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Accueil du site > Actualités > International > Les huit raisons pour lesquelles les jeunes ne se révoltent (...)

Les huit raisons pour lesquelles les jeunes ne se révoltent pas…

ou comment la société a réduit la jeunesse américaine au silence !

 

1. Les remboursements des prêts étudiants.

Un énorme endettement – et l’angoisse qu’il engendre – est un « facteur de paix ». Il n’y avait pas de frais de scolarité à payer à l’Université publique de New York quand je faisais mes études dans les années 1970, une époque où les frais de scolarité étaient si abordables dans de nombreuses universités publiques américaines qu’il était facile d’obtenir une licence, et même des grades universitaires plus élevés, sans avoir à accumuler les dettes pour rembourser des prêts-étudiants.

Actuellement, aux Etats-Unis, deux tiers des étudiants en dernière année de licence (quatrième année, NDT) ont un crédit à rembourser. Alors que l’endettement des étudiants s’élève à près de 25.000 dollars en moyenne, de plus en plus d’étudiants licenciés me disent qu’ils auront à rembourser près de 100.000 dollars. A une époque de la vie où il serait plus facile de contester l’autorité parce qu’on n’a pas de charge de famille, beaucoup de jeunes gens ne s’inquiètent que du coût que représenterait le fait de s’en prendre au pouvoir, de perdre son emploi et de se retrouver dans l’incapacité de rembourser une dette en constante augmentation.

2. Traiter la rébellion comme une psychopathologie

En 1955, Erich Fromm, psychanalyste de gauche très respecté à l’époque, et qui militait contre l’autoritarisme, écrivait : « Aujourd’hui, la fonction de la psychiatrie, de la psychologie et de la psychanalyse menace de devenir l’instrument de la manipulation des êtres humains« . Fromm est mort en 1980, l’année même où une Amérique de plus en plus autoritaire élisait Ronald Reagan à la tête de l’Etat, et où une « Association Américaine de Psychiatrie » de plus en plus autoritaire ajoutait à sa bible de classification des diagnostics (appelée alors le DSM-III) les troubles graves du comportement chez l’enfant et l’adolescent, comme le « trouble oppositionnel avec provocation » de plus en plus en vogue.

Les enfants qui sont assurés par Medicaid – assurance publique pour les familles pauvres – risquent quatre fois plus de se voir prescrire des neuroleptiques que les enfants assurés par le secteur privé, même s’ils n’ont pas de symptômes psychotiques …Des puissants neuroleptiques (comme le Zyprexa et le Risperdal) sont actuellement les médicaments qui réalisent le plus de bénéfices aux Etats-Unis (16 milliards de dollars en 2010). Une des raisons principales, selon le « Journal of the American Medical Association » en 2010, c’est que beaucoup d’enfants qui prennent ces neuroleptiques ne souffrent pas de trouble oppositionnel avec provocation ou d’autres troubles du comportement (ce qui est particulièrement vrai pour les patients en pédiatrie assurés par Medicaid).

3. Des écoles qui apprennent l’obéissance, pas la démocratie

Lors de la remise du prix du Professeur de l’Année décerné par la ville de New York le 31 janvier 1990, John Taylor Gatto choquait une grande partie de l’assistance en déclarant : « La vérité, c’est que les écoles n’enseignent pas grand chose en réalité, si ce n’est à obéir aux ordres. C’est un grand mystère pour moi parce que des milliers de personnes dévouées et attentionnées travaillent dans les écoles en tant qu’enseignants, assistants et administrateurs mais la logique abstraite de l’institution neutralise leurs contributions individuelles ».
Il y a une génération de ça, la question de l’éducation obligatoire en tant qu’instrument servant à créer une société autoritaire faisait l’objet de nombreux débats, mais, alors que la situation est bien pire aujourd’hui, on n’en entend pratiquement plus jamais parler. La nature de la plupart des classes, quelle que soit la discipline enseignée, prépare les élèves à être passifs et à être dirigés par d’autres, à obéir aux ordres, à prendre au sérieux les récompenses et les sanctions données par les autorités, à faire semblant de s’intéresser à des sujets qui ne les intéressent pas, et à se convaincre qu’ils sont impuissants à changer cet état de fait. Un professeur peut faire un cours sur la démocratie, mais les écoles sont essentiellement des lieux antidémocratiques, et donc, ce n’est pas la démocratie qui est enseignée aux élèves.

4 – Les réformes éducatives « No child left behind » et » Race to the Top »

La corporatocratie a imaginé un moyen de rendre nos écoles déjà autoritaires encore plus autoritaires. Ces politiques consistent essentiellement à soumettre les élèves à la tyrannie de tests normalisés, générateurs de crainte, ce qui est, pour une société démocratique, antinomique avec l’éducation.

L’angoisse pousse les élèves et les professeurs à ne plus travailler que pour répondre aux exigences de ceux qui élaborent les sujets des tests. Elle annihile la curiosité, l’esprit critique, la remise en cause de l’autorité et la contestation et la résistance à l’autorité illégitime. Dans une société plus démocratique et moins autoritaire, on mesurerait l’efficacité d’un enseignant non pas à des résultats de tests imposés par la corporatocracy, mais en demandant aux élèves, aux parents et à toute la communauté si le professeur incite les élèves à être plus curieux, à lire davantage, à se cultiver indépendamment de l’école, à chercher à former son esprit critique, à remettre en cause les autorités, et à contester l’autorité illégitime.

