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Les prises d’otages massives

Les terroristes sont perpétuellement à la recherche de nouveaux modes opératoires, aussi bien pour déjouer les parades mises en place par les Etats, que pour accroître leur emprise sur les opinions publiques. Semer la terreur est une caractéristique majeure du terrorisme car, comme le disait Raymond Aron, le terrorisme est une action violente dont les effets psychologiques dépassent les effets physiques. Parmi les actions terroristes à forte surface médiatique, les prises d’otages semblent avoir pris un tournant que le chercheur Jean-Luc Marret analyse dans une note intitulée Les prises d’otages massives (PDF - 252 Ko).
La prise d’otages du théâtre de Moscou en octobre 2002, au cours desquelles 700 personnes étaient retenues par un commando tchétchéne demandant le retrait des forces militaires russes de Tchétchénie, était "d’évidence préparée et impliquait des repérages préalables, une division du travail et une direction opérationnelle". Selon le chercheur, l’issue sanglante de la prise d’otages (128 morts, ainsi que les membres du commando) "pouvait difficilement trouver une solution pacifique", car elle ne correspondait pas au modèle classique des prises d’otages dans lequel on essaie d’obtenir des libérations ponctuelles et de gagner du temps, afin d’augmenter la fatigue et la dissension chez les preneurs d’otages.
En septembre 2004, la prise en otages de dizaines d’enfants dans une école de Beslan (Russie) impliquait, là aussi, des Tchétchènes. Une fois de plus, l’intervention des troupes russes se solda par un lourd bilan en raison "de leur incapacité à agir d’une manière suffisamment coordonnée, rapide et efficace pour abattre les terroristes, désamorcer les pièges explosifs antipersonnel improvisés et canaliser l’évacuation des otages tout en maîtrisant leur panique".
L’on peut également évoquer la prise d’otages de l’ambassade du Japon, à Lima (Pérou), qui dura près de cinq mois (à partir de décembre 1996) mais où le gouvernement joua la carte de l’usure face à des preneurs d’otages peu aguerris. L’intervention se déroula après que les forces péruviennes eurent creusé des galeries autour de l’ambassade, sans que le commando reclus à l’intérieur ne s’en rende compte. Tous les membres du commando furent tués, certains de sang-froid, semble-t-il.
Selon Jean-Luc Marret, ces cas de prises d’otages massives semblent néanmoins difficiles à transposer, en dépit de l’intérêt spectaculaire qu’elles présentent pour les terroristes. En effet, si l’on pense aux cellules djihadistes démantelées au sein de l’Union européenne, aucune d’entre elles n’avait atteint des effectifs suffisamment fournis pour mener ce type d’action. Une telle opération supposerait une "taille critique qui lui poserait des difficultés indéniables de discrétion, sans parler des problèmes d’armement".


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