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Les institutions judiciaires québécoises déstabilisées par les gangs de rue

Mais que se passe-t-il dans “la belle province” ? Depuis quelques années, les gangs de rue et leur cortège de violences se développent sur le territoire québécois. Le phénomène inquiète. Il fait voler en éclats le sentiment de paix sociale et mine la sécurité des citoyens. Depuis peu cette violence envahit l’intérieur même de certains palais de justice du Québec. Les menaces proférées contre les procureurs se multiplient et l’institution judiciaire semble désarmée.

Selon une étude, récente, du Centre international de criminologie comparée de l’Université de Montréal, 49 % des élèves qui fréquentent des écoles montréalaises croient que la violence des jeunes est souvent reliée aux gangs. Bien plus, 11 % d’entre eux rapportent avoir déjà participé à une bataille de gang. Autant dire que les affaires judiciaires liées aux gangs sont monnaie courante pour les tribunaux québécois.

Force est de constater que le niveau d’organisation de ces groupes s’affine. En tout état de cause, la peur n’est pas de leur côté. Des membres de gangs de rue ne se gênent pas pour photographier avec leur téléphone cellulaire des procureurs dans l’enceinte même des tribunaux. La pratique a commencé au tribunal de la jeunesse, s’est ensuite étendue au Palais de justice de Montréal, où elle a suscité les premières plaintes cette année.

Et ce ne serait, selon le quotidien La Presse, qu’un exemple parmi d’autres de gestes d’intimidation. La dérive est suffisamment importante pour que le ministère de la Justice place sous escorte policière des procureurs de procès médiatiques, et que l’Association des substituts du procureur général du Québec formule officiellement ses inquiétudes.


Cette dernière, qui regroupe 420 procureurs, reproche à son employeur, le ministère de la Justice, de ne pas en faire assez pour garantir la sécurité de ses membres. Au cours de la dernière année, plusieurs procureurs ont demandé à leur association de revendiquer des stationnements sécuritaires à l’usage exclusif des employés de palais, notamment. En région, il n’est pas rare que les procureurs doivent partager le même stationnement que des accusés ou la famille d’accusés qu’ils veulent faire condamner. De nombreux procureurs font état du manque de réactivité de leur ministère lorsqu’ils demandent des mesures de sécurité.

Leur revendication est aussi simple que surprenante : un environnement complètement sécuritaire, exempt de toute forme de menace et d’intimidation. Le signe que la première bataille a déjà été gagnée par les délinquants.


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14 réactions à cet article    


  • jak (---.---.52.62) 14 décembre 2006 12:40

    En 1982 a Québec ville, un réfugié politique français due a la vague rose qui avait déferlée sur notre territoire, me disait sa déception a l ’égard de la politique menée par les élus québécois qui me disait -il est pire qu’en France, l’histoire semble lui donner raison


    • miaou (---.---.169.199) 14 décembre 2006 13:38

      Je me souviens d’une émission à l’occasion des émeutes en banlieue, au cours de laquelle un journaliste québecquois faisait doctement la leçon à la France (au sujet de la délinquance, de l’immigration...), tant en vantant les mérites du modèle canadien. Nous voilà bientôt tous logés à la même enseigne.


      • spud (---.---.254.75) 14 décembre 2006 14:24

        Intéressant mais « un environnement complètement sécuritaire, exempt de toute forme de menace et d’intimidation », serais-ce pour tous dans les 2 sens ?

        Pour avoir été une fois dans un tribunal français pour un petit délit, quand on est accusé, pas de menace mais on est bien plus qu’intimidé...


        • Jimmy (---.---.178.30) 14 décembre 2006 16:48

          On va vous envoyer Sarkozy.

          Chez nous, en France, il s’est occupé de la violence des jeunes et maintenant ça va beaucoup mieux.


          • Le sudiste (---.---.58.178) 14 décembre 2006 19:57

            Très drôle !

            Je mets 10 euros pour le billet d’avion !


