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Les femmes tunisiennes et la démocratie

Alors que la Libye est ensanglantée par un homme sans autre loi que la sienne, beaucoup ici continuent à se demander ce qu’il adviendra des changements de régimes et de systèmes dans les pays arabes. En Libye justement, les villes libérées s’organisent pour assurer la transition. Un Conseil National Libyen a été constitué, relayé par de nombreux Conseils régionaux.

La révolution sociale tunisienne

La démocratie libyenne se met en place en direct, sous nos yeux. Mais on ne sait pas quelle forme elle prendra. 40 ans de dictature sur fond d’organisation tribale n’accouchent pas du jour au lendemain d’un nouveau système.

La situation en Tunisie est différente. Ils n’ont certes pas vraiment connu le multipartisme. Mais la vie civile s’est organisée autour de valeurs inspirées des démocraties et de la liberté individuelle. Que cette liberté ait été réduite et que l’Etat policier ait toujours existé, malheureusement oui. Mais certains des principes démocratiques sont restés et ont peu à peu imprégné la société tunisienne.

La situation sociale des femmes tunisiennes en est un exemple fort. Il faut mettre à l’actif de l’ancien président Bourguiba de leur avoir avoir ouvert les portes d’une égalité de droit très avancée.

La révolution sociale qui s’est opérée a touché en premier le statut personnel et familial :

« Le Code du Statut Personnel (promulgué le 13 août 1956) a aboli la polygamie, institué le divorce judiciaire, fixé l'âge minimum au mariage à 17 ans pour la fille, sous réserve de son consentement et attribué à la mère, en cas de décès du père, le droit de tutelle sur ses enfants mineurs. »

On peut imaginer la vague de fond dans la transformation des rapports sociaux entre les sexes. Le système qui prévalait jusqu’alors était de type répartition et séparation des rôles et fonctions - ce que l’on nomme chez nous le patriarcat. Aux hommes l’obligation de nourrir leur famille, la représentation politique, la défense du territoire. Aux femmes l’éducation des enfants, la santé de la famille, l’organisation des solidarités sociales. A cela s’ajoutaient des privilèges réservés aux hommes : répudier l’épouse, avoir plusieurs épouses, prendre les enfants avec soi systématiquement en cas de divorce. Ce qui est l’inverse des pays occidentaux où c’est à 95% la femme qui prend les enfants avec elle.


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Des femmes investies dans la vie

Les femmes ont globalement adhéré à ces transformations et ont pénétré massivement dans les champs d’action qui étaient ceux des hommes sous le régime de la répartition des rôles. Actuellement il y a plus de femmes au parlement tunisien qu’il n’y en a en France. 22% en 2004 et 30% actuellement, selon le Service d’information des Nations-Unies, alors qu’elles ne sont qu’environ 12% à siéger à Paris.

Les femmes tunisiennes se sont fortement investies dans la vie professionnelle, grâce aux lois sur l’égalité d’accès à tous les secteurs professionnels. Dans la vie privée les femmes comme les hommes peuvent contracter un prêt individuel pour l’achat du logement commun. Dans la famille obligation est faite aux conjoints de « se traiter mutuellement avec bienveillance et de s'entraider dans la gestion du foyer et des affaires des enfants ».

Les femmes tunisiennes ont aujourd’hui 55 ans d’expérience des droits démocratiques. Elles ne vont certainement pas les abandonner dans l’avenir. Ce qui signifie qu’elles seront encore présentes dans la suite de la transformation du pays, de même qu’elles ont été dans la rue avec les hommes pendant les journées qui ont abouti au départ de Ben Ali.

La nouvelle Constitution qui va être formulée par l’Assemblée Constituante ne saurait effacer ces droits. On peut penser que dans la Tunisie de demain, comme dans celle d’aujourd’hui, les femmes soutiendront et défendront la démocratie aux côtés de nombreux hommes.

Grâce aux hommes épris de liberté, et aux femmes qui ont pris goût à cette liberté, la démocratie telle que nous la connaissons devrait continuer à grandir dans ce pays. L’étape suivante en vue d’asseoir encore plus cette démocratie sera le développement économique, probablement mixte : mi-public mi-privé, ainsi que l’éducation et la formation. Gageons que les femmes y contribueront activement.

Les femmes tunisiennes sont des partenaires indispensables de la démocratie.


En vidéo : Haifa Wehbe :


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