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Lutte contre le terrorisme : « retirer le feu sous le chaudron » (19e stratagème)

Pour paraphraser Sully, nous pourrions dire que les deux mamelles d’une action efficace sont un concept pertinent et des moyens d’action adaptés. Ceci vaut tout particulièrement dans le domaine de la lutte anti-terroriste.

En matière de concept, une bouffée d’oxygène vient de nous être apportée par la Rand Corporation, avec la parution d’une étude intitulée «  How terrorist groups end, lessons for countering al Qa’ida ».

En substance, les chercheurs se sont livrés à une étude portant sur 648 groupes terroristes ayant sévit entre 1968 et 2006. Leur principale conclusion est que seuls 10 % d’entre eux ont cessé leurs activités après avoir atteint leurs buts, tandis que 7 % seulement ont été écrasés par la force militaire. Reste donc un noyau dur constitué par 83 % de ces groupes. C’est là que réside l’intérêt principal du travail de la Rand. Il met en évidence que la moitié (43 %) de ce noyau dur a déposé les armes suite à une solution politique et l’autre moitié (40 %), celle qui refuse l’évolution vers le terrain politique, a été démantelée sous l’effet d’une action combinant le renseignement, l’infiltration et le noyautage (services secrets) avec un dispositif sécuritaire coordonnant les acteurs publics dans la mise en œuvre de la loi (justice, police, douanes, administrations…). L’étude de la Rand souligne en outre la résilience particulière des groupes terroristes religieux qui rend la tâche plus ardue pour les autorités. Voilà donc une base intéressante pour éclairer le choix d’un concept de lutte anti-terroriste.

Le paradoxe en la circonstance réside dans le fait que le pays qui nourrit l’institution éminente qu’est la Rand Corporation, au sein de laquelle sont hébergés les auteurs de cette étude, ainsi que de nombreux autres think tanks, qui irriguent la pensée stratégique internationale, soit également celui qui, tout en disposant d’autant de matière conceptuelle, agit de manière monolithique en Irak, comme en Afghanistan, en faisant de l’outil militaire l’argument central de la lutte anti-terroriste.

Mais paradoxe pour paradoxe, et pour stopper net un rictus méprisant d’anti-américanisme primaire, il est intéressant d’évoquer un autre événement qui prend place également dans le champ conceptuel, quitte à écorner, cette fois, notre amour propre national. Il s’agit de la redécouverte, par le général américain David Petraeus1, de l’ouvrage de David Galula, intitulé Contre-insurrection, diffusé en 1963 par la même Rand Corporation, faute, pour l’auteur, d’avoir pu s’exprimer sur le territoire national. Cette rencontre est celle de deux intelligences et de deux parcours exceptionnels.

Parcours hors du commun pour le lieutenant-colonel David Galula, officier français, entré à Saint-Cyr en 1939, rayé des cadres de l’armée d’active en 1941 « en application des lois portant statut des juifs ». Réintégré au sein de l’armée d’Afrique en 1943, héros des combats de libération de l’Europe, il occupe ensuite une série de postes qui lui permettent d’observer de près les conflits insurrectionnels d’après-guerre dans les Balkans (Grèce) et en Extrême-Orient (Chine, Vietnam, Malaisie, Philippines). Ce qu’il y a vu lui sera directement utile lorsqu’il se retrouvera à la tête d’une compagnie dans le Djebel Mimoun en Kabylie. C’est là qu’il mettra en œuvre sa théorie naissante de la contre-insurrection par la pacification. Il prouve alors le rôle central de l’action en faveur des populations pour faire baisser le niveau de conflictualité en coupant la guérilla de sa base populaire. L’originalité de Galula tient notamment à la distance qu’il a prise, par rapport à la doctrine du colonel Trinquier, exprimée dans La Guerre moderne, ouvrage dans lequel l’auteur considère qu’en ayant recours au terrorisme les rebelles perdent tout droit à être traités comme soldat.

Un moment mis en avant par la hiérarchie militaire qui lui fait prononcer des conférences en France et aux États-Unis, son caractère non-conformiste irrite rapidement ses chefs. Il choisit alors de s’exiler pour répondre à une invitation de Harvard qui, ayant reconnu ses talents, lui propose un poste de visiting fellow.

Les travaux de David Galula ne seraient probablement jamais parvenus sur les rayons de bibliothèque de l’école militaire (publication française en 2008), si cet autre homme d’exception qu’est le général David Petraeus n’en avait découvert les vertus, en 2005, alors qu’il rentrait d’Irak, où il avait été chargé d’organiser les forces irakiennes. Son expérience sur ce théâtre d’opération avait stimulé en lui le besoin de solutions alternatives à la mise en œuvre de la force militaire conventionnelle. Passées les opérations de conquête du terrain, en 2003, la force classique avait montré rapidement ses limites devant le développement de l’insurrection.

David Petraeus est un personnage complet, alliant la compétence intellectuelle, il est docteur en sciences politiques (Princeton), a une très large expérience du commandement de terrain, il a commandé la 101e airborne pendant l’offensive de 2003. Son profil, à mi-chemin entre l’intellectuel et l’opérationnel, l’a conduit naturellement à rechercher des réponses non conventionnelles à une situation qui ne l’était pas non plus. Avant même que la Rand ne produise son étude suggérant les deux grands axes à retenir pour lutter contre le terrorisme, David Petraeus les avait fait consigner, peu ou prou, dans le manuel de contre-insurrection diffusé au sein de l’US Army Combined Arms Center, à Fort Leavenworth, qu’il a commandé à son retour d’Irak.

C’est à ce stade qu’ont commencé les vraies difficultés, car il ne suffit pas d’identifier le concept d’action le plus pertinent, encore faut-il le mettre en œuvre.

David Petraeus, comme nombre d’esprits innovants, s’est rapidement heurté à un mur. Ce mur est celui de la résistance au changement, bien connu de tous les réformateurs. Nombre d’études faites par le département de la défense ont souligné l’inertie, voire les réticences exprimées par les cadres de contact, officiers et sous-officiers, à renoncer à une posture uniquement tournée vers le combat. Ces jeunes militaires plongés dans un univers hostile, si différent de leur environnement habituel, ont tendance à raisonner de façon binaire. Chaque instant passé hors de leurs camps retranchés met leur vie en danger. Dans ces conditions, l’attitude sécuritaire, justifiée par des pertes nombreuses, les conduit à traiter la population systématiquement comme suspecte et contribue, donc, à l’entretien du ressentiment.

Le concept de «  caporal stratégique  », exprimé par le général Charles Krulak, peine à montrer sa face positive. Les bavures du caporal américain dans un village irakien éclaboussent la Maison-Blanche, mais le même caporal est en difficulté pour conquérir le cœur des populations, à l’opposé du caporal des troupes de marine français qui y met un point d’honneur. On peut voir, dans cette incapacité, la traduction non seulement d’une incompréhension du concept, mais surtout du manque de préparation et de formation pour mener à bien des missions qui allient les qualités, d’apparence antinomiques, de combattant à celles de militant d’ONG. Il n’est pas aisé, en effet, d’accepter ce mode de fonctionnement quasi schizophrénique qui impose une implication personnelle, une remise en cause et une adaptation permanente, une intelligence des populations et du terrain, une capacité relationnelle, une compétence technique adossée à des moyens financiers pour traiter les affaires dites "civilo-militaires". C’est un changement de culture qui ne va pas de soi pour l’armée américaine, c’est une charge lourde à porter par les militaires de rang modeste, c’est un défi risqué pour la hiérarchie. Sur ce terrain, pourtant les Britanniques, comme les Français, ont démontré sur tous les théâtres de l’après-guerre froide, qu’il pouvait être relevé. Le général Petraeus est malgré tout parvenu, à force de conviction et de volonté, à réduire la violence en Irak pendant son mandat de commandant des troupes au sol de 2007 à 2008. Mais il était personnellement le moteur de cette évolution. En son absence, le naturel risque de revenir au galop.

Le comportement des militaires n’est pas le seul en cause. L’appareil politico-militaire américain ne s’engage pas, non plus, véritablement dans la mise en œuvre des phases de pacification suggérées par David Galula : prise de contrôle de la population, destruction de l’organisation politique insurgée, organisation d’élections locales, mise à l’épreuve des dirigeants élus, création d’une structure politique regroupant les opposants à l’insurrection. Cela imposerait d’administrer directement les populations sur le terrain, de répondre à leurs besoins essentiels et de restaurer la confiance en mettant en œuvre une gouvernance exemplaire dans le respect des individus et de leurs cultures. Méthodes appliquée en totalité ou partiellement avec succès par David Galula en Kabylie, par John Paul Vann au Vietnam et bien d’autres encore, restés anonymes. Mais il est vrai que ces réussites ponctuelles et éphémères devaient plus à l’imagination et à la volonté de ces personnalités d’exception qu’à la clairvoyance et à l’implication de leurs hiérarchies avec lesquelles ils étaient souvent en délicatesse.

La lutte contre le terrorisme impose de réconcilier ces francs-tireurs et les administrations dont ils dépendent pour ne pas en rester éternellement à un échantillonnage d’actions brillantes rapidement annihilées par les erreurs en séries ou les revirements intempestifs des responsables trop éloignés des réalités de terrain. Cette remarque vaut pour toutes les nations désormais solidaires, de facto, face aux menées terroristes. Encore faut-il bien distinguer la nature de ces menées qui vont de l’acte isolé (Madrid, Londres) jusqu’à l’insurrection (Irak, Afghanistan), en passant par les actions multiples concertées (New York). Chacune appelant des anticipations et des ripostes durables et adaptées.

La question centrale devient alors celle des moyens humains. La Rand, dans son étude, a souligné les deux modes d’action qui conduisent le plus sûrement au terme de l’activité des groupes terroristes : aider à l’évolution de ces groupes vers le champ d’expression politique et développer une gamme d’actions sécuritaires visant à dévitaliser les structures clandestines. Dans ces deux configurations, ce sont toujours les hommes qui en sont le plus sûr atout : coordonnateurs, diplomates, juges, fonctionnaires, agents des services, forces spéciales, militaires.

Pour valoriser ce potentiel, deux axes principaux d’effort doivent être retenus : d’une part le développement d’une réelle capacité d’innovation et de pensée alternative chez les cadres et, d’autre part, le décloisonnement des services et des administrations de l’Etat.

Sur ce dernier point, beaucoup reste à faire en dépit de déclarations rassurantes ressassées comme un leitmotiv incantatoire dans les sphères dirigeantes. Chacun a le loisir de constater au quotidien qu’il reste du chemin à parcourir. Il ne suffit pas d’être imaginatif en matière d’organigramme pour brasser les hommes. Par ailleurs, il est plus aisé pour les dirigeants médiocres d’entretenir dans leurs services un sentiment obsidional, qu’ils pensent propice à la cohésion interne, qu’une culture de partage. Une part substantielle de l’énergie déployée par les groupes humains est consacrée à freiner, contrer, critiquer l’action déployée par les plus créatifs. Face au terrorisme, cette attitude est purement suicidaire. L’évaluation des cadres de tous niveaux doit inclure sans ambiguïté leur aptitude à coopérer efficacement avec leurs partenaires. La « jalousie territoriale » et « l’étouffoir à initiative » sont des fautes graves.

Lorsqu’on en vient à évoquer les notions d’innovation et surtout de pensée alternative, les dirigeants les mieux disposés ne peuvent s’empêcher de penser indiscipline, électron libre, cacophonie et au bout du compte désordre et inefficacité. Cette version frileuse ne saurait être retenue sans faire prévaloir le conformisme stérile qui nous prive des meilleurs talents. L’exemple du lieutenant-colonel Galula, contraint de s’exiler aux États-Unis pour s’y exprimer librement et utilement, nous le rappelle douloureusement.

Pour introduire une note d’espoir, il est permis de se référer à un milieu au sein duquel cette tournure d’esprit est en revanche considérée comme une qualité. C’est celui des forces spéciales. Pour elles, c’est une question de survie. Placées dans des situations extrêmes, leur imagination doit fonctionner à plein régime. Pour cela toutes les énergies sont employées à ciseler un outil destiné à obtenir un effet maximum avec des moyens réduits : hommes motivés, compétents, entraînés, équipés, procédures rigoureuses, combinaison optimale des moyens, interopérabilité, capacité à agir en tous milieux sur l’ensemble du spectre allant de l’action psychologique à l’action de vive force. Pour faire face à des menaces asymétriques, multiformes, insolites, il ne faut pas avoir les deux pieds dans le même sabot ni jouer en solitaire. Inspirons-nous de cet exemple qui n’est pas dépourvu de pertinence lorsqu’on évoque la lutte contre le terrorisme.

Pour en terminer provisoirement avec ces réflexions qui mêlent le sort de toutes les nations libres qui ont à subir les assauts du terrorisme, revenons-en à quelques idées simples.

L’Histoire est, dans une certaine mesure, une constante répétition de la lutte entre l’épée et le bouclier, entre le mouvement et l’immobilisme, entre les lumières et l’obscurantisme. Le naturel humain pousse vers ce qui demande le moins d’effort et expose le moins aux risques. Ce sont les circonstances d’exception qui poussent les organisations humaines à faire preuve d’imagination pour assurer leur survie. Ceci étant, il est rare qu’il n’y ait pas de solution à portée de main pour ceux qui savent regarder. Le plus difficile reste de changer de paradigme, de bousculer les habitudes ou les intérêts particuliers, de sortir des routines et des pratiques convenues. Pour encourager les plus paresseux, disons-leur que parfois l’innovation demande simplement de revenir aux fondamentaux. Ainsi, face au terrorisme pourrions-nous nous inspirer du 19e des fameux 36 stratagèmes chinois qui conseille, de façon imagée, de « retirer le feu sous le chaudron ».

Encore faut-il ne pas s’imaginer qu’il suffira pour cela de souffler dessus.

1Chef du United States central Command (commandement qui engerbe les théâtres irakien et afghan), parallèlement théoricien de la contre-insurrection.


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24 réactions à cet article    


  • morice morice 1er août 2008 11:41

     la guerre au terrorisme est une invention qui ne marche pas. Dixit la Rand.


    • Guizmo Guizmo 2 août 2008 09:48

      La Guerre contre le terrorisme telle qu’elle se déroule actuellement ne sert à rien, c’est ce que dit l’article du Figaro et qui va donc dans le sens de l’article du monsieur. Et ils ne disent pas que c’est une invention...


    • Cug Cug 1er août 2008 12:29

      Je pense qu’en cet été 2008 i l n’échappe à personne que la guerre US contre le terrorisme n’a que très peu de chose à voir avec .... le terrorisme. En particulier lorsqu’il s’agit de Ben Laden et d’Al Quaida, création en grande partie de la CIA.

      Faire exploser une bombe dans un lieu civil c’est un crime. C’est donc à la police de s’en occuper et pas aux militaires.
      Dans le cas de la guerre US contre le terrorisme, celui ci n’est que le paravent qui masque les véritables motivations de celle ci.
      Ensuite si l’on veut parler de terrorisme d’état, je rappelle que les USA est l’état qui pratique le plus le terrorisme (cf. Noam chomsky) dans le monde bien plus que l’Iran ou je ne sais quel "autre état-voyou" de l’axe du mal (réthorique de blaireaux pour gogos).

      Par exemple les bombes iraniennes en France sont à rapprocher d’histoires de centrales et de gros sous entre l’état fr et l’Iran. Les bombes algériennes sont à regarder avec le déni de démocratie lorsque le FIS a gagné les élections mais que les militaires algériens avec l’appui de l’état fr n’ont pas respectés.
      Quand au terrorisme palestiniens, je pense que tout le monde c’est de quoi il retourne.
      Etc, etc ....

      Limite il reste les terrorisme régionaux ou maffieux, genre Corse, Basques etc ... Mais chacun conviendra que c’est l’affaire de la police et de l’état concerné.

      Le terrorisme "pur" genre un gars qui ferait péter une bombe juste parce qu’il n’aime pas les blancs, les chrétiens, les .... etc etc ne doit représenter qu’entre 0,1 %et 1% des attentats dans le monde.

      Mais encore par exemple ce que les occidentaux appellent terrorisme en Irak ou afgnansitan n’est en général que de la résistance à l’occupation militaire .... résistance désastreuse pour les civils évidemment tout comme l’occupation.

      Donc faudrait arréter de nous enfumer avec "le terrorisme", concept fourre-tout et trop facilement manipulable.


      • morice morice 1er août 2008 12:33

         si Petraeus est aussi intelligent que vous le dites, pourquoi a-t-il été aussi PITOYABLE avec Crocker, ce lettré, lors des auditions devant les congressistes US ?? incapable de fixer un cap, incapable de citer des chiffres ou des dates, incapable de cacher son échec sur place. Avant hier, il a proclamé que le "paix revenait". Au même moment deux attentats faisaient 56 morts. Il est peut être intelligent, mais il a choisi un quand qui le rend imbécile....

        l’amiral Wagner lui a demandé ce jour là : est ce que tous ces sacrifices ont amené une amérique plus sûre ?" ("a more security in hour homes ?").... ce à quoi Pretaeus à répondu sans convaincre "bien entendu... ce jour là Petraeus s’est montré grotesque. Un blogueur qui suivra en direct comme je l’ai fait cette sinistre prestation notera : ""Presently, General Petraeus is discussing the political situation in Iraq is more fragmented and that the Iraqi government is more disfunctional." ce qui était un excellent résumé. 


        • morice morice 1er août 2008 12:34

           Et pourquoi ne pas avoir suivi le Memo écrit par Crocker pour Colin Powell avant l’invasion ,

          The six-page memo, titled "The Perfect Storm", stated that toppling Saddam Hussein could unleash long-repressed sectarian and ethnic tensions, that the Sunni minority would not easily relinquish power, and that powerful neighbors such as Iran, Syria and Saudi Arabia would try to move in to influence events. It also cautioned that the United States would have to start from scratch building a political and economic system because Iraq’s infrastructure was in tatters.

          Tout y était, pourtant !!! 


        • morice morice 1er août 2008 12:36

           Parfait, Cug :"Donc faudrait arréter de nous enfumer avec "le terrorisme", concept fourre-tout et trop facilement manipulable." On ne fait que répéter ça ici. Au grand dam de certains.


        • Cug Cug 1er août 2008 13:00

          L’auteur cite souvent la "Rand corporation" ce qui appelle à la prudence et la méfiance car il ne parle pas des buts et des objectifs de cette organisation.


          • Cug Cug 1er août 2008 13:07

            Anciens Membres

            Condoleezza Rice (Administratrice de 1991 à 1997) - Secrétaire d’État aux affaires étrangères (USA)

            Donald Rumsfeld (Président du conseil d’administration de 1981 à 1986) - Secrétaire d’Etat à la défense 1975-1977 puis 2001-2006

            Walter Mondale : Vice-Président des Etats-Unis de 1977 à 1981 et candidat démocrate à la présidence en 1984

            John von Neumann, mathématicien

            Samuel Cohen - Inventeur de la bombe à neutrons en 1958

            Walter Wriston - Prix Nobel de Physique 1964

            Kenneth Arrow - Prix Nobel d’Economie 1972

            Herbert Simon - Prix Nobel d’Economie 1978

            John Forbes Nash - Mathématicien et Prix Nobel d’Economie 1994

            George Dantzig - Mathématicien fondateur de la programmation linéaire

            Jean-Louis Gergorin - Vice-Président de la coordination stratégique d’EADS de 2000 à 2006

            Pascal Lamy (Président de Rand Europe de 1996 à 1998) - Ancien commissaire européen, directeur de l’OMC depuis 2005

            Pour vous aider à vous faire une opinion sur la Rand smiley


          • Guizmo Guizmo 2 août 2008 09:41

            J’en pense que c’est une corporation pleine de potentiel. Plusieurs prix Nobels mêlés à des poids lourds de la scène internationale à plusieurs niveaux, si c’est dirigé vers le bon endroit ca peut être bénéfique.


          • Cug Cug 2 août 2008 10:11

            Hum tu as fais l’école du rire ?


          • Daniel Hervouet Daniel Hervouet 2 août 2008 13:52

            Merci de cette remarque de bon sens concernant la Rand. On peut difficilement considérer, en effet, que le fait d’avoir fait ses preuves dans les domaines scientifique, économique et politique soit une preuve d’incompétence.


          • Philou017 Philou017 1er août 2008 16:38

            Le 11 Septembre est un attentat concu par des milieux financiers du complexe militaro-industriels et du complexe pétrolier, alliés à quelques politiciens néo-conservateurs, afin de développer cette sorte étrange de Keynesianisme, qui consiste à doper l’économie de guerre des Etats-Unis. Il faut savoir que la source principale de revenus de nombreux états US vient du complexe militaro-industriels. Ce complexe est la clé de voute de l’économie Américaine depuis des décennies.
            A qui profite le crime ? Il suffit de voir les énormes profits réalisés par des entreprises d’armements, des sociétés de mercenaires et de consulting, des entreprises pétrolieres pour le voir.

            La Rand Corporation est un drole de "Think-Tank" au service de l’influence Américaine :

            Financés par les industries d’armement, les analystes de la Rand Corporation réclament toujours plus d’argent pour les budgets militaires. Selon eux, le scénario du 11 septembre était inimaginable et marque une révolution dans le terrorisme qui nécessite des crédits illimités pour être combattu. Pourtant, ils avaient analysé l’inconcevable en détail, en mars dernier, devant l’Académie de l’US Air Force : une attaque aérienne contre le World Trade Center.

            Avec un budget annuel de 160 millions de dollars, la Rand Corporation [4] est le plus important centre privé de recherches en matière de stratégie et d’organisation militaire dans le monde. Il est la prestigieuse expression du lobby militaro-industriel américain. Présidé par James Thomson, il compte parmi ses administrateurs Ann McLaughin Korologos (ancienne présidente de l’Institut Aspen) et Franck Carlucci (président du Carlyle Group), Condoleezza Rice et Donald Rumsfeld en furent administrateurs tant que leurs fonctions officielles le leur permirent.

            "Les prévisions « inimaginables » de la Rand Corporation"

            74.125.39.104/search


            Un avis de l’analyste financier Bill Bonner ("L’empire des Dettes") :

            * "Vous avez entendu parler du ’rapport sur la montagne de fer’, ou quelque chose de ce genre ? Je ne m’en souviens que très vaguement — mais j’étais consultant, et je me rappelle que la Rand Corporation avait dû préparer un rapport sur ce que les Etats-Unis devraient faire... comment ils devraient motiver et contrôler leurs citoyens... après l’effondrement de l’Union Soviétique. La Rand Corporation a réalisé que sans la menace de l’Union Soviétique, les gouvernements occidentaux allaient probablement partir à la dérive, sans aucun dessein. Et les Occidentaux commenceraient à râler au sujet des impôts, etc. Bon, je ne me rappelle plus ce que les analystes de Rand ont trouvé, mais je me souviens qu’ils se sont concentrés sur trois idées majeures pour distraire et manipuler les masses — la lutte contre le terrorisme, le changement climatique et les menaces sanitaires. Aujourd’hui, à part les inquiétudes financières, ce sont les trois préoccupations majeures du public".

