Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Les planteurs victimes de l’information et du capital (...)

Les planteurs victimes de l’information et du capital social

La « nouvelle économie » fait disparaître les conflits de classes sociales et les rapports d’exploitation au profit d’une analyse aseptisée.

Depuis la chute du Mur de Berlin qui marque la « fin de l’Histoire » (Fukuyama), le néolibéralisme n’a plus d’alternative crédible. Pour les néolibéraux, le monde est un « village global » dans lequel les conflits de classes et l’exploitation ont cédé la place à une société plus apaisée, plus consensuelle... Nous faisons tous partie de la même équipe et nous avons un objectif commun : celui de développer le marché dont les mécanismes, guidés par la « main invisible », assurent de façon efficace l’allocation des ressources et la distribution des richesses.

Dans un contexte aussi parfait, comment expliquer la subsistance de situations que l’on pourrait, en première approche, suspecter d’être entachées par des rapports d’exploitation ? Par exemple, pourquoi le planteur africain n’obtient-il pas un bon prix pour ses produits ?

Si l’on en croit les tenants de la « nouvelle » économie, le planteur africain n’obtient pas un prix rémunérateur pour ses productions parce qu’il est mal informé, il est victime d’une asymétrie de l’information (Akerlof, Stiglitz... ) qui trouble l’eau claire du marché.

En fait, si le planteur recevait tous les jours en temps réel les cours internationaux du cacao, du café, du coton..., étant parfaitement informé sur l’état de la demande, il pourrait obtenir un prix rémunérateur de la multinationale qui lui achète sa production.

Malgré cela, ledit planteur peut ne pas obtenir un prix suffisant parce qu’il manque de capital social (ses « liens sociaux sont insuffisants ») (Bourdieu, Coleman, Putnam...). Autrement dit, les planteurs n’ont qu’à se regrouper, créer ou participer à des réseaux pour pouvoir négocier efficacement avec les multinationales, ils peuvent aussi, pour acquérir du capital social, adhérer à une confrérie ou à une secte, se convertir, envoyer leurs enfants dans les mêmes écoles que les dirigeants des multinationales, fréquenter les clubs de dirigeants, jouer au golf, fumer des havanes, passer leurs vacances à Cannes...  Lorsque leur capital social accumulé sera suffisant notamment grâce aux réseaux bien établis, les planteurs pourront discuter d’égal à égal avec la multinationale qui achète leur production, même si le chiffre d’affaires de ladite multinationale représente un multiple du PIB du pays dans lequel les planteurs vivent. Ainsi, l’échange sera équitable.

En fait, les raisons de la pauvreté au Sud proviennent de l’asymétrie de l’information et/ou du défaut de capital social, les multinationales n’y sont pour rien !

Documents joints à cet article

Les planteurs victimes de l'information et du capital social

Moyenne des avis sur cet article :  4.56/5   (9 votes)




Réagissez à l'article

3 réactions à cet article    


  • aurelien 9 juillet 2007 12:26

    Article caustique comme dirait La Soude smiley


    • arturh 9 juillet 2007 16:06

      Dans le livre de Francis Fukuyama, « La Fin de l’Histoire », ce n’est pas le « néo-libéralisme » (un mot qui ne veut rien dire) qui n’a plus d’alternative crédible, c’est la Démocratie.

      Le fait que l’auteur n’utilise jamais le mot Démocratie dans son article montre qu’il n’a rien compris, ni au livre (en admettant qu’il l’ait lu), et surtout rien à l’Afrique.

      Et ça, les multinationales n’y sont vraiment pour rien !


      • Théophile Kouamouo Théophile Kouamouo 9 juillet 2007 16:34

        Je ne suis pas d’accord avec Bernard Conte qui a une analyse un peu trop « pleurnicharde » qui n’aide pas les agriculteurs du Sud. Une multinationale, c’est quoi, au fond ? C’est un réseau qui a les moyens financiers, logistiques et techniques de fournir un service ou un produit à l’échelle mondiale. Si les agriculteurs d’Afrique sont reliés à Internet, créent des petits marchés financiers régionaux et ont la capacité (à travers des coopératives ou des groupements) de transporter le produit jusqu’au petit marché, de contracter avec des banques et des assurances qui garantissent leurs possibilités d’exportation, ils s’en sortiront mieux. On peut à la fois le dire et critiquer les gros trusts et les gouvernements « subventionneurs », non ?

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès