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Accueil du site > Actualités > International > Mali : bourbier en vue !

Mali : bourbier en vue !

Ce vendredi 10 janvier, alors que la chute de Bamako n’était plus qu’une question de jours, le déclenchement d’une opération militaire française était sans doute la moins mauvaise solution :
· Bamako aux mains des jihadistes[1]n’aurait très certainement pas favorisé la recherche d’une solution politique au conflit,

La sécurité de 6 000 ressortissants français et plusieurs milliers d’autres européens à Bamako était en danger et il paraissait peu probable de pouvoir tous les évacuer dans les délais impartis (même si l’intervention d’une armée étrangère pour protéger ses ressortissants est du pur « néo-colonialisme » ).

Mais cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir. L’intervention militaire d’une ex puissance coloniale et occidentale dans un pays musulman n’est pas sans conséquence. L’histoire récente est assez chargée d’échecs en la matière. 

Une longue série d’erreurs pour en arriver là.

Si, ce vendredi 10 janvier au matin, il n’y avait sans doute plus guère d’autres choix que celui d’une intervention militaire directe de la France ; ce n’était pas le cas, six mois ou un an plus tôt. Notre pays a été contraint à la guerre, ce qui n’interdit nullement de faire la longue liste des fautes des différents acteurs de la communauté internationale en général et de la France en particulier qui nous ont mené là.

Le gouvernement malien d’avant le putsch de 2012 était notoirement corrompu, impliqué dans le trafic de drogue et sa démocratie plus que défaillante, même si ça n’a pas toujours été le cas.

L’armée américaine a entraîné certains éléments de l’armée malienne à la « guerre contre le terrorisme ». Ce sont précisément ces officiers – touaregs pour la plupart – qui se sont rebellés lors de l’offensive du MLNA (autonomiste touaregs) et ont entraîné la déroute de l’armée malienne.

Le Mali a été victime d’un putsch militaire au printemps 2012. Si la pression internationale a amené les putschistes à quitter le devant de la scène, aucune date d’élection n’est prévue, les putschistes continuent à œuvrer en coulisse (ils ont ainsi récemment démis le 1er ministre qui ne leur convenait pas). Et tout cela n’émeut guère la communauté internationale en général et la France en particulier. Laurent Fabius, interrogé par les journalistes avait ainsi minimisé le limogeage en décembre du 1er ministre par les « ex » putschistes. « Ce n’est pas un putsch, mais un remplacement de premier ministre par la force ». On apprécie le sens de la litote.

Le principe d’une intervention armée arrêté, on assistait jusqu’au vendredi 10 janvier à une véritable course de lenteur des états de la Cedeao pour sa mise en œuvre. Il aurait fallu presque un an pour la mettre en œuvre.

Malgré tous les moyens d’espionnage déployé, malgré tous les stratèges militaires, personne n’a été en mesure de détecter ou seulement d’imaginer que les jihadistes n’attendraient pas un an en se tournant les pouces que la foudre leur tombe sur la tête mais prendra l’initiative ?

La faute en revient à N. Sarkozy, mais il ne faut pas oublier que sans la guerre en Libye, nous n’en serions pas là. Les rebelles du MLNA étaient d’anciens mercenaires de Kadhafi rentré à la maison. Mais les jihadistes du Mujao et d’AQMI ont combattu aux côtés des rebelles libyens. On nous dit pudiquement qu’ils ont pillés les stocks d’armes de Kadhafi. On oublie de parler des armes parachutées dans le djebel Lybien par la France et dont certaines sont désormais aux mains des jihadistes et serviront maintenant contre les soldats français.

Alors non, il ne faut pas saluer le courage politique de F. Hollande d’avoir déclenché l’opération Serval, mais bien critiquer son incompétence qui nous a amené à la guerre.

Et maintenant, notre Afghanistan à nous ?

local/cache-vignettes/L300xH199/modified_at103e0-490b1.jpgLes conditions d’un bourbier semblent réunies, si on continue dans cette ligne.

Des libérateurs qui deviendront rapidement des occupants.

Les médias nous annoncent que les forces françaises sont acclamées en libérateurs dans les villes reprises au jidhadistes ? Mais pour combien de temps.

En évitant la chute du sud Mali, l’armée française a du même coup sauvé le régime en place à Bamako ; autorité de « transition » qui ne semblent pas pressées de restaurer la démocratie et ex-putschistes encore bien présent.

L’armée française et d’autres armées occidentales envisagent d’armer et d’entrainer l’armée malienne. Mais cette armée est aujourd’hui une armée putschistes. Faut-il renforcer les putschistes au nom de la lutte contre les jihadistes ?

On parle aujourd’hui d’exactions commises par l’armée malienne, exécutions sommaires notamment. Cela n’ira pas en s’arrangeant au fur et à mesure que cette armée reprendra le contrôle du nord mali. Et en protectrice de l’armée malienne, l’armée française ne peut s’exonérer de toutes responsabilités.

Inévitablement, il y’aura des bavures commises par l’armée française. Celle-ci bombarde et envisage de continuer à bombarder plusieurs mois durant les villes du nord-mali. Il y’aura des « dommages collatéraux » dont on a vu en Afghanistan qu’ils ont renforcé autant et plus les talibans que les dommages non collatéraux les ont affaiblis. Déjà, il y’a l’affaire du « masque de mort » qui a fait la une des journaux.

Les villes reprises par l’armée française seront remises à qui ? A priori à l’armée malienne, putschistes faut-il encore le rappeler. Comment réagiront les autonomistes touaregs ? Si le mouvement armé MLNA a été défait par les jihadistes, cela ne veut pas dire que la population touaregs accueilleront avec joie l’armée du sud mali et ceux qui lui ouvre la route.

Le principal renfort africain de l’armée française sera l’armée tchadienne. L’armée d’un dictateur venue restaurer la démocratie en danger face à des fous de Dieu, on rêve.

Tôt ou tard, l’armée française sera vue comme une armée d’occupation. On en a vu les tristes résultats en Afghanistan.

Des buts de guerre des plus flous

local/cache-vignettes/L300xH130/mali-chasseuccc7-27e12.jpgLes buts de guerre annoncés par le président de la république sont des plus flous.

Arrêter l’offensive jihadiste, nous sommes d’accord.

Libérer le nord du pays. Les généraux français espèrent reprendre les principales villes sous un mois. Si une avancée dans le désert paraît envisageable, le nord mali est extrêmement montagneux. Les groupes jihadistes y prospèrent depuis des années, malgré des opérations conjointes des pays limitrophes et le soutien des américains. Le terrain semble le même que l’Afghanistan, avec le succès que l’on sait.

Restaurer la démocratie au Mali. L’idée est belle, mais nul n’en voit le début de la mise en œuvre. Aucune date d’élection n’est prévue. Et si l’armée malienne est renforcée, comment faire pour ne pas renforcer du même coup les putschistes ? Personne ne répond à cette question.

Et nul ne parle non plus de l’importance stratégique pour la France des réserves en matière première des pays limitrophes (uranium au Niger, gaz et pétrole en Algérie). A cet égard, et pour le coup dans le plus pur style néo-colonial, la France vient d’envoyer ses forces spéciales protégés les intérêts privés d’une entreprise française (Mine d’uraniums d’Areva) dans un pays étranger ( le Niger) …

La question politique Touareg n’est pas résolue.

Pour en sortir

Maintenant que nous y sommes, il ne s’agit pas de dire que l’armée française doit plier bagage et livrer le pays au jihadistes. Il s’agit de ne pas reproduire les erreurs de l’Afghanistan.

La France ne peut pas espérer vaincre militairement des mouvements de guérillas dans les montagnes du Nord Mali.

La France ne peut pas protéger un gouvernement putschistes, vraisemblablement corrompu par l’argent de la drogue.

L’armée Française doit changer sa stratégie et son orientation :

Elle doit immédiatement cesser de bombarder le nord du pays, il ne doit pas y’avoir de bavures. Bombarder des colonnes de jihadistes dans le désert peut-être, bombarder des zones habitées, très certainement non.

Elle doit cesser d’avancer vers le nord mais bien « tenir une ligne de démarcation », le temps qu’arrive et soit en place la force africaine mieux à même de reconquérir le nord mali, si on en arrive à cette extrémité, que l’ex puissance coloniale.

Le gouvernement français doit faciliter, par des pressions internationales, la restauration de la démocratie au Mali. Et en commençant par ne pas renforcer une armée qui n’aurait pas fait le ménage dans ses rangs et resterait sous l’influence des putschistes.

Le bourbier est annoncé, essayons de l’éviter.

Je choisis de nommer collectivement les groupes AQMI, Mujao et Ansar El Dine et ceux qui gravitent autour de « jihadiste ». Il s’agit de groupes armés menant principalement non pas des opérations terroristes ( attentats, enlèvement), mais des opérations militaires de conquêtes de territoire, et ce dans un but religieux, imposé leur vision de l’Islam. Le terme « jihadiste » me paraît le mieux convenir. Cf. cet excellent article : « Jihadistes, Islamistes …comment nommer l’ennemi au Mali  ? » de Rue 89, le 22/01/13.

« Nouveaux témoignages d’exactions au Mali », sur Le Monde.fr, le 25/01/13.

« Le Masque d’un soldat français agite l’armée  » sur Rue 89, le 21/01/13.

 
 

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24 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 2 février 2013 09:33

    Bonjour, Pingouin094.

    Le pire n’est jamais sûr : la plupart de ceux qui annoncent le bourbier sont ceux qui prédisaient de sanglants affrontements dans les rues de Gao ou Tombouctou, et une reconquête difficile du territoire.

    Il n’est en pas moins vrai que la France a tout intérêt à se désengager le plus rapidement possible en laissant la sécurisation de la région de Kidal aux troupes africaines. La rapidité de la visite de Hollande, venu chercher au Mali des applaudissements nourris et de belles images de liesse, devarit aller dans ce sens.


    • amiaplacidus amiaplacidus 2 février 2013 10:31

      Je viens d’entendre à la radio que l’ONU discute en ce moment à NY de la possibilité d’envoyer un contingent de casques bleus pour occuper le terrain.

      Cela me parait la moins pire des solutions.

      La meilleure des solutions étant que le peuple malien ait la possibilité de réellement prendre son destin en main et les moyens d’assurer intégrité du territoire et sécurité au Mali. Malheureusement, il semble que c’est une solution à long terme.


    • jmdest62 jmdest62 2 février 2013 10:53

      bonjour fergus

      je suis d’accord avec vous ...mais les conditions d’un enlisement me semblent effectivement réunies ...

      1) on devait sécuriser le sud c’est fait , puisqu’on y était pourquoi pas aller jusqu’à Tombouctou c’est fait ...maintenant nous voilà dans le nord au plus près de la frontière algérienne ....et pendant ce temps la CEDEAO (les >amis< africains du Mali !!!!) discutent encore des modalités de leur interventions......d’après vous il leur faudra palabrer encore combien de temps ?
      (Rappel : ça nous coûte 2 Millions d’Euros par jour)  smiley

      2) L’avancée « fulgurante » des troupes françaises qui n’ont rencontré aucune résistance amène à penser que les Djihadistes les ont emmenées là ou ils voulaient , sur leur terrain (Napoléon et Hitler en Russie vous connaissez !), là où l’aviation ne peut plus intervenir sans risquer des « dommages collatéraux » , là où les embuscades sont plus faciles à mettre en place etc....et que les choses « sérieuses » risquent malheureusement de commencer .

      ça , tous nos stratèges le savent mais ils sont bien obligés d’attendre que
      la CEDEAO (les >amis< africains du Mali !!!!) veuillent bien se mettre en branle...et ils n’ont pas l’air pressés.  smiley

      cordialement

      @+


    • Stof Stof 2 février 2013 14:57

      On va juste dire « ayé, finit, ciao et bonne chance ». Mais de bourbier non, si ce n’est politique.


      • jmdest62 jmdest62 2 février 2013 17:15

        @ stof

        ben non ! ça serait trop simple...
        D’une part , si on s’en va maintenant , comme la MISMA n’est pas opérationnelle , nos « amis djhiadistes » vont revenir illico presto.
        D’autre part , si la « Mission internationale de soutien au Mali » est composée de « bras cassés » et de « putchistes » on est bon pour revenir dans 6 mois.

        à mon avis nos militaires ont intérêt à avoir prévu de la crème solaire dans leur paquetage ...........

        @+


      • FRIDA FRIDA 2 février 2013 15:08

        Le langage a changé.
        Oublions « la France n’a pas vocation à rester au Mali », c’est vrai mais, parce qu’il y a toujours un « mais »... depuis deux jours, les langues se délient, ils parlent bien de la présence française pour des mois sinon de années...


        • TARTOQUETSCHES TARTOQUETSCHES 2 février 2013 15:45

          pour ma part, je crois que rester au Mali est un des but recherché...

          le nord du pays aurait d’énormes richesses gazières inexploitée, ainsi que de l’uranium et de l’or...

          Un petite babase franco/us dans le pays me parait être la suite logique pour éviter que ces trésors ne tombent dans de mauvaises mains.

           Pas celles des barbus (turbulents idiots utiles...) qui seront cantonné dans leur montagne où iront faire chier l’Algérie...mais celles des chinois avec leur fâcheuse manie de vouloir s’implanter en Afrique pour lorgner sur notre due d’ancien colon...


        • amiaplacidus amiaplacidus 2 février 2013 16:54

          C’est vrai ça TARTOQUETSCHES, si les chinois viennent nous piquer nos africains, où allons-nous ?


        • jmdest62 jmdest62 2 février 2013 17:21

          @ frida

          extrait du discours de Hollande à tombouctou

          "...Les autorités maliennes et c’est leur responsabilité, veulent retrouver l’intégrité territoriale qui un moment leur a été ôtée, et donc nous serons à leurs côtés, pour plus au Nord, finir cette opération......."

          ça va ,malheureusement , dans le même sens que vos infos

          @+


        • FRIDA FRIDA 2 février 2013 17:52

          @jmdest62

          il y a un type, un malien, qui bave sur Bfm tv, (depuis hier d’ailleurs), il exulte et croit que la France arrive au Mali pour les beaux yeux des Maliennes, et il un ferveur supporter de cette intervention et demande que la France reste....
          Nos médias nous montrent des Maliens, dans une unanimité sidérante, demandant à la France de rester, parce qu’ils ont peur des islamistes, et notre bonhomme sur bfm tv, dit que si la France s’en va c’est les Américains qui débarqueront...


        • kitamissa kitamissa 2 février 2013 15:49

          Bon ! 


          alors Monsieur Pingouin, qu’est ce qu’on fait ? votre solution à vous ? ........

          allez y c’est à vous , nous attendons vos propositions !

          • Pingouin094 Pingouin094 2 février 2013 21:30

            Première proposition, franco-française : Quand l’heure viendra de faire le bilan de la présidence Hollande, inscrire l’intervention au Mali au passif de son gouvernement et pas à son actif. Ca ne concerne pas vraiment les Maliens, mais pour nous, ça peut être utile d’avoir conscience que notre président manque un petit peu de capacité d’anticipation et d’influence sur la scène internationale, avec pour conséquence de plonger notre pays dans une guerre dont il aurait pu se passer.


            Ce que nous aurions pu faire il y’a 6 mois :
            * Oeuvrer pour un retour à la démocratie au Sud-Mali, une reprise en main de l’armée malienne par les forces démocratiques. Comment ? Je ne suis pas un expert en diplomatie internationale, mais quand je vois que les putschistes ont limogé le premier ministre « de transition » au début de l’hiver sans réaction de la part de la diplomatie française, je me dis qu’ils n’ont pas dû beaucoup essayer. Une condamnation ferme de cet acte, des sanctions tant que le 1er ministre n’aurait pas été rétabli dans ses fonctions aurait été un bon début.
            * Prendre les précautions militaires qui s’imposent pour empêcher une percée des islamistes. Là encore, je ne suis pas un général 4 étoiles, mais je pense quand même que ces messieurs galonnés doivent savoir comment s’y prendre pour tenir une ligne de front face à quelques centaines d’hommes en pick-up. A minima, on aurait quand même pu se démerder pour que des renforts militaires ne mettent pas un an à arriver, en laissant tout ce temps aux Islamistes pour lancer leur offensive.

            Aux premiers jours de l’intervention :
            * Il aurait fallu tenir la ligne de Front, ne pas avancer sur Tombouctou et Gao, ne pas bombarder le Nord. Juste tenir, le temps que 
            1°) Des contingents africains arrivent,
            2°) Que ça se décante un peu en terme politique à Bamako.
            Je rappelle juste que le 9 janvier au matin, ça ne choquait personne de dire que Tombouctou et Gao pouvait attendre encore quelques mois avant d’être libéré. Pourquoi maintenant, ce serait devenu urgent ?
            Surtout que les premières exactions de l’armée malienne me donne, me semble-t-il raison. N’a-t-on pas aggravé la situation ?
            Certes, on a libéré les populations noir du nord du Mali. Mais au prix de menace sévère sur les populations berbères et touaregs. Est ce à nous de choisir qui doit être l’opprimé entre les noirs et les berbères ?
            De plus, en tuant quelques centaines d’islamistes, on provoque aussi autant de vocation pour rejoindre les rangs de la guérilla touareg autonomiste ( en réaction aux exactions dont ils sont / vont être victime ).
            Bref, si on affaiblit les méchants islamistes pour renforcer une guérilla autonomiste dont en plus, il me parait beaucoup moins justifié moralement de leur faire la guerre en temps qu’armée française, je n’ai pas vraiment l’impression qu’on fasse beaucoup avancé la situation sur le long terme.



          • kitamissa kitamissa 2 février 2013 23:33

            Un retour à la démocratie ?


            vous croyez sincèrement que l’on sait ce qu’est la démocratie dans la plupart des états Africains ?

            c’est inconnu chez eux la démocratie ! 

            voyez déjà pour exemple dans tous les pays du Maghreb si on est en démocratie chez eux !

          • BOBW BOBW 4 février 2013 08:32
            « c’est inconnu chez eux la démocratie ! »
            Chez nous c’est du mauvais théâtre de boulevards !


          • Pingouin094 Pingouin094 4 février 2013 12:59

            Pas de racisme, s’il vous plaît, surtout quant il cache une grande méconnaissance du sujet.

            Si on prend un pays comme le Sénégal, tout portait à croire qu’Abdoulaye Wade allait porté son fils à la présidence du pays dans un parfait exemple de népotisme. Et bien non, il a perdu les élections présidentielles de 2012, et son rival politique a été élu sans violence, dans un processus électoral transparant et sans frande majeure.

            Si on prend maintenant le Mali, l’histoire démocratique du Mali n’est pas extrêmement simple il est vrai. Néanmoins, dans les années 1990-2000, un certain nombre d’élections ont été honnêtes et transparentes, si cela n’a pas été le cas de toutes. Mais il est vrai que le régime du président « ATT » renversé par les putschistes était considéré comme particulièrement corrompu.
            Néanmoins, dire que le Mali ne sait pas ce qu’est la démocratie est totalement faux.


          • kitamissa kitamissa 4 février 2013 18:31

            Mais alors là c’est fort de café ....


            où avec vous vu du racisme dans mes propos ? est ce que j’ai une seule fois dénigré une race ?

            votre sectarisme vous aveugle mon vieux , frottez vos un peu les yeux !

          • Stof Stof 2 février 2013 18:36

            Fallait pas l’inviter.


            • Shawford Agoranymous443 2 février 2013 23:37

              c’est c’llllllllààààààààà oui


              Signé Dupondt

            • easy easy 2 février 2013 22:25


              ***Et nul ne parle non plus de l’importance stratégique pour la France des réserves en matière première des pays limitrophes (uranium au Niger, gaz et pétrole en Algérie)***

              Alors vous ne vous informez pas parce que je l’ai lu au minimum mille fois depuis de début de Serval

              Rien que sur le sujet de l’uranium, entre ce qu’Areva exploite déjà et ce qu’elle compte exploiter, ce sera bientôt plus de la moitié de nos approvisionnements qui viendront de cette zone

              Tant que nous aurons besoin d’autant d’électricité, ce secteur de l’Afrique nous sera vital et dépenser éventuellement toujours 1 milliard par an pour que ce soit suffisamment sécurisé autour des mines transports et tubes, ça ne nous fera encore pas cher.

              Dans le même temps, chacune des mines, fait vivre directement et indirectement des villes entières (Telle Tarlit), ce qui offre aux populations qu’elles attirent une alternative à la vie de pirate.

              Même si nous n’avions aucun intérêt minier au Mali, même si nous n’en avions qu’au Niger, nous aurions eu intérêt à renvoyer ceux qui ont piraté le Mali aux grottes
              D’autant que la population ne leur était pas encore acquise

              Non seulement il a été intelligent de filer le plus vite possible au Nord selon l’enfoncement des positions ennemi (ce qui ne pouvait se découvrir qu’en temps réel) mais il serait très logique de sécuriser le plus vite et le mieux possible le vaste coin de conjonction des trois pays Mali Algérie Niger



              Que nous ayons à maintenir éternellement des dépenses militaires dans ce secteur n’en fera pas pour autant un bourbier.

              Un bourbier se produit lorsqu’on veut convertir des populations à un idéal politique ou idéologique. Quand on s’engage à l’étranger pour défendre son image 
              Pas quand on sécurise un endroit pour en extraire des produits vitaux.

              Quand on appelle tout et n’importe quoi colonisation, néo-colonisation, bourbier, on trahit son manque d’imagination et on agite de vieux chiffons qui ont fait leur temps 


              Ce que nous faisons au Mali pour en égaliser la situation avec celle du Niger qui est gérable d’un point de vue minier, a suffisamment de différences avec la colonisation d’il y a un siècle pour être nommé différemment
              Si toutes les difficultés et dépenses militaires durables sont appelées bourbier, autant se passer d’armée, autant dire que la Nouvelle-Calédonie, la Corse et la Guyanne sont des bourbiers

              Il n’y a pas lieu de critiquer notre action de cavalerie au Mali
              Il faut rechercher les solutions de normalisation complémentaires et détecter les erreurs connexes telle la diffusion des armes, en particulier les missiles susceptibles de démolir des engins sophistiqués

              Tant que des pirates ne disposent que d’AK 47, ils peuvent fantasmer de faire des coups juteux mais pas de se saisir d’un pays entier. Il faut s’efforcer de les priver de missiles sol-sol et sol-air, contrôler leurs communications tam-tam filaire et hertzienne, gagner et conserver l’amitié des populations pour limiter leurs ambitions à des coups clairement pirates-terroristes.

              Il fallait priver les pirates d’une légitimité institutionnelle telle qu’ils étaient en train de se constituer depuis un an. L’accueil que réservent les populations aux armées malienne et française prouve aux pirates leur illégitimité et c’est leur plus grande claque.
              Quand ils auront achevé le deuil de leurs fantasmes étatiques, ils seront divisés et beaucoup reviendront au commerce normal.

              Il s’est produit dans le Nord Mali quelque chose de rare.
              Pendant à peine un an, ils ont vu ce qu’était l’islamisme fou sans avoir eu le temps de s’y faire, d’y prendre racine. Désormais, ils hystériseront dès qu’ils verront un barbu à cent bornes.


              Le cycle annuel est important
              Tout se qui se répète au-delà d’un an entre dans les habitudes, dans la coutume, dans la culture. Il était donc très intelligent d’intervenir dès l’appel au secours officiel des autorités maliennes pourtant mal stabilisées, afin d’éviter que dans la zone piratée la répétition annuelle ancre l’islamisme fou dans la normalité.
               


              • ecolittoral ecolittoral 3 février 2013 19:19

                Contrairement à l’auteur, je ne pense pas que laisser un territoire aux djihadistes soit une solution.Cela leur permettrait de se réorganiser et de « rayonner » dans toute la région.


                Pourquoi rester au Mali ? 
                Parceque, dans l’état actuel, les forces africaines ne sont pas en mesure d’affronter cet ennemi. En supposant qu’elles le veuillent.

                Et l’Algérie ? Elle est gagnante si nous restons pour faire le ménage à sa frontière sud. Elle ne restera pas inactive après ce qui lui est arrivé.

                Pourquoi avoir fait appel à la France ? 
                Pourquoi pas les Américains, ou les Chinois ?
                Parceque les Africains les ont vu à l’oeuvre. Que ce soit militairement ou économiquement.
                Le « rêve américain » et les promesses chinoises, les Africains ont vu ou ça même...

                Nous avons des liens historiques. Qui ne sont pas tous mauvais.
                Aujourd’hui, nous avons été choisi pour notre modération.
                Espérons que ces soldats « aux mains liées » que sont les casques bleus ne viennent pas 
                occuper le Mali.

                Le coût de cette guerre sera élevé....les bénéfices aussi !
                Les premiers bénéfices, ce sont ces familles, ces villageois libérés...
                Ces Maliens, Ivoiriens qui travaillent chez nous et qui se disent que la France, finalement, on peut compter sur elle.

                Est ce une injure si je vous dis qu’aujourd’hui, je suis fier de mon pays ?

                • COVADONGA722 COVADONGA722 3 février 2013 19:59

                  Yep , certes mais l’on passe bien vite du statut de liberateurs /protecteurs à celui d’occupant.
                  D’autant que le Mali n’est pas un modele du genre s’agissant de démocratie et du traitement de sa minorité touareg.Le Mali devra reconnaitre et admettre l’existence de ce probleme faute de quoi l’iredentisme Touareg perdurera . Car pour ces peuples les frontieres issues de la décolonisation sont une vue de l’esprit.

                  Asinus : ne varietur


                • Pingouin094 Pingouin094 4 février 2013 13:02

                  Ais-je dit qu’il fallait s’installer de manière pérenne les jihadistes au Mali ? Je ne le crois pas.

                  J’ai dit, comme je l’ai également répondu plus en détail en réponse à un autre commentaire, qu’il valait mieux à mon avis « tenir la ligne de front » dans un premier temps, et prendre le temps de voir qui et dans quelles conditions auraient été en mesure de reprendre le nord mali aux jihadistes ... en septembre comme prévu avant le début de l’offensive islamiste.

                  Parceque, je le rapelle, les exactions de l’armée noir du sud vont raviver un problème pour l’instant en sommeil : les volontés autonomistes des touaregs laïcs ( qui ont vaincu l’armée malienne au printemps 2012, avant de se faire eux même chasser par les jihadistes )


                • Pingouin094 Pingouin094 4 février 2013 13:23

                  Petit ajout :

                  Pas grand monde n’insiste sur un point important : ce n’est pas l’armée française qui a libéré Kidal mais les autonomistes touaergs (et vraissemblablement eux également qui ont arrêté un des dirrigeants d’Ensar El Dine à la frontière algérienne). Ces islamistes touaregs ont accepté de laisser l’armée française entrer dans Kidal, mais pas l’armée malienne régulière.

                  Et pendant ce temps là, F. Hollande dit qu’il a « toute confiance » en l’armée malienne, laquelle reste toujours une armée putschiste...

                  Dernières évolutions qui ne me donnent pas tord, me semble-t-il.


                  • Avic Avic 4 février 2013 18:43


                    « notre Afghanistan à nous ».
                    S’il y a de vrais combattants, gare plutôt que ça ne devienne pire, comme le massacre par les touaregs du contingent français en 1893 lors de la prise de Tombouctou, ou pire encore, un Dien Bien Phu saharien. Mais de combattants ennemis, pour le moment on en voit point.

                    Mali : faux putsch, fausse guerre.

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