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Accueil du site > Actualités > International > Les guerres intelligentes du XXIe siècle : Mercenaires et drones (...)

Les guerres intelligentes du XXIe siècle : Mercenaires et drones prédator

 « La guerre, c'est la guerre des hommes ; la paix, c'est la guerre des idées. »

Victor Hugo

 Un article du journal Le Monde a attiré mon attention, il raconte un cas de conscience d'un militaire américain qui, du fin fond d'une salle climatisée de l'Amérique profonde a décidé de voler la vie d'un enfant à 10.000 km de là en le ciblant « grâce » à un drone prédateur. Naturellement, il n'y eut pas de réaction ou si peu des médias d'habitude si prompts à diaboliser quand il s'agit de jeter l'anathème sur les damnés de la Terre, surtout s'ils sont musulmans. Comme rapporte Théophraste R. dans un billet du site alternatif « Le Grandsoir » : Quelqu'un disait (...) : « Les médias ne vous disent pas seulement ce que vous devez penser, mais SUR QUOI vous devez penser. Pensez chaque jour aux petites victimes du tueur fou de Newtown et pas à celles de l'aviateur normal qui bombarde par erreur un village afghan. Jean-Paul Sartre a écrit dans « Qu'est-ce que la littérature ? » : « Le silence est un moment du langage ; se taire ce n'est pas être muet, c'est refuser de parler, donc parler encore. Si donc un écrivain a choisi de se taire sur un aspect quelconque du monde, ou, selon une locution qui dit bien ce qu'elle veut dire de le passer sous silence, on est en droit de lui poser une [...] question : pourquoi as-tu parlé de ceci plutôt que de cela et - puisque tu parles pour changer - pourquoi veux-tu changer ceci plutôt que cela ? ».(1)

J'ai donc voulu savoir comment faisait-on la guerre actuellement par esprit de déconstruction en décortiquant l'information, et en regardant derrière les plis pour voir la « vraie vérité » comme le dit si bien Jacques Prévert. La façon de faire la guerre a changé totalement depuis que les puissances occidentales ne se font plus la guerre entre elles. La doctrine est celle de « zéro mort » chez le puissant et le maximum de morts chez l'adversaire. Pour cela pratiquement un quart de siècle, après la chute de l'empire soviétique, l'hyper-puissance américaine n'ayant plus « l'empire du mal » comme adversaire s'est trouvé un nouveau Satan de rechange, l'Islam. Cela s'est fait concomitamment, avec le tarissement des puits de pétrole et les avancées technologiques. Il y avait donc un triple gain, démolir l'Islam, en démolissant le pays musulman, s'emparer des puits de pétrole et expérimenter au réel les nouvelles armes létales pour voir « leur performance ».

Donner la mort par procuration

 Dans cet ordre d’idée , Georges Stanechy écrit : « Il était une fois...un pays, qui avait à sa tête un dictateur : l'Irak. Ni pire ni meilleur que les pires autocrates féodaux et corrompus des pétromonarchies du coin, reçus en permanence avec tapis rouge et accolades dans nos « vertueuses démocraties ». Mais, il avait eu le tort d'entrer en conflit avec ses protecteurs qui l'avaient installé au pouvoir. Alors, comme dans les films de gangsters, ils ont décidé de le remplacer par des marionnettes interchangeables et plus dociles. Pétrole oblige... « Apporter la Liberté et la Démocratie », affirmaient-ils, la main sur le coeur. Ils avaient une obsession, toutefois : « Renvoyer le pays à l'âge de pierre », disaient-ils. On ne comprenait pas bien : pourquoi chasser un dictateur imposait-il de réduire l'Irak en cendres ?... Ils ont tout rasé. Méthodiquement. Tout ce qui est interdit par les Conventions de Genève et leurs Protocoles additionnels, ces « Traités internationaux qui contiennent les règles essentielles fixant des limites à la barbarie de la guerre. » Tout : centrales électriques, stations d'épuration d'eau, ponts, ports et aéroports civils, hôpitaux, universités, écoles, usines d'automobiles ou de tracteurs, ateliers mécaniques ou conditionnements de lait et yaourt, fermes d'élevage. Tous les ministères, sauf celui du Pétrole ! « Retour à l'âge de pierre » : mission accomplie. Jusqu'aux musées et sites archéologiques, pillés à l'exemple du sac du palais d'été des empereurs en Chine, en 1860, par les troupes françaises et les britanniques... Détruire, massacrer, piller... Le plus curieux : ils se sont acharnés sur les femmes et les enfants (…) ».(2)

