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Maroc : Quelle société pour demain ?

Le débat sur la constitution serait vide de sens si le peuple marocain ne sait pas ou ne s’est pas prononcé sur le projet de société que cette constitution doit ensuite formuler en termes juridiques. Se borner à y inscrire sous une forme ou une autre le cadre de la régionalisation, la séparation des pouvoirs, les prérogatives du premier ministre ne fera pas de la constitution un projet de société et laissera la porte ouverte à toute possibilité de virage vers l’extrémisme, qu’il soit religieux ou politique ou pire vers un statu quo.

Le #20fev, le #9mars, le 13mars et le #20mars

Lorsque le 20 février, des jeunes de tout horizons sont sortis dans la rue pour manifester pacifiquement à l’appel de leur « mouvement », aucun parti politique de scène ne s’y est associé. Au contraire, tous sans exception s’y sont opposés en déclarant « ignorer » l’origine et les revendications de ce mouvement. Même le parti islamiste du Palais, le PJD a déclaré « ne pas être concerné par la marche du 20 Février », ce qui lui a fait perdre 3 de ses cadres et l’expose à une scission. Seul le parti « interdit mais toléré » (formule d’usage) Al Adl wal Ihssan (Justice et Bienfaisance) est descendu en masse occupant le devant de la scène.

Il a fallu attendre le discours du Roi du 9 Mars pour que les partis sortent de leur torpeur. Les dinosaures se sont émerveillés du contenu du discours royal le qualifiant d’historique, voire de révolutionnaire et de rappeler au passage que leurs formations ont milités (sic) depuis … l’indépendance pour que les réformes annoncées par le Roi soit appliquées. Certains membres de l’Usfp vont jusqu’à rappeler leurs années de prison, le passage malheureux d’Abderrahmane ElYoussoufi à la primature dans le cadre d’une alternance concoctée par feu Hassan II et dans laquelle le véritable homme d’orchestre restait Driss Basri, le ministre de l’intérieur. Chacun de son coté et à sa façon cherchait à récupérer et à faire siennes les revendications des jeunes.

Mieux encore, lorsque le 13 Mars, ces jeunes se sont fait tabassés par les forces de l’ordre et les Merdas lors d’une manifestation que les pouvoirs ont jugé bon d’interdire, le débat sur le discours royal a ajouté une note de suspicion quant à sa sincérité.

Mais la marche du 20 Mars a prouvé que la tentative de récupération du mouvement du 20 Février ne s’est pas arrêtée aux revendications. Tous les partis, sans exception sont descendus dans la rue, tous se disent « solidaires des jeunes » et les invitent à joindre leurs partis, dont les sections de jeunesse étaient vides de débat jusqu’à ce jour. La section jeunesse des partis politique n’était bonne qu’à l’affichage et à la distribution de tracts. Dorénavant, c’est la génération de la vielle garde qui devra passer un stage chez ces jeunes animés d’une volonté d’acier. Cette vielle garde ne trouve pas mieux à dire et en chœur, comme s’il s’agissait d’une instruction descendue d’en haut (encore une) que de prévenir contre la récupération du mouvement par Al Adl Wal Ihssan . Mais les jeunes continuent à clamer leur désir de « dignité », de justice et de bonne gouvernance.

Le vrai débat et non la théâtralisation du débat

Depuis le 20 Février, les langues se sont déliées, les débats se sont ouverts dans les médias et notamment dans les chaînes publiques. Le décor est le même : quelques jeunes, de préférence des 2 sexes, un universitaire en droit, de préférence de droit constitutionnelle, un membre d’un parti et quelques journalistes. Des lors, le débat est biaisé et il tourne toujours autour de la réforme clé : la monarchie parlementaire, comme pour briser un tabou vieux de 56 ans, mais en même temps destiné à permettre de dégager l’excès d’hormones. Le débat évoque toujours le fameux Article 19 de la constitution actuelle. Mais les vraies questions sont esquivées de façon intelligente. A commencer par la libération des prisonniers politiques, par la pénalisation des grands dossiers de corruption, par la levée du secret défense sur la mort de Mehdi Ben Barka. L’Etat doit montrer par des actes qu’il a compris la rue. La nomination de la commission sur la révision de la constitution n’en est pas un. Au contraire, sa composition fait débat et pose plus de problèmes qu’elle n’en résout.

