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Accueil du site > Actualités > International > Les raisons du soutien des pays africains à Mugabe au Zimbabwe

Les raisons du soutien des pays africains à Mugabe au Zimbabwe

Dans un commentaire d’un article précédent, un des lecteurs avait posé la question de savoir pourquoi et comment Mugabe se maintenait au pouvoir. Les raisons sont à la fois extérieures et intérieures et tiennent à l’histoire courte mais dense des 27 ans du Zimbabwe moderne (depuis son indépendance de 1980). Cet article tente de donner les principales clés des raisons extérieures en commençant par la situation agricole du début de l’indépendance jusqu’au prochain sommet Europe-Afrique prévu pour décembre 2007.

C’est un cheminement délicat à vouloir ne pas parler de racisme alors que toute l’affaire a un relent raciste et colonialiste qui ne veut pas toujours dire son nom. Et donc, pour soutenir certaines affirmations, des sources honorables sont citées, dont des articles du Monde diplomatique, des Nations unies et du CNRS, les références étant en fin d’article.


L’AGRICULTURE DU ZIMBABWE

Le maïs est devenu la céréale la plus cultivée au monde devant le riz et le blé.

C’est une plante originaire d’Amérique du Sud et elle a été importée en Europe au XVIe siècle, probablement par Christophe Colomb lors de son deuxième voyage à la fin du XVe siècle (1). Sa culture s’est répandue en Europe depuis l’Espagne du Sud, et on en trouve les premières traces au Portugal en 1515, au pays basque espagnol en 1576, en Bresse en 1612.

Le maïs n’est donc devenu une plante traditionnelle en Afrique que relativement tard, et principalement parce qu’elle a été imposée lors de la colonisation de l’Afrique par les Européens.
On en trouve les premières traces à São Tomé en 1534, en 1583 sur la côte du royaume du Congo et en 1615 sur la côte du golfe de Guinée équatoriale (2).
Partout où l’eau existe, le maïs s’implante car le rendement est très supérieur aux autres céréales dont en particulier les productions traditionnelles de sorgho ou de mil.

Au Zimbabwe, le maïs devient une production essentielle à partir de l’implantation des colons blancs sous la houlette de Cecil Rhodes sur des terrains subtilisés sans compensation aux populations locales. Ce sont évidemment les meilleures terres, et en particulier celles où l’eau est disponible, car le gros défaut du maïs est son besoin important en eau. Dès 1890, les colons produisent le maïs en quantité pour l’export et la consommation locale et, petit à petit, ce maïs devient le nouvel aliment de base sous forme d’un plat à base de farine de maïs : le sadza. En fait, avant que le maïs n’arrive, le sadza était réalisé avec un mélange de farines de millet, mais pour les Zimbabwéiens d’aujourd’hui, la base est la farine de maïs blanche (3).

C’est une tradition établie, car une seule génération est suffisante pour établir une solide tradition. A titre d’exemple, les jeunes d’aujourd’hui pensent que le vote des femmes est un droit acquis depuis longtemps alors qu’il n’a été établi en France que depuis 1944 et en Suisse depuis seulement 1971. Avant, les femmes n’avaient pas le droit de voter !

UNE RÉPARTITION INÉQUITABLE DES TERRES

Dès le XXe siècle, on a donc une partition de l’agriculture très établie : les meilleures terres pour la production de produits non originaires et la région, mais exportables (maïs et tabac en tête, mais aussi fromages, lait et, dans une certaine mesure, oeufs et beurre, en particulier à destination des populations blanches d’Afrique du Sud) et les autres terres moins favorables à ces produits où la population locale produit des céréales traditionnelles moins exigeantes ou à plus faible rendement. On parle de l’excédent agricole de cette époque, mais il faut tout de même souligner que le tabac représentait 40 % des exportations.

Ce nouveau visage de l’agriculture imposé par les Blancs au dépend des populations noires (environ 8 % de la population est blanche et les 4 500 fermiers blancs ne représentent pas 1 % de la population) est un des points clé de la lutte entre le pouvoir blanc symbolisé par Ian Smith et les différentes ligues de lutte pour l’indépendance et la diginité des Africains noirs. Le parcours de Mugabe est d’ailleurs exemplaire à cette époque et tout à fait similaire à celui de Nelson Mandela, y compris dix ans d’emprisonnement par le gouvernement blanc qui veut garder le pouvoir au détriment des Noirs avec une politique raciale du type apartheid. Ce n’est qu’après et particulièrement à partir de 1999 qu’il s’en écarte très fortement.
Ce n’est qu’après le Sommet agraire de Harare en 1998 que la catastrophe démarre (4).

LE SOMMET AGRAIRE DE HARARE DE 1998

Que s’est-il passé lors de ce sommet ?

En gros, le président Mugabe déclare que la crise foncière du Zimbabwe puise ses racines de l’histoire du peuple du Zimbabwe colonisé et que la redistribution des terres doit être faite, et que ce n’est pas négociable. Le secrétaire général de l’ONU de l’époque, Kofi Annan, approuve lors de son discours qu’il fait lire en session officielle (lui-même n’étant pas présent) : "La répartition équitable d’un capital productif tel que la terre revêt une grande importance économique, mais elle est aussi une condition essentielle de la paix et de la stabilité".

Le programme de redistribution des terres prévoyait d’installer 150 000 familles noires sur 5 millions d’hectares en cinq ans. Le coût de cette redistribution était estimé à 1,9 milliards de dollars (soit à titre d’exemple, en gros le coût de deux jours de cette guerre en Irak qui dure depuis quatre ans).
Je précise cette comparaison, car les donateurs de l’époque, et au premier chef les Américains et les Britanniques, ont estimé que le prix était beaucoup trop cher aux motifs suivants :

  • le gouvernement n’indemnisera pas complètement les grands exploitants qu’il oblige à vendre leurs terres ;
  • il est peu vraisemblable que le programme soulage la pauvreté dans les zones "communales" pauvres, où vivent la majorité des 12 millions de Zimbabwéens ;
  • il n’est prévu aucun contrôle adéquat de la corruption dans l’exécution du programme.


Et donc, l’ensemble de tous les donateurs ont promis un total de 180 000 dollars US au lieu des 1 900 millions nécessaires pour indemniser les fermiers blancs.

Tom MacDonald, l’ambassadeur des Etats-Unis au Zimbabwe déclarait que le gouvernement de Washington jugeait impossible de s’engager à verser des fonds qui lui paraissait violer le droit de propriété et les droits de l’homme. Bien entendu, il parlait du projet de réforme agraire au Zimbabwe, et ni de la mise à sac de l’Irak par les Etats-Unis arrivée après sa déclaration ni de la honte de la prison illégale de Guantanamo où se pratiquent quotidiennement la violation des droits de l’homme et la torture.

Le Royaume-Uni, de son côté, affirme qu’il ne peut pas participer parce que le programme méconnaît la propriété, manque de transparence et n’aborde pas les problèmes liés à la pauvreté (4).
En clair, on ne rectifie pas une injustice parce que cette rectification ne corrige pas en même temps le problème de la pauvreté. Quand on connaît le problème de la pauvreté dans le monde, je laisse au lecteur voir de lui-même comment cette règle permet à la Grande-Bretagne de laisser perdurer toutes les injustices qui l’arrangent.

LA PRESSION DES PROMESSES NON TENUES

Pendant ce temps, les paysans noirs commencent à être impatients. Car au moment de l’indépendance de 1980, dix-huit ans plus tôt, il leur avait été promis cette répartition des terres, et avec l’aval de la Grande-Bretagne qui la leur refuse désormais. Il faut dire que ce n’est plus Thatcher mais Blair qui est là. Et, suite au sommet, des paysans noirs ont commencé à occuper illégalement des terres en chassant des fermiers blancs qui les occupaient. Le gouvernement (par la voix de son président Mugabe) leur demande de mettrre fin à leur occupation, mais n’envoie pas les troupes pour le faire manu militari et se contente d’admonestations (4).

Robert Mugabe a dû alors prendre une décision difficile.