Les sociétés militaires privées

Autres innovations que nous avons déjà rapportées : les sociétés militaires privées. Le vrai mercenariat est du côté de la coalition qui fait la guerre aux peuples irakien et afghan en faisant appel à des mercenaires. Il est né dans le sillage de la « guerre de l'information » et de la doctrine du « zéro mort » suite aux guerres perdues du Vietnam et du Cambodge, expérimenté notamment au Kosovo. Les Etats-Unis sont aujourd'hui déployés dans plus de 50 pays. Les raisons du recours à des sociétés militaires privées sont multiples : politiques : contourner le Parlement américain et éviter la critique populaire. Contourner le contrôle administratif : ne pas irriter l'opinion publique (doctrine de zéro mort). Les morts BW ne sont pas décomptés comme des soldats. A partir des années 2000, parallèlement à la disparition progressive du mercenariat traditionnel, se sont développées les Sociétés militaires privées (SMP) anglo-saxonnes, parfois en renfort d'une milice. Afghanistan et surtout en Irak (Military Professionnal Ressources Inc, Blackwater, Erinys, Aegis) depuis 2003 (...) Blackwater est une multinationale rentable.. ». (3)

« 1 milliard de dollars de contrats avec l'Etat américain. En 2006, le nombre de soldats de Blackwater déployés dans le monde était estimé à 23.000. Le chiffre d'affaires de Blackwater a augmenté de 80,000% entre 2001 et 2006. Entre 2005 et octobre 2007 on a dénombré plus de 195 incidents impliquant Blackwater. Les guerres que mène l'Occident ne sont pas justes et partant, pas morales. Cette guerre dissymétrique de 1 pour 1000 est encore plus amorale quand on utilise les satellites, les drones et les robots. On tue son adversaire sans le connaître à des milliers de kilomètres, à partir d'une salle climatisée du fin fond des Etats-Unis...(3)

Les guerres du futur

Les médias ne tarissent pas d'éloges en décrivant, par le menu, les prouesses des nouvelles armes qui donnent la mort. Cela se fait d'ailleurs dans des kermesses telles que le salon du Bourget, où les marchands de mort viennent fourguer à des roitelets arabes ventripotents les dernières armes toujours en décalage avec l'état de l'art. Il n'est pas question de donner ce qu'il y a de récent. Souvenons-nous du contrat saoudien de plusieurs dizaines de milliards de dollars avec les Etats-Unis. Que va faire l'Arabie Saoudite avec ses armes si ce n'est les retourner contre son peuple ou contre les Bahreinis ?

 Avec un rare cynisme les médias occidentaux faisant la promotion des armes écrivent :
« Pour protéger sa vie, le matériel coûteux et éviter l'enlisement, notamment lors de combats en milieu urbain, le fantassin du futur sera bardé d'électronique et relié en réseau avec l'ensemble des blindés et aéronefs. Il ne s'agit plus de science-fiction, mais d'une réalité. Des fantassins en débarquent à couvert. Ils sont équipés d'un gilet bourré d'accessoires électroniques. Grâce à cet équipement, ils sont tous connectés à un réseau informatisé. Chaque combattant dispose d'un écran lui permettant de connaître sa position et celle de ses camarades via GPS. Ils peuvent s'organiser et communiquer entre eux avec un ostéophone, un système qui capte la voix via la résonance des os (...). C'est la poignée avant du fusil mitrailleur (Famas) qui permet de commander la radio. Ainsi, pas besoin d'arrêter un tir pour actionner un interrupteur. Ces mêmes commandes permettent de régler un tir sans se mettre à découvert (...) Ce même dispositif est doté d'options infrarouges, ou de vision de nuit. Le futur, c'est maintenant. Le combattant porte un équipement électronique qui le connecte en réseau avec la troupe, les aéronefs et les véhicules blindés.(...) Le LOCC, Logiciel opérationnel de conduite du combat, est l'outil de suivi des opérations du chef. C'est une sorte de gros iPad façon militaire, qui peut afficher en temps réel l'intégralité des combattants, véhicules et unités sur le terrain. Les positions des ennemis y sont affichées ainsi que les champs de vision et les directions de déplacement des uns et des autres. Dans un blindé, il est présenté sous la forme d'un double écran tactile. Sur le terrain, les chefs de sections sont, quant à eux, équipés d'une tablette tactique de plus petite taille (..)(4)