          • (---.---.38.171) 14 décembre 2006 18:05

            alalala... les « anglo-saxons » et leur belle morale « anti-france »... encore 1 ou 2 attentats chez eux et ils demanderont l asile politique a sarkozy qui s agite plus qu il n agit et qui au final ne resout rien...il n y a pas de solutions radicales a ces problemes excepte un affrontement direct et des JUMBO JET pour le retour. les USA vt se mondialiser par lachete...bientot des emeutes comme celle de LA en 92(55 morts)...youpi, vive les annees coluche, renaud, restos du coeur,desir de de-sintegration.,« culture » banlieue...tt cela bien sur au nom des droits de l homme...


            • nono mulder (---.---.243.79) 14 décembre 2006 18:22

              Houlà, pas d’affolement : le phénomène des gangs n’est pas si nouveau... J’ai séjourné, moi aussi, à Montréal (en 1985) : à l’époque, l’affaire judiciaire qui défrayait la chronique était liée à un gang de « hell’s angels » canadiens ayant pour pratique de couler dans du béton, puis de les jeter dans le St Laurent, les victimes d’assassinats que certains puissants leur avaient commandité... et tout à coup, ce serait l’apocalypse dans la Belle Province ?


              • candide (---.---.181.219) 14 décembre 2006 23:47

                Jusque dans les années 90,tout le commerce illégal était au mains des gangs de Hells.Tout en étant pas des enfants de choeur,ils étaient intégrés à la société québécoise,et les épisodes de violence étaient reliés à des règlements de compte entre Hells.Surtout,ils controlaient très bien la production de pott(Québec 1er producteur en Amérique,et les variétés de pott Québécoises sont réputées pour leur qualité).A la fin des années 90,le gouvernement canadien a lancé une opération d’envergure contre les gangs de motards.La hiérarchisation de ces derniers a permi aux autorités de leur porter un coup fatal en enfermant les chefs.Mais ce faisant,le gouvernement a laissé la porte du marché illégal grande ouverte.Par cette porte s’est engouffré tout ce que le québec comptait de mauvais garçons,vite organisés en bandes.

                Là ou il y avait auparavant deux grandes bandes rivales qui se partageaient le territoire,il y a maintenant des dizaines de gangs.Les réseaux de prostitution et de culture de pott se sont multipliés.Et surtout,les actes de violence gratuites sont de plus en plus fréquents,parce que des jeunes cons avec beaucoup d’argent et beaucoup d’arrogance sont toujours des cons dangeureux.J’en arrive à regretter mes bons vieux truands cinquantenaires .

                Alors pour résoudre le problème des gangs de rue,libérez Môme Boucher,ça va être sanglant pendant quelques mois,mais aprés ça,il n’y aura plus de gangs de rue,et les montréalaises pourront remettre leurs mini-jupe sans se faire emmerder.

                Sinon,légalisez le pott et la prostitution,ce qui coupera les sources de revenu des gangs,et les fera disparaître.

                Dernière solution,mais plus alléatoire.Depuis 3 ou 4 ans,les Chinois se sont lançés aussi,alors empêchez les d’exporter leur production vers les USA,et ils seront bien obligés de débarraser le Quèbec de ses gangs pour pouvoir continuer à écouler leur marchandise.Ce qu’il y a de bien avec les chinois,c’est qu’ils sont très efficaces et très discrets.

                P.S. Si quelqu« un pouvais me dire comment placer un accent grave sur un »u",ce serait bien apprécié.

                Pour que tout soit pour le mieux dans le meilleur des mondes.

                Candide


                • Jojo2 (---.---.47.178) 15 décembre 2006 09:36

                  Copiez collez le code de ce site ASCII

                  ù

                  It works !


                • Candide (---.---.254.85) 16 décembre 2006 23:32

                  @Jojo

                  J’ai rien compris mais merci

                  Candide


                • laurent (---.---.188.194) 18 décembre 2006 12:30

                  le seul pays sûr, c’est maintenant le japon, mais eux, ils ont jamais eu de grandes idées de façade, ils ont toujours dit « on veut des étrangers... pour bosser dans les universités, pas pour toucher les aides sociales », quand aux jeunes violents dans les rues, il suffit de quelques patrouilles de flics pour les calmer, mais bien sûr, dès qu’on dit ça, levée de boucliers chez les soixante-huitards ( qui eux vivent dans les quartiers les plus sûrs )


                  • quincy (---.---.38.65) 4 janvier 2007 11:24

                    Tu vis dans quelle monde Jimmy ? Sarkozy a fait baisser le niveau de violence ? Il faut avoir sa carte à l’UMP pour affirmer de telles choses...


                    • kloporte (---.---.165.200) 20 janvier 2007 19:24

                      L’ironie et le second degré ne sont plus de ce monde, je le crains smiley


                    • azaran 7 janvier 2007 23:22

                      Étant né au Québec et de par ma vocation de philosophe autodidacte, je suis privilégié en ce sens que j’ai vu évolué le climat social de cette province en ce qui concerne la sécurité pour ses citoyennes et citoyens.

                      Un constat s’impose, de prime abord, qui est que le Canada - pays avec une population majoritairement anglophone - est fortement influencé, d’un point de vue anthropologique, par la culture anglaise états-unienne. Et pour quiconque a observé, mieux encore, recherché sur la culture anglaise états-unienne, elle ou il aura remarqué que la violence est intrinsèque à cette dernière de par les innombrables manifestations d’expressions violente que l’on peut observer dans ses multiples activités (films, vidéos musicaux, romans, compétitions sportives, statistiques d’actes criminels, etc.).

                      Le Québec bien entendu n’est pas à l’abri de cette influence malgré la différence linguistique du fait français. Je donne à titre d’exemple le fait que 15 ou 20 ans passés le phénomène de ce que les Anglais appellent un « drive by shooting » (arbitrairement traduit par fusillade en automobile), qui est populaire chez les gangs de rues de Los Angeles, n’existait pas au Québec. Malheureusement, cela fait maintenant partie de la culture québécoise. Mais ce qui révèle le plus le laxisme disciplinaire du système judiciaire, face à la criminalité au Québec, est l’acceptation par la population générale du phénomène. J’ai cessé de compter le nombre de fois où, lors de l’écoute d’un bulletin de nouvelles, on avait utilisé le terme « bande de motard criminalisée » en faisant référence aux « Hell’s Angels ». On ne peut que constater la dichotomie entre une société de loi qui dit être contre la violence alors qu’elle permet en son sein l’existence d’un groupuscule qui s’adonne ouvertement à des activités criminelles reconnues de la population générale et qui n’hésite pas à utiliser la violence lors de ces mêmes activités criminelles.

                      Les observations de Henry Moreigne sur le manque de protection pour les procureurs qui subissent l’intimidation des criminels jusqu’à l’intérieure même des palais de justice, de la population estudiantine qui est confrontée à la violence dans leur milieu scolaire, alors que leur seule préoccupation devrait être l’étude, ces observations confirment la graduelle dégradation de la paix sociale face à des gens qui n’ont aucun respect ni pour la loi, ni pour leurs semblables.

                      On présentait à la télévision dernièrement un documentaire sur un des gangs de rue le plus imposant des États-Unis, connu sous le nom de « MS13 » ayant plus de 100 000 membres. Pas étonnant qu’au Québec, on ait un problème similaire. La culture la plus médiocre de la planète, la culture anglaise états-unienne, ne fait pas qu’exporter des produits et services chez les pays qui font commerce avec elle. Elle exporte aussi un mode de vie, une philosophie de la violence qui la rend plus dangereuse encore que la plus virulente des pestilences.

                      Bien que j’approuve les revendications des procureurs qui réclament un environnement complètement sécuritaire, il me désole de réaliser que leur revendication ne sera pas entièrement satisfaite pour la simple raison que restreindre les déplacements à l’intérieur des palais de justice deviendrait coûteux du point de vue sécurité et sévir contre les intimidateurs ne fera qu’alourdir le rôle du processus judiciaire déjà surchargé. Et je n’aborde même pas les coûts impliqués pour réaliser une sécurité complète ou les contestations constitutionnelles à prévoir suite à des restrictions de mouvements ou déplacements de suspect(s) impliqué(s) dans une cause judiciaire.

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