5. Montrer du doigt les jeunes qui prennent au sérieux l’éducation – mais pas les études.

Actuellement, environ 85 % des Américains ont un diplôme de fin d’études secondaires, mais ce n’est encore pas assez pour Barack Obama qui a déclaré en 2009 : « Et abandonner le lycée avant la fin des études n’est plus possible. Ce n’est pas seulement faillir à soi-même, c’est faillir à son pays ». Mais, plus les Américains font d’études, moins ils sont conscients de la lutte des classes qui a lieu actuellement, et plus ils sont incapables de contester la classe dirigeante.

Dans les années 1880 et 1890, les agriculteurs américains qui avaient fait peu ou pas du tout d’études avaient créé un mouvement populiste qui avait mis en place la plus importante coopérative de travailleurs en Amérique, avaient formé le Parti Populaire qui avait recueilli 8 % des voix aux élections présidentielles de 1892, conçu un projet de « sous-trésorerie » (qui, s’il avait été appliqué aurait permis aux agriculteurs de bénéficier de meilleurs crédits et aurait cassé le pouvoir des grandes banques), envoyé 40.000 conférenciers dans toute l’Amérique pour l’expliquer, et avaient développé toutes sortes d’idées politiques, de stratégies élaborées, que la population instruite d’aujourd’hui est incapable de concevoir. Aujourd’hui, les Américains sans diplômes universitaires sont constamment montrés du doigt et qualifiés de ‘losers ».

6. La banalisation de la Surveillance.

La crainte d’être surveillée rend la population plus facile à maîtriser. On a beaucoup entendu parler de la National Security Agency (NSA) qui a intercepté les mails et écouté les conversations téléphoniques de citoyens américains, et alors que les dispositifs de contrôle sont de plus en plus fréquents en entreprise, les jeunes acceptent de plus en plus d’être surveillés par la corporatocratie parce que, y ayant été habitués dès l’enfance, la surveillance est, pour eux, une pratique normale.

Leurs parents consultent systématiquement Internet pour connaître les notes des tests de leurs enfants et savoir quelles tâches ont été accomplies, et, tout comme les patrons, ils surveillent les ordinateurs de leurs enfants et leurs pages Facebook. Certains parents utilisent le GPS des téléphones portables de leurs enfants pour les localiser et d’autres parents ont installé des caméras de surveillance chez eux. Je rencontre de plus en plus de jeunes gens qui n’osent pas organiser une fête quand leurs parents sont partis et, donc, comment pourraient-ils oser se lancer dans l’organisation d’un mouvement démocratique sous l’œil des autorités ?

7. La télévision

En 2009, la Nielsen Company disait qu’il n’y a jamais eu autant d’Américains devant un écran qu’actuellement, si on compte les trois écrans » : le poste de télé, l’écran de l’ordinateur et celui du téléphone. Les enfants sont en moyenne huit heures par jour devant un écran, que ce soit pour la télévision, les jeux vidéo, les films, Internet, les téléphones portables, les iPods, et d’autres appareils (en dehors de l’usage qui en est fait pour l’école). De nombreux progressistes s’inquiètent de l’énorme contrôle sur le contenu exercé par les medias de masse, mais le simple fait de regarder la TV— quel que soit le programme – est le facteur de paix fondamental (les prisons privées ont reconnu que fournir des postes de télévisions aux prisonniers peut être une méthode plus économique pour les faire tenir tranquilles que d’embaucher davantage de gardiens).

Pour une société autoritaire, la télévision est le rêve devenu réalité : les gros capitalistes possèdent pratiquement tout ce que les gens regardent. Les programmes-télé qui suscitent l’angoisse rendent les gens plus craintifs et plus méfiants vis-à-vis des autres, ce qui est parfait pour une classe dirigeante dont la méthode se résume à « diviser pour régner ». La télévision isole les gens de façon à ce qu’ils ne se rassemblent pas pour organiser la résistance contre les autorités ; et quels que soient les programmes, les ondes cérébrales des téléspectateurs sont au ralenti, ce qui les met dans un état proche de l’hypnose, et qui n’est pas propice au développement d’un esprit critique.

Même si les jeux vidéo ne réduisent pas autant leurs adeptes à l’état de zombies que la télévision, ces jeux sont devenus pour beaucoup de garçons et de jeunes hommes leur seule expérience de la puissance, or cette « puissance virtuelle » ne constitue pas une menace pour la classe dirigeante.

8. La religion fondamentaliste et le consumérisme fondamentaliste.

La société américaine offre à la jeunesse le « choix » entre la religion fondamentaliste et le consumérisme fondamentaliste. Toutes les formes de fondamentalisme réduisent notre vision et inhibent notre esprit critique. Alors que certains progressistes se plaisent à appeler la religion fondamentaliste l' »opium du peuple », ils oublient trop souvent la nature lénifiante de l’autre fondamentalisme majeur aux Etats-Unis.

Le consumérisme fondamentaliste annihile l’autonomie en formant des individus qui se sentent complètement dépendants des autres et qui sont ainsi plus enclins à remettre le pouvoir de décision aux autorités, exactement ce qui ravit les classes dirigeantes. Un système de consumérisme fondamentaliste légitime la publicité, la propagande et toutes sortes de manipulations, y compris les mensonges ; et quand une société légitime les mensonges et le pouvoir de manipuler, elle détruit la capacité de la population à se faire confiance mutuellement et à organiser des mouvements démocratiques. Le consumérisme fondamentaliste favorise l’égocentrisme, qui empêche la solidarité nécessaire pour organiser des mouvements démocratiques.