On le voit ce qui est important, c’est qu’il y ait zéro mort du côté de l’attaquant, que le matériel soit protégé, au besoin en tuant et aussi que le conflit ne s’enlise pas, car c’est de l’argent perdu…

 La mort en joystick

 Une autre technologique infernale concernant la mort est le drone avec des noms qui font froid dans le dos : drone predator, drones furtifs, drones reapers (faucheuses). Outils favoris des militaires depuis les années 1990, les drones sont de plus en plus utilisés. Ils sont expérimentés sur les faibles qui pensent échapper en vain à l'attaque sans pitié. Nous l'avons vu avec les éliminations des dirigeants palestiniens. Les drones ont, d'ores et déjà, changé la nature de la guerre.

Dans cet ordre, l'histoire que nous allons rapporter est celle d'une bavure parmi des dizaines : « Brandon Bryant était pilote de drone au sein d'une unité spéciale de l'armée de l'air américaine. Depuis l'Etat du Nouveau-Mexique, il a tué des dizaines de personnes. Jusqu'au jour où il a déclaré forfait. Pendant plus de cinq ans, Brandon Bryant a travaillé dans un container allongé de la taille d'une caravane, sans fenêtres, à température constante de 17 °C, et dont la porte était condamnée par mesure de sécurité. Devant les yeux de Brandon et de ses collègues scintillaient quatorze écrans. Sous leurs doigts, quatre claviers. Il suffisait que Brandon presse un bouton au Nouveau-Mexique pour qu'un homme meure à l'autre bout de la planète. A l'intérieur du container, des ordinateurs ronronnent. C'est le cerveau d'un drone. Dans l'US Air Force, on appelle cette pièce un « cockpit ». A cette différence près que les pilotes du container ne volent pas - ils se contentent de piloter. Brandon était l'un d'entre eux. Il se souvient très précisément des huit que décrivait le Predator dans le ciel afghan, à plus de 10.000 kilomètres de l'endroit où il se trouvait. Dans le réticule du drone, une maison aplatie en terre, avec une étable pour les chèvres, se rappelle-t-il. Lorsque l'ordre de faire feu tombe, Brandon presse un bouton de la main gauche, « marque » le toit au laser, et le pilote assis à côté de lui déclenche le tir à l'aide d'un joystick. Le drone lance un missile de type Hellfire. Il reste alors seize secondes avant l'impact. « Les secondes s'écoulent au ralenti », se souvient Brandon aujourd'hui. Enregistrées au moyen d'une caméra infrarouge orientée vers le sol, les images sont transmises par satellite et apparaissent sur son moniteur avec un décalage de deux à cinq secondes ».(5)

« Plus que sept secondes, pas l'ombre d'un humain. A cet instant, Brandon aurait encore pu détourner le missile roquette. Trois secondes. Brandon scrute le moindre pixel sur l'écran. Soudain, un enfant qui court à l'angle de la maison. Au moment de l'impact, le monde virtuel de Brandon et le monde réel d'un village situé entre Baghlan et Mazar-e Charif se télescopent. Brandon voit une lueur sur l'écran- l'explosion. Des pans du bâtiment s'écroulent. L'enfant a disparu. Brandon a l'estomac noué. « On vient de tuer le gamin ? » demande-t-il à son collègue assis à côté. « Je crois que c'était un gamin », lui répond le pilote. « C'était un gamin ? » continuent-ils de s'interroger dans la fenêtre de messagerie instantanée qui s'affiche sur leur écran. C'est alors que quelqu'un qu'ils ne connaissent pas intervient, quelqu'un qui se trouve quelque part dans un poste de commandement de l'armée et qui a suivi leur attaque : « Non, c'était un chien. » (...) Brandon se souvient de son premier tir de missile : deux hommes meurent sur le coup et il assiste à l'agonie du troisième. L'homme a perdu une jambe, il se tient le moignon, son sang chaud ruisselle sur l'asphalte. La scène dure deux minutes. Un beau jour, Brandon Bryant n'a plus eu qu'une seule envie, partir, faire autre chose. L'espoir d'une guerre confortable, sans séquelles psychologiques, a fait long feu ».(5)

La nouvelle guerre par les « ponctuelles »

La guerre moderne est devenue en théorie d’après les stratèges vendeurs de mort, un tel raffinement que les médias main stream qui nous font la promotion de ces nouvelles formes de suppression de vie, utilisent un langage neutre souvenons nous des « ponctuelles » terminologie utilisée par les commandos deltas qui éliminaient pour le compte de l’OAS, tout ce qui dérangeaient aussi bien les bougnoules, que les pieds noirs « tièdes ». En vendant ces informations ces médias se pâment devant les frappes dites chirurgicales tout en sachant que la chirurgie contrairement à son sens morbide dans ces guerres du XXie siècle, est en principe utilisée pour sauver les vies humaines.

 Dans cet ordre, Joe Becker du New York Times démonte la mécanique de mise à mort par les drones. « Au fil de son premier mandat écrit-il c'est devenu la spécialité du président américain : Sélectionner les terroristes à abattre et donner son aval à chaque frappe de drones à l'étranger. Une méthode expéditive qui suscite la polémique. (...) En août 2009, le patron de la CIA, Leon Panetta, a fait savoir à John Brennan que l'agence avait Mehsud dans sa ligne de mire. Toutefois, a prévenu Leon Panetta, la liquidation du chef des taliban au Pakistan ne satisfaisait pas aux exigences d'Obama, pour lequel il faut avoir la « quasi-certitude » qu'aucun innocent ne sera tué. De fait, il était certain qu'une opération causerait la mort d'innocents, puisque Mehsud se trouvait en compagnie de son épouse chez sa belle-famille. (...) Mais pas cette fois. Obama a donné son feu vert à la CIA et Mehsud a été tué ainsi que son épouse et, selon certaines informations, d'autres membres de sa famille. (...) Ce n'était pas vraiment le type de frappe chirurgicale que souhaitait Barack Obama. (...) A juste titre ou non, les drones sont devenus le symbole provocateur de la puissance américaine, foulant aux pieds les souverainetés nationales et causant la mort d'innocents. (...) Le bilan d'Obama a fait reculer l'idée selon laquelle les démocrates sont peu performants en matière de sécurité nationale. Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, Obama s'est révélé plus prompt à dégainer que Bush. Au Pakistan, depuis 2009, Il y eut 261 attaques avec 1819 taliban morts et 87 civils morts pour Obama contre 38 attaques avec 481 morts dont 94 civils avec Bush. Au Yémen, il y eut 48 attaques par les drones contre deux avec Bush (6)

Conclusion : Qu’est ce qu’une guerre juste ?

 Dans une contribution précédente j’avais décortiqué le vocable de guerre juste selon l’Eglise et la charité chrétienne dont se prévalent les semeurs de mort. J’écrivais : « Si l’on croit la théologie catholique "une guerre juste" doit obéir à trois conditions, (...) La première des trois conditions énoncées par saint Thomas est que la guerre ne peut être légitimement décidée que par l’autorité politique souveraine qui a pour fin principale de connaître et de promouvoir le bien commun de la cité ou société politique parfaite. (...) La deuxième condition de la guerre juste est que la guerre soit entreprise pour une cause juste (..°) La troisième condition de la guerre juste est ainsi la rectitude de l’intention de celui qui fait la guerre. L’autorité politique suprême peut entreprendre une guerre pour une cause juste mais en étant mue principalement par une intention mauvaise. (...) On pourrait ajouter une condition que saint Thomas n’affirme pas explicitement : il faut que le belligérant use de moyens militaires légitimes. Il n’est donc pas permis d’user de n’importe quel moyen militaire pour vaincre son ennemi. Il y a des actes qui sont toujours mauvais en eux-mêmes et il n’est jamais permis de les poser. L’intervention des armées américaines et anglaises en Irak, décidée sans l’assentiment du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies » (3) (7)

 Pour Louis Delmas, la guerre n'est plus un affrontement de combattants, même éloignés les uns des autres par l'artillerie ou l'aviation, qui se battent en risquant leurs vies, mais un jeu informatique mortel où des opérateurs confortablement installés à des milliers de kilomètres, assassinent des adversaires en manipulant un clavier. Sous prétexte d'abattre un terroriste, les drones télécommandés envoient à un écran lointain les images de la vie d'une famille qu'ils observent pendant des jours avant de recevoir l'ordre de l'éliminer. Des militaires au chaud dans leur bureau, qui ne connaissent rien d'un champ de bataille, regardent des enfants jouer dans la cour, des femmes faire leur lessive, des vieux jouir du soleil. Jour après jour, la routine d'une existence ordinaire. Puis d'un coup, l'exécution est décidée. L'ordre arrive. Ils appuient sur un bouton. Si la cible est bien ajustée, le terroriste est tué. L'explosion fait le vide. Mission accomplie. Les enfants, femmes, vieillards qu'ils reconnaissaient chaque matin ne sont plus que des cadavres. Difficile à supporter. (...) Qu'est-ce qu'une guerre à zéro mort ? Le robot (...) celui qui tue votre ennemi sans que vous couriez le moindre risque change la face de la guerre. Zéro mort chez l'agresseur, c'est devenu le slogan des nouveaux traîneurs de sabres. Ils disposent désormais d'un moyen de réaliser leur rêve. C'est un encouragement à déclencher des combats qui font impunément des masses de victimes.(8)

Les guerres que mène l’Occident ne sont pas justes et partant pas morales. Quand Bush avait envahi l’Afghanistan, c’était pour délivrer les Afghanes, maintenant c’est pour combattre le terrorisme. Et demain ? Cette guerre dissymétrique de 1 pour 1000 est encore plus amorale quand on utilise les satellites, les drones et les robots. On tue son adversaire sans le connaître à des milliers de kilomètres, à partir d’une salle climatisée du fin fond des Etats-Unis... On rentre chez soi avec la satisfaction du devoir bien fait ,d’avoir été un bon patriote, pendant qu’à des milliers de kms de là , c’est la terreur, le sang, les larmes la désolation, des vies volées et une haine des survivants qui sédimente inexorablement. Que veut dire alors « une guerre juste » ? La question reste posée.


1. http://www.legrandsoir.info/+jean-paul-sartre-explique-une-astuce-de-propagande+.html
2. George Stanechy http://stanechy.over-blog.com/article-noel-les-enfants-de-fa...
3. http://www.legrandsoir.info/Les-societes-militaires-privees-La-mort-par-procuration.html
4. http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/high-tech-4/d/reportage-les-cyberguerriers-de-larmee-francaise_43699/
5. Nicola Abé : Drones:Un ancien pilote américain raconte Der Spiegel 3 janvier 2013
6. Jo Becker The New York Times 7 juin 2012 Jo Becker Comment Obama a appris à tuer avec ses drones The New York Times 7 juin 2012
7. Qu’est-ce qu’une guerre juste ? http://www.etudesfda.com/SPIP/spip.php?article48

8. http://www.mondialisation.ca/la-dangereuse-ere-de-la-telecommande/5314471

 

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger enp-edu.dz


Moyenne des avis sur cet article :  4.11/5   (18 votes)




Réagissez à l'article

18 réactions à cet article    


  • jako jako 9 janvier 2013 07:57

    Merci à vous. La guerre sur internet mériterait aussi à elle seule plusieurs articles.

    Pour les soldats 2.0 ( connectès ) cela crée une grosse faille, il me semble qu’il existe ( à vérifier) des armes electro-magnétiques qui rendent toutes electroniques inopérantes


    • Mmarvinbear Mmarvinbear 9 janvier 2013 12:24

      « Je vends des missiles. Je vends aussi des missiles anti-missiles. J’ai des anti-anti-missiles. Et je vends aussi des anti-anti-anti-missiles. Et vous savez quoi ? Il y a toujours des cons pour m’acheter des missiles. »


      (Franquin)

    • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 9 janvier 2013 12:41

      Et surtout, ça les alourdit énormément tout en leur faisant perdre leur autonomie et c’est donc contre productif en l’état actuel de la technologie.


    • Mmarvinbear Mmarvinbear 9 janvier 2013 11:58

      «  Un article du journal Le Monde a attiré mon attention, il raconte un cas de conscience d’un militaire américain qui, du fin fond d’une salle climatisée de l’Amérique profonde a décidé de voler la vie d’un enfant à 10.000 km de là en le ciblant « grâce » à un drone prédateur. »


      Vous n’avez pas lu correctement l’article. 