Le vrai débat est un débat sur le projet de société que les marocains veulent instaurer et qui leur permettra de mieux vivre ensemble demain. En clair, quelle est la place de la religion dans notre société ? Voulons-nous une société laïque ou une société islamique ? Quel genre de démocratie convient à notre culture ? Socialisme et islamisme pourront ils se marier ? Etre de droite ou de gauche a-t-il encore un sens dans un monde essentiellement libéral ? En a-t-il au Maroc ? Le Roi a annoncé sa révolution, les partis politiques vont-ils annoncer la leur, à commencer par une révision de leurs statuts. Est-il normal qu’un secrétaire d’un parti politique le soit à vie ? Pour réclamer la démocratie il faut commencer par balayer devant sa porte. Quid du PAM, le Parti de l’Authenticité et du Modernisme surtout que certains de ses membres commencent à faire défection. Le projet de régionalisation, partit de l’autonomie des provinces du Sud est il comprit par les marocains ? La régionalisation n’entraînera t elle pas une balkanisation du Maroc ? Si les 2 chambres au Parlement, soit 325 députés et 270 conseillers sont de trop car une seule chambre de 200 députés est largement suffisante, verrons-nous demain 7 « parlements » régionaux. ?

En réalité, notre société, arabo-amazighe dont la religion est l’Islam Sunnite (sommes-nous vraiment sunnites ?) a inscrit la monarchie sans sa mémoire collective et cherche à évoluer avec elle dans le cadre d’une monarchie parlementaire avec une élection au suffrage direct du premier ministre et non sa nomination au sein du parti majoritaire aux élections. Un premier ministre qui formera lui-même son gouvernement y compris la nomination du ministre de l’Intérieur.

Dans ce cadre, une société plurielle où toutes les tendances confondues pourront s’exprimer librement se dégageront elles ou non des valeurs communes d’une « démocratie islamique », d’une « démocratie libérale ». Islamique n’a aucune consonance extrémiste. Ce serait un modèle marocco-marocain qui ferait de la bonne gouvernance sa devise et la corruption ( Al Fassade) son ennemi juré. Les partis ne cessent de clamer que 50 % de la population est analphabète. Beaucoup ne comprennent pas, comme disait Hassan II que le Roi ne gouverne pas.

Mais depuis, il y a eu Bouazizi, la révolution en Tunisie et en Egypte et le monde arabe est en ébullition. Les Marocains continueront-ils à tenir rigueur au Roi, dont le caractère sacré est inscrit dans la constitution, des cas de chômage ou d’immolation dans notre pays ou bien vont-ils enfin se libérer de la sujétion médiévale ?

Le statut avancé du Maroc avec l’Union Européenne l’engage également à entamer les réformes politiques. L’UE ne se contentera pas de vernissage et semble moins inquiète de l’Islam politique dont le cas Turque lui donne un exemple de réussite.

Ce n’est qu’une fois que nous avons bien compris quel projet de Société que nous voulons que nous pouvons »demander » aux constitutionnalistes de traduire en langage juridique nos aspirations. Ainsi la devise « Dieu, la Patrie, le Roi » ne sera forcément une Trinité copiée sur la devise française du Protectorat « Travail, Famille, Patrie » redevenue en 1946 « Liberté Egalité, Fraternité « et dont l’émanation « Le Père, le Fils, le Saint Esprit » tire sa source de la Rome césarienne « Veni Vidi Vici ». Notre devise pourrait être un slogan au lieu d’une trinité, car de cette trinité est né une « trinitude » : ONA, SNI, CDG, FAR, UMT, PJD, PTT et je pourrais citer des centaines d’exemples. Les Etats-uniens qui sont laïcs, mais pieux ont modifié en 1956 leur devise qui était E pluribus Unum « De plusieurs un » en « In God We Trust » Nous avons confiance en Dieu. Pourquoi la devise du Maroc ne serait pas : « In Tanssourou Allah Sayansouracoum ». Si vous glorifiez Dieu, Il vous fera réussir. Pour les amateurs, voici une liste de devises nationales.

Islam et Laïcité

Lorsque l'Islam est apparu, la société était tribale et l'Etat n'existait pas. C'est l'Islam qui a crée l'Etat alors que le Christianisme a été adopté et conceptualisé par l'Etat romain à travers le Concile de Nicée en 325. Pour les musulmans, la laïcité comprise comme "Liberté de Culte" est inscrite dans le message coranique à travers plusieurs versets dont le plus célèbre est "Il n'y a pas d'obligation en religion". Pour les exégèses, le Coran est d'essence laïque. Parler de laïcité en terre musulmane, c'est vouloir séparer la religion de l'exercice du pouvoir. Or l’historique de la loi française de 1905 sur la laïcité est propre à l’histoire de la France, aux rapports des Rois de France avec la Papauté, à la puissance de « religions de substitution » : athéisme, confréries. En Islam, il n’y a pas de clergé et l’Etat n’a de compte à rendre à personne sur le plan religieux. Au contraire, c’est la population qui réclame plus d’espace de prière, plus de moralité et de plus retour à la piété. Les mosquées traduisent l’engouement de la religion dans la vie publique. L’Islam n’est pas, contrairement au Christianisme juste une croyance ou une foi. C’est aussi et surtout un mode de vie, rythmé par les prières sinon par l’appel du Muezzin, par le Ramadan et ses nuits, par les mille et une expressions, us et coutumes propres à une civilisation millénaire qui a permis à l’Occident de sortir des ténèbres. La société arabo-amazigh ne peut être que musulmane. Les essais infructueux d’évangélisation auprès des Amazigh ou auprès de nantis sont destinés à briser l’unité de notre société. Une telle entreprise est vouée à l’échec et ne peut que susciter l’extrémisme islamiste.

Le vrai débat que le Maroc doit engager est celui sur l’identité marocaine, la vocation des marocains à prendre leurs destinées entre leurs mains et à rentrer de nouveau dans l’Histoire. C’est pourquoi un large débat doit être engagé. Ce débat doit éviter de tomber dans la politique politicienne des partis et dans la makhénisation du mouvement du 20 Février. Au slogan « Touches pas à mon pays », les jeunes répliquent par « Mamfakinch » (On vous tient ). Ils représentent le Maroc de demain, le Maroc de la Liberté et de la Responsabilité.


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7 réactions à cet article    


  • Pierre de Vienne Pierre de Vienne 24 mars 2011 11:33

    Avec tout le respect que m’impose le fait de n’être qu’un républicain Francais regardant le Maroc de l’extérieur, je crois que vous ne posez pas la question essentielle : quand allez vous devenir citoyen et non sujet ? à aucun moment vous ne soulevez la question de la légitimité du Roi.


    • robocup555 24 mars 2011 18:26

      @Pierre de Vienne

      Au Maroc, la monarchie est ancrée dans l’histoire depuis 1223 ans. Elle est légitime et de surcroit populaire. Les réformes politiques en cours sont destinées essentiellement au passage de la monarchie absolue à la monarchie parlementaire avec séparation des pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires et où le Roi règne sans gouverner. Ce qui est une grande révolution pour un pays arabe. La civilisation arabe imposait jusqu’ici au Chef d’Etat de détenir tous les pouvoirs y compris spirituels. C’est maintenant aux marocains de prouver qu’ils sont capables de relever le défi de la démocratie et de la responsabilité. La société civile marocaine est plus forte que les partis politiques qui doivent engager leur mise à niveau afin que le pouvoir législatif puisse faire véritablement contrepoids à l’exécutif.  


    • schweitzer schweitzer 24 mars 2011 17:49

      Le terme de « roi » utilisé n’est pas le même partout. Le « roi » est un terme plus ancien que le terme de « président », et il est des rois qui sont aussi des chefs spirituels (des hauts dignitaires de leur religion comme l’est le pape ou les patriarche ortodoxes). Il y a des bons rois qui font ce qui est le mieux pour leur peuple et qui sont aimés et des mauvais présidents qui ont confisqué le pouvoir (président à vie). Cela dit, le titre de « roi » est héréditaire et cela fournit une certaine « stabilité dynastiques » dans des pays où les guerres ethniques sont nombreuses...


      Je ne défends pas les système « royaux », loin de là, je dis seulement que le pouvoir a toujours attiré les mouches à m**** ! Et j’espère que le Maroc ne se contentera pas d’une monarchie constitutionnelle, mais que ce beau pays saura se doter une véritable démocratie où c’est le peuple qui choisira ses représentants car je crois que le Maroc aime montrer l’exemple dans ce domaine là aussi, cependant il est nécessaire de dire qu’au-delà des lois, la démocratie c’est aussi un esprit en partie "révolutionnaire’.

      Voyez la France de 2010 et la manipulation de l’information avec un président qui ne fait guère que de la communication : est-ce encore une démocratie ou une forme de dictature libérale où une oligarchie règne sur des millions d’esclaves par le biais de l’argent et de la morale du travail ? On peut se demande et d’ailleurs, je vous le demande : la France de 2010, démocratie ou dictature ?

      Voilà c’était pour dire que les lois ne sont que des garde-fous et que le peuple et tous les individus qui le composent doivent aussi prendre sur eux, chacun d’eux, et se poser les bonnes questions !!! D’où la nécessité d’écoles performantes et de débats ouverts... et les nécessaires débats sur la qualité de l’information à tout les niveaux d’une société !

      Bonne journée. ludwig van.

      • robocup555 24 mars 2011 18:31

        @Ludwig

        Merci pour votre commentaire judicieux.


        • ELCHETORIX 25 mars 2011 01:09

          L’avenir du Maroc sera radieux lorsque vous serez libérés d’une monarchie qui au XXIème siècle n’a aucun sens dans aucuns pays de la planète !
          de quel droit divin auraient-ils le sang bleu et le privilège de régner , aucun homme sur terre n’a le droit suprême sur un autre .
          C’est ainsi qu’au MAROC comme ailleurs en Angleterre toute monarchie doit être abolie .
          La vraie démocratie est faite par le peuple , pour le peuple et rien que le peuple , le vrai socialisme en quelque sorte !
          Ici en l’Hexagone nous ne sommes pas en démocratie , nous sommes en ploutocratie ou règnent les puissances financières et les immondes oligarques mafieux .
          au Maroc si BEN BARKA n’avait pas été assassiné avec la complicité de l’état Français , il n’y aurait pas une monarchie , mais une République souveraine et démocratique .
          Ce n’est pas un hasard si la monarchie du Maroc est soutenue par l’Empire occidental des EUA de l’UE sans oublier l’entité d’israèl !
          Désolé , l’auteur de vous décevoir , c’est mon point de vue d’occidental hexagonal de la France profonde
          RA .


          • hamid 26 mars 2011 11:52

             C’ est avec un grand plaisir que j ai lu votre article et même relu certain passage
            Cependant je me demande pourquoi vous choisissez le suffrage universel pour l élection du prochain premier ministre ?n est il pas plus intéressant, démocratiquement parlant, que ce soit le partie politique que le peuple aurait choisi de designer son leader ?la peur que j ai c’est le déplacement du pouvoir absolue de la main d une seule personne vers une autres seule personne avec toutes les perversités que cela impliqueraient
            la cinquième république en France est a mon sens une grossière erreur démocratique, élire un roi tous les 4 ou 5 ans ne me paraît pas le modèle a méditer pour nous.
            le Maroc a mon sens est éternel et la gestion d un pays avec toute sa complexité doit être collégiale ; une seule personne, on l a vue avec smm6, ne peu s occupe de tous, même avec la meilleur volonté du monde

            je constate tjrs votre attachement aux « personnes » ds le désir d en savoir plus sur la mort de ben barka, cela serait intéressant de savoir certes mais est ce que vous croyez que cela est si important maintenant ,que le Maroc connait un tournant dans son histoire, que vous en faite une revendication et une condition l évolution de tous ce qui se passe chez nous en ce moment
            la peur que j ai c est multiplier les revendications a en oublier les plus importantes a l instant présent.