            * "Nous avons par exemple de grandes campagnes destinées à la lutte anti-tabac", a continué notre interlocuteur en allumant un cigare, "et nous sommes tous supposés nous inquiéter du réchauffement planétaire. Quant à la Guerre contre la Terreur... je me souviens avoir été surpris par la vitesse à laquelle on a mis les attentats du 11 septembre sur le dos du terrorisme islamiste (on a même trouvé le passeport de l’un d’entre eux dans les cendres du bâtiment... d’une manière ou d’une autre, le feu qui était assez chaud pour faire fondre du béton et de l’acier n’avait pas eu le moindre effet sur ce passeport de papier)... Et j’ai aussi étonné par la vitesse à laquelle George W. Bush est arrivé avec sa Guerre contre la Terreur".

            * "C’est comme si tout cela avait été calculé avant les attentats... et à mon avis, ça avait bien été le cas
            ".
            http://www.garde-a-vue.com/archive-8-2007.html


            • Philou017 Philou017 1er août 2008 17:02

              Une bonne analyse :

              La guerre, comme stratégie industrielle

              http://usgohome.free.fr/actualite/guerre_industrie.htm

              Le contrôle des ressources énergétiques de l’Irak représente un enjeu stratégique primordial pour les États-Unis. L’enjeu économique se situe, lui, sur le marché de l’armement et, surtout, sur celui de la reconstruction. Cinq grandes sociétés se partagent d’ores et déjà le plus grand marché public depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Derrière elles, on retrouve George Schultz, Donald Rumsfeld et Dick Cheney.

              Le Président de la France, Jacques Chirac ne cesse de répéter qu’aux yeux des Européens, « la guerre est toujours la pire des solutions, le constat d’un échec ». Comme le relève l’essayiste préféré de George W. Bush, Robert Kagan, c’est précisément cette manière de penser qui détermine l’opposition fondamentale entre la vieille Europe et les néo-conservateurs au pouvoir à Washington. Pour ces derniers, la guerre est un acte créateur permettant de régénérer le monde, comme les destructions d’emplois peuvent être des procédés de modernisation des outils de production.

              De ce point de vue, la destruction de l’Irak marque l’ouverture du plus grand marché public du monde depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Avant même que le président Bush ait adressé son ultimatum à l’Irak, le Pentagone, qui s’apprête à exercer un protectorat militaire sur le pays, avait déjà signé les contrats de reconstruction.

              Cinq grandes sociétés états-uniennes se partagent ce gigantesque gâteau. En premier lieu, le Bechtel Group. Cette société de BTP, la plus importante des États-Unis, est détenue depuis quatre générations par la famille Bechtel. L’un de ses administrateurs n’est autre que George Schultz, l’ancien secrétaire d’État de Ronald Reagan. Il préside par ailleurs le Conseil d’orientation du Comité pour la libération de l’Irak, le lobby pro-guerre financé par Lockheed Martin. L’alliance Lockheed Martin-Bechtel augure un nouveau type de business : la destruction d’un pays par un marchand d’armes, puis sa reconstruction par un bétonneur.

              Schultz siège également à la direction de Gilead Science, le géant de la pharmacie dont Donald Rusmfeld était le Pdg jusqu’à son retour au gouvernement. Cette firme vient d’obtenir d’importants marchés publics dans le cadre de la prévention des attaques chimiques et biologiques. En effet, Rumsfeld a réussi à convaincre son opinion publique que le régime de Saddam Hussein détiendrait encore quelques armes de destruction massive qu’il lui avait lui-même vendues pendant la guerre Iran-Irak et que Bagdad envisagerait des les utiliser contre le peuple états-unien. Au cours des dernières années, Gilead Science a tiré une grande partie de ses bénéfices des antiviraux qu’il produit pour traiter le sida. Le prix élevé de ces traitements ne permettant pas leur diffusion dans le tiers-monde, plusieurs États ont tenté d’en fabriquer hors licence. Ils ont été condamnés par l’OMC. En 1998, des antiviraux identiques ont été fabriqués hors licence par une usin e pirate à Al-Shifa (Soudan). À la demande de Rumsfeld et de Schultz, Bill Clinton accusa le centre d’Al-Shifa d’être une couverture pour la fabrication d’armes de destruction massive par Al Qaïda et le fit bombarder. Diverses enquêtes internationales montrèrent ultérieurement que ces accusations étaient sans fondements.

              Le deuxième lauréat du marché de reconstruction de l’Irak est la Compagnie Halliburton. Leader mondial des équipements pétroliers, cette société connaît bien ce pays où elle a reconstruit l’essentiel des installations de forage et de raffinage après la guerre de 1991. Son PDG était alors Dick Cheney, qui venait de commander la destruction du pays en qualité de secrétaire à la Défense de George H. Bush (le père). Bien qu’officiellement Cheney ait démissionné de ses fonctions dans le privé lors de sa désignation comme vice-président de George W. Bush (le fils), il continue néanmoins à percevoir des émoluments résiduels approchant le million de dollars annuel. C’est donc dans une position équivoque qu’il commandera à cette nouvelle destruction de l’Irak qui ne manquera pas de lui rapporter de nouvelles primes.

              Les autres bénéficiaires de la destruction de l’Irak sont The Fluor Group, Parsons Corporation et The Louis Berger Group ; trois sociétés qui se sont montrées particulièrement généreuses avec les think tanks des fondamentalistes.

              Dans de telles conditions, on peut s’interroger sur le choix des cibles qui seront bombardées par les États-Unis : répondra-t-il uniquement à des objectifs militaires ou aussi à la préparation du plus vaste chantier du monde ?

              Sinon, d’accord avec l’auteur pour dire que le meilleur moyen d’éradiquer le terrorisme est de rendre les sociétés plus justes.
              Mais le terrorisme est avant tout instrumentalisé par les états pout faire avancer certains objectifs peu avouables. L’utilisation de mercenaires afghans par les services secrets Américains et Anglais en Bosnie en est un des exemples.
              Les False Flag aussi, comme celui de Moscou attribué aux "Terroristes" Tchétchènes sans aucune preuve, ou bien sur le 11 Septembre.


            • Guizmo Guizmo 2 août 2008 09:42

              N’insultez pas Keynes. Tout comme je ne me permettrais pas d’insulter Smith.


            • manuelarm 2 août 2008 12:52

              Veux-tu interdire la Rand corporation. Etonnant comme principe, ont fait que tu n’est pas d’accord avec eux , tu veux brimer leur liberté d’expression. On pourrait allez plus loin, interdire tout les lobby, industriel , patronal, a j’oublie les association de la loi de 1901, vu que certain sont des lobby, et les syndicat ouvrier également, il faut également du lobby.


            • manuelarm 2 août 2008 13:02

              Un peu simpliste de dire que l’economie US est bati sur le complexe militaro-industriel, mais peut-être as tu raison, il est vrai que le buget militaire américain est énorme. Mais as tu des preuves, a propos.


            • Mohammed MADJOUR Mohammed 1er août 2008 18:55

              Information de taille :

              "Ce qu’il y a vu lui sera directement utile lorsqu’il se retrouvera à la tête d’une compagnie dans le Djebel Mimoun en Kabylie. C’est là qu’il mettra en œuvre sa théorie naissante de la contre-insurrection par la pacification." 

               On ne peut plus clair, merci monsieur,

              Daniel Hervouet  Saint-Cyr est bien sûr une grande Ecole !
              Opération "K"...
              Opération "Oiseau bleu" ....
              Opération "OAS"...
              Opération "Evian" ... tra la la tra la la tra la la ...

              Bibliographie
              David GALULA : "un pont doctrinal entre la France et les Etats-Unis". Après avoir suscité un engouement très fort dans la communauté militaire américaine, ...

              « Je n’écris pas pour tenter de prouver un quelconque génie, mais pour montrer combien il est difficile de convaincre les autres, en particulier les militaires, d’abandonner des voies traditionnelles et de s’adapter à de nouvelles situations. » David Galula, Pacification in Algeria, 1956-1958.

              Merci à l’auteur de l’article de nous rappeler que nul ne peut apprendre quoi que ce soit à la Mère Patrie française en cette ancienne , nouvelle et future doctrine du terrorisme absolument pas islamique ! Et si on disait toute la Vérité mes chers compatriotes ?


              Jean Servier - Wikipédia
              Jean Servier est un ethnologue et historien français né le 2 novembre 1918 à Constantine. Il est actuellement professeur d’ethnologie et de sociologie à la ...


              Francis Jeanson - Wikipédia
              Francis Jeanson est un philosophe français, né en 1922. Il rejoint les Forces françaises libres pendant la Seconde Guerre Mondiale. ...

              Et bien sûr

              Pierre Bourdieu - Wikipédia
              Pierre Bourdieu est un sociologue français (Denguin, le 1 er août 1930 - Paris, le 23 janvier 2002). Il est devenu, à la fin de sa vie, par son engagement ...

              Que d’Experts au service de la Muette criminelle, Madame !

              Le terrorisme est bien... ancré, il devient culture !

              PS : J’ose une petite explication mes petits Experts de rien du tout ! Le terrorisme est comme une vulgaire réaction en chaine :

              L’individu (ou le groupe) terrorisé, terrorise à son tour etc... Comprenez que les régimes pourris et corrompus attisent la réaction au lieu de la modérer et n’arrivent donc pas et ne veulent donc pas la contenir... Comme c’est simple n’est-ce pas !

              Militaires de toutes les Armées, il est impératif "d’abandonner des voies traditionnelles et de s’adapter à de nouvelles situations. » David Galula, Pacification in Algeria, 1956-1958." Napoléone est mort !

              Suivez le "Modèle déposé" de la "Pacification qui accouche le terrorisme absolu" confirmé en théorie et en pratique, le résultat est sur le terrain !

              MOHAMMED.

              • Bobby Bobby 1er août 2008 19:22

                La lutte contre le terrorisme participe d’une politique qui réduit considérablement les droits des citoyens... précisément par la peur, par la terreur !


                • HELIOS HELIOS 1er août 2008 21:12

                  Cela voudrait-il dire que Bouteflika a raison, et que sa politique d’entente nationale est le plus sur moyen d’eradiquer le terrorisme en Algerie...

                  A moins que ce ne soit la venalité des hommes eux même qui larguent le terrorisme, fut-il islamiste, pour quelques proprietes foncieres gracieusement abandonées par la DGDN....

                  Interressant votre article, certe longuet, mais... interressant repeterais-je.


                  • jaja jaja 1er août 2008 21:20

                    Voici un article bien explicite. Les vieux stratèges des guerres coloniales remis au goût du jour et démontrant (involontairement) en quoi le "terrorisme" combattu par l’impérialisme américain et ses larbins, à des milliers de kilomètres, ressemble comme deux gouttes d’eau aux guerres menées par les peuples pour gagner leur indépendance nationale...

                    Voyons les méthodes préconisées par les cadors de la contre-insurrection, ces tenants de la démocratie à importer, comme ils l’affirment aux gogos, par médias à la botte interposés :

                    "..prise de contrôle de la population, destruction de l’organisation politique insurgée, organisation d’élections locales, mise à l’épreuve des dirigeants élus, création d’une structure politique regroupant les opposants à l’insurrection. "

                    C’est-à-dire :
                    1) prise de contrôle de la population : quadrillages, bouclages de quartiers, couvre-feux, perquisitions, arrestations, torture.... Massacre des quartiers rebelles (Falloujah)...

                    2) destruction de l’organisation politique insurgée :
                    (et non militaire je le souligne) renseignement, torture encore, liquidations (les "corvées de bois" de la guerre d’Algérie) emprisonnement massif de tous ceux qui refusent l’occupation, même pacifiquement... Interdiction de toute expression hostile aux envahisseurs...

                    3) organisation d’élections locales : lire élections truquées comme en Irak où l’armée américaine a gardé les urnes plusieurs jours avant dépouillement, sans que nos médias "démocratiques" ne s’en offusquent le moins du monde. Elections dont bien sûr la résistance est absente...

                    4) mise à l’épreuve des dirigeants élus : lire surveillance par les militaires, et non par leurs mandants, des toutous choisis par leux-mêmes...

                    5) création d’une structure politique regroupant les opposants à l’insurrection : regroupement de tous les traîtres locaux (souvent bien payés) et de ceux ramenés dans les valises de l’armée...

                    C’est-y-pas beau la démocratie coloniale ? Comment certains peuvent-ils encore s’étonner qu’en Irak, comme en Afghanistan, les résistances armées tiennent le choc contre la plus forte armée au monde ?


                    • Emile Mourey Emile Mourey 2 août 2008 11:14

                       On ne peut pas faire mieux que ce qu’a fait la France en Algérie en créant les officiers SAS au képi bleu (Les Sections Administratives Spécialisées exerçaient, sous la responsabilité de leur chef, lieutenant ou capitaine, outre des attributions  militaires classiques, des fonctions administratives multiples sociale, médicale et scolaire, à l’égard des  population).

                       Il faut donc revenir dans la logique de l’histoire. Bien sûr, il y a la solution d’écraser les populations d’où émane le terrorisme, ce que faisaient César et même Vercingétorix (depopulandos, DBG VII, 64) mais la solution moderne, c’est le combat des idées, principalement dans le domaine des religions.


                      • fred 2 août 2008 11:18

                        J’ai voté non. Cet article est pourtant bien écrit mais il est naïf.

                        Je voudrais stopper tout pro-américanisme primaire en vous rappelant que la mission en Adghanistan et en Irak ne vise que le renouvèlement de l’équipeent militaire, des tests de nouvelles armes et stratégies ainsi que la mainmise sur le pétrole.

                        Si même 911 avait été un attentat organisé par BL, un envoi discret de 100 para internationaux aurait suffit.

                        Seulement voilà, BL est aussi un soldat des USA.

                        Je prêche dans le désert mais c’est comme ça.


                        • Daniel Hervouet Daniel Hervouet 7 août 2008 20:45

                          VOICI UN COMPTE RENDU EMANANT DE RADIO CANADA QUI SEMBLE ATTESTER QUE LES METHODES DE GALULA SONT TOUJOURS D ACTUALITE

                          En Irak, l’imam chiite Moqtada Sadr effectue un virage majeur. Il invite ses membres de l’armée du Mahdi à abandonner la lutte armée contre les forces américaines.

                          L’annonce serait faite vendredi prochain lors des prières. Des affiches sur les murs de Bagdad laissent entendre qu’une grande nouvelle sera alors annoncée. Un journaliste du Wall Street Journal a par ailleurs obtenu une brochure qui circule au sein du mouvement et qui donne l’essence de ce que l’imam dira vendredi.

                          La brochure indique que le Mahdi doit être guidé désormais par les valeurs spirituelles chiites et non plus par le militantisme antiaméricain. Le mouvement doit mettre l’emphase sur l’éducation, la religion et la justice sociale. Et, il est absolument interdit d’utiliser les armes.

                          Un porte-parole a cependant nuancé ces propos en disant qu’il ne s’agit pas d’un désarmement complet parce que Moqtada Sadr veut se réserver quelques cellules spéciales d’hommes armés qui vont répondre à des demandes particulières contre les troupes américaines. La stratégie de Moqtada Sadr dépendrait du statut à long terme des forces américaines en Irak.

                          Deux raisons expliquent ce revirement du chef islamiste. L’armée de Mahdi est affaiblie et divisée. Le mouvement a fortement été miné par les attaques des forces irakiennes. De plus, certains militants ont refusé le cessez-le-feu initié l’année dernière. Quelque 5000 de ces extrémistes seraient d’ailleurs regroupés en Iran.

                          L’armée du Mahdi est le bras militaire d’un mouvement qui est avant tout politique et social. Il a été très populaire, mais a perdu de sa superbe à cause de ses divisions internes et de ses activités criminelles. À l’approche d’élections possibles, Moqtada Sadr essaie de regagner la confiance de ses militants.

                          Depuis un an, l’imam a contribué à la diminution de la violence grâce au cessez-le-feu et à son revirement contre Al-Qaida.

                          À titre d’exemple, en juillet dernier, les violences ont fait 387 morts parmi les civils, soit quatre fois moins que l’année dernière à la même période.

                           

                          Radio-Canada.ca avec BBC


                          • Daniel Hervouet Daniel Hervouet 23 septembre 2008 11:30

                            Encore un article qui atteste de la pertinence des vues et des méthodes du général "intello", comme les média américains nomment élégament David Petraeus (Le monde, Patrice Claude, 22/09/2008)

                            N
                            ’en déplaise à George W. Bush et à John McCain, le candidat républicain à sa succession, il n’y aura pas de danse de la victoire autour de l’Irak avant l’élection américaine de novembre. En un peu plus de cinq années de sanglants combats et de cruelles désillusions, les commandants de l’US Army ont appris la prudence. Même à ce stade d’un conflit qui est loin d’être terminé, mais dont l’intensité a diminué, et même en dépit des incontestables succès que sa stratégie, doublée d’une bonne dose de chance, a pu produire sur le terrain, le général David L. Petraeus se refuse à prononcer le mot fatal : "Je ne sais pas si l’on pourra jamais parler d’une victoire en Irak", répétait-il ces derniers jours à tous ses interlocuteurs.

                            Après dix-neuf mois de commandement suprême en Irak, le général, dit "le réparateur", s’en va essayer de rafistoler l’autre mission guerrière en déshérence lancée par l’Amérique en Afghanistan. Nommé patron du CentCom, le quartier général de toutes les forces américaines au Moyen-Orient et en Asie, le "général intello", comme l’appellent les bureaucrates du Pentagone, a transmis le 16 septembre son bâton de commandement en Irak à son second, le général Raymond Odierno.

                            Robert Gates, le secrétaire à la défense, a évoqué "l’entrée" de l’Amérique "dans la fin de partie" en Irak, et présenté Petraeus comme "le héros du jour, qui a joué un rôle historique". Pas sûr que l’intéressé, pas plus modeste qu’un autre pourtant, ait apprécié tout le discours. "Nous avons fait beaucoup de progrès significatifs, oui, confiait-il à la BBC avant son départ, mais tout cela est encore fragile, réversible, d’autres dangers guettent l’Irak."

                            Les progrès, chacun les ressent sur le terrain. Entre la mi-2005 et le début 2007, de deux à trois mille civils irakiens étaient tués chaque mois dans les deux guerres, liées et concomitantes, qui ensanglantaient le pays. Moins de 500 victimes par mois cette année. Aujourd’hui, la première guerre - la révolte de la minorité arabe sunnite (20 % de la population) contre l’invasion étrangère - est pratiquement terminée. Les forces américaines et leurs alliés irakiens, qui enregistraient jusqu’à 3 000 attaques par semaine en 2005 et 2006, n’en comptaient plus "que" 800 à l’automne 2007, moins de 400 cette année. Plusieurs groupes armés constitués de soldats perdus de l’ancien régime, démobilisés et privés de ressources par le premier proconsul américain à Bagdad dès avril 2003, se sont dissous. Certains ont été réintégrés dans les nouvelles "forces nationales", qui comptent plus d’un demi-million d’hommes, armée et police incluses.

                            La seconde guerre, civile celle-là, que les quelques milliers d’obscurantistes affiliés à Al-Qaida en Irak se sont efforcés avec succès de déclencher à grands coups d’attentats meurtriers contre la majorité chiite (60 % de la population), n’est pas finie. Plus de soixante personnes ont récemment été tuées dans une série d’attentats-suicides. "Leur capacité meurtrière a été grandement réduite, note Petraeus, mais ils peuvent encore frapper." D’autant que, contrairement à ce que la propagande de Washington prétendait, la quasi-totalité de ces djihadistes sont irakiens. L’offensive lancée il y a quelques mois dans le nord de l’Irak contre ce que le premier ministre, Nouri Al-Maliki, appelle "les dernières concentrations terroristes" continue, avec des hauts et des bas.

                            Mais il ne fait pas de doute que la grande majorité des Arabes sunnites, qui ont également perdu ce qu’on a appelé la "bataille de Bagdad" pour le contrôle des quartiers de la capitale - à présent dominés aux trois quarts par les chiites -, ne les soutient plus. Parti de la province tribale d’Al-Anbar dès l’hiver 2006, le "réveil" des tribus sunnites, excédées par les crimes et les prétentions djihadistes à tout régenter, s’est progressivement étendu à toutes leurs zones d’habitation.

                            "RIEN N’EST ENCORE ACQUIS"

                            Le coup de génie de Petraeus fut d’"exploiter l’opportunité" constituée par cette révolte, de l’entretenir et de l’étendre. Aujourd’hui, 109 000 miliciens, baptisés "Les Fils de l’Irak", essentiellement sunnites, souvent ex-rebelles, sont rémunérés 300 dollars par mois par le Pentagone pour lutter contre Al-Qaida et maintenir l’ordre dans leurs districts, y compris à Bagdad. On épiloguera longtemps à Washington sur le point de savoir si c’est le surge, "l’effort" de l’armée, brusquement renforcée de 30 000 hommes à partir du printemps 2007 pour porter le contingent à 165 000 soldats, qui a amélioré la situation sécuritaire.

                            Disons, comme le général Odierno, que "sans les renforts" il n’est pas certain que le "réveil sunnite" se serait étendu aussi vite et puissamment. On peut aussi parier que sans ce "réveil", sans la nouvelle tactique de Petraeus, qui a consisté à obliger ses soldats à vivre jour et nuit parmi les civils irakiens dans les zones troublées - avant lui, ils rentraient dans leurs bases à la nuit tombée -, les 30 000 renforts auraient changé quoi que ce soit. Révélée début septembre par Bob Woodward, du Washington Post, la très secrète campagne d’assassinats et d’enlèvements ciblés, conduite depuis 2007 par des unités spéciales dotées de moyens techniques "sans précédent", aurait permis d’"éliminer des centaines d’activistes armés."

                            Enfin, et le "général intello" l’admet volontiers, le cessez-le-feu surprise de la plus puissante milice chiite du pays, l’Armée du Mahdi, ordonné à l’été 2007 par son fondateur, le prêcheur radical antiaméricain, Moqtada Al-Sadr, a également joué un rôle "important" dans l’amélioration de la situation. En représailles aux barbaries antichiites d’Al-Qaida, l’Armée du Mahdi s’était à son tour livrée à des massacres quotidiens de civils sunnites. "Pour la délégitimer auprès des chiites, a expliqué Nouri Al-Maliki, il fallait d’abord s’en prendre aux terroristes d’Al-Qaida." Ce qui fut fait. A présent, sur pression de Téhéran, qui soutient lui aussi le gouvernement en place à Bagdad, Moqtada Al-Sadr, réfugié à Qom, ordonne la transformation de sa milice en mouvement "social et culturel".

                            La guerre en Irak vit un tournant. Celle d’Afghanistan aussi, mais dans l’autre sens. Ni Petraeus ni son successeur ne veulent trop dégarnir la première au bénéfice de la seconde. Huit mille soldats seulement seront rapatriés d’Irak d’ici à février 2009. Il en restera 146 000 en place jusqu’à nouvel ordre. Pourquoi ? "Parce que rien n’est encore acquis, dit le général, parce que la réconciliation interirakienne n’est pas enracinée, parce que des décisions politiques doivent encore être prises qui peuvent rallumer des conflits."

                            Guerre sans victoire en Irak, par Patrice Claude
                            LE MONDE | 22.09.08 | 12h28 • Mis à jour le 22.09.08 | 12h28

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