      A aucun moment le soldat en question n’a eu l’intention de tuer le gosse. Il est apparu dans le champ de la caméra trois secondes avant l’impact du missile, bien trop tard pour réagir et détourner le missile.

      • Mmarvinbear Mmarvinbear 9 janvier 2013 12:22

        La doctrine est celle de « zéro mort » chez le puissant et le maximum de morts chez l’adversaire. 

        Pas exactement. Le but actuel d’une guerre n’est pas de tuer le plus de monde possible, mais de rendre l’armée ou l’économie adverse incapable de poursuivre le combat et l’amener à capituler. Les officiers ont dû, progrès technique oblige, s’adapter aux nouvelles contraintes médiatiques. Maintenant que chaque fourchette ou presque a une caméra dessus, il convient de limiter les morts inutiles. C’est mauvais pour l’image de marque.

        Pour cela pratiquement un quart de siècle, après la chute de l’empire soviétique, l’hyper-puissance américaine n’ayant plus « l’empire du mal » comme adversaire s’est trouvé un nouveau Satan de rechange, l’Islam. : Ho, il me semble bien que ce sont les soldats au drapeau vert qui ont commencé, non ? Même si le gouvernement américain se méfiait des islamistes afghans avant 2001, ils n’ont pas agi militairement contre avant le 11 septembre.

        Cela s’est fait concomitamment, avec le tarissement des puits de pétrole et les avancées technologiques. Il y avait donc un triple gain, démolir l’Islam, en démolissant le pays musulman, s’emparer des puits de pétrole et expérimenter au réel les nouvelles armes létales pour voir « leur performance ». : Je ne comprend pas l’intérêt de s’emparer de puits de pétroles taris...

        Mais, il avait eu le tort d’entrer en conflit avec ses protecteurs qui l’avaient installé au pouvoir.

        Faux. Hussein s’est emparé du pouvoir en Irak tout seul, comme un grand.


        Tout : centrales électriques, stations d’épuration d’eau, ponts, ports et aéroports civils, hôpitaux, universités, écoles, usines d’automobiles ou de tracteurs, ateliers mécaniques ou conditionnements de lait et yaourt, fermes d’élevage. : Fallait bien reconstruire après, de préférence avec des entreprises américaines... mais bon il faut aussi reconnaître que les soldats irakiens avaient pris l’habitude d’installer leurs batteries d’artillerie sur de tels édifices. Comme si cela allait empêcher les soldats de leur tirer dessus...


        On tue son adversaire sans le connaître à des milliers de kilomètres, à partir d’une salle climatisée du fin fond des Etats-Unis...

        Parce que vous croyez qu’avant, quand on le tuait face à face, on le connaissait mieux ?


        • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 9 janvier 2013 12:37

          Dans le même ordre d’idées, on peut s’interroger du caractère juste ou injuste de bourrer le crâne à un jeune pour qu’il aille se faire exploser dans un bus, un train, un métro ou un restaurant voire un théâtre où il y a plein de non combattants ennemis.

          Ou même, de garer une voiture bourrée d’explosifs télécommandés pour tuer plein d’ennemis non combattants, ce qui est finalement encore pire que le drône vu que dans ce cas on cherche délibérément à tuer un maximum de civils alors que les pilotes de drônes cherchent à éviter de tuer délibérément des civils sans raison impérieuse.

          On ne peut que se réjouir du futur article de l’auteur à ce sujet bien qu’on puisse estimer à juste titre qu’il ne l’écrira jamais !











          • paul 9 janvier 2013 13:06

            La guerre des drones est un terrorisme d’état . Sous prétexte de guerre contre le terrorisme, les états unis se sont arrogés le droit de tuer, sans jugement et sans même être en guerre.
             N’importe quelle région du monde peut devenir leur champ de bataille virtuel, comme un simple jeu vidéo : aucune trace laissée par l’agresseur : c’est chirurgical !
            Rien qu’au Pakistan, qui, aux dernières nouvelles n’est pas en guerre, diverses sources évaluent à environ 3000 morts dont 800 civils le résultat de cette guerre de lâches .
            Ces exécutions sont même contestées par certains militaires, car elles ne favorisent pas le renseignement, et augmentent la haine des populations sur place . Et certains se demandent pourquoi leurs ambassades brulent parfois !

            Obama, le seigneur des drones, est un prix Nobel de la paix qui aura sur la conscience la responsabilité directe de dizaines d’exécutions qu’il aura décidé lui même : ces crimes concernent la Cour Pénale Internationale .
            Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour demander un encadrement juridique (convention de Genève) pour l’utilisation de ces drones .
             Mais quel organisme international peut contraindre les états unis à quoi que ce soit ?


            • Jean-Pierre Jean-Pierre 9 janvier 2013 13:09
              Effectivement la première phrase de l’article est mensongère, mais la réalité est mentionnée en fin d’article. (Ce n’est pas une erreur puisque l’auteur connaît le document et le mentionne.)

              Vers la fin de l’article également il est question de jeu. Mais dans l’événement rapporté, il ne s’agit pas d’un jeu. L’homme qui pilote le drone et obéit aux ordres ne joue pas. C’est un opérateur, un employé de bureau. Comme beaucoup d’autres personnes dans nos sociétés, il obéit à des ordres qui détruisent des milliers de vies humaines.

              Les jeux d’écrans comportent beaucoup plus de risques dans leur déroulement. Le joueur peut perdre. D’ailleurs le but est de gagner en échappant aux risques, en maîtrisant la technique du jeu.
              À aucun moment l’employé américain ne met sa vie en jeu, à aucun moment il ne peut perdre la partie. Au pire il pourra être licencié.
              Par contre, il est possible qu’à un moment il prenne conscience des conséquences de son travail, de ce que coûte sont petit confort quotidien à l’humanité, à son humanité.

              Chacun de nous en est là et devrait peut-être se poser un peu plus de questions sur ce que coûte son petit confort personnel à l’humanité. Mais l’idéologie que véhicule cette société marchande est très performante dans la mise en veille de nos facultés de penser. Elle nous réduit à des individus noyés dans une masse.

              L’employé américain a commencé à réaliser, affectivement, qu’il avait perdu son humanité. Si ça n’avait pas été un enfant, il n’aurait peut-être pas été touché…
              Ses supérieurs eux savent pourquoi ils tuent. Ils se foutent de l’humanité, Obama également. Il a été élu pour le job, et il a eu le prix Nobel… 
              La réponse du supérieur « c’était un chien » visait peut-être à rassurer l’employé, mais c’était peut-être, hélas, une forme d’humour et de mépris.

              Dans ce monde de bêtes, d’illusions et de propagandes, il va être dur de retrouver des petits morceaux d’humanité. On en trouve quand même.


              • Mmarvinbear Mmarvinbear 9 janvier 2013 13:27

                La réponse du supérieur « c’était un chien » visait peut-être à rassurer l’employé, mais c’était peut-être, hélas, une forme d’humour et de mépris.


                Je connais assez d’officiers pour savoir que leur premier travail est de soutenir leurs hommes et de les rassurer afin qu’ils ne s’effondrent pas psychologiquement. Je pense aussi que personne n’est dupe, mais que tous ont besoin de ce mensonge pour continuer à vivre.

                Cela me rappelle aussi un documentaire ou l’on voyait témoigner le pilote qui avait abattu un avion civil coréen qui avait survolé par mégarde le Kamchatka soviétique. Il pilotait un Mig derrière l’avion et il l’a abattu en direct sur ordre de ses supérieurs. Tout le temps de l’interview, il disait qu’il SAVAIT que l’avion était un appareil espion. Mais ses yeux disaient le contraire, qu’ il SAVAIT que c’était un avion civil.

                Se répéter ce mensonge était la seule chose qui l’empêchait de devenir fou. Il vit un enfer depuis trente ans maintenant.

              • bakerstreet bakerstreet 9 janvier 2013 13:29

                L’inhumanité n’en finit pas de faire des progrès !.
                La seule chose qui puisse retenir le bourreau, est peut-être la peur de recevoir une goutte de sans sur son beau costume.
                Sachant que la pièce où nous faisons pêter nos petites bombes est de plus en plus petite, et qu’il est bien difficile de se protéger des dommages collatéraux !
                Voilà à peu près le poids de ce qu’on nomme conscience des états, et de leurs exécutants, blindés par le « bon droit », et quelques formules à l’emporte pièces, tel que « Gott mit uns ! », et ses corollaires.....


                • morice morice 9 janvier 2013 15:54

                  on se rejoint sur le sujet et la conclusion : je me permets de vous conseiller de relire Virilio



                  • TSS 9 janvier 2013 16:38

                    Je n’ai lu que le titre ,il n’y a pas de guerre intelligente !!


                    • Yohan Yohan 9 janvier 2013 22:08

                      Momo ne peut pas s’empêcher d’en profiter de faire de la retape pour son nartik. Jaloux le Momo ? 


                    • captain beefheart 9 janvier 2013 21:38

                      Merci ,bon article . Mais qui a intérêt de le moinsser ?


                      • Yohan Yohan 9 janvier 2013 22:09

                        Ben le Momo smiley


                      • COVADONGA722 COVADONGA722 9 janvier 2013 21:57

                        @L’auteur , bonsoir , compliments, il est rare de lire ici sur ce sujet quelqu’un ayant pris la peine de s’informer et de proposer une approche globalisante du phénomene .Avec votre permission bien que votre prisme culturel interfere je perçois une approche uniquement technicienne de ce qui est une revolution« ou changement » philosophique de mener la guerre.
                        De la meme maniere qu’a chaque cuirasse nouvelle un projectile la transperçant apparait et vice versa , nul ne peut oublier que la frappe du drone est la réponse à la guerre assymetrique menée par des groupes « terroristes » se refugiant hors de portées « legales »
                        une fois leurs actes commis ! Vous invoquez la violence aveugle d’une frappe de drone on vous repondras que le taleb envoyant un gosse se faire sauter agis avec autant d’indiférence ou d’empathie qu’un technicien du joy stiks.Par ailleurs s’affrontent deux philosiohie une ou la vie compte peu ’ex faire sauter une place de marché le jour anniversaire du Maddhi« face à une société hédoniste ou la guerre zero morts s’entend zero des notres.Vous invoquez les mercenaires yep je vous en donne acte nos sociétés repues ont preferées déléguer à d’autre le devoir citoyen de porter les armes je parie que tot ou tard elle s’en mordrons les doigts . Je ne peux m’empecher toutefois d’evoquer la sous traitances remunerée d’actions terroristes par des groupes islamiques aux interets divers , il me semble d’ailleurs que l’anteriorité de ce type d’action meurtrieres et mercantile revient »au vieux de la montagne« et à ses ashashins non ?.Pour en revenir à la technologie vous semblez vous plaindre qu »elle ne soit destinée qu’aux peuples « opprimés » n’ayez crainte il faudra fort peu de temps pour qu’un de nos gouvernants ne s’aperçoive de l’utilité d’escadrons de gendarmes mobiles ou de crs équipés du systeme FELIN par exemple quand au drone la surveillance des bouchons routiers les meneras tot ou tard à cercler sur nos citées.Je n’en renouvelle pas moins mon interet pour votre article.
                        Asinus ne varietur


                        • Patricia 10 janvier 2013 05:06

                          Bon article et je serai curieuse de lire un complément d’analyse faite d’un point de vue 


                          occidental, ce n’est pas une provoc, loin de là, mais je pense que vous apporteriez une

                           observation très intéressante.

                          J’ai bien aimé le passage concernant la façon dont les médias nous manipulent et c’est telle-

                          ment vrai.

                          Concernant la question « qu’est-ce qu’une bonne guerre ? », je pense que c’est celle qui n’a pas

                          lieu.



                          • ecolittoral ecolittoral 11 janvier 2013 17:17

                            Drone pour la guerre, vidéo surveillance, micro hélicoptère, GPS, caméra de l’ordinateur familial...
                            Avec la miniaturisation et l’informatique, on fait ce qu’on veut.
                            Les systèmes téléguidés existent depuis longtemps.
                            Avec un micro avion ou hélicoptère équipé d’une grenade j’aurais pu tuer ma belle mère !
                            Le crime parfait...comme avec un drone.
                            Je n’avais pas les moyens pour le faire...mais le prix de ces petites choses devrait baisser.
                            Sauf si les bombes alimentaires, les bulles financières, les défauts de paiement des états explosent avant la commercialisation.
                            PS : Ma belle mère est morte naturellement il y a un an.

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