LES M
ÉTHODES INADÉQUATES DES TECHNOCRATES FINANCIERS DU FOND MONÉTAIRE INTERNATIONAL

Il faut se rendre compte que dès 1980 (où Mugabe n’était encore que Premier ministre), son action a été exemplaire et applaudie par la communauté internationale malgré des actions sujettes à discussion comme les 10 000 morts de la répression d’une révolte armée dans le Matabeland. La politique sociale était remarquable, dotant les régions rurales de routes (aujourd’hui le réseau routier est encore étonnant de qualité), l’accès à l’eau et à l’électricité. De très nombreuses écoles et cliniques sont construites et le taux d’alphabétisation atteint 91 %, un chiffre étonnant et remarquable. Mais pour attirer de nouveaux capitaux au Zimbabwe, continuer les investissements et pouvoir emprunter pour accélerer la redistribution des terres, Mugabe est obligé de se plier à la réforme structurelle du pays exigée par le FMI qui ne supportait pas une dette de 2,6 milliards de dollars, malgré le potentiel industriel remarquable du pays (et pas seulement agricole). En 1991, Mugabe dut donc obéir aux injonctions du FMI et déréguler les salaires, privatiser les entreprises publiques (avec un personnel licencié), raboter le budget de l’Etat et supprimer la gratuité des soins et de l’enseignement (5).

Résultat : en 1999, le taux de fréquentation des écoles avait chuté de 20 % et le coût des soins de santé avait augmenté de 150 % (et désormais payant).
Ce type de résultat était prévisible en obéissant aux exigences du FMI, mais Mugabe l’avait accepté en pensant qu’en obéissant à ces exigences, le FMI lui permettrait d’avoir plus d’investisseurs étrangers. Mais force fut de constater que les investissements faisaient défaut, et le taux de croissance de 5 % en 1980 était tombé à 1 % en 1999. Avec pour conséquence, un chômage en augmentation et 300 000 jeunes arrivant sur le marché du travail chaque année et obligés de s’expatrier ou de grossir le rang des mécontents, en gros les syndicats, dirigés à cette époque par Morgan Tsavangirai aujourd’hui représentant de l’opposition (MDC).

LA RÉFORME AGRAIRE

En 1999, le pays n’est plus en mesure de respecter ses engagements vis-à-vis des créanciers extérieurs. Les importations de carburant sont stoppées et le FMI retire sa garantie financière au pays (en gros, ne prêtez plus au Zimbabwe). Ce n’est que récemment que le Zimbabwe a pu rétablir l’importation de carburant, grâce à la Lybie (le grand démocrate Kahdafi) qui exige en échange des participations dans des entreprises zimbabwéiennes et des terres au Zimbabwe.
Sous la pression intérieure, Mugabe tente de faire une modification constitutionnelle pour rééquilibrer le pays avec en particulier une clause permettant la récupération de terres des fermes commerciales dans un cadre légal. Le référendum de février 2002 est une réponse négative à cette réforme et, abandonné par la communauté occidentale, avec un pays meurtri par ce que le FMI avait exigé et qui n’a eu que des effets négatifs et aucun positif, Mugabe décide de la réforme agraire accélérée avec la redistribution des terres sans dédommagement des fermes "commerciales" (celles qui ont des productions destinées à l’exportation).

L’INTERVENTION DES PAYS OCCIDENTAUX ET DE L’AFRIQUE DU SUD BLANCHE

De son côté, le MDC (parti d’opposition), coincé entre la nécessité évidente de faire quelque chose et le soutien des fermiers noirs ne se prononce pas sur ce qu’il se passe.
Pendant la campagne de 2002 pour les présidentielles, le MDC opposé au ZANU-PF de Mugabe est directement financé par la Fondation Westminster de Londres ainsi que par la droite sud-africaine de Anthony Leon (5). De nombreuses "ONG" sont crées au Zimbabwe et financées depuis l’Europe ou les Etats-Unis pour "dénoncer les violations des droits de l’homme par le régime".

Aujourd’hui, il y a une véritable crise de confiance vis-à-vis de Mugabe, y compris dans le pays lui-même.

Ce sont bien les Occidentaux qui, soit directement, soit indirectement, ont imposé au Zimbabwe une situation intenable. Et ce sont bien les Occidentaux qui sont intervenus soit par ignorance, soit par malveillance, mais activement pour faire en sorte que le Zimbabwe ne s’en sorte pas. Mais c’est le président qui en est rendu responsable et qui de toute façon est responsable qu’il y soit pour quelque chose ou non. Et même s’il rejette la faute sur les agissement des occidentaux (Grande-Bretagne et Etats-Unis au premier chef), il ne peut pas se dédouaner de ce qui s’est passé sous sa présidence à l’intérieur du pays.

LE NOUVEAU COLONIALISME

Les mécanismes sont progressifs et complexes et ont à la base une nouvelle forme de colonialisme qui veut imposer aux pays africains les modèles occidentaux, y compris des productions locales à destination de la consommation occidentale et y compris des modèles de civilisation et de culture occidentaux. Le simple tracé des frontières imposé par l’Occident dans l’ignorance volontaire ou non des frontières ethniques a provoqué plus de morts et de malheurs que la Première et la Seconde Guerre mondiale réunies.

Aujourd’hui, le Zimbabwe est en train de devenir un symbole de l’opposition entre Occident et Afrique.
Le premier sommet Europe-Afrique s’est tenu en 2000, mais le deuxième prévu en 2003 n’a jamais pu être organisé du fait de la Grande-Bretagne qui a opposé son veto à la présence du Zimbabwe et surtout de l’interdiction à Mugabe de circuler en Europe (6). L’attitude de la Grande-Bretagne est d’ailleurs étonnante en utilisant tous les règlements européens et son lobbying pour faire en sorte que Mugabe ou des représentants du gouvernement (plus d’une centaine de personnes), y compris M. Francis Nhema, ministre de l’Environnement et du Tourisme du Zimbabwe, d’obtenir un visa pour un quelconque pays européen (dont la France). M. Francis Nhema a été élu en 2007 comme président de la Commission sur le développement durable aux Nations unies, et donc l’action de la Grande-Bretagne qui n’en démort pas a pour résultat d’interdire la présence en Europe du président de la Commission de l’ONU sur le Développement durable (7). Du délire... Francis Nhema est régulièrement présenté par les pays d’Afrique dans un processus purement démocratique et élu de façon démocratique, avec la Grande-Bretagne qui fait pression sur les pays africains pour empêcher cette élection et des déclarations post-électives qui sont un déni de démocratie (cf déclaration scandaleuses de Ian Pearson, ministre britannique).
Il semblerait que ce second sommet repoussé ad vitam aeternam devrait se tenir en décembre à Lisbonne sous l’impulsion du nouveau président européen, le Portuguais Luis Amado, ministre des Affaires étrangères du Portugal. Mais à la question qu’on lui pose sur la présence de M. Mugabe et du Zimbabwe, il botte en touche délicatement (6).

LA RÉACTION DES PAYS AFRICAINS

Cette opposition entre anciens pays coloniaux et nouveaux pays indépendants se cristalise autour du problème du Zimbabwe. Factuellement, la situation dans le pays est dramatiquement désolante, et quoi que l’on dise, le responsable est toujours le dirigeant du pays qui sert de fusible qu’il soit ou non coupable. Mais Mugabe peut se maintenir au pouvoir en arguant avec raison de cette lutte de l’Occident contre l’Afrique. Déjà, à la conférence de Durban sur le racisme, les Etats-Unis avaient fait scandale en se retirant de cette conférence (troisième Conférence contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance) par "solidarité avec Israël" qui allait probablement être mis en accusation par les Palestiniens, mais avec la motivation plus probable d’être mis en demeure par les pays africains avec raison de reconnaître le tort des Etats-Unis sur la traite des Noirs et l’esclavage (8). La France a été le seul pays anciennement colonisateur à reconnaître l’esclavage et la traite des Noirs comme « crimes contre l’humanité ».
Evidemment, ce scandale est passé aux oubliettes, car trois jours après la clôture de cette conférence, avait lieu le fameux 11-Septembre.