Ces aspects ne sont pas les seuls de notre société à désarmer la jeunesse américaine et anéantir leur résistance à la domination. Le complexe industriel agroalimentaire a contribué à créer une épidémie d’obésité infantile, de dépressions, et de passivité. Le complexe industriel carcéral se charge de discipliner ceux qui sont réfractaires à l’autorité, d’autre part, la gestion privée des prisons ouvre la porte à toutes les dérives : en Pennsylvanie deux personnes ont été condamné pour avoir touchés des pots de vin de la part des prisons privées afin qu’ils veillent à ce que les mineurs soient condamnés à des peines d’emprisonnements.

Note perso :

Pour ce qui est des dettes étudiantes, l’évolution s’est faite progressivement. Jusqu’à ce que le système soit complètement corrompu, les étudiants qui faisaient des études supérieures avaient la possibilité de trouver un emploi rémunérateur et, donc, de rembourser leur crédit relativement rapidement. Ce qui explique d’une certaine façon leur manque de réaction à l’époque. Mais, aujourd’hui, les diplômés n’ont plus l’assurance de trouver un emploi à la sortie de l’université (délocalisations, licenciements, crise économique, etc.), et s’ils en trouvent un, ils ne sont pas assurés de le conserver, sans compter que la Sécurité Sociale est de moins en moins à la charge de l’employeur, ce qui signifie qu’il leur faut déduire de leurs salaires les cotisations pour l’assurance maladie ou la retraite. J’ajouterais aussi que les jeunes des pays occidentaux, et en particulier aux US, sont très cloisonnés, ils ne se rencontrent pas, et leurs aspirations et leurs chances de trouver un emploi sont très dissemblables.

D'aprés un article de "Des bassines et du zéle"

http://2ccr.wordpress.com/2015/02/03/les-huit-raisons-pour-lesquelles-les-jeunes-ne-se-revoltent-pas/

Voir : MERVEILLEUSE AMÉRIQUE

« Les biens superflus rendent la vie superflue »… Pier Paolo Pasolini


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35 réactions à cet article    


  • bibou1324 bibou1324 5 février 2015 16:35

    Excellente analyse de la jeunesse américaine. Certains points sont tout à fait transposable en France, malheureusement.


    • Croa Croa 8 février 2015 11:38

      Et ceux qui ne sont pas encore transposables le seront bientôt !


    • lsga lsga 5 février 2015 16:51

      la dernière fois que la jeunesse US s’est révoltée, ça a donnée les 99%, un mouvement dont la seule et unique revendication était le renversement des 1%.

       
      Pendant ce temps là, la jeunesse européenne devient néo-nazi.
       
      La différence ? Les USA appliquent une politique libérale qui unit le prolétariat dans la misère, l’Europe elle recourt massivement aux États Providence qui sont impérialistes par nature, et sources de tous les racismes (« salops d’immigrés ! qui viennent nous pomper notre sécurité sociale financée avec leur pétrole ! »)
       
      Il ne s’écoule pas 3 mois sans qu’une grande révolte d’ampleur éclate quelque part dans le monde. Ce courant de révolte qui fait le tour de la planète va tourner de plus en plus vite, et nul doute que la jeunesse US jouera un rôle de premier plan.
       
      La jeunesse européenne, elle, comme d’hab, ce sera « Heili Heilo »

      • Doume65 6 février 2015 11:38

        Isga, tu devrais prendre des vacances et en profiter pour suivre un stage de méditation transcendantale. Je te jure que ça te ferais du bien. Tu reviendrais moins crispé, plus sociable.

        Tu vois dans l’Europe un endroit du monde où l’on traite les immigrés de salops. Pourquoi pas. Mais alors pourquoi les barbelés et les snipeurs US à la frontière mexicaine ne t’émeuvent-ils pas ?

        Isga, tes propos inquisitoires accusent avec rage tout au long de tes interventions, mais ils sont toujours inutiles et pénible à lire. Pour la simple raison que tu ne proposes rien. Ta posture misanthrope est stérile. On a bien compris que tu hais la société entière, mais on ne comprend toujours pas ce que tu veux. Le sais-tu toi-même ?


      • lsga lsga 6 février 2015 15:27

        je pratique quotidiennement la méditation assise type zazen depuis des années. 

        et toi : tu arrives à rester en tailleurs plus de 30 minutes ? 

      • Doume65 7 février 2015 19:08
        « je pratique quotidiennement la méditation assise type zazen depuis des années. »

        Intéressant. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça ne transpire pas dans ta prose (ni sur le visage de ton avatar).

        « et toi : tu arrives à rester en tailleurs plus de 30 minutes ? »

        Qui est-ce que ça peut intéresser ?


      • JL JL 5 février 2015 17:35

        Isga

        encore : ’’... Les USA appliquent une politique libérale qui unit le prolétariat dans la misère,’’

        Décidément, il ramène tout à sa révolution mondiale qui viendra des US !

        On n’a jamais vu un peuple s’unir dans la misère : la misère c’est la pauvreté sans les moyens de subsistance.

        Les US c’est le pays du chacun pour soi : en haut c’est ’tout pour ma gueule’, en bas c’est ’sauve qui peut’.

        La solidarité y est considérée comme une tare et un vice.


        • lsga lsga 5 février 2015 17:49

          je ramène tout à la Révolution Planétaire, oui. Tu sais pourquoi ? car je suis communiste, et qu’un communiste, un vrai, ça ramène toujours tout à la révolution planétaire. 

           
          La solidarité, comme toutes les saloperies moralistes et éthiques, est une saloperie idéaliste contre laquelle il faut lutter. La solidarité : ça ne veut RIEN dire. L’État Providence est solidaire ? Non, matériellement, il est impérialiste, repose sur le pillage des anciennes colonies. La « solidarité », comme « l’humanisme » et tous les concepts éthiques en général, ce n’est qu’une manière de détourner le débat des questions matérielles. 
           
          Nous ne voulons pas de « solidarité » envers la population, nous voulons le pouvoir pour la population. 

        • JL JL 5 février 2015 17:58

          ’’un communiste, un vrai, ça ramène toujours tout à la révolution planétaire. ’’

          J’en conclue qu’un communiste, un vrai, c’est quelqu’un qui a adopté pour devise  : Demain on rase gratis.

          Ce sera sans moi.

          Plus sérieusement, Isga, je crois que vous êtes un troll déguisé en communiste.


        • lsga lsga 5 février 2015 18:03

          vous ne croyez pas à la révolution planétaire, c’est votre droit. Un communiste, par définition, ça sait que les révolutions se produisent de manière cyclique et régulière, à des échelles toujours plus importante.

           
          Je ne suis pas un troll déguisé. Je suis un troll assumé, c’est à dire un agitateur politique qui fait de la guerre de position. C’est sûr que ça vous change des entristes... 

        • Aldous Aldous 6 février 2015 08:43

          En pratique tu es surtout ridicule.


        • Passante Passante 6 février 2015 10:22

          c’est étrange lsga, vous citez l’histoire récente pour avant tout la nier.

          le mouvement occupy a-t-il échoué oui ou non ?
          clairement oui, flop, fin, c’était chouette, merci.
          bien, en conséquence soit il y a un au-delà de ces 99% versus 1%, soit pas ;
          vous affirmez la certitude que oui,
          et l’on serait curieux, après pareil échec, mondialisé, d’avoir une idée de la suite...

        • lsga lsga 6 février 2015 14:06
          La suite : plus de révoltes, plus souvent, plus synchrones, partout dans le monde. ça fait juste 200 ans que ce cycle s’accélère, de manière exponentielle. 

        • velosolex velosolex 5 février 2015 19:22

          Notons que les révolutions de jeunes, ça n’a jamais existé. 

          Mai 68 me diréz vous....Non mai 68 c’est la révolte d’une société entière, ses acteurs et ses générations au coude à coude pour différentes raisons.....

          Je ne vois vraiment pas ce qui pourrait ressembler à une révolution de « jeunes »...Il y a bien des manifestations générationnelles, mais pour qu’un mouvement d’ampleur marche, il faut qu’elle entraîne les autres ; !

          Et là, les exemples sont légions. Mais pour autant elles n’ont jamais concerné une classe d’age, mais plutôt une classe sociale : La bourgeoisie de 89, éclairée, et qui en a marre du joug moyenâgeux de la noblesse. 

          Il faut donc qu’à un certain moment, l’écart entre l’aspiration d’un peuple, ou de qu’elle pense être ses représentants, soit abyssale par rapport à une réalité. Alors se produit un effet de synergie, proprement dynamique, qui recompose rapidement le paysage qu’on pensait éternel, pour rattraper une forme de retard à combler...les jours de 1830 et de 48 correspondent à cette attente, à cet embrasement. 
          C’est alors comme un barrage qui craque, les eaux qui s’étendent, avant qu’une autre retenue d’eau soit inventée, et que le phénomène se reproduise...

          .Problème, les barrages semblent de plus en plus solides...

          .Faudra t’il un cumul d’eau invraisemblable pour que tout ça craque de nouveau, au grand dam des ingénieurs.....Je ne vous dis pas le tsunami. ....

          Mais c’est vrai que ce genre de métaphore mondialiste aura une actualité,dans sa traduction....

          Les jeunes ne sont pas une appellation contrôlée, au niveau d’une représentation sociale.
           Aujourd’hui moins qu’hier d’ailleurs, où des rites existaient tel le service militaire, creuset républicain, pour faire un tout peu lieu de rencontre entre des gens qui ne se croisaient pas.
           Les guerres, même si elle étaient évidemment déplorables, assuraient aussi cette mixité relative, ainsi que le travail, où la méritocratie individuelle, faisait tête de pont, en dehors des grandes écoles. 

          Enfin, je sais bien que tout cela était très relatif dans cette société de classes qu’est la société française, où la transmission des charges par la fortune est restée assez fidèle à ce qu’elle était sous l’ancien régime. Quoi de commun entre un jeune banlieusard, et son homologue des quartiers ? Les routes de katmandu d’hier sont devenus les routes du jihad d’aujourd’hui. 
          Et les fleurs et les guitares ont été remplacé pour les kalash. 

          Voilà une forme de révolte qui est bien une marque de désespoir absolue, dans son assurance que la vie ne vaut plus qu’un suicide, qu’un remise désespérée en une croyance pathétique d’exister en faisant partie de n’importe quelle famille, même de tueurs psychopathiques.. 

          Si nous nous interrogeons pas ce sur ce, alors nous sommes perdus.


          • devphil30 devphil30 6 février 2015 04:21

            Mai 1968 a été soutenu et subventionné par des officines Américaines en vue de déstabiliser De Gaulle.


          • velosolex velosolex 6 février 2015 11:09

            dev


            Un peu court d’analyse, tout de même. Peut être étiez vous trop jeune à cette époque ,auquel cas renseignez vous. 

            68 fut une année étonnante dans le monde entier, avec des révoltes partout autour du monde : En Hollande, en allemagne, au mexique, en italie et bien sûr précisément aux etat- unis.

            Un coup de De Gaulle ?

          • devphil30 devphil30 6 février 2015 12:01
            Ça devrait à vous aider à mieux comprendre et à ouvrir vos yeux ....

            « En juin 68 Cohn-Bendit déclare à Hervé Bourges : « Il semble que la CIA se soit intéressée à nous ces derniers temps : certains journaux et associations américaines, filiales et intermédiaires de la CIA, nous ont proposé des sommes importantes ; inutile de vous dire l’accueil que nous leur avons fait... »(1). Les sentiments de la CIA à l’égard de de Gaulle, nous les connaissons grâce à un rapport de Richard Helms au président Johnson du 30 mai 1968 dénonçant dans le général un dictateur qui ne pourra se maintenir au pouvoir qu’en versant des fleuves de sang (2). »

            Peut être la volonté de De Gaulle d’évincer le dollar des transactions au profit de l’or , on sait bien que Nixon a suspendu la convertibilité du dollar en or en 1971.


            JFK assasiné en 1963 avait mis en place un plan pour perpétuer la convertibilité or -dollar 

            Autre piste , la volonté de De Gaulle d’instaurer une Europe non féodé aux Américains à la différence de ce que l’on voit aujourd’hui



            Une chose est sûre , De Gaulle gênait les Américains , Jean Monnet le « grand » précurseur de l’Europe était un agent de USA pour organiser l’Europe selon les souhaits des USA.

            Donc un attentat ou une déstabilisation sont les moyens habituels des Américains et cela ne date pas de l’Ukraine .....

            Philippe

          • velosolex velosolex 6 février 2015 13:08

            dev


            Pas vraiment un scoop

            De Gaulle n’est pas bien vu des anglos saxons dés ....40.

             Ils voient en lui l’étoffe d’un dictateur, et surtout quelqu’un capable de s’opposer à leurs intérêts.
             ce en quoi ils ont raison d’ailleurs. 
            Il ne sera donc même mis au courant du débarquement de Normandie, avant la veille. Sûr que les yankees auraient préféré l’amiral Géraud, bien plus malléable. 
            Ou mieux, Darlan 
             vieille baderne pétainiste, assassinée miraculeusement à Alger par des partisans.....gaulistes ?...

            Des démêles de de gaule avec les ricains, moi qui vivait derrière une base us, je peux vous dire qu’elles étaient bien présentes. Ils se sont fait éjecter en 64. La france quitte l’otan en 66....

            On est d’accord donc pour dire que de gaulle génait les yankees, et c’est peu dire. 
            La cia est partout à l’oeuvre, et fait ses coups tordus partout. Ils s’intéressent forcément à tout ce qui se passe, et tentent d’instrumentaliser le moindre coup.
             Mai 68 en fait donc parti. Ce n’est pas pour autant qu’ils en sont à l’origine.
             Il ne faut pas confondre, la cause, et l’effet d’aubaine. 

          • velosolex velosolex 6 février 2015 13:22

            Les manifestations des jeunes américains sur les campus à propos de la guerre du vietnam et de la ségrégation furent déterminantes comme exemple pour la jeunesse du monde, et les événements de 68 qui furent, ne pas l’oublier pas un événement français, mais une succession de révoltes politiques, à l’échelon mondiale. . 

            Revenons à la guerre du vietnam, cette aberration. Lisez les lettres de steinbeck, en tant que reporter de guerre. Ce grand écrivain s’est égaré dans ce conflit perdu, et sa désulusion hatera son doute sa mort. « je rentre pour mourir », dira t’il honteux, après avoir compri que son adhésion à ce conflit était une erreur tragique. 

            mac namara secrétaire à la défense réalisera un peu tard lui aussi combien les états unis s’étaient égarés, et tentera de freiner la tragédie.....

            C’est surtout durant la guerre du Viêt Nam que son rôle fut particulièrement important1, d’abord sous Kennedy (1961-1963), puis sous Johnson (1963-1968). Celle-ci lui demande beaucoup de temps et d’énergie au ministère de la Défense des États-Unis. Sous Kennedy, il programme un retrait progressif des instructeurs militaires américains. Sous Johnson, il s’oppose aux militaires qui veulent sans cesse envoyer plus d’hommes ; dans ces entretiens avec le président, il cherche à désengager l’armée US. Mais cette position est contraire à celle du président Lyndon B. Johnson, qui souhaite prolonger une forte présence militaire au Viêt Nam. Son rôle durant la guerre du Viêt Nam reste controversé, puisque c’est sous son mandat qu’eurent lieu l’emploi de l’agent orange et l’opération Rolling Thunder. McNamara est finalement démis de ses fonctions de secrétaire à la Défense en 1968.) ...Sources wilkipédia....

            La CIA est bien comme ses corollaires à l’est, la stasi, un état paranoIaque dans l’état.Il est bien difficile d’appréhender les années 60 en perdant de vue la paranoïa toujours à l’oeuvre, les tensions est ouest qui ont failli dégénérer en guerre atomique. 

          • Kraustillant 6 février 2015 13:35

            @velosolex :


            Les jeunes n’ont pas vraiment besoin du service militaire pour se croiser malgré différents milieux sociaux. Vous allez dans n’importe quelle association et vous verrez qu’il y a des jeunes (et pas que) de tous bords qui œuvrent ensemble pour le futur. Il y a un dynamisme certain en France, il y a un tissu associatif très fort qui bouscule les représentations rances qu’elles soient de gauche et de droite. Mais on préfère écouter les sirènes...

            Et puis cette phrases « les guerres, même si elles étaient déplorables, assuraient cette mixité relative » franchement... Une chtite guerre, rien de mieux pour le moral et remettre sur les rails de la nation les brebis égarées. Quo ide mieux que la franche camaraderie des tranchées tiens ! Personne ne veut et n’a besoin d’une guerre, PERSONNE. C’est une chimère de bourgeois et d’intellectuel.

            Quant à la méritocratie, ça fait plus de 2000 ans que le livre de Job existe et on a visiblement toujours pas compris que c’était une chimère :( 

          • velosolex velosolex 6 février 2015 14:12

            A mon époque, j’étais plutôt pacifiste, et j’ai fait le service militaire à reculons, alors ne comptez pas sur moi pour faire l’apologie de l’armée en tant que telle.


             Comme je le dit « même si les guerres étaient déplorables »...Je me place donc en tant qu’observateur, pas en tant que militariste.

            Ceci dit , avec le recul je ne regrette pas d’avoir fait cette expérience ( sociale plus que militaire) d’y avoir croisé des gens que je n’aurai pas rencontré ailleurs, et je constate comme beaucoup d’autres observateurs, et qu’il n’y a pas eu apparition d’un rite de remplacement, et que les classes sociales se sont enkystées dans leur quartier respectif, fantasmant l’autre, le diabolisant. 

            La méritocratie....Je fais référence à ma propre expérience, par exemple puisqu’ayant quitté l’école à 17 ans j’ai pu malgré tout accéder à un bon métier et à un niveau de responsabilité auquel je n’aurais pu prétendre à l’heure actuelle, où la diplomite a été inventé afin de donner à la bourgeoisie l’avantage que l’achat de charges lui permettait d’acquérir sous l’ancien régime. 

            Je pourrais parler autant du trajet de tant de gens que j’ai croisés, et pour lesquels la voie n’était pas condamné malgré une scolarité courte, mais qui néanmoins leur avait donné des bases certaines. On pourra épiloguer longtemps sur la baisse de niveau....
            Et la désespérance, et le regard méprisant jeté par une élite auto proclamée, refusant de lire Bourdieu, sur cette nouvelle plèbe.

            je comprend le désespoir de jeunes à qui l’on a barré la route.
             Je pense qu’en même temps que le service civil il faudrait réactiver les écoles professionnelles de la deuxième chance ; en ce sens il est absurde d’avoir torpillé la FPA qui fournissait auparavant espoir et propositions à des gens déclassés, et qui pouvaient se remettre à espérer. 

            Une jeune sans espoir, c’’est un jeune qui se radicalise, qui est bon pour n’importe quel suicide. 

            Ces billets sont très courts, et il est facile de trouver une phrase bancale, pour s’appuyer dessus pour systématiser une pensée qui s’approfondirait beaucoup plus, dans les nuances et les reparties d’un discours. 

          • Kraustillant 6 février 2015 14:28

            Le but n’est pas de vous adresser un anathème, mais ce passage de votre billet intervient à un pivot de votre discours et donne l’illusion de se faire l’écho de la désespérance actuelle, et brouille votre point (d’où ma réaction, qui était un appel (virulent certes) à une clarification).


            Je suis bien évidemment d’accord sur la disparition d’un « rite » incluant tous et toutes. Il y a bien le service civique qui point aujourd’hui, mais il faudrait le rendre obligatoire et éviter que des structures l’utilise comme statut avantageux pour sous-payer des bacs+5 .....

            Il faudrait d’ailleurs épiloguer longuement sur la baisse de niveau des élèves, sur la sur-spécialisation de surface, sur le statut des enseignants, sur la représentation du savoir aujourd’hui, sur la question de la transmission, sur le décrochage scolaire et le mépris de tout ce qui n’est pas cadre+diplôme : c’est un drame majeur de notre pays, qui va bien plus loin que les questions cosmétiques de minute de silence.

            Questions voisines également du mépris et de la haine des jeunes en France, on se demande pourquoi il y a expatriation, mais ailleurs, on ose confier des responsabilités, on ose dire aux jeunes que ce qu’ils font est intéressant, mérite d’être considéré (loin de moi l’idée de dire que c’est un nirvana où le travail est facile, le labeur sans risques ni transpirations, et l’amour omniprésent)

            On s’étonne qu’une engeance démoniaque comme Coulibaly se radicalise et on en appelle à l’ire céleste contre ces chiens. Il faudrait peut être commencer par se poser des questions. La terre et les morts ? mouais....

          • velosolex velosolex 6 février 2015 16:34
            Kraustillant

            Sans doute qu’une déréalisation du monde est à l’’oeuvre, revers de la mondialisation, par le biais communication quasi névrotique, faisant écho à chaque instant, avec ses travers obligés.
             Chacun est pris en otage, et est sommé de se définir. 
            On doit faire partir d’un clan, rempart contre la noyade. 
            La tribu est le nouveau mode d’inclusion qui a pris le relais des modes d’incorporation délaissés, ou auxquels on n’a plus accès : Le travail qui devient un luxe enviable. 

            C’est vrai, merci les associations qui sont le levier apparu dans les déserts, étant donné que la nature a horreur du vide laissé par des états fous, qui ont oublié leurs prérogatives, leurs idéaux. 

            Les causes d’un manque de révolte sont là : Les jeunes sont segmentés, clivés dans des groupes sociaux plus vastes, peut être rassurants : Bourgeois, culturels, identitaires et malheureusement religieux, sectaires.....
            Chacun pense à raison ou a tort s’en tirer par cet itinéraire de délestage.

            On est bien loin des années 60 où une immense vague s’était retrouvée, toutes classes sociales confondues, avec parfois avec naïveté, mais aussi beaucoup d’enthousiasme, dans des idéaux politiques, en opposition aux pères et à leurs valeurs issues de la guerre, et qui étaient totalement ringardisées, brocardées, souvent de façon paroxystique et caricaturale : Le patriotisme, la religion, le sexe, le travail, et toutes les notions tournant autour de ces valeurs, qu’on définissait bourgeoises.... 

             Notons que les valeurs et les représentations tournant autour du travail ont bigrement évolué, au fur et à mesure que celui ci se raréfiait.

            Le monde a vieilli avec toute une génération. Je comprends que les jeunes soient excédés de voir des papys boomers détendeurs du capital, continuer à s’éclater et à jouer à l’éternelle jeunesse, parfois bien pitoyable, alors qu’eux sont tenus à être excellents, avec CV impeccable, plan de carrière, adulte plus que les adultes. 
            Le tout pour des salaires et des statuts en régression constante.

             Un corset est tombé sur toute une jeunesse sur laquelle des techniques de harcèlement enrobées d’un bien à penser et de justifications démagogiques, font précisément penser à ces absurdités que vous pouviez rencontrer pendant votre service militaire, la popote au moins....

            Les fachos s’inspirant du coran ( daesh) ont bien compris eux, l’utilité du service civique, à leur manière ; c’est comme ça qu’ils apattent des gamins en les incitant à entrer en lutte pour défendre des idéaux ( libérer les populations, faire l’infirmière)


            Il faut remettre le moteur du rêve en marche, partager ou crever. 
            Faire une place à chacun.
             On ne vit pas pour entasser un capital, mais pour donner un sens à sa vie.
             Les jeunes sont aussi des visionnaires à leur façon, épidermiques en tout, et s’ils se radicalisent, c’est qu’il veulent quelque chose de plus que ce leur propose la course aux dividendes, tel qu’on pourrait définir le monde actuellement. 

            Nous sommes à ce niveau dans un cul de sac, et si« je suis charlie » a montré quelque chose, c’est qu’il reste des braises bien vivantes, un niveau de mobilisation pour des idéaux. 

          • tf1Groupie 5 février 2015 19:24

            Tes arguments sont ridicules Robert ; notamment celui des écoles qui « apprennent l’obeissance ».
            Alors que les élèves n’ont jamais été aussi désobeissants et retifs à l’autorité qu’aujourd’hui.

            Tu es juste déçu parce que tu es omnubilé par la révolucion, et d’ailleurs jusqu’à la caricature.
            Une sorte de TOC de rebelle has-been.
            Comme si se révolter était une obligation, une fin en soit.

            Les jeunes ne se révoltent pas car ils ont très peu de raison de se révolter, parce que, tous simplement ils n’ont jamais aussi gâtés pourris qu’aujourd’hui. Parce qu’ils sont loin, très loin d’être malheureux.

            Et ça te défrise de reconnaitre cette évidence.


            • zygzornifle zygzornifle 6 février 2015 08:27

              l’Iphone est le maillon qui hélas unit la jeunesse.....


              • Kraustillant 6 février 2015 13:54

                Si seulement jeunes et vieux et moins jeunes et et moins vieux arrêtaient de se mépriser mutuellement..


                Il y a des jeunes qui utilisent l’ipad pour manœuvrer des équations non linéaires, des fractales, pour accéder à ce trésor de savoir(s) que peut être internet, pour lire ce qu’avant seul les riches pouvaient avoir accès à (en un clic, j’ai accès à Lao Tseu comme à Faulkner, en passant par Tchekov et Pascal, etc etc), pour créer des plates formes de partage, pour communiquer les uns les autres, pour se rencontrer, pour créer, que ce soit avec d’autres jeunes, avec d’autres classes. 

                Qu’est ce que vous renvoyer comme image à un jeune avec une telle phrase ? « l’iphone est le maillon qui hélas unit la jeunesse...... » Parce que la jeunesse a le monopole de la futilité et de la stupidité peut être ? Si les vieux ne leur font pas confiance et ne leur offre pas le cadre, la discipline et l’horizon nécessaire, en quoi voulez vous qu’ils croient ? en cette modernité dégénérée ?

                Vous avez déjà lu le « jeu des perles de verre » d’Hesse ? L’enfant/l’ado, le jeune, ne demande qu’à découvrir, qu’a entendre l’écho du passé pour construire présent et futur. Mais quant à ses oreilles ne parviennent que menaces, invectives, rodomontades, imprécations contre l’autre, contre ceci, contre cela, qu’il est fainéant, stupide, pas ceci, pas cela, que c’est trop tard, que c’est le jugement dernier etc.. il lui faudra des trésors de volonté pour s’isoler de ce chant des sirènes et trouver la force de construire, seul, quant la tentation de l’hédonisme forcené et de la désespérance est si forte.


              • gogoRat gogoRat 8 février 2015 16:04

                Oui ! mais plutôt :
                 « la tentation de l’hédonisme forcené » et « la désespérance » (sans le « de »)

                 (la désespérance n’est pas sujette à tentation !)


              • Doume65 6 février 2015 11:41

                On est trompé sur la marchandise : l’étiquette annonce une étude sur la jeunesse, or nous avons une étude des USA.


