement appuyé par plus de 67% de la population lors du référendum révocatoire du 10 août dernier :

                    • Ignorance délibérée de l’existence du gouvernement central, humiliations publiques (insultes, blagues racistes, etc.), prise d’aéroports pour empêcher le président ou ses ministres de voyager et les ridiculiser en montrant leur incapacité à gouverner dans leur propre pays ;

                    • Rédaction unilatérale de statuts d’autonomie tellement amples qu’ils sont impossibles à accepter par le président, tenue de référendums locaux sur ces mêmes statuts, création d’une confédération indépendante des provinces autonomistes ;

                    • Campagne continuelle de désinformation médiatique : on ne parle pas des réussites du pouvoir central, on lui attribue plutôt chaque problème et on prédit toutes les catastrophes imaginables pour le pays ;

                    • Saisies d’entités d’État (douanes, bureau de perception des impôts, entreprises nationalisées, instituts régionaux de réforme agraire, etc.), établissement de barrages routiers, attaques d’ONG communautaires ainsi que de sièges d’organisations populaires, paysannes et indigènes ;

                    • Menaces personnelles à ceux qui ne pensent pas comme les groupes autonomistes (leur nom parait sur des listes publiques de « morts civils »), coups, incendies, attaques à la bombe, tirs d’armes à feu sur des voitures de ministres ;

                    • Organisation, entraînement et financement de groupes de choc pour intervenir (armées de battes de baseball et de barres de fer) dans les manifestations et faire respecter par intimidation les ordres de « grèves civiles » ;

                    • Blocage complet des pouvoirs judiciaires locaux et des cours électorales départementales pour les soumettre aux élites locales ;

                    • Appels publics aux forces armées à déposer le président ;

                    • Coordination visible avec l’Ambassade des États-Unis et les fonctionnaires de l’USAID (l’ambassadeur, Philip Goldberg, a participé ouvertement à des réunions périodiques avec les leaders de la droite malgré sept avertissements officiels du gouvernement Morales !) ;

                    Même au lendemain de l’appui massif reçu par le président (élu avec 54% des voies, en 2006, Evo Morales se voit reconfirmé avec 67% des voies), les sécessionnistes n’ont rien trouvé de mieux que d’intensifier la violence et le chaos.

                    Se disant « sur le pied de guerre », les élites locales réclament l’autonomie, l’annulation du référendum (7 décembre) sur la nouvelle constitution et la gestion d’une partie de l’impôt sur les hydrocarbures que le gouvernement Morales affecte à un modeste revenu de retraite donné à toutes les personnes âgées.

                    Les élites menacent de saboter les usines de traitement du gaz en plus de fermer définitivement les postes frontaliers avec le Brésil et l’Argentine pour empêcher la livraison de ce même gaz aux deux plus grands clients de la Bolivie.

                    Selon l’agence argentine DyN, en août et septembre, les moyens de pression réduisent de moitié l’approvisionnement en gaz du Brésil et presque complètement celui de l’Argentine, faisant perdre à la Bolivie des revenus quotidiens de huit millions de dollars.

                    Malgré tout, au soir de sa victoire, le président Morales parle encore de « dialogue » avec l’oligarchie ! Mais la foule de ses partisans l’interrompt pour exiger la ligne dure.

                    Intervention du Brésil et de l’Argentine

                  • Eric De Ruest MoiZZE 27 septembre 2008 19:34

                    Selon Raquel Gutierrez, chercheure au Centre d’études andines et centroaméricaines (CEAM), les actions spectaculaires de la droite, amplifiées par les médias, créent une commotion dans la population et laissent, chez plusieurs partisans du gouvernement, l’impression que celui-ci manque de direction et de force.

                    Touchés dans leur économie, le Brésil et l’Argentine comprennent enfin que ce qui se passe en Bolivie menace la paix et la sécurité du continent et donnent leur appui au gouvernement d’Evo Morales qui, quelques jours plus tard, expulse l’ambassadeur états-unien, imité aussitôt par le président vénézuélien Hugo Chavez.

                    Menacée d’isolement, la droite bolivienne cafouille. Le massacre de 14 paysans et l’enquête qui s’ensuit mènent à l’emprisonnement du préfet du département de Pando, Leopoldo Fernandez, accusé d’avoir contracté des tueurs à gage péruviens et brésiliens, et à l’imposition de l’état de siège dans ce dernier département.

                    Le 15 septembre, la présidente chilienne, Michelle Bachelet, convoque d’urgence une rencontre de la nouvelle Union des nations sud-américaines (UNASUR, fondée en mai dernier) au cours de laquelle ses 12 membres se prononcent formellement en faveur du gouvernement légitime d’Evo Morales et de l’intégrité territoriale de la Bolivie.

                    Devant cette nouvelle manifestation de solidarité continentale, les préfets d’opposition, réunis dans le CONALDE (Conseil national démocratique), acceptent soudainement l’appel au dialogue tant de fois renouvellé par le gouvernement bolivien.

                    Pour Victor Ego Ducrot, directeur de l’observatoire des médias argentins, cet appui à Morales de la part des pays les plus puissants du continent est vital : « Il n’y aura, écrit-il, ni Mercosur ni politique d’intégration régionale si les éléments les plus agressifs du bloc hégémonique imposent leur projet sécessionniste aux Boliviens ».

                    Si la partition de la Bolivie a lieu, la droite qui s’essaie déjà aussi au Venezuela (État pétrolier de Zulia) et en Équateur (État de Guayaquil) aura le vent dans les voiles.

                    Le Brésil et l’Argentine, poursuit Ducrot, n’ont d’autre choix que « d’incorporer de manière urgente dans leur programme de défense commun basé sur la protection des ressources naturelles, les forces armées boliviennes encore toutes fidèles à Evo Morales ».

                    Ils doivent aussi empêcher « les consortiums pétroliers privés ou déguisés en sociétés d’état, comme Petrobras, de jouer leur carte parce que, comme c’est le cas pour le complexe corporatif du soja, ces pétrolières sont compromises avec la stratégie séparatiste en Bolivie ».

                    Le président Lula, avertit Ducrot, doit choisir entre deux types de discours : celui qui relie les récentes manoeuvres navales états-uniennes au sud-est de la côte brésilienne à la découverte, au même endroit, par Petrobras, d’importantes réserves pétrolières ; et celui qui met sur un même pied les volontés du gouvernement bolivien et de « l’opposition ».

                    Quant à la présidente, Cristina Fernandez, « elle doit bien voir que le rapprochement de la droite politique argentine avec le cartel agro-patronal du soja n’est rien d’autre que le chapitre local d’une stratégie qui a son épicentre le plus dramatique en Bolivie ».

                    Il n’y a pas d’alternative possible : ou on défend Evo Morales et l’intégrité territoriale bolivienne, ou un avenir des plus sombres menace toute la région.


                  • georges badoz 28 septembre 2008 20:51

                    bien cher ami
                    premiere chose , si j ai quelques animaux je n ai pas de cochons donc on a jamais pu lses gardez ensemble , je ne vous ai jamais tutoye et ne vous permet de le faire pour moi
                    par ce biais vous me prouvez votre impolitesse et votre manque d education, en 2 mots vous etes un malotru

                    deuxieme chose , faire du fric tout prix
                    tout faux cher ami je suis bien francais , je suis retraite et je touche ma retraite financee par les cotisations
                    que versent les francais , c est tout et c est plus que largement suffisant pour vivre ici 
                    merci encore

                    troisieme chose , tout ce que vous copiez collez est un tissu de mensonges destine a de la manipulation
                    d opinion , vous n etes finalement pas un journaliste mais un adepte des toutes ces minables ONG qui destabilisent le monde
                    lula n est en aucun cas l allie d evo morales , sinon comment expliquez vous qu il a le lendemain de la nationalisation des petroles retire PETROBRAS de bolivie ou ils traitaient 80 % du petrole , si c etait son ami il ecouteris morales et reintroduirais PETROBRAS que morales pleure

                    vous ne citez que des declarations pro morales

                    a propos en ce qui concerne les morts du pando ,on va bientot en reparler car on viens de decouvrir certains morts ...VENEZUELIENS , ah ben ca alors mais qu est ce qu ils foutaient la

                    le dialogue , tout faux , la soit disant droite (car le probleme depasse largement la droite et la gauche )
                    ce dialogue a ete demande par les prefets lor s des deux dernieres annees sans resultat

                    autre chose vous n avez rien compris , vous m assimilez a un oligarque alors qu ici je n ai rien , pas meme un centime ET JE N AI RIEN A PERDRE , la terre , la maison rien n est a moi , j ai seulement une epouse bolivienne et bien au contraire avec la constitution de morales j ai tout a y gagner , regardez cuba qui vivent comme des princes ? mais les etrangers bien sur

                    derniere chose allez aussi sur les sites de mondovision bresil vous y verrez les vraies versions bresiliennes je vous fait grace de la video tournee au pando ou l on voit clairement les militaires tirer sur les civils sous le regard de leur superieur impuissant

                    quand aux insultes racistes cher ami on vois bien votre incompetence d avoir une opinion claire car si vous aviez lu la proposition de constitution d evo morales vous ne vous aventureriez pas sur ce terrain la
                    mais au fait morales d apres sa constitution ne pourra plus etre president de la bolivie vu qu il est metis ne d ancetres hollandais , chose impossible car selon sa constitution car pour etre bolivien il faut avoir 100% de sang bolivien aymara ou quetchua

                    donc arretons notre echange ici , je n aime pas discuter avec les gens malpolis

                    salut charlot
                    le gringo 

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