Alors, le Zimbabwe devient un enjeu répondant en partie de la politique, en partie de la civilisation. Et les chefs d’Etat africains, tout en reconnaissant la situation préoccupante du Zimbabwe, apportent leur soutien à Robert Mugabe pour ce qu’il représente de résistance aux pays occidentaux, à leurs méthodes discutables de lobbying et de pressions financières, et à leurs anciennes méthodes du "diviser pour régner" et de la verroterie.
Plus localement, les gouvernements noirs d’Afrique du Sud et de Namibie sont très intéressés par le processus même cahotique, pour ne pas dire chaotique de la redistribution des terres agricoles, avec 4 000 fermiers blancs en Namibie qui dominent tout le secteur commercial de l’agriculture et en Afrique du Sud où les 2/3 des meilleures terres sont au mains de 60 000 fermiers blancs sans que les 14 millions de fermiers noirs n’y puissent rien (5).

CONCLUSION

La situation désolante au Zimbabwe n’est pas en jeu dans les manoeuvres politiques actuelles. Et même si Mugabe abandonnait le pouvoir, les choses ne se redresseraient pas sur ce simple fait. Ce qui est en jeu, c’est le contrôle de l’Afrique par l’Occident.
Ce que Mugabe refuse, c’est l’arrivée à la tête du pays d’un fantoche mis en place par les Etats-Unis et/ou UK. Un peu ce qui se passe en Irak avec un pays détruit progressivement par les Etats-Unis à leur corps défendant et malgré leurs efforts inadéquats.
Pour que Mugabe s’en aille de lui-même, il faudrait probablement une véritable politique d’aide au pays par l’Occident avec un choix d’un homme politique responsable et farouchement défenseur du Zimbabwe. Mais un discours du type Grande-Bretagne qui consiste à dire "que Mugabe disparaisse et nous enlèverons les sanctions" n’est certainement pas satisfaisant ni pour Mugabe ni surtout pour les autres pays d’Afrique.

Même en me mettant dans la plus caricaturale position yaka fokon du plus basique des cafés du Commerce, je ne vois pas de solution évidente. Car même si le pays s’en sortait malgré tout (par exemple avec les nouvelles ressources que sont les diamants et l’uranium), la Grande-Bretagne trouverait sans doute les moyens d’annuler les résultats positifs du Zimbabwe. C’est ce qu’elle a fait et qu’elle continuera à faire sous la pression du lobbying des propriétaires blancs (il y en a encore) et des anciens propriétaires blancs expropriés dont une grande partie étaient des lords britanniques.

----------------------------------------
(1) Lettre au roy d’espagne par Christophe Colomb lors de son retour de son troisième voyage aux Indes occidentales.
(2) Histoire et environnement en Afrique, recherches sur l’histoire des plantes et de paysages, Monique Chastanet (CNRS-CRA) 1999.
(3) Recettes africaines. http://www.congocookbook.com/staple_dish_recipes/sadza.html
(4) Afrique renouveau, une publication des Nations unies, volume 12#3 http://www.un.org/french/ecosocdev/geninfo/afrec/vol12no3/zimbland.htm.
(5) Article de Colette Breackman, journaliste au journal Le Soir (Bruxelles) et paru dans Le Monde diplomatique mai 2002 p. 10.
(6) Jeune Afrique sur jeuneafrique.com, news du 20 août 2007.
(7) www.multipol.org Réseau d’analyse et d’information sur l’actualité internationale, note du 16/05/2007.
(8) Le Monde diplomatique, L’Avenir du passé par Christian de Brie, octobre 2001 http://www.monde-diplomatique.fr/2001/10/DE_BRIE/15673.


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39 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 22 août 2007 13:20

    Nous lisons :"

    Ce que Mugabe refuse, c’est l’arrivée à la tête du pays d’un fantoche mis en place par les USA et/ou UK. Un peu ce qui se passe en Irak avec un pays détruit progressivement par les USA à leur corps défendant et malgré leurs efforts inadéquats."

    Mugabe,ce fasciste noir qui a du sang sur les mains et qui est seul responsable de la situation économique du pays.

    Franchement,comment pouvez vous cautionner ce criminel

    et utiliser des mots comme « remarquable » « exemplaire »

    « La politique sociale était remarquable »

    A vomir de désinformation


    • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 22 août 2007 13:57

      Vous n’avez pas compris : quand un blanc réussit en Afrique, c’est qu’il le fait sur le dos de la pauvre population autochtone et quand un noir échoue, c’est de la faute des sales blancs raciste. Cela va de soit.


    • koudou 22 août 2007 14:34

      Monsieur Lerma

      Comme d’habitude, vos emails sont inintelligents, pleins de haine et racistes.

      Votre pauvreté intellectuelle et votre ignorance de ce qui s’est réellement passé est à pleurer.

      J’écris bien qu’à l’époque, l’ensemble de tous les pays occidentaux applaudissaient à la politique de Mugabe et à ce qu’il faisaient. C’était parfaitement vrai à l’époque et avec raison. C’est VOUS qui tentez de la désinformation probablement sans rien connaître à rien du fond de votre haine qui vous aveugle. Et j’écris même que à l’époque, personne n’a parlé de la répression sanglante de la révolte armée du Matabeland en Occident parce que tout le monde était favorable à la politique de Mugabe.

      Vous êtes à vomir et c’est sans doute ce qui a tendance à vous faire vomir comme vous l’écrivez.


    • Michel Maugis Michel Maugis 23 août 2007 02:48

      Michel Maugis @ Lerma.

      C’est surtout à vous lire que l’on a envi de vomir.

      Cet article est excellent car il dit la vérité.


    • Bulgroz 22 août 2007 14:27

      « Pour que Mugabe s’en aille de lui-même, il faudrait probablement une véritable politique d’aide au pays par l’Occident avec un choix d’un homme politique responsable et farouchement défenseur du Zimbabwe. »

       smiley smiley smiley smiley smiley

      Aide par l’Occident, Aide par l’occident, Aide par l’Occident, etc....

      Aidez moi, Monsieur l’Occident, les méchants 4500 fermiers blancs m’ont tout volé !!!


      • koudou 22 août 2007 14:42

        Vous faites probablement partie de ceux qui pensent que l’occupation américaine en Iraq est ce qui pouvait arriver de mieux aux habitants ?

        Quand une communauté de 1% de la population possède 80% d’une ressource essentielle, il y a toujours problème. Et quand il se trouve que ce 1% est d’une race différente, cela se traduit par un problème racial. Si ce 1% se distinguait par la religion, cela se serait probablement traduit par un problème de guerre de religion.

        Vous pouvez toujours vous gausser, mais ce n’est certainement pas ça qui va changer quoique ce soit à la réalité, et la manière dont vous le faites n’apporte strictement rien à la réflexion.


      • Bulgroz 22 août 2007 15:01

        Monsieur Koudou,

        Connaissez vous le Zimbabwe, y avez vous été ? Y avez vous vu la misère noire qui y sévit ?

        Au fait, on fait comment pour voyager d’Abidjean à Hararé ?

        Etes vous allé voir les exploitations agricoles crées par ces fermiers chassés du Zimbabwe au Liberia ou au Nigeria ? Pourquoi y sont ils accueillis à bras ouverts ? Pourquoi ces pays leur donnent ils des terres ?


      • koudou 22 août 2007 16:44

        Monsieur Bulgroz

        1. Oui, je suis allé au Zimbabwe. J’y suis assez souvent (au moins une fois par an), et j’y étais encore en avril dernier. Et j’y serai encore en octobre prochain.

        2. Par contre, avant de dire que ce que j’écris est faux, avez vous pris la peine de vérifier si ce que j’écris est juste plutôt que de ne vous baser que ce sur que vous pensez être exact ? Avez-vous lu les documents cités en référence, et en particulier les articles du Monde Diplomatique et des publications des Nations Unies ? J’ai pourtant pris la peine de les citer, cela vaudrait peut-être la peine que vous fassiez cet effort minimal.

        3. Le ton de votre intervention semble indiquer que vous avez compris que j’excusais la situation actuelle et que je préconisais le maintien du Président Mugabe. Relisez bien ce que j’ai écrit et vous y trouverez les éléments suivants :
        - la dérive des actions de Mugabe a lieu depuis 1999, à part la répression sanglante de la révolte du Matabeland qui était antérieure et que tous les pays occidentaux ont gardé sous silence à l’époque (alors que je pense que c’était quelque chose contre laquelle il y avait matière à dire).
        - la situation au Zimbabwe est dramatique aujourd’hui
        - c’est la faute du Président Mugabe, qu’il soit coupable ou non car le président est de toute façon le responsable dans n’importe quel pays du monde.

        Vous verrez également en relisant mon article que je ne dis ni du mal ni du bien de la politique de Mugabe depuis 1999. Evidemment, je ne fais pas comme tous les moutons à hurler contre Mugabe sans savoir ce qui se passe. Mais ce que j’écris sont des faits et non pas des jugements de valeur viscéraux.

        Il est certain que jouer sur l’émotion primaire des lecteurs est plus facile. Cela s’appelle de la manipulation et malheureusement, cela marche généralement très bien. En tout cas, Dieu m’en garde.


      • Bulgroz 22 août 2007 18:49

        Mais Monsieur Koudou, j’avais compris le sens de votre intervention puisque j’avais mis en exergue votre conclusion :

        « Pour que Mugabe s’en aille de lui-même, il faudrait probablement une véritable politique d’aide au pays par l’Occident avec un choix d’un homme politique responsable et farouchement défenseur du Zimbabwe. »

        Ce n’est que lorsqu’une aide occidentale (véritable ???) sera mise en place que Mugabe s’en ira et sera remplacé par un Mugabe bis.

        Mugabe fait de la résistance aux anciens pays colonisateurs, très bien, l’Afrique applaudit, très bien, les Zimbabwéens pendant ce temps là vivent la misère et crèvent la dalle, très bien aussi.

        Moi, comme les africains, je souhaite que le combat de Mugabe (appuyé, il va sans dire, tout à fait démocratiquement par des millions de zimbabwéens) continue jusqu’à l’instinction complète de ce pays .

        L’orgueil africain n’a pas de prix, on n’est pas à une catastrophe humanitaire africaine près, n’est ce pas, Monsieur Koudou ?

        D’autant que, vu de France, tout cela n’a aucune importance, n’est ce pas ?


      • koudou 22 août 2007 20:41

        Ah ! Pardon, je n’avais pas compris le sens de votre intervention.

        Il faut dire que votre ironie vous fait écrire des choses qui rend votre propos difficile à comprendre en alternant des phrases exagérées au premier degré (qu’il faut comprendre dans leur sens premier) et au second degré (où il faut comprendre l’inverse de ce que vous écrivez).

        Je ne porte pas de jugement sur le bien fondé de l’orgueil national ou racial. Je constate seulement que la situation est catastrophique (je le re-écris en soulignant bien que c’est du degré zéro à prendre à la lettre). La politique monétaire est désastreuse. Cela fait trois ans que je le dis de vive voix à tout le monde, y compris à l’Ambassadeur du Zimbabwe en France.

        Mais trouvez-vous normal ce que la Grande Bretagne et les USA font ? Trouvez-vous excusable que ce soient directement les anglais et l’extrême droite de l’AFS qui financent le parti d’opposition ? Imaginez notre réaction si nous découvrions qu’un état étranger finançait le Front National pour l’aider à progresser en France.

        Non, je ne nie pas que la situation est intenable pour les habitants. Elle l’est indéniablement et 1/3 de la population a déjà fuit à l’étranger. Dieu merci, ils en ont encore le droit, contrairement à la Corée du Nord. Non, je ne nie pas que le départ de Mugabe soit nécessaire, et je l’ai écrit dans mon article.

        Mais je nie que le remplacement de Mugabe par un pantin à la solde de la Grande-Bretagne du style de Tsavangarai améliore les choses, pas plus que le président fantoche qu’ont mis les américains à la tête des l’Irak n’améliore les choses. Et j’affirme que si la Grande Bretagne et les USA ne menaient pas l’action évidente qu’elles mènent pour s’immiscer dans la politique intérieure du Zimbabwe, probablement pour des raisons financières si on en croit les nombreux indices convergents dont je n’ai pas parlé (je n’ai pas abordé les raisons pour lesquelles la Grande-Bretagne est aussi active), l’attitude de soutien des autres pays de la SACD et leur minimisation de l’état de catastrophe du Zimbabwe seraient totalement différente.

        Vous parlez d’orgueil africain. Et bien moi, je dis que Mugabe a trop bien appris des britanniques leur attitude d’arrogance et leur façon de se braquer dès qu’on veut leur imposer quelque chose de l’extérieur.

        Vous venez me parler de jusqu’au-boutisme allant jusqu’à la destruction d’un pays. Est-ce que ce que vous écrivez ne s’applique pas dramatiquement à l’Irak et de l’attitude inique des USA et Grande-Bretagne qui ont porté artificiellement la guerre dans ce pays en mentant effrontément au monde entier en fabriquant de fausses preuves ?

        Je regrette ces attitudes fanatiques dans le cas du Zimbabwe aussi bien que celui de l’Irak, que ce soit de Mugabe ou de Bush. Et je n’excuse pas plus l’orgueil mal placé de quelque côté que ce soit (je précise : cela veut dire des deux côtés).

        Mais il n’empêche que vous ne faites que confirmer ce que j’ai écrit pour expliquer le pourquoi du blocage de la situation. Et même si vous vous révoltez sur le fait que Mugabe n’acceptera jamais de partir pour laisser la place à un fantoche piloté par la Grande-Bretagne, c’est un fait. Je ne l’approuve pas, je ne le combats pas. Je me contente de le dire.

        Et votre interpellation du style « on n’est pas à une catastrophe humanitaire africaine près, n’est ce pas, Monsieur Koudou ? » est d’autant plus injurieuse que si vous prenez la peine de relire ce que j’ai écrit et mes différentes interventions, je n’ai JAMAIS écrit que la situation actuelle n’était pas dramatique et qu’elle devait être corrigée, et que cela comportait aussi le départ du Président actuel.

        Mais je suis catastrophé par le fait que quelqu’un comme vous qui n’êtes pas un raciste haineux du premier degré, semble ne pas pouvoir accepter qu’aujourd’hui, on puisse faire du journalisme sans prendre position pour une situation que l’on décrit.


      • Michel Maugis Michel Maugis 23 août 2007 03:14

        Michel Maugis @ BULGROZ

        Ce que vous faites est justifier le chantage économique de l’Occident sur les pays pauvres qui veulent justement sortir de la pauvreté en menant une politique économique souveraine et indépendante, libérée du FMI, BM et autres instrument de subordination économique.

        Mais si l’Occident ( anciennes puissances colonisatrices) aidaient en ne NUISANT PAS, alors ils y perdraient les profits succulents qu’il tire de ce néocolonialisme. Et cela serait un mauvais exemple pour la suite.

        La solution est de nuire pour que cette politique souveraine aboutisse à pire que si il s’agissait d’une politique couchée, de vendu.

        CELA S’APPELLE DU CHANTAGE REPUGNANT.

        FIDEL, ALLENDE ; NASSER, MOSSADEGH etc,, etc.. ont connu cela et FIDEL le supporte depuis 50 ans.

        Cette politique du Grand Capital Occidental s’appuie sur la stupidité, le racisme et l’ignorance. Vous représentez les trois choses, avec LERMA.

        Elle cache votre haine, votre racisme proclamé d’exploiter ces « races » et ses peuples qui osent se rebeller, en instituant leurs socialismes.

        En fait vous haïssez toute tentative de libération économique.

        Alors on sabote l’économie et après on accuse le président alors que ce que vous visez est l’idée même d’indépendance de ces pays pauvres qui veulent sortir de la misère.

        Mais maintenant avec INTERNET, c ’est bien plus difficile de continuer à dire n’importe quoi. Surtout dans les forums.

        Des atteintes aux droits de l’homme, bien sûr qu’il en a forcément, comment pourrait il en être autrement ?

        Atteinte à la propriété ?? Belle plaisanterie !

        Comment des blancs ont ils pu devenir propriétaire ? On se le demande ?

        Pauvre type !


      • Bulgroz 23 août 2007 09:03

        Michel Maugis,

        Je suis « Stupide, haineux, raciste, ignorant »

        Recette classique quand on veut tuer de débat. Je m’incline devant la force de vos arguments. De plus, grâce à vos talents de débatteur, on me dit que la famine au Zimbabwe a cessé, les citoyens de ce pays vous disent merci.

        Les seules sanctions internationales qui touchent le Zimbabwe concernent une restriction de voyage pour les principaux leaders du pays.

        Toutes les aides (développement, PAM, urgence famine) y compris celles des USA et de l’Europe se sont multipliées ces derniers années.

        http://fr.allafrica.com/stories/200707180416.html

        http://fr.allafrica.com/stories/200707231143.html

        On ne compte plus le nombre et le montant des aides, par contre, il est vrai que Mugabe a refusé de participer à un programme d’aide des Nations Unis sur l’éradication de la pauvreté.

        http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse?codeAnalyse=29

        Je m’abstiens de vous insulter, Monsieur Maugis


      • Michel Maugis Michel Maugis 23 août 2007 15:45

        Michel Maugis @ BULGROZ

        Mais si vous insultez en permanence !

        seulement vous le faites hypocritement. Vous n’avez absolument rien réfuté de ce que j’ai dit.

        Selon vous les ignares et racistes n’existent pas. Et pourtant ils existent.

        Pourtant de milliers de français, ont TUER ET MASSACRER pour cette raison en indochine, en Afrique etc.. CE SONT TOUJOURS VOS AMIS POLITIQUES DE MAINTENANT qui se recycle dans la « défense des droits de l’homme » partout où les ex colonisés, mais toujours néocolonisés, se rebellent.

        En tant que français, comme moi, vouus devriez être un peu plus circonspect et réflêchit lorsque vous parlez des droits de l’Homme et de massacres !!

        Et les milliards de US$ que la France doit à Haiti ? êtes vous d’accord, comme moi pour que la France paie ? êtes vous d’accord pour que la France rembourse les milliards de US$ qu’elle doit au Vietnam, à l’Algérie ?

        ET vous avez beau jeu d’en appeler en permamence au droits de l’homme pour condamner des Milosevic, Saddam, HAMADINEJAD, CASTRO, CHAVEZ etc... mais jamais le criminel BUSH qui est mille fois pire que Mugabe, et ce depuis des décennies qu’il change de nom.

        D’ailleurs vos interventions ne comporte jamais un raisonnement situant dans le contexte historique.

        Que des questions, des appels aux sentiments sur les droits de l’homme que vous avez baffoués historiquement pendant des siècles et continuez de faire en IRAK, en Afghanistan et ailleurs.

        C’est l’insulte permament au bon sens et au raisonnement. C’est l’hypocrisie crasse de la droite


      • Voltaire Voltaire 22 août 2007 15:12

        @l’auteur

        Soit vous êtes mal informé, soit vous êtes de mauvaise fois. S’il n’a rien à faire dans le second cas, je vous recommande néanmoins de vous plonger un peu plus dans la réalité des faits si l’on se trouve dans le premier, cela vous permetra de faire un article plus objectif.


        • Bulgroz 22 août 2007 15:24

          Voltaire,

          L’auteur joue sur la vague de repentance qui sévit dans certaines sphères et media.

          La preuve, voir l’autre article de ce jour écrit par un autre ami Africain : « la nouvelle idéologie négrière » (le titre, je le soupçonne, est d’Agoravox.


        • koudou 22 août 2007 16:57

          Cher Voltaire,

          J’accepte votre critique. Mais pas en tant que jugement de valeur viscéral, mais comme élément de discussion positif.

          Dans ce cadre et pour faire avancer le débat et les connaissances, je vous demande donc de citer vos sources et références qui disent le contraire de ce que j’ai écrit. Cela ne devrait pas vous être trop difficile si j’en crois la vigueur avec laquelle vous déclarez que j’écris des choses inexactes ou que je suis de mauvaise foi. Car j’ai écrit cet article à partir de documents que j’ai cité en référence et à partir de longues discussions avec des blancs vivant actuellement au Zimbabwe qui m’ont permis de me forger une opinion moins manichéenne que celle que vous semblez avoir.

          Je suis prêt à changer d’avis, mais certainement pas sur votre simple déclaration : il faut aller un peu plus loin que cela et que vos sources et analyses soient meilleures que celles que j’ai. Et sachant qu’il y a des avis divergents déjà chez ceux qui connaissent et avec qui j’ai discuté sur place, j’admets qu’il puise y en avoir. Mais indiquez les moi, s’il vous plait.


        • Voltaire Voltaire 23 août 2007 09:57

          @l’auteur, quelques rappels factuels (basés sur des éléments Wikipedias et des articles du Monde, mais il est aisé de trouver d’autres sources)

          En 1990, Robert Mugabe est réélu et fait part de son intention d’imposer institutionnellement la ZANU comme parti unique et de transformer l’état en régime marxiste. La chute du mur de Berlin et l’effondrement des régimes communistes en Europe empêchent cette mutation en droit mais elle demeure largement réelle en fait.

          En 1996, Mugabe est réélu presque sans opposition réelle. Il décide alors de mettre en chantier une réforme agraire qui aboutira à l’expropriation des fermiers blancs lesquels assuraient 80% du revenu national. C’est par la violence que le processus se met en route au début des années 2000 alors qu’un fort mouvement de mécontentement se propage dans le pays dû au ralentissement économique et à la corruption des gouvernants.

          En 1999 et 2000, Mugabe commence à faire procéder à une expropriation forcée en utilisant la violence des milices de pseudos anciens combattants dirigés par Chenjerai Hunzvi.

          En 2000, il soumet à la population une nouvelle constitution incorporant notamment une réforme agraire avec des expropriations sans compensation et surtout une amnistie permanente aux militaires et aux membres du gouvernement. Le 11 février 2000, contre toute attente, ce projet de nouvelle constitution soumis à référendum, est rejeté par la population manifestant pour la première fois la défiance de la population envers le vieux dirigeant. Le 6 avril 2000, il passe outre ce vote pour imposer sa réforme agraire. Son parti manque de perdre les élections mais garde sa majorité grâce à des fraudes massives.

          À l’élection présidentielle de mars 2002, Robert Mugabe doit recourir encore à la violence et aux fraudes électorales pour se faire réélire président de la république avec 56 % des voix contre Morgan Tsvangirai, le président du tout nouveau Mouvement pour un changement démocratique (MDC).

          Alors que le pays s’enfonce dans une crise sans précédent et que 70% de ses citoyens sont sans emploi, le pays autrefois prospère doit souscrire au programme alimentaire mondial tandis que les élites, blanches comme noires, émigrent. L’économie périclite suite à l’expropriation violente des blancs dont les terres désormais en jachère sont distribuées le plus souvent à des proches du régime. L’ancien pays exportateur de céréales doit dorénavant en importer.

          Depuis 2005, dans le cadre de l’opération Murambatsvina (« chasser la saleté »), près de 700 000 personnes furent expulsées de la capitale sans avoir d’autres lieux ou se loger pour « assurer la sécurité » dans Harare. Ces destructions de bidonvilles visaient à frapper les quartiers qui avaient voté le plus pour l’opposition à Robert Mugabe.

          On a pu voir récemment lors de divers reportages la façon dont les responsables de l’opposition avaient été violenté par les forces de sécurité après avoir été arbitrairement arrêtées.

          L’une des raisons du soutien de certains chefs d’Etat africains à Mugabe est leur désir d’empêcher toute ingérance (par le biais de sanctions, poursuites etc...) des régimes occidentaux à l’égard des régimes africains. Il est évident que si l’« occident » parvient à renverser Mugabé par ses pressions, le risque deviendra d’autant plus important pour d’autres chefs d’Etat, qui n’ont donc pas envie d’ouvrir la porte à ce danger. IL s’agit donc d’autoprotection bien plus que de soutien.


        • Michel Maugis Michel Maugis 25 août 2007 14:56

          Michel Maugis @ Voltaire.

          Emettre des opinions négatives sur un article ou une personne sans donner UN SEUL RAISONNEMENT relève du nombrilisme imbécile.

          Ça n’a aucune valeur, d’ailleurs c’est bien pour cette raison que vous utilisez un pseudo d’un grand homme.

          C’est article est justement d’une sincérité et objectivité éclatante, même si chacun peut y faire des critiques selon sa propre vision. Mais le débat consiste justement à les dires avec argumentation, et non se prendre pour Voltaire pour cacher sa nullité.


        • LE CHAT LE CHAT 22 août 2007 16:24

          ça fait deux générations africaines que les anglais sont partis , ça serait bien que les zimbabwéens mette un peu le nez dans la merde qu’est devenue l’ex South Rhodesia .

          Corruption , dictature , incompétance et sida ont transformé le grenier de l’afrique australe en mendiant . Ce n’est plus de la faute des autres !


          • chams 22 août 2007 16:28

            bon ok vous etes tous bien dechaine dans vos com

            mais alors selont vous pourquoi Muguabe est soutenu par la majorite des pays d’afrique ?


            • koudou 22 août 2007 17:11

              Merci chams de cette question fondamentale qui est LE sujet de l’article.

              Car effectivement, toutes les commentaires que j’ai eu jusqu’à présent semblaient démontrer que leurs auteurs pensaient que j’excusais le Président Mugabe et les résultats de sa politique alors que ce n’est pas vrai sauf que je ne hurle pas au salaud avec eux. Mais ils ont oublié totalement la vraie question que traite cet article et qui tente d’expliquer pourquoi les autres pays africains de la SACD soutiennent Mugabe (les chefs d’état africains de la SACD ont fait une ovation à Mugabe la semaine dernière lors du dernier sommet de la SACD !) et minimisent la gravité de la situation au Zimbabwe et ne parlent jamais à voix haute de la politique suicidaire de la Banque Centrale du Zimbabwe.

              Le départ de Mugabe est une condition nécessaire au redressement, mais, contrairement à ce que veulent faire croire la Grande Bretagne et les USA, elle n’est pas suffisante. Il l’ont cru avant de faire la douloureuse expérience de l’Irak et du même discours que ces deux mêmes pays avaient contre Saddam Hussein. Et s’ils n’ont pas porté la guerre au Zimbabwe, c’est parce que cette histoire de l’Irak les empoisonne encore. Et le soutien des pays africains de la SACD s’inscrit dans ce schéma.


            • seigneur_canard seigneur_canard 22 août 2007 21:41

              J’aime pas les ricains et les british, Mugabe est contre eux , donc il n’est pas si méchant que ça. Marche aussi avec :
              - Saddam Hussein (décédé)
              - Amaninedjab
              - Ben Laden
              - Kim Jong Il
              - Chavez
              - Castro etc. etc.

              Bon, ben, moi, je vais aller bruler un drapeau US, je vais me faire plein de super copains pas trop regardant.

              Dommage que l’article soit si « orienté », on y apprend deux ou trois choses intéressantes. Notamment sur le rôle du FMI (pas vraiment une surprise vue les dégâts que cause celui-ci les économies émergentes) et de la GB et son rôle sur l’histoire du pays. Bref, tout ça aurait pu être beaucoup percutant si vous laissiez le lecteur juger de lui même sans lui imposer une opinion personnelle. Enfin, c’est peut être ça le « journalisme citoyen » (« militant » ?)


              • koudou 22 août 2007 23:05

                Il y en a plein d’autres personnes que celles de votre liste avec qui cela marche.

                Mais vous avez parfaitement sur un point : je n’aime pas l’impérialisme (et le colonialisme), et vous avez de nouveau raison sur la conséquence qui est que chaque fois que je le vois en application, je ne peux pas m’empêcher de réagir. Vous avez raison, je suis orienté sur ce sujet et je n’arrive pas à rester totalement objectif quand il s’agit d’impérialisme (dont l’esclavage que seule la France a reconnu comme un crime contre l’humanité).

                Cela dit, vous avez tort quand vous dites que j’excuse Mugabe et la façon dont il s’accroche au pouvoir en accumulant erreur sur erreur.

                - Il commet une erreur en faisant fonctionner la planche à billets en ne l’appuyant pas sur des biens existants (dont les mines)
                - Il commet une erreur en imposant un taux de change irréaliste qui n’est qu’une taxe exhorbitante à tous ceux qui payent en hard currency (avec pour résultat principal des enrichissements personnels ches de nombreux hauts fonctionnaires)
                - Il commet une erreur en essayant de compenser le prix des denrées de base en imposant un prix de vente et en subventionnant l’achat des matières premières pour pouvoir maintenir cette fiction (je parle du maïs, ce qui a pour effet principal des détournements de fonds par de nouveau des hauts fonctionnaires
                - Il commet une erreur en supprimant cette subvention pour tenter de supprimer les détournements de fonds en rendant la farine de maïs impossible à fabriquer pour le prix de vente obligatoire
                - Il commet une erreur en obligeant les entreprises à fournir cette farine de ma*is qu’ils ne peuvent plus acheter
                - Il commet une erreur en pensant que sa politique monétaire va provoquer des investissements (il n’y en effectivement plus, et même pas pour des opérations de maintenance, ce qui fait que le production idustrielle s’effondre)
                - Il commet une erreur en nationalisant les dites entreprises, ce qui ne va pas ajouter aux investissement, au contraire

                Et on peut continuer la liste comme cela pendant très longtemps (vous avez remarqué que j’évite les sujets controversés dans cette liste - même si on pourrait facilement le faire à mon sens - car il y a suffisamment d’erreurs pour ne pas avoir besoin de les citer). Mais toutes ces erreurs ne justifient pas l’action de la Grande Bretagne pour des motivations un peu troubles et dont l’effet principal est que les pays africains se rassemblent autour de Mugabe au lieu de pousser à trouver une solution au Zimbabwe sans Mugabe.

                Vous avez peut-être raison sur le fait que suis militant quelque part. Mais ne vous y trompez pas : je ne suis pas militant pour défendre Mugabe. je suis militant contre l’impérialisme et le néo-colonialisme. Merci d’avoir mis cette confusion possible en exergue.


              • peupéfanch 23 août 2007 01:32

                @ tous

                bon voici un reportage de france24, c’est pas du TF2 ou du journalisme citoyen mais comme c’est payé par nos impôts autant en profiter.

                j’espère que le lien va fonctionner.

                http://www.france24.com/france24Public/fr/dossiers/grands-reportages/20070323-reporters-zimbabwe-tsvangirai.html

                voili, voilou.


                • dup 23 août 2007 07:37

                  j’ai regardé cette vidéo .hitler blanc , hitler noir,pas de différence. 83 ans ,con mais accroché au pouvoir . la « faute à la colonisation » en prend un coup. Les scenarios sur terre sont tous pareils . Ce que je constate c’est que ces régimes tiennent bien grace à d’obscures collabos qui hesitent pas à tirer sur leurs semblables pour sauvegarder leur maigre pitance . En tout cas justifier d’une queconque manière un tel mec est déja faire preuve d’être un colabo .


                • koudou 23 août 2007 11:44

                  A dup

                  Vos comparaisons sont vraiment complètement à côté de la plaque. Tout d’abord, le terme de « collabo » est totalement impropre et on ne sait pas à qui vous voulez l’appliquer : un « collabo », c’est quelqu’un qui soutient l’envahisseur.

                  Ensuite, je trouve vos propos bien triste d’incohérence : vous prenez la défense de la colonisation tout en vilipendant hitler. Au moins, réfléchissez et choisissez un camp !


                • peupéfanch 23 août 2007 01:46

                  @ l’auteur

                  lors de vos charmantes escapades culturelles et touristiques au Zimbabwe avez-vous fait la partie de blague avec ces réactionnaires à la solde de ....... ?

                  ben de qui donc ...... ?

                  la contre-révolution fasciste ..... ?

                  c’est vrai quoi, y’en a marre de ces empêcheurs de dictaturer en rond, en large et en travers.


                  • koudou 23 août 2007 01:56

                    Vous êtes vraiment navrant de pauvreté intellectuelle.

                    Et à part tenter des bons mots que je ne trouve absolument pas drôle sur ce sujet, qu’est-ce que vous faites vous pour essayer d’apporter quelque chose à la population locale ?


                  • peupéfanch 23 août 2007 02:28

                    monsieur l’auteur

                    pardonnez mon ironie, elle reflète l’exaspération de beaucoup de gens accusés de beaucoup de maux dont ils ne sont pas responsables.

                    avez-vous visionné le reportage ?

                    avez-vous rencontré ces gens qui se font tabasser par les nervis de mugabé ?

                    pourriez-vous nous dire ce qu’ils veulent pour leur pays ?

                    enfin bref, puisque vous y êtes allé, dites-nous ce qui s’y passe !

                    maintenant, pour la population locale :

                    peut-être que les chinois accepteront de se faire plumer ?


                    • koudou 23 août 2007 11:04

                      Bonjour,

                      Oui, j’ai regardé le reportage. Merci au passage de l’avoir signalé et mis le lien.

                      Tout d’abord, ma réaction de base est évidemment plus que très négative contre la violence. Je supporte très mal que les forces de police tabassent la population, quelqu’en soit la raison, ou même tuent les leaders de manifestations fussent-elles interdites, et même si la loi les y autorise. Malheureusement, on voit partout dans le monde de la brutalité policière même dans les pays occidentaux, (heureusement dans une bien moindre mesure). Dans toute l’Afrique aussi, on voit ce genre de choses et en Chine, on sait par l’histoire comment cela peut tourner.

                      Je relève cependant quelques trucs dans ce reportage qui sont probablement passées inaperçues, car ce qui prévaut est l’émotion. D’une part, les manifestations quelque soient les raisons sont interdites, car ces manifestations débouchent sur des actes de destruction (comme les « casseurs » dans nos manifestations à nous), sans compter les nombreuses attaques de bâtiments administratifs. Le reportage en parle, mais absolument aucun représentant des pays occidentaux n’en parle. Ces attaques et agressions ne sont pas excusables, pas plus que la réaction excessive de la police qui est d’ailleurs souvent bien plus violente dans de nombreux autres pays d’Afrique comparée au Zimbabwe. Je relève aussi que le Zimbabwe est certainement parmi l’un des pays les plus civilisés d’Afrique. Car malgré l’envie d’autoritarisme de son Président Mugabe, la presse peut encore rencontrer les membres de l’opposition et ressortir avec des images, et l’opposition n’est pas totalement muselée. J’ai aussi vu dans ce reportage que le temps de parole aux opposants était très disproportionné par rapport au temps donné aux soutiens locaux de Mugabe. Car il y en a. Son parti (ZANU-PF) était divisé avant l’intervention aussi évidente de la Grande-Bretagne. Une partie du Zanu-PF avait même commencé en interne à créer un mouvement d’opposition. Mais le Zanu-PF s’est resserré après que la découverte des sources de financement de l’opposition venant de Grande-Bretagne et de l’extrême-droite (blanche) de l’Afrique du Sud.

                      De nouveau, ce qui me gêne, c’est que Mugabe peut se réfugier derrière la campagne de l’Europe contre le Zimbabwe, ce qui lui permet de ne pas parler de toutes ses erreurs et de jouer au martyre alors que la déconfiture économique n’est que partiellement dûe à la Grande-Bretagne et aux méthodes du FMI.

                      =========================

                      Je n’ai pas rencontré les gens qui se sont faits tabassés par la police. A part les leaders de l’opposition, on ne sait pas qui ils sont, et il y en a relativement peu (par rapport à la population). De plus, ils sont tous sur Harare, alors que je suis la plupart du temps sur Bulawayo. Par contre, j’ai rencontré beaucoup de gens, blancs comme noirs. Un certain nombre sont contre Mugabe tout simplement parce que le pays est dans cet état. La majorité de ceux que j’ai rencontré sont contre la politique de Mugabe, mais pas contre Mugabe lui-même. C’est assez curieux : ils ne veulent plus de cette politique économique qui est clairement traitée de « stupid », mais certains disent que ce sera pire avec Tsavangarai et d’autres que cela ne pourrait pas être pire. Ce n’est pas vachement positif.

                      Sur la situation dans le pays, le reportage donne l’impression que ce sont des manifestations non stop et des émeutes à tout crin, mais il n’en est rien. Tout est très calme même quand je passe à Harare, et on peut se promener seul à pied dans Harare dans le centre ville sans se faire attaquer (ce que je ne tenterais jamais de faire à Mombasa ou Nairobi). Les images ne sont pas truquées, mais elles sont condensées. Un peu de la manière dont les reportages sur la révolte des jeunes dans les banlieues en France il y a deux ans faisaient penser aux étrangers que Paris était à feu et à sang et que les habitants étaient obligés de rester calfeutrés chez eux comme au temps de la guerre sous peine de risquer d’être tué. Je n’ai pas peur de me promener dans le centre de Bulawayo ou de Harare, alors qu’à Sao Paulo, même la police me traite de fou si je parle d’aller dans le « centro » à pied, y compris de jour (juste devant la cathédrale) !

                      Par contre, ce que ne montre pas le reportage, c’est la situation dramtique de tous les jours des zimbabwéiens. Cela n’a rien à voir avec le sujet de l’article, mais c’est vraiment grave. On parle de corruption. Mais il faut bien voir qu’en prenant les statistiques gouvernementales du cout de la vie (les choses doivent donc être probablement pire) le salaire d’un policier ne lui permet pas de subvenir aux besoins de sa famille pendant 15 jours. S’il n’a pas de proches partis travailler à l’étranger qui lui envoient de l’argent, il ne peut pas survivre et donc, il faut qu’il se débrouille.

                      On parle souvent de marché noir. Mais il faut bien comprendre les choses : si on regarde les prix des choses (dont nourriture) en usd, la vie est plutôt bon marché au Zimbabwe. Le seul problème est que les gens sont payés en dollars zimbabwe qui ne vaut rien. Si la valeur du dollar zim était de 1usd=250$zim (taux officiel imposé par la Banque Centrale) les salaires seraient très confortables et le coût de la vie dérisoire. Mais au marché noir, 1usd vaut plus de 100000 (cent mille) $zim.

                      Dans les zones frontalières (comme Bulawayo), tous ceux qui le peuvent font les courses au Botswana, et à Vic Falls ils vont en Zambie. Car on ne trouve plus grand chose au Zimbabwe du fait que Mugabe a imposé des prix de vente qui sont inférieurs aux prix de matières premières pour fabriquer la nourriture (le prix du kilo de farine est très inférieur au prix du kilo de maïs qui sert à a faire). Un tiers de la population s’est enfuie du Zimbabwe pour trouver du travail à l’étranger d’où ils envoient des $US en espèces (sinon, il est changé par la Banque Centrale au taux de 1$US=250$zim). Et le drame, c’est pour ceux qui sont sur place et qui ne peuvent envoyer personne à l’étranger. Dans les villages, j’ai vu des familles dont la seule nourriture était des morceaux de fruits du baobab qu’ils faisaient bouillir dans de l’eau, avec une valeur énergétique pas beaucoup au dessus de zéro. Chaque fois, je pars avec un bagage mimimal et je remplis le reste avec du riz que j’offre à ces plus démunis. Mais même si cela leur fait évidemment plaisir, c’est comme si je versais un dé à coudre d’eau sur une route d’asphalte chauffée par le soleil. Le Zimbabwe est le seul pays dans lequel je vais (et je voyage énormément) dans lequel je reste en USD (même pas en euros, il n’est pas pratique pour la population au marché noir).


                    • stephanemot stephanemot 23 août 2007 03:57

                      1) Vous avez naturellement raison de rappeler le rôle fondamental des pays riches dans la situation du Zimbabwe

                      2) Cela n’excuse pas pour autant le comportement dictatorial de Mugabe, qui a désormais perdu toute raison dans son exercice du pouvoir - sa fuite en avant précipite le pays plus profondément encore dans la crise. Cet homme ne peut plus rester au pouvoir.

                      3) Vous avez également raison de soulever des craintes sur le profil du remplaçant éventuel, probablement soutenu pour de mauvaises raisons par des puissances ne souhaitant pas nécessairement le mieux pour le pays et pour son peuple.

                      4) En tout état de cause, la sortie de crise doit satisfaire les pays voisins et être acceptée comme une solution par les Africains pour les Africains.

                      5) Le droit international comme l’histoire récente nous conduit à un choix simple : faire évoluer Mugabe vers plus de sagesse (probabilité nulle), mettre au banc Mugabe sur la base d’une inculpation légitime au TPI (probabilité faible et risque de dégradation de la situation), maintenir Mugabe à un pouvoir limité avec restauration des processus démocratiques essentiels et sous contrôle international temporaire, acceptable par tous à commencer par Mugabe lui-même... et naturellement sous un patronage moins polémique et plus universel que le FMI.

                      De cette crise pourrait émerger un nouveau modèle, en particulier au niveau agraire. Adapté au continent et à ses challenges, respectueux de ses traditions et de son avenir.


                      • koudou 23 août 2007 11:10

                        Vous avez parfaitement raison sur tous les points.

                        Le problème, c’est qu’on ne voit pas comment faire actuellement avec la Grande-Bretagne qui jette de l’huile sur le feu et Mubage qui se braque avec les dirigeants des autres pays africains qui le soutiennent du simple fait de l’action de la Grande Beretagne.

                        Peut-être que si le Portugal arrive effectivement à organiser le Sommet Europe-Afrique en décembre ? Mais ce n’est pas gagné, car la Grande Bretagne veut qu’on traite du Zimbabwe en interdisant la présence du ZImbabwe.


                      • LE CHAT LE CHAT 23 août 2007 09:16

                        pour en connaitre un peu plus sur l’histoire du zimbabwe , ces 4 romans de Wilbur Smith apportent un certain éclairage

                        L’œil du faucon, 1980

                        À la conquête du royaume, 1981

                        La troisième prophétie, 1982

                        Le léopard chasse la nuit, 1984


                        • punaiz 23 août 2007 10:49

                          Excusez moi, mais personne n’a répondu à l’intéressante question de Bulgroz (qui n’écris pas que des choses intéressantes, mais là...)

                          Pourquoi est ce que les pays voisins « donnent » des terres aux fermiers Blancs fuyards du Zimbabwe ? C’est vrai, ils donnent ? smiley

                          Ca n’existe presque pas, ça, donner. C’est assez extraordinaire pour mériter une réponse, non ?


                          • Makan 23 août 2007 11:30

                            @punaiz

                            Qui vous a dit que les terres sont « données » ? D’après ce que j’en sais il s’agit plus de baux que de dons purs et simples. Cela fait une énorme différence.

                            Si les fermiers blancs ont de l’argent à investir dans des exploitations agricoles, pourquoi ne pas leur donner de telles occasions, surtout qu’ils en sont demandeurs aussi ?. On accueille bien d’autres sociétés sur le continent, non ?

                            Cela n’a rien à voir avec la situation au Zimbabwe où ils étaient propriétaires de la quasi-totalité des terres cultivables que leurs ancêtres avaient arrachées aux Africains par la violence.


                          • Bulgroz 23 août 2007 11:48

                            By then, plans were already underway to bring the first group of farmers to Nigeria. The governor of predominantly Muslim Kwara had contacted the Zimbabwe Commercial Farmers Union with an offer of free land and guaranteed bank loans to any member willing to settle there. Hatty and his fellow farmers were skeptical. « We had heard that the Nigerians were crooks, that people who travel to Nigeria never come out again, » he says. « But we had no other option. » Hatty and 12 others arrived in early 2005. With an initial $250,000 loan per farmer, the men drilled wells, built houses, imported tractors and seed drillers and planted their first maize crop in July.

                            http://www.msnbc.msn.com/id/11677306/site/newsweek/

                            Nigeria : a new home for Zimbabwe’s exiled farmers

                            Victims of Mugabe’s land grab are being invited to set up farms across the border. But how will ordinary Nigerians react to this unprecedented wave of white settlers ?

                            http://www.nigeriavillagesquare1.com/News/zimfarmers.htm

                            Zimbabwe farmers in Nigeria

                            http://news.bbc.co.uk/2/shared/spl/hi/picture_gallery/05/africa_zimbabwe_fa rmers_in_nigeria/html/1.stm

                            Nigeria Welcomes White Farmers

                            http://iwpr.net/?p=acr&s=f&o=239314&apc_state=heniacr2005

                            South African white farmers head for Nigeria

                            http://www.afrol.com/articles/10506

                            Mozambique counts on settling white farmers who have lost land in Zimbabwe for its own development, but officials here have also taken precautions to prevent any export of the farm conflict.

                            http://www.news24.com/News24/Africa/0,6119,2-11_1314947,00.html


                          • koudou 23 août 2007 15:53

                            AAAHHHHH ! ça c’est une réflexion intéressante !

                            Punaiz dit « Quand à l’auteur ; son raçisme anti-blanc lui fait écrire tout et son contraire »

                            Réglons le problème du racisme anti-blanc : je ne suis pas anti-blanc, mais anti-colonialiste. Dans les pays africains où ce sont les blancs qui sont en cause, on peut interpréter cela comme du racisme anti-blanc, mais cela n’en est pas. Pas plus que je ne suis anti-chinois quand je parle du Tibet, anti-japonais quand je parle du sac de Nankin, anti-américain quand je parle de l’Irak, anti-irakien quand je parle du Koweit ou anti-juif quand je parle de Palestine.

                            La deuxième partie de phrase est par contre tout à fait intéressante : Punaiz semble dire que dans un article, il ne faut présenter que les arguments d’une des parties quand il y a conflit. En d’autres termes, selon lui, il faudrait qu’un article soit partisan pour l’une ou l’autre partie et qu’un article qui présente tour à tour les deux points de vue n’est pas acceptable.

                            Je pense que c’est une réflexion intéressante, car elle montre un certain état d’esprit qui est à l’envers de ce que l’on nous apprend dans les écoles de journalisme et assez proche des dérives que l’on constate aujourd’hui. Je ne porte pas de jugement sur un tel avis, mais il explique probablement beaucoup de réactions de personnes sur AgoraVox pour qui la règle semble être « si tu n’est pas de mon avis, tu est contre moi » et une sorte de terrorisme intellectuel qui n’est d’ailleurs pas plus d’un bord que de l’autre (il y en a des deux côtés), qui voudrait qu’on n’ait plus le droit d’écrire ou que ce qu’on écrit est mauvais du moment qu’on n’est pas pour l’un ou l’autre des camps.

                            C’est peut-être une évolution de la presse de demain, et peut-être que la façon de cela se passe sur Agoravox et qui semble être un phénomène de ce genre préfigure de ce que sera l’information de demain.


                          • Angeduciel 24 octobre 2007 15:31

                            Bonjour,

                            Je fais un dossier pour mes examens sur la répartitions des terres au Zimbabwe. J’aurais besoin d’infos sur ce sujet. Je vais devoir défendre le point de vue des fermiers blancs expulsés de leurs terres. Et défendre le point de vue des opposants. Donc toute information me sera nécessaire. Par contre j’aimerais faire un dossier qui repose sur des faits concrets. Donc merci de m’aider, en me donnant des infos, références, livres etc. J’ai choisis ce sujet car je connais qqn qui a perdu son grand-père qui était fermier blanc au Zimbabwe et qui s’est fait assassiné par les « opposants ». Je trouve le sujet très intéressant. Et j’aimerais montrer tous les aspects dans ce dossier. Je vous prie de ne pas vous « déchaîner » sur moi, j’avoue que pour l’instant je ne connais que peu de chose sur le sujet. Je me demande par contre pourquoi on parle si peu de tous les fermiers tués. Je comprends que la population soie mécontente du vol des terres il y a x années. Par contre ce n’est pas juste de tuer des fermiers qui n’en sont pas responsable eux-même. On ne résoudra pas ce problème par la violence. Et de plus eux, sont la 3ème génération (au moins) de ceux qui avaient prit la terre des habitants.On ne peut donc pas les rendres éternellement responsable de ce que leurs arrière grand-parents avaient fait. Ils travaillent dans leurs ferme et on vient les tuers ou les chasser sans autre compensations.C’est aussi leur pays, ils y sont né, et ont toujours vécu là pour la plupart. voilà merci de me répondre et d’être indulgent je ne connais pas encore tout sur la situation globale. Merci.


                            • Fin 27 juillet 2008 20:57

                              Hi, j’ai beaucoup aime votre discours.  Vous l’avez en englais pourque je puisse l’envoyer a mes amis ?  Je me considere quelqu’un de tres isole puisque ici en grand bretagne, la propagande est si aggresive sur Mugabe que j’ai l’impression de ’siffler dans le vent’ avec mes idees.  Heureusement vos arguments sont identique a les miennes.  Merci beaucoup.

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