                • soi même 6 février 2015 12:53

                  Oui bien sur en apparence vous avez raison, n’oubliez jamais que ce n’est que l’apparence, un fait est sur avec ses points qui le contredise, la banalisation de la drogue et de l’autre leurs faneuses fêtes de fin d’étude, et trompeur, il y a une violence sourde contenue, qui s’exprime aussi bien dans cette tentation vers le survivalisme que de d’affilé à des réseaux sociaux où la monté en puissance de gang, fait en apparence l’eau du lac dort, l’Amérique est à l’image de son volcan national, tous vous dirons qui gronde, c’est une menace et personne pour l’instant dise que c’est pour aujourd’hui, ils disent tous c’est pour demain ! 
                   


                  • Bubble Bubble 6 février 2015 18:45

                    Devant mon ordi en cherchant une réponse à écrire, je ne vois pas de raison de me rebeller et d’aller cogner sur des gens. Je ne comprend pas du tout la première des huit raisons énoncée : l’endettement étudiant ce serait pas au contraire une motivation forte pour aller brûler les factures ? L’idée qu’une révolution émane d’un sentiment solidaire me fait assez rigoler aussi, les révolutions de l’histoire m’apparaissent bien plus comme une somme de désirs égoïstes, même si justifiables, que de l’émergence d’une conscience commune.


                    A tout hasard, je veux bien un mode d’emploi, la révolution c’est avec des panneaux et en faisant des bisoux façon 99% ou bien avec une kalash et en butant des symboles de la république - quitte à crier que mon symbole à moi est grand - façon « Je tue Charlie » ?

                    • velosolex velosolex 6 février 2015 19:08

                      Une révolution, contrairement à beaucoup de choses actuelles, ce n’est pas virtuel.

                       Il suffit de regarder l’histoire. 
                      C’est vrai qu’actuellement, voilà un bon moment que ça ne s’est pas passé. 
                      On se persuade donc que tout cela n’appartient qu’a une époque révolue 

                      En 14, les gens avaient la même impression.
                       Pas de guerre depuis 50 ans. Voilà un sentiment de confort qui fait que vous arriviez à douter de l’émergence d’un nouveau conflit, cette chose barbare appartenant au passé. Et qu’en tout cas, s’il y a une nouvelle guerre, elle sera optimiste, moderne, courte, et gagnante à tous le coups ! 
                      Ah, le fol optimiste des fils de famille à qui tout a toujours réussi et qui croient pouvoir prévoir l’avenir en jouant avec les probabilités, comme au jeu de la roulette.

                      Mais l’histoire obéit à des lois physiques : Comme pour un feu, il suffit qu’il y ait une convergence de facteurs réunis pour que ça s’embrase. 
                      Pas à chaque fois, mais la répétition et le rapprochement des facteurs rend l’avènement de la crise de plus en plus probable. 
                      Généralement on n’a pas le temps de la prévoir, de peindre des pancartes.
                       Une révolution se programme difficilement. Pour la bonne raison qu’elle connait l’art de la fugue, de déjouer les pronostics et d’utiliser toujours un espace que les autorités n’avaient pas prévu d’investir. 
                      Louis seize en perdra la tête, à force de défendre sa perruque. 

                      Les jeunes ne sont pas une classe à part, mais bon nombre d’eux sont une composante d’une sorte de tiers état, où l’on peut agglutiner tous les exclus, toutes générations confondues, et ils sont de plus en plus nombreux. 

                      Quand un pour cent possède autant que les 99 autres, voilà une cause objective de révolution. L’age du capitaine n’ayant rien à voir la dedans

                    • Bubble Bubble 6 février 2015 20:04

                      Bonsoir, merci pour cette réponse, je suis d’accord avec ce que vous dites.


                      Cependant, je faisais référence à mon ordinateur non pas pour faire une comparaison réel/virtuel mais plutôt pour dire que dans la conscience mondialisée que peuvent avoir des jeunes et moins jeunes aujourd’hui, avoir le privilège de discuter sur internet avec son propre ordinateur me fait me classer plus près du 1% que du dernier des 99%. 
                      Du coup, avec une grille de lecture mondiale, le jeune occidental se sentirait peut être plus Louis XVI que révolutionnaire. Je connais beaucoup de réfugiés immigrés clandestins ou non du fait de mes activités associatives et après avoir eu un aperçu de leur enfance, il ne me viendrait pas à l’esprit de me prendre pour l’exclu.

                    • velosolex velosolex 7 février 2015 12:33

                      Bubble


                      Je vous comprend tout à fait. 
                      Tout est relatif en ce monde
                      Il faut parfois avoir eu faim une fois dans sa vie, ne pas avoir eu de toit sur la tête, pour hiérarchiser les choses. 
                      Et se féliciter chaque matin d’avoir ce confort , que d’autres trouverait minables ( les pauvres dirais-je)

                      Je viens de lire « Eldorado », de Laurent Gaudé, un livre remarquable, qui raconte deux destinés ; celle d’un capitaine de frégate italien, sauvant les immigrés, dépressif, gagnant l’afrique et la mort. 
                      L’’autre histoire s’intéressant au sort de ceux d’en face, prêts à tout pour survivre, et animé d’un bel instinct de vie. 

                    • Baasiste 2 7 février 2015 00:41

                      une raison oublié : cacher comme robert gil aux gens la vraie nature du capitalisme, ses finalités, son fascisme et satanisme, ses plans, ses secrets, facettes cachés, complots, etc...

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Robert GIL

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