• samedi 25 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > International > Mali : Les islamo-mafieux d’Ansar Dine détruisent 16 saints mausolées (...)
31%
D'accord avec l'article ?
 
69%
(49 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Mali : Les islamo-mafieux d’Ansar Dine détruisent 16 saints mausolées datant du XVIe siècle

Pro fata, quis ille, quis fuit ille dies ! Le choc que provoque une si affreuse nouvelle est compréhensible : ne nous rappelle-il pas les criminelles destructions des bouddhas de Bâmiyân par les Talibans, en Mars 2001, ces talibans que les Etats-Unis avaient installés au pouvoir en 1996 ? Ne nous rappelle-il pas les impardonnables destructions causées par les pilonnages de l’OTAN en Libye, sur les ruines de Leptis Magna, magnifiques vestiges de l’Empire Romain, datant de 1100 avant J.C. ? Encore et toujours, la guerre détruit les hommes et leurs repères, leur tradition, leur coutume, cherche à effacer leur fondement pour les propulser dans le modèle imposé par l’Empire.

Or donc, l’illogisme et l’hypocrisie de l’atlantisme occidental ne voit point d’un œil très inquiet, l’expansion de l’islamisme international au Mali, pas plus qu’à nos portes, en Syrie ou en Lybie, où là encore, diverses institutions ou états occidentaux n’ont pas hésité à soutenir des troupes islamistes, parfois issus directement de leurs contacts chez Al-Qaïda. En Libye, comme dans tous les autres pays frappés par le "printemps arabe", les islamistes "internationalistes", c'est à dire alliés au mondialisme, ont vaincu. Aujourd’hui, une dynamique de partition complexe s’opère au Mali, là où les sécessionnistes Touaregs de l’Azawad sont en alliance « contre-nature » avec les islamistes de grand chemin, d'Ansar Dine et d'A.Q.M.I., qui sont à vrai dire en partie des émanations des restes de la créature GSPC, au cours des années 2000.

CET ISLAMISME MONDIALISTE ET MAFIEUX 

Le plus célèbre groupe de cette coalition, Ansar Dine, a fait savoir ce samedi 30 Juin 2012 : « Ansar Dine va détruire aujourd’hui tous les mausolées de la ville. Tous les mausolées sans exception » a déclaré leur porte-parole Ould Boumama. Ces mausolées, datant du XVIe siècle, sont au nombre de 16 et tous classés au patrimoine mondial de l’humanité (UNESCO). Ce classement fut opéré en Avril dernier, alors que l'alliance MNLA-Ançar Eddine avait sous son joug les deux tiers nord du pays, sur demande de Bamako. Le député Sandy Haidara est quant à lui convaincu que la décision de l'UNESCO aurait accru le désir de provocation et de démonstration de la part de ces islamistes, étrangement puérils.

Alors que nous écrivons, les islamistes d’Ansar Dine ont déjà détruit le mausolée du saint Sidi Mahmoud dans la matinée, ils sont actuellement en train de détruire le mausolée d’un autre saint, Sidi Moctar. Ce premier mausolée avait déjà été la cible de profanations en mai 2012, par des groupes d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique, alliés à Ansar Dine pour le contrôle de l’Azawad et du Nord du pays. Pour justifier leurs actes, ces bandits prétextent : "Dieu est unique. Tout ça, c'est haram. Nous, nous sommes musulmans". On jugera du niveau de culture manifeste du porte-parole d'Ansar Dine. Ignore-il qu'il saccage l'un des plus anciens et intéressant lieu saint d'Afrique de l'Ouest ? Quelle est cette criminelle logique ?

Le mausolée Alpha Moya serait lui aussi, sur le point de tomber. Selon ces "islamistes", ces mausolées seraient impies, car soufies. L'opération semble si grotesque et délirante qu'elle semble presque être d'intention.

