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Les premières leçons de la révolution tunisienne

Les premières leçons de la révolution tunisienne ne sont pas de celles que l'on apprend dans les écoles, elles sont données par tout un peuple et s'adressent aux travailleurs du monde entier.
 
Ce sont de rudes leçons pratiques qui doivent faire réfléchir tous ceux qui doutent de l'intelligence de la classe ouvrière.
 
Tout cela avait commencé avec le sacrifice d'un jeune giflé, humilié et puis très vite la révolte de la jeunesse, des laissés pour compte du FMI et du prétendu modèle tunisien.
 
Combien de Sidi Bouzid en Grèce, en Irlande, en Jordanie, combien de jeunes prêts à allumer la flamme de la révolte.
 
Ces gens sont assez fous, imbus de leur puissance pour croire que la jeunesse se laissera sacrifier.
 
Cette jeunesse ardente qui assiège aujourd'hui le Palais du gouvernement comme demain ailleurs elle assiègera d'autres palais.
 
Cette jeunesse qui n'est ni folle ni déchainée mais agit et combat avec intelligence, refuse le chaos et les pillages et cherche une issue politique.
 
La manière dont la classe ouvrière est entrée dans le combat a aussi valeur d'exemple, nôtre classe n'est pas une horde mais une classe consciente, organisée, partout elle s'est ressaisi de l'UGTT, dont les locaux sont aujourd'hui le siège des comités populaires.
 
Sous sa pression, elle a rallié d'abord les cadres locaux de l'UGTT, puis ses responsables régionaux qui comme à Sfax ont du appeler à la gréve générale, prendre la tête des manifestations, rompant avec des années de compromis avec le régime et maintenant le syndicat des instituteurs qui appèle à la gréve générale.
 
Rien n'illustre mieux la pression qui s'exerce sur la direction de l'UGTT que la démission imposée par la rue des ministres qu'elle venait d'envoyer pour siéger dans le gouvernement du RCD.
 
C'est une loi de toutes les révolutions, les travailleurs font mouvement vers leurs organisations, comme demain ils mettrons la CGT à la tête de la gréve générale, même Thibault devra céder, même le dernier rempart sera emporté.
 
Nous voyons aujourd'hui en France ce débat ridicule qui agite tous les partis politiques pour le choix de leur programme et de leur candidat et nous les voyons tous renoncer au combat pour les retraites, nous les voyons tous s'aligner sur l'acceptation du paiement de la Dette.
 
En Tunisie, les travailleurs ont leur programme sur lequel tous doivent s'aligner ou être balayés.
 
Dehors le gouvernement du RCD
Dehors les ministres de Ben Ali
Comme demain les travailleurs d'Europe diront
A bas la Dette
A bas l'Union européenne
Derrière cette question du RCD se profilent tous les enjeux de la prochaine étape de la révolution tunisienne.
 
L'exigence d'une nouvelle Constitution, sans laquelle il ne saurait y avoir aucune démocratie et pour cela il faudra une assemblée constituante et pas le Parlement croupion d'un régime bonapartiste.
 
Le contrôle du RCD, n'était pas seulement celui de l'appareil politique et policier, c'est aussi celui des entreprises, de tous les organismes publics, partout les travailleurs chassent les hommes de Ben Ali, veulent reprendre le patrimoine national volé et spolié.
 
Les travailleurs le savent, le pillage et le demantellement, les privatisations ont été mené au compte des capitalistes du monde entier, ce sont eux qui se sont emparés du pays et de ses richesses.
 
Partout s'élève l'exigence de la renationalisation, de la reconstitution d'un secteur public, d'une politique planifiée de développement, de la renégociation des salaires, les plus bas de tous les pays de la Méditerranée.
 
En un mot, les travailleurs ne sont pas seulement face au RCD, mais à ces prédateurs qui ont détruit l'une après l'autre les économies nationales et fomentent aujourd'hui de réduire à la misère les travailleurs d'Europe,
C'est en cela que réside l'unité des problèmes et le besoin de rechercher des solutions communes.
 
Les employés de Tunis air, des compagnies d'assurance, des transports, des mines, partout la discussion est engagée, c'est tout cela qui se trouve derrière la volonté de faire tomber ce gouvernement, qui n'est ni démocratique, ni national, qui n'est que le rempart que protègent tous ceux qui veulent faire reculer la révolution.
 
Ce qui est le plus frappant dans cette révolution, c'est à la fois le niveau d'organisation à laquelle elle tend, par l'extension du rôle des comités populaires et en même temps l'intense réflexion qui s'est emparé de tous, la volonté de comprendre, de discuter, d'éviter les pièges, de ne pas se faire voler cette révolution qui aujourd'hui encore appartient au peuple et que le peuple dirige.
par rakosky mercredi 26 janvier 2011 - 14 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Henri François (xxx.xxx.xxx.28) 27 janvier 2011 08:05

    L’UGTT proche du peuple ? Laissez moi rire. Voilà 23 ans que l’UGTT est la grande muette de la Tunisie. La place manque ici pour divulguer la liste de toutes les carences syndicales qui ont jalonné le règne de Ben Ali.
    Allez demander un peu aux ouvriers qui ont animé et animent encore des pans entiers de l’éconmie du pays, ce qu’ils pensent de l’UGTT aveugle sur des salaires impayés des mois durant, des licenciements abusifs, des salaires largement en-dessous du SMIC local, des non-règlements à la CNSS (Sécurité Sociale) et j’en passe...
    L’UGTT a pris en marche la révolte tunisienne (cessez de la nommer révolution) et essaie à présent de la contrôler. Pour le bien du peuple ? Chi Lo Sa....

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