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Les pays de l’Asie médiane : les enjeux d’une stabilité plus que jamais fragile

 
 
 
Les pays de l’Asie médiane : l’Afghanistan, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Turkménistan, le Pakistan et l’Iran, constituent aujourd’hui une région stratégique, et une zone importante sur les plans géopolitique et géoéconomique où chacun des grands de ce monde, les Etats-Unis, la Russie, la Chine et bien entendu l’Europe, tient à exercer son influence et imposer sa présence.
Cette région a déjà, durant les siècles écoulés, connu diverses invasions de peuples voisins tels les Mongols, les Indo-Aryens, les Grecs, les Turcs, les Perses, les Arabes, entre autres.

LA PERIODE COLONIALE
Au cours de la période plus récente des XVIIIe et XIXe siècles, les empires britanniques et russes se sont livrés à une véritable course pour s’approprier tous les territoires de l’Asie médiane. Les deux grands s’étaient engagés, durant de longues années, dans une lutte sans merci, pour garantir la sécurité de leurs territoires respectifs, les Russes voulant aller plus loin au Sud et les Britanniques cherchant à trouver une barrière naturelle qui constituerait une frontière sûre pour leurs acquisitions aux Indes.
Dans les années 20, la Russie a annexé à son empire la plupart des pays de l’Asie centrale et plus particulièrement le Kazakhstan, Kirghizstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Turkménistan.
Le Pakistan faisait partie jusqu’en 1947 de l’empire britannique des Indes. L’Afghanistan est le seul pays de la région à avoir échappé à la colonisation européenne et russe, les Afghans ayant toujours été une race guerrière et un peuple très attaché à son indépendance. Les Britanniques furent plusieurs fois mis en déroute et subirent de cuisantes défaites, notamment en 1842 à Gangamak.
Il en fut de même en Iran où ni les Anglais ni les Russes n’ont jamais pu s’implanter d’une manière permanente.
Afghanistan, Pakistan, Iran, ces trois pays constituent une zone charnière stratégique que l’Occident d’une part et la Russie et la Chine, d’autre part, cherchent absolument à investir, d’où la situation instable que connaît la région, et l’intense activité politique, militaire et diplomatique déployée dans cette région du monde, par les grandes puissances
En 1978, la Russie envahit l’Afghanistan, chose qui n’a pas dû plaire aux Occidentaux. Les superpuissances étaient d’ailleurs en pleine guerre froide (1947-1956). Les intrigues, les manœuvres politiques et militaires, l’espionnage atteignaient leur point culminant.
Les Etats-Unis allaient entreprendre, on les comprend, tous les moyens pour aider les islamistes Afghans à combattre les Russes. Sans intervenir directement sur le terrain, les Américains ont fait appel aux Saoudiens et à plusieurs autres pays musulmans pour soutenir l’Afghanistan financièrement et militairement (envoi de volontaires recrutés dans les pays voisins).

L’ISLAM, UNE ARME A DOUBLE TRANCHANT
En 1982, Ben Laden prend la tête du mouvement de la résistance afghane contre les Russes qui ont été contraints de quitter le pays. Cette guerre contre les Russes, l’émergence du mouvement des talibans, et l’envergure religieuse et nationaliste de Ben Laden ont suscité au-delà de l’Afghanistan, dans les pays voisins, anciennes Républiques soviétiques, socialistes (RSS), libérés en 1991, un vaste mouvement pour un islam fondamentaliste.
Tous ces pays à majorité musulmane, avec plus de 90 % de sunnites (comme Ben Laden), ont vu l’apparition de personnalités religieuses influentes et la constitution de groupes religieux orthodoxes qui prônaient un retour à l’islam originel et à une société gérée par la Charia. A titre d’exemple, en Ouzbékistan, le nombre des mosquées est passé entre 1987 et 1994 de 87 lieux de prières à 3 000 ; et le nombre des écoles religieuses de 2 à 50 unités.
Ces cinq anciennes RSS, d’une population de presque 50 millions d’habitants, riches en hydrocarbures, constituent aujourd’hui une base arrière pour les talibans de l’Afghanistan, une réserve inestimable de nouvelles recrues « moudjahidines », de vastes zones de replis pour les combattants et, bien entendu, un allié important pour le soutien matériel et logistique. Les dirigeants de ces pays qui ne sont pas engagés contre les forces de coalition, ne sont pas cependant en mesure de contrôler l’activité des groupes de guérilla qui échappent complètement à leur autorité.
Le Pakistan, pays officiellement allié des Etats-Unis, n’échappe pas non plus à cette situation. Une grande partie de la population pakistanaise appartient en effet à des mouvances anti-américaines. D’où la complicité manifeste de ce pays dans le conflit afghan.
La situation devient encore plus délicate quand on sait que la Chine a non seulement une frontière commune avec l’Afghanistan, mais également avec le Kazakhstan et le Kirghizstan qui peuvent servir comme lieux de passage entre la Chine et l’Afghanistan. C’est dire toute la difficulté pour les forces de coalition d’avoir un contrôle efficace sur le théâtre des opérations.
Ainsi, avec la Russie et la Chine d’un côté et les organisations islamiques de tous les pays de la région y compris l’Iran, les Etats-Unis n’auront pas, à coup sûr, la tâche facile.
En 1979, ce sont les Etats-Unis qui apportèrent leur soutien indirect aux Afghans, aujourd’hui la situation a changé. Ce sont les Russes qui semblent vouloir la victoire des talibans, une victoire souhaitée également par les Chinois.
Les forces de la coalition qui n’ont, pour un grand nombre d’observateurs, aucune chance de gagner cette guerre, se trouvent actuellement pris en sandwich entre les deux grands de l’Asie et les islamistes. Les quelques régimes, qui leur sont alliés dans la région, n’ont pas l’appui de leurs peuples et sont eux-mêmes menacés par le fondamentalisme islamique, qui n’est l’allié ni de l’Est ni de l’Ouest. C’est le cas particulièrement du Pakistan où seuls les dirigeants semblent pencher pour une alliance avec les Américains.
Pour les habitants de la région, des dirigeants comme Hamid Karzaï, président actuel de l’Afghanistan, un Afghan naturalisé et proche de l’administration américaine, ou le général Musharref du Pakistan ou son successeur, Asif Ali Zardani, sont tous des agents de la CIA, acquis à Washington. Le nouveau président, un fonctionnaire corrompu, surnommé Monsieur 10 %, est très mal vu par les Pakistanais. C’est pourquoi le vocable « insurgés » employé actuellement par les médias, pour désigner les talibans, est contesté par un grand nombre d’observateurs qui estiment que le mot ne convient pas, puisqu’il ne s’agit pas d’une révolte contre un pouvoir légitime, mais contre des « traîtres à la nation, placés par les forces d’occupation » à la tête de leur pays.

QU’EN EST-IL D’AL-QAÏDA ?
Selon presque la totalité des médias, Al-Qaïda est toujours présente dans la région et plus particulièrement sur le terrain. Les extraits de la presse internationale, parmi les plus récents, rapportés ci-après, illustrent cette affirmation.

14 août 2008
Selon l’Agence France Presse, les talibans sont plus tenaces que jamais. Le conseil de Sentis, un centre de réflexion international, basé à Londres, a estimé, jeudi 14 août, que « les récentes attaques meurtrières menées dans ou à proximité de Kaboul, montrent l’avance des insurgés talibans vers la capitale afghane, sept ans après avoir été chassés du pouvoir ».

20 août 2008
Le journal Le Monde du 20 août rapporte qu’« En deux opérations de grande ampleur, et presque simultanément, les talibans ont fait une spectaculaire démonstration de leur capacité de frappe contre le contingent de l’Otan en Afghanistan.

21 août 2008
Toujours selon l’AFP, les talibans, plus audacieux et plus organisés, encerclent Kaboul.

10 septembre 2008
Le journal Le Figaro écrit « Chassés de Kaboul en 2001, les talibans sont bel et bien de retour en Afghanistan où leur influence augmente de mois en mois. Al-Qaïda s’est reconstruite sur les ruines de l’après 11-Septembre. »

11 septembre 2008
Le Figaro rapporte que, selon Michèle Alliot Marie, ministre français de l’Intérieur, « les Islamistes recrutent dans les prisons françaises »… Et que « sept ans après le 11-Septembre, l’Afghanistan est redevenu le bastion du terrorisme islamique. »

On voit par conséquent qu’Al-Qaïda est toujours là, présente, menaçante et intouchable.
Il ne sert donc à rien de continuer à leurrer l’opinion publique par de fausses informations concernant une défaite imminente des « insurgés » et l’établissement en Afghanistan d’une République démocratique et laïque. Nombre d’observateurs avertis suggèrent aujourd’hui, pour sortir de ce bourbier, la recherche d’une solution équitable pour tous, sans vainqueur ni vaincu, une solution qui préservera les intérêts réciproques des grandes puissances, tout en garantissant le respect des traditions ancestrales et religieuses des peuples de la région, traditions qu’il est bien difficile de changer avec un coup de baguette magique. On peut, bien sûr, craindre l’institution de régimes islamiques fondamentalistes. Peut-être, mais ça ne sera pas pour très longtemps, car les peuples finiront bien, un jour, par se libérer. Ils ne sont pas d’ailleurs les seuls, en Asie, à vivre dans une telle situation. Commençons d’abord par régler les questions économiques entre les grandes puissances… Mais pense-t-on réellement qu’Al-Qaïda mettra un jour fin à ses activités terroristes ? Ça sera possible pense-t-on, avec la fin de l’impérialisme dans le monde musulman. C’est, semble-t-il, le but même et la raison d’être des islamistes à travers le monde.
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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3 réactions à cet article    


  • Yannick Harrel Yannick Harrel 16 septembre 2008 15:29

    Bonjour,

    Merci pour cet éclairage sur les pays d’Asie centrale qui hélas ne passionnent guère les foules (allez demander à un Français de situer le Kirghiztan sur le globe...) mais qui devrait à terme devenir une zone suscitant un intérêt croissant pour les grandes puissances (encore que Chine et Russie sont déjà largement à l’oeuvre dans le périmètre).

    Pour Al Qaeda en Afghanistan, je pense qu’il ne faut pas tout mélanger. Les talibans sont surtout une coalition de déçus et de refoulés du pouvoir. Il y a bien des fanatiques dans le lot incontestablement mais aussi et surtout des parias politiques. Plutôt que de tirer dans le tas (et surtout dans la population civile), les autorités locales et les forces de la paix pourraient inviter les plus modérés à accepter les règles du partage du pouvoir. On a tenté la force jusqu’à présent et le résultat est chaque jour de pire en pire, alors peut-être serait-il urgent de changer de stratégie au risque de repartir la queue entre les jambes ou dans un cercueil ?

    Pour les autres pays d’Asie centrale, une défiance de plus en plus croissante vis à vis des occidentaux se fait jour et il suffit de regarder les contrats perdus par les sociétés énergétiques de l’Ouest pour comprendre que le vent souffle dans une autre direction...

    Cordialement


    • Iren-Nao 21 septembre 2008 08:33

      Mon Cher Lecomte

      Interessant comme d’habitude.

      Quoique en verite on s’en fout assez de cette zone.

      La vraie question pour nous Francais est surtout :

      Mais que Diable foutons nous la bas ??????

      J’ai beau etre superieurement intelligent, je cherche encore.

      Je vous salue

      Iren-Nao


      • philbrasov 5 octobre 2008 20:24

        ce monsieur l’auteur confond "talibans" et al qaida..........


        je ne voudrais pas lui faire la honte, peu de temps pour cela...... ; mais son analyse historique est d’une crasse sans nom..........
        ..
        qu’est ce que Al qaida a à faire avec la situation géopolitique de la région considérée ?????

        SI al qaida n’existait pas , y a belle lurette que les talibans seraient ENCORE au pouvoir en afghanistan.

        on vous en veut pas.... quand on est nul on est nul.....


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