            si vous me permettez une réflexion le Maroc est un état laïque, et ce qui lui permet de vivre cette laïcité particulière c est la sacralite du roi, la sacralité et au marocain ce que la laïcité et aux français cela parait excentrique mais je m explique : le fait que ce soit la monarchie qui gère ce volet religieux, donne une garantie aux marocains de vivre leur religion comme il le souhaite, qu ils soient musulmans, juifs, chrétiens, au rien de tous cela... maintenant imagine qu on enlève cette article 19 et on laisse la religion sans aucune gestion ni gérant le risque serait des se retrouver avec plein de pseudo prophètes qui vont surgir de nul part avec encore une foi toute les perversité que cela puissent engendrer
            a mon humble avis la sacralite est une garantie qu il conviendra de préserver pour le bien et la paix de notre cher patrie
            le plus important en ce moment c est comment faire pour que cette commission de révision de constitution prenne en compte les idées de tout le monde,comment se fait il que des parties politique « pas tous mais certains » qui sont en partie responsable de la situation du pays dont les membre sont corrompue jusqu’aux os qui ne se présente au élection que pour piller la richesse du pays et pour avoir l immunité parlementaire et l exonération d impôts que cela implique , est il normale que ce soient ces mêmes parties qui modifient la constitution, ne serait il pas plus saint d impliquer les jeunes a travers les universités les médias ou autres dans ce processus , parce que c est les jeunes qui ont tjrs eu l attitude la plus patriote et la plus seine

            je vous rejoins également sur la nécessite de supprimer la deuxième chambre et je terminerais par vous féliciter pour votre article, je me félicite a travers vous de ce que nos jeunes sont devenues


            • robocup555 26 mars 2011 21:47

              @Hamid

              Les partis politiques sont peu ou pas du tout démocratiques dans leurs organes internes. Nos partis sont dirigés par « la génération du passé ». Je ne souhaite pas que le Secrétaire Général du parti qui remporte les élections soit automatiquement Premier Ministre. Si le Roi Mohammed VI choisit le PM du parti qui remporte les élections, ce n’est plus une élection mais une nomination qui enlève tout son sens au recours aux urnes. En outre un PM nommé peut très bien être « parachuté » dans ce parti comme le cas s’est présenté pour de nombreux ministres. C’est pourquoi nous devons savoir pour quel PM nous votons.

              Ben Barka est une affaire de mémoire et d’histoire. Pour sa famille, pour sa classe politique, pour l’instance Équité et Réconciliation et pour tourner la page définitivement sachant que l’actuel règne n’y est pour rien, les marocains veulent connaitre la vérité et pardonner aux exécutants encore en vie.

              Je suis pour garder le titre symbolique et spirituel d’Amir El Mouminine ( Commandeur des Croyants) du Roi Mohammed VI, mais cette « fonction » implique que le Roi soit un Imam et que le baisemain et le protocole disparaissent, car un Imam est un savant théologien dépourvu de faste et capable comme se fut le cas de Mohamed V de tenir tête aux oulémas. Les oulémas n’étaient pas seulement des théologiens, mais aussi des politiciens et des idéologues au dessus des partis politiques. Parmi les signataires du Manifeste de l’Indépendance, il y avait des oulémas. Désormais leur parole va être libérée du carcan strictement théologique dans lequel le Makhzen les a enfermés.

              Dans le cadre de la régionalisation, je suis pour l’élection des Présidents des régions par liste électorale et pour l’octroi de toutes les responsabilités dévolues jusqu’ici aux gouverneurs et walis et aux agences de développement. Je suis contre les parlements régionaux qui impliquent un gouvernement régional. C’est aller du plus simple au plus compliqué et ouvrir la voie à la corruption.

              Merci pour vos félicitations et l’intérêt que vous portez à la situation politique au Maroc.

               

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