Le plus ancien de ces mausolées est celui dit "Cheikh Abul Kassim Attouati", mort en 1529, suivit de celui du savant Sidi Mahmoudou, mort en 1541 et celui de l'imam Al-Aquib, restaurateur de mosquées, mort en 1583.

© UNESCO
Auteur F. Bandarin

Rappelons que Tombouctou, "Cité des 333 Saints", fut fondée au Ve siècle. Puissant centre de commerce et d'enseignement islamique, littéraire et mathématique, la ville se trouve désormais sous la coupe d'une coalition de bandits de grand chemin, qui curieusement, ne dérangent aucunement l'axe atlantiste, qui ne voit pas de danger mondial à cet islamisme-là, ni celui au Nigéria. Il y aura bien un moment, où l'expansion de cet islamisme d'inspiration mondialiste en Afrique de l'Ouest et Equatoriale, servira les intérêts impériaux. Nous n'ignorons en rien que l'Afrique, fait actuellement l'objet d'une compétition peu visible, mais extrêmement dure, une bataille pour l'hégémonie discrète sur l'un des derniers grands réservoirs de terres, d'espaces et de ressources au monde.

En ce qui concerne les agissements de ces islamistes, qui ne sont en fait pour la plupart, que des grands chefs de bande islamisés ou usant d’un discours islamisant, il est à craindre que l'immense patrimoine que recèle cette médiévale cité, ne soit la cible d'un trafic d'antiquités à travers le Sahara occidental. Quant aux Touareg, ils ont vite compris les limites de leur alliance avec ces islamistes, qui refusent pour l'heure, la déclaration d'indépendance de l'Azawad, leur objectif étant d'instaurer la Charia sur l'ensemble du Mali, qui rappelons le, compte une multitude de particularismes ethniques et religieux, les chrétiens demeurant à 10% de la population, laissant 90% de musulmans, et une part subsistante d'animistes, eux aussi depuis longtemps menacés pour leurs pratiques religieuses propres.

ISLAMISTES OU ISLAMO-MAFIEUX ? DU GSPC A AQMI.

Ce mercredi encore, la ville de Gao a été prise par le MUJAO (Mouvement islamiste pour l'Unicité et le Jihad en Afrique de l'ouest, affidés à AQMI), signant un retentissant échec des troupes Touaregs du MNLA, qui se battent donc désormais contre leurs anciens alliés. Les Touaregs se retrouvent désormais sans quartier général, ni base militaire au Nord du pays, et leur situation devient particulièrement périlleuse. Comme nous le rappelle le Professeur Lugan, il faut bien prendre garde et comprendre que les zones du Nord du Mali ne sont pas exclusivement peuplées de Touareg (qui se trouvent historiquement dans le Sahara Central, alors que le long de la frontière nord-ouest malienne et jusque sur les côtes atlantiques de Mauritanie, c'est un peuplement nomade, mais arabe qui s'y trouve. De même, la ville de Tombouctou se trouve être l'extrême limite méridionale du territoire touareg historique, et déjà en Avril 2012, les Touaregs laissaient le contrôle de cette ville aux islamistes groupés entre Ansar Dine et AQMI, pour la grande majorité issus de tribus arabes ou arabisées. Il est évident que cette alliance devait trouver une fin brutale et idéologique, puisque rien, au final, ne pourrait concilier les buts ultimes de ces deux ex-alliés. L'indépendance nationale souhaitée par les Touaregs se borne à considérer leurs territoires historiques, au Nord du Mali, tandis que les islamistes souhaitent un contrôle total du pays et un accès global à toutes ces ressources. Or, le sud du Mali est principalement peuplé de malinkés ou d’autres cultures proches, c’est-à-dire des sédentaires, qui naturellement, entretiennent de très anciennes relations avec leurs voisins Touaregs et arabes.

Avec deux villes importantes de la vallée du fleuve Niger sous leur contrôle, les islamistes n'auraient plus qu'à remonter l'amont du fleuve et de rejoindre la capitale Bamako.

Justement, vers quoi va le Mali, devenu désormais une énorme plaque tournante du trafic transsaharien d'armes et de drogues. Il faut encore la voix toujours juste d'Alain Chouet (ancien cadre de la DGSE) pour obtenir une analyse valable et honnête : «  Luttes entre rebelles et entre factions d’islamistes, trafiquants de drogue, otages, effondrement de l’armée régulière…Tout ça risque de tourner à l’affrontement général et à la zone de non-droit. On est en train de se créer une sorte de deuxième Afghanistan de proximité »

Dans ce reportage de France 2, les habitants de Tombouctou n'en croient pas leurs yeux et ont le sentiment d'avoir été complétement abandonnés à leur sort, l’administration légale ayant proprement disparu du jour au lendemain.

Afghanistan ou Somalie, Libye et Syrie, le Mali vit dans sa chair, ce cruel processus. Il y a d'une part, une crise humanitaire galopante, avec une centaine de milliers de déplacés, les pénuries sur certaines denrées alimentaires. D'autre part, une crise politique énorme, avec tout d'abord un chaos légal menaçant, en l'absence de structures administratives, mais aussi la question des acteurs en place sur la question du règlement de ce cas. La CEDEAO (Communauté des Etats d'Afrique de l'Ouest) est actuellement le premier interlocuteur, mais les questions tactiques sont en suspens, devant l’inextricable de la situation. Ou bien la partition du pays, ou bien l'intervention militaire coalisée, or l’Union Africaine et la CEDEAO réclament une assistance logistique aux Etats-Unis et à la France. Seulement, les scénarios sont peu évidents, en cas de conflit armé de type "ingérence humanitaire et démocratique", le Mali pourrait se trouver engagé dans une guerre relativement longue, qui se solderait par l'installation durable de forces militaires occidentales, OTAN ou autres, ainsi que d’une instabilité perpétuelle, « une nouvelle Somalie  », comme l’annoncent certains humanitaires. La solution de partition est encore quelque peu vue comme une hérésie, l'intégrité territoriale des dominions étant une logique néocoloniale nécessaire au contrôle par l'incohérence sociale et le maintien forcené de structures étatiques multiethniques aux trop faibles défenses, de toutes évidences, face aux menaces des uns et des autres. Pour le moment, le président français François Hollande a nommé l'ancien ambassadeur d'Egypte, Mr.Paganon, comme "représentant Sahel". Ce dernier a fait savoir au premier ministre malien Mr. Diarra, "qu'il était hors de question pour la France de s'engager dans le soutien de revendications indépendantistes".

L'AFRIQUE DANS LE GRAND JEU, ENTRE USA ET BRICS 

Pourtant, il faudra agir rapidement, et il semble qu'il n'y ait qu'une curieuse idéologie qui empêche de poser clairement l'option de la partition, ce à quoi se refusent sans même y réfléchir, les services diplomatiques au Quai d'Orsay. Les Américains ne sont d’ailleurs pas sur la même position, et on a encore quelque difficulté à deviner leur volonté et leur objectif concret, sur ce dossier. Bien entendu, il faut rappeller aux lecteurs, que l’Afrique fait l’objet d’une attention inédite de la part des américains depuis un certain nombre d’année. En Juillet 2008 est créé l’AFRICOM, centre de commandement unifié des armées américaines sur le continent africain, comme il en existe pour chaque district mondial. L’Afrique était jusque-là le seul continent à échapper au dispositif américain. La réflexion dure déjà depuis 1983, mais c’est devant l’affaiblissement définitif des puissances européennes que les américains ont franchi le pas. Le think-tank américano-israélien Institute for advanced strategic and political studies (IASPS) a particulièrement œuvré à finaliser le projet.

Les principaux objectifs de ce déploiement sur le continent sont : étendre le concept de « guerre contre le terrorisme » sur les fronts Nord, Sud, Est et Ouest de l’espace sahélo-saharien (Libye, Somalie, Maghreb) ; appuyer à tout prix la dynamique de contre-offensive économique, face à l’influence grandissante de la Chine sur le continent (mais aussi d’autres pays des BRICS) ; et enfin, assurer à tout prix un contrôle sur l’approvisionnement en hydrocarbures africains (Afrique du Nord, Golfe de Guinée). Grâce à la mise en place du Partenariat transsaharien contre le terrorisme et grâce à la mutation prévisible du GSPC en A.Q.M.I, les américains ont su s’installer et nouer des nouveaux partenariats très « pompeux » avec la plupart des pays de l’espace sahélo-saharien.

Il s’agit donc du “Operation Enduring Freedom Trans Sahara” (dit OEF-TS). La stratégie globale officielle pour l’ensemble de l’action du commandement intégré sera de s’intéresser aux opérations de sécurité et de stabilité en Afrique.

En attendant, les Mausolées Saints sont détruits par des groupes de trafiquants de drogue et d'islamistes douteux, qui imposent un joug arbitraire aux habitants de Gao. Rappelons également que l'émergence de ces conflits dans ces zones, outre les carences structurelles des nations concernées, est aussi à mettre en relation directe avec l'Algérie voisine, elle-même potentiellement candidate involontaire à un prochain "printemps coloré", sous couvert humanitaire. Toutefois, rien n'est si simple et si l'Algérie, premier producteur de pétrole en Afrique, résiste là où Kadhafi devait absolument être éliminé, c'est que le régime des Généraux n'ignore rien du réalisme politique dont il doit faire preuve.

Les américains, disposent depuis 2000 d'une base dans le Sahara Central (Le Quotidien d'Oran du 20 Juillet 2003), sur le territoire algérien, à coté de l'oasis d' Ihérir et au nord-ouest de Djanet. Une étude fort intéressante émanant du Centre de recherches sur le terrorisme nous apprend que cette base, se trouve précisément dans le secteur où l'enlèvement des touristes allemands en 2003 s'était déroulé. Il semble que soit à partir de cette période que l'on commencé à sentir une forte couverture médiatique, ponctuelle, sur les "maquis islamistes" dans le Sahara. Depuis lors, les américains se sont remarquablement bien implantés en Algérie, avec une influence considérable sur les médias, l'Etat Major de l'armée et les hauts cadres des renseignements. N'oublions pas que les services algériens sont en partie, à l'origine d'un certain nombre de groupuscules islamistes terroristes, qui sévirent dans les années 1980-1990, dont notamment le GIA et le GSPC. (Voir à ce sujet, "Les GIA sont une création des services de sécurité algérien", selon Mohammed Samraoui, ex-officier de la Sécurité Militaire Algérienne, en exil en Allemagne, dans Libération du 15 Novembre 2003). Concernant le GSPC, voir les études de François Gèze et Salima Mellah, tous deux membres de l'association de défense des droits de l'homme "Algéria Watch".

La situation de ce point de vue, est spécialement tendue en Algérie, et il est évident que la déstabilisation de la Libye kadhaffiste, eut de funestes effets pour l'ensemble de la région, même si de toute évidence, le processus était en marche depuis un certain temps. Qui sont donc ces islamistes actuellement en place au Mali ? A la vérité, il suffit de lire ou relire le très documenté dossier produit par Algéria-Watch, qui décrit avec précision, toute l'histoire des services secrets algériens et de leurs créations, GIA et GSPC, créations qui, à l'instar des américains avec Al-Qaida, ont parfois tendance à devenir incontrôlables, par moments, la manipulation de vastes groupes n'étant jamais sans conséquence et sans perte de contrôle, le terrorisme fondamentaliste étant lui-même une réalité originellement indépendante.

Quoiqu'il en soit, la spécialisation des services secrets algériens dans la manipulation/lutte contre le terrorisme, confère au gouvernement une légitimité "officielle" en tant que "gendarme du sahel délégué", vis à vis des américains, qui dès 2010, ont voulu nous effrayer, nous français, en déclarant que le Sahara serait "l'Afghanistan français".

L'attitude de la diplomatie américaine n'en est plus à un cynisme près : Washington, par la voix du secrétaire d'Etat adjoint aux questions africaines, Johnnie Carson, a mis en garde la CEDEAO contre une opération militaire dans Nord du pays. On a connu les américains bien plus prompts et assoiffés, par le passé. Carson plaide en ce moment pour une "solution politique au Mali, estimant qu'il n'y aurait pas de solution durable aux problèmes du Mali sans un interlocuteur légitime à Bamako."

On comprend donc que l'on se dirige probablement vers un scénario visant à tolérer un nouvel état islamo-mafieux en Afrique, et plus spécialement dans l'espace saharien, avec au Nord, la Libye, plus près de l'Equateur, le Nigéria et enfin, en Afrique de l'Ouest, le Mali.

"Le responsable de la diplomatie américaine a qualifié Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et le mouvement islamiste Ansar Dine de dangereux et mortels, tout en soulignant qu'ils étaient relativement petits et ne faisaient pas peser de menace sur les Etats-Unis. Ils ne sont pas représentatifs de l'immense majorité des Maliens du Nord, a-t-il observé, notant que ces mouvements étaient nourris par l'apport d'étrangers venus de pays de la région comme l'Algérie, la Libye et la Mauritanie", indique Romandie.

Guillaume de Gail, pour les Lettres de Strasbourg.

BONUS 

Pour bien comprendre la complexité, notamment religieuse et ethnographique, voire géographique de cette région, il faut vous en remettre aux fines analyses de notre Professeur Lugan, spécialiste de l'Histoire et des peuples d'Afrique.

A visionner également, cette vidéo de Darna TV, une chaine algérienne extrêmement critique par rapport au régime actuelle. On apprend que Darna TV est liée à Rachad TV, qui aurait été un temps dirigée par Mourad Dhina, physicien diplômé du MIT, ancien membre actif du bureau exécutif du FIS depuis 1992, jusqu'en 2004, date à laquelle il quitte définitivement le parti islamiste, qui menaçait de gagner les élections législatives en 1992, raison pour laquelle les services de renseignements ont déclenchés d'immenses vagues d'attentats et de crimes pour décrédibiliser ce mouvement. Dhina fonde en 2007 le mouvement Rachad (droiture) avec Mohammed Zitout, Abbas Aroua, Rachid Mesli et...Mohammed Samraoui, l'ex-agent de renseignement du DRS, qui révélait à Libération en 2003 : "Le GIA est une création du DRS". Ce mouvement "Rachad" entend promouvoir un changement non-violent en Algérie pour y établir un système de bonne gouvernance. Dhina est par ailleurs directeur d’Al Karama, association de défense des droits de l'homme et contre les abus politiciens, étatiques, militaires, etc. Les rapports de cette association sont transmis au Comité des Droits de l'Homme et contre la torture aux Nations Unies. Dhina a été arrêté en Janvier 2012 par la Police française à Orly. Le journaliste néozélandais Gordon Brown s'étonne de cette arrestation, alors que Dhina et son mouvement promeuvent les Droits de l'homme et le changement démocratique, ce qui en fait d'excellents remplaçants type "printemps arabe".

L'agenda algérien est donc bien plus complexe et les forces atlantistes ne semblent pas encore avoir d'intérêt à valider le renversement du régime actuel. L'autorisation donnée par le Quai d’Orsay et Juppé au mouvement Rachad, d'ouvrir un bureau à Paris avait provoqué quelques remous dans la classe politique dirigeante en Algérie, la France ayant toujours pris soin de ne jamais être perçue comme soutenant un mouvement d'opposition au pouvoir algérien. Il est donc clair que l'arrestation de Dhina soit une demande émanant du gouvernement algérien, ce dernier s'étant d'ailleurs plaint auprès des penauds Guéant et Juppé.

 Enfin, la journaliste d'investigation Amy Goodman, de Democracy Now ! a produit d'interessantes remarques sur le sujet aux Etats-Unis, et a notamment interviewé le journaliste Jeremy Keenan pour son livre "The Dark Sahara", l'un des premières littératures sur le sujet. Lui-même présent dans la région de Djanet entre 2003 et 2005, il évoque la stratégie de l'AFRICOM et la naissance du modèle "AQMI".




par Guillaume de Gail (son site) lundi 2 juillet 2012 - 64 réactions
yahoo
31%
D'accord avec l'article ?
 
69%
(49 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par kemilein (---.---.---.153) 2 juillet 2012 15:55
    kemilein

    l’extrême droite c’est quoi ?
    une vision d’un monde avec a sa tête le Papa, le Chef, le Dictateur, le Sauveur. Qui doit diriger, gouverné les masses, car elles en sont incapable.

    ce contrôle repose sur une hiérarchie stricte, un contrôle intime des moeurs et même plus des moeurs imposés, souvent fondés sur la religion, car venant de Super-dieu, personne n’est autorisé a en douter et remettre en cause sa légitimité.

    c’est aussi, par ce système hiérarchique un système inique (par définition puis par construction) ou le petit doit suer beaucoup car celui du dessus, l’élite qui a n’en pas douter mérite sa place, doit être cajolé.

    l’extrême droit est simplement le système totalitaire humain, le capitalisme est totalitaire, ce n’est qu’un autre visage de l’extrême droite (hiérarchie, Argent-dieu, contrôle des moeurs -par réprobation social- imposition des moeurs -école, famille, tv-)

    -

    et le choc des civilisation a besoin de crétins musulmans, donc on les fabrique, sinon y’aura pas de choc.
    donc le choc est a venir, bonne appétit
    j’espère que vous n’avez pas d’enfant (ils risquent fort de s’en prendre plein la gueule)

  • Par FRIDA (---.---.---.202) 2 juillet 2012 12:52
    FRIDA

    « En Arabie Saoudite, ce ne sont pas moins que les maisons ou est né Mohamed, celle ou il a vécu, celle de sa première femme, où il reçut les premières révélations (recouvertes par des toilettes publique dixit wikipédia !), les anciens cimetières de La Mecque et de Médine, plusieurs tombeaux et mosquées, qui ont été détruits depuis l’avènement du wahhabisme »

     

    Ce n’est une nouveauté, dès leur arrivée au pouvoir, les wahabites ont inauguré la prise du pouvoir par des massacres y compris des femmes et la profanation de mosqués et de mosolés et bien sûr les enfants ont été réduits à l’esclavage. vous trouverez sur youtube des vidéos montrant le patrimoine avant et après les destructions,

    ce qui est étonnant c’est que la Oumma sunnite est curieusement silencieuse et ne branche pas, comme elle le fait chaque fois qu’un caricaturiste gribouille les traits du prophète.

    Ce silence coupable est bien sûr une caution au wahabisme et au salafisme (ce dernier n’est que le wahabisme nommé autrement pour lui enlever son association à son fondateur lié à Al Saoud, et tromper les crétins), le wahabisme est le porte parole des sunnites contre les chiites et le coût que paye le patrimoine islamique et les falsifications (mensonges et omissions) de l’histoire des débuts de la révélation n’est pas très cher si la victoire sur l’Iran est au bout de cette idéologie sectaire et sanguinaire.

     

  • Par katakakito (---.---.---.90) 2 juillet 2012 13:51

    Mais que fait BHL ?

  • Par slipenfer (---.---.---.155) 2 juillet 2012 10:56
    slipenfer

    il est à craindre que l’immense patrimoine que recèle cette médiévale cité, ne soit la cible d’un trafic d’antiquités à travers le Sahara occidental.
    après on se rase et avec le fric la mercos la villa et le champagne.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération