Le jour de la passation de pouvoir est ainsi arrivé. C’est l’expression de la continuité Républicaine et d’une démocratie adulte. Il y a cependant quelque chose qui me gêne profondément et qui ne réside pas dans la passation elle-même mais dans ses appendices du soir.
François Hollande n’en est pas l’inventeur, il ne fera en somme qu'imiter son prédécesseur Nicolas Sarkozy.
A peine les cérémonies protocolaires expédiées, le collier de la légion d’honneur rangé, l’hommage symbolique à un tel ou un autre proféré pour alimenter les journaux télévisés du soir, le Président de la République Française, il y a 5 ans comme ce soir, se précipite sur son avion « France One » pour voler vers Berlin et rencontrer le dirigeant Allemand, actuellement Angella Merkel, mais le dirigeant Allemand quel qu’il soit. Comme s’il s’agissait d’aller immédiatement, le plus rapidement possible, présenter ses lettres de créance au « patron » de l’Europe. C’est hallucinant.
Certes, la question européenne est prépondérante. Certes la crise fait rage. Certes l’Allemagne joue un rôle non négligeable, voire prépondérant, dans cette crise et sa triste évolution. Certes l’obscurantisme Allemand réclame toute les attentions, mais faut-il pour autant faire preuve d’une telle soumission, d’une telle fébrilité, d’une telle précipitation : c'est le contraire qui serait souhaitable, une retenue décente, une légère moue dubitative.
François Hollande n’aurait pas dû imiter Nicolas Sarkozy en l’occurrence, surtout vis-à-vis d’un personnel politique Allemand qui avait refusé de lui accorder la moindre audience même symbolique pendant la période pré-électorale. Il aurait pu au contraire, pour affirmer sa différence, attendre ne serait-ce que le lendemain pour engager un déplacement européen et le réserver à un dirigeant plus en phase avec sa politique affichée et claironnée de « relance. »
Je suis personnellement courroucé par cette attitude volontairement affichée de dépendance à l’égard d’une Allemagne qui emmène l’Europe dans le gouffre. Je n’avais pas approuvé la démarche de Sarkozy, je n’approuve pas plus celle de Hollande. Sans doute encore moins car il a en plus la circonstance aggravante d’avoir détaillé ses divergences profondes avec Merkel dans la campagne. Pourtant il se précipite toute affaire cessante à Berlin. Il pouvait tout aussi bien inviter Merkel le même soir à Paris, pour arroser sa prise de pouvoir, pour un premier dîner dans sa nouvelle résidence du faubourg St Honoré. Elle aurait accepté ou refusé ? C'était le renversement de la preuve, nous serions fixés.
L’habitant du cimetière de Colombey doit se retourner dans sa tombe en observant cette servilité de nos dirigeants vis-à-vis de la dominatrice Allemagne, lui qui scella la réconciliation et l’engagement européen de la France en recevant à Colombey, chez lui, le Chancelier Allemand de l’époque Adenauer. Une photo immortalise cette embrassade mythique pratiquée sur le sol de France. Il n’était pas à l’époque question de se comporter comme un vulgaire « petit ambassadeur »
Sur cette question de l’Europe, il n’y a rien à espérer de nouveau en dépit de l’alternance ; Sarkozy et Hollande partagent la même vision ; ils effectuent les mêmes signes !

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