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Maroc terre de partage

Un séjour solidaire organisé au Maroc avec la participation de 13 jeunes de 6 nationalités différentes. Une initiative originale. 

Témoigner d’un voyage solidaire, telle est l’ambition de l’ouvrage « Maroc, terre de partage[i]… » édité par l’association « Au Nom de la Mémoire » au cours du deuxième semestre 2011.

C’est à Pascale Larenaudie et Mehdi Lallaoui co-auteurs, que nous devons ce bel ouvrage illustré de plusieurs dizaines de photos et qui relate à travers ces 145 pages, d’un engagement solidaire et associatif sur la Méditerranée, d’une réflexion sur le tourisme, mais qui recèle également de nombreux témoignages émouvants.

 En 2008 à Athènes lors d’une rencontre, le comité européen de liaison du secteur de l’énergie, proposait à ses neufs comités d’entreprises[ii] adhérents, un projet commun de séjour solidaire au Maroc s’adressant à des jeunes. Six pays répondaient favorablement à cette initiative et s’engageaient dans un pari osé, une première en soi.

 Et c’est ainsi que la France, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, l’Italie et la Russie ont, à eux tous réunis, permis à treize jeunes, âgés de 19 à 30 ans de partir à la découverte d’un pays, d’une culture, de modes de vies, d’histoires et surtout de réalités sociales, économiques et humaines. Un voyage qui doit être appréhendé sous l’angle de la solidarité Internationale, mais aussi et surtout sous l’angle des échanges, de la découverte de l’autre. 

 L’histoire retranscrite dans ce livre est celle de ce périple au Maroc[iii], initié par une association de Corse, « Per a Pace, Pour la Paix »… Il fait suite au film documentaire du même nom « Maroc, Terre de Partage » produit par France 3 Corse Via Stella et réalisé par Mehdi Lallaoui en 2010.

 En participant à ce séjour solidaire, ces jeunes originaires de plusieurs pays, ont su très vite créer un espace sincère de relation, d’échange, de convivialité et de complicité et ainsi témoigner d’un vécu au plus proche des réalités. C’est cette parole, que Pascale et Mehdi ont su retranscrire avec les émotions qui vont avec. 

 Ce qui ressort avec force de cet ouvrage, c’est que l’humain est en permanence replacé au centre du récit. Au fil des pages, il révèle les moments de partage, les rencontres avec les associations villageoises et les coopératives qui œuvrent dans leurs régions, à une vie meilleure.

 Le défi de Maroc terre de partage, a été de témoigner d’une expérience certes limitée, mais qui donne du sens aux rapports humains et qui peut aussi changer notre rapport au monde, en abordant sereinement la question de l'altérité, de celle qui permet d’ouvrir les yeux, de s’enrichir dans la différence et peut-être ainsi de corriger les fausses représentations.

 Ce périple a aussi été celui des acteurs de la solidarité, ou comment chaque voyageur ayant traversé la Méditerranée, a été amené à prendre conscience qu’un autre tourisme est possible, qu’un autre monde est possible. Un tourisme solidaire qui développe « une éthique du voyage où l’on ne gaspille pas l’eau, ou l’on n’achète pas les sourires, ou l’on n’arrive pas en dominateur fort de nos certitudes »« C’est, parfois, participer à des projets de développement socio-économiques ou culturels, prometteurs et équitables ».

Outre l’aspect de l’itinérance dans les différents lieux visités, la beauté des sites et la chaleur des rencontres, le livre donne à voir et à comprendre l’émergence de cette prise de conscience.

Le voyage solidaire dont le livre témoigne dans sa première partie est ainsi avant tout une expérience collective et humaine. Un échange solidaire, parce que le voyageur est amené à rencontrer les associations de développement rural ou de lutte contre les inégalités en milieu urbain, où « l’idée du vivre ensemble est déterminante ».

 

Face au tourisme de masse, une autre approche est possible…

Le tourisme solidaire

Ce nouveau livre de la collection Au Nom de la Mémoire réalisé avec Per a Pace et Imagésens s’attache à la découverte d’un autre Maroc, absolument moins exotique que ce que nous vendent les agences de voyages, mais certainement plus réaliste et authentique. Il montre en effet pour reprendre la citation de l’anthropologue Franck Michel, que « Le voyage commence là où s’arrête nos certitudes. » 

 L’association Al Karam de Marrackech qui œuvre pour les enfants des rues, les coopératives de femmes berbères rencontrées à Talouine qui produisent l’huile d’Argan et le Safran, les habitants du village d’Aït Iktel, l’association de défense de l’environnement à Taroudant, sont les acteurs authentiques et privilégiés de ce livre.

Un foisonnement d’idées et de questionnements pour lesquels les lecteurs sont conviés dans ce voyage vers l’autre rive et qui montre que « face au tourisme de masse, une autre approche est possible… Le tourisme solidaire ».

 

La solidarité n’est pas un don, elle est un engagement

Dans sa deuxième partie, les auteurs nous font partager et vivre en direct une action de solidarité internationale, un convoi parti de Corse organisé quelques mois plus tard en septembre 2009 par l’association Per a Pace[iv] en direction de la petite commune Rifaine de Bni Gmil et de la ville d’Al Hoceima, victime d’un tremblement de terre dévastateur en 2004.

Ce second voyage permet d’ouvrir la réflexion vers d’autres questionnements et de découvrir de nouvelles solidarités, de nouvelles associations marocaines qui œuvrent sur le terrain pour la résolution des besoins primaires des citoyens. Il permet de mieux percevoir l’aide concrète, « don de lits spécialisés pour la crèche, lits médicalisés et fauteuils roulants pour les associations de handicapés. Don d’un minibus pour les associations de la commune d’Al Hoceima…. ». 

 La vraie union de la Méditerranée passe inévitablement par ces modestes et multiples initiatives de liens et de rencontres directes entre les citoyens du bassin méditerranéen. Elles permettent comme le signalent les auteurs « la perception de nouvelles sonorités, de nouvelles odeurs et de multiples saveurs, tout en pratiquant l’éducation à la Paix et à la connaissance de l’autre »... « Aussi de tisser des liens qui persisteront encore bien après la fin du voyage et qui se maintiendront longtemps encore, grâce à cet outil magique qui se nomme Internet… ».

Ce livre est aussi un signe d’espoir, il raconte de manière simple et humaine. A lire avec plaisir… 



[i] L’ouvrage « Maroc Terre de Partage, ou le tourisme solidaire » 145 pages, édition « Au Nom de la Mémoire » prix 20 euros. La commande, accompagnée d’un chèque est à adresser à : Per a Pace BP 80 214 – 20 179 Ajaccio Cedex 1. 

[ii] C’est la CCAS, Comité d’entreprise Edf et qui bénéficie d’une forte expérience dans le domaine des séjours solidaires qui a proposé l’organisation de ce séjour au comité de liaison de l’énergie.

[iii] Ce séjour solidaire organisé au Maroc en octobre 2008 durant 10 jours a rassemblé 13 jeunes de 6 nationalités différentes. 

[iv] 7 personnes, 1 minibus et 2 fourgons participaient à cette action de solidarité internationale dans le Rif marocain en septembre 2009.


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7 réactions à cet article    


  • OMAR 22 février 2012 20:05

    Omar 33

    Bonjour Jacques : «  »La vraie union de la Méditerranée passe inévitablement par ces modestes et multiples initiatives de liens et de rencontres directes entre les citoyens du bassin méditerranéen« ....

    S’il y a bien des pays qui connaissent la rive Nord de l’Afrique, c’est bien ceux du Sud de l’Europe et particuliérement la France, pour y avoir »séjourné« au moins un siècle..

    Et la culture Nord-Méditerranéenne n’est pas une inconnue pour les citoyens maghrébins qui parlent encore la langue de Molière ou de Cervantès, habitent dans des villes où la majorité des immeubles ont été construits par les pieds-noirs et sont à l’écoute quotidienne (paraboles..) des évènements de la rive Nord.

    Et des initiatives comme celle décrite dans cet article, témoignent de l’apiration des peuples du Sud à la paix, l’amitié, la fraternité et à la coexistence constructive.

    Et ils ont cru en cette »Union de la Méditerranée".

    Sauf que les promoteurs européens de cette idée avaient pipé les dés :

    -Circulation des citoyens , uniquement dans le sens Nord-Sud.
    -Diabolisation de la religion des croyants de la rive Sud.
    -Intégration obligatoire et inconditionnelle d’un état-voyou : Israël.
    -Ingérence éhontée dans le choix politique des peuples du Sud.
    -Intervention militaire en Libye,
    -Apport économique dérisoire, etc.. 

    Mais les citoyens de Sud croient encore en cette Union méditerranéenne, à ceux du Nord s’ils le désirent, à forcer leurs politiques à adopter une autre vision de cette union.


    • Mais dans quel monde vit-on ? 23 février 2012 11:23

      « Mais les citoyens de Sud croient encore en cette Union méditerranéenne... »

      Ils ont raison. Ils ont tout à y gagner, et nous pratiquement rien. Exemple :

      - profitant du boxon généralisé ambiant, le Parlement européen vient d’approuver*, en catimini, un traité de libre-échange avec le Maroc, qui permettra aux Maghrébins d’inonder l’Europe de leurs produits agricoles, exploités au smag (salaire minimum agricole garanti), soit depuis juillet de l’an dernier, 60,63 DH c’est-à-dire 5,43 € par jour au cours de ce jour.

      Notons que les producteurs les plus pénalisés par ce coup tordu seront ceux du Portugal, d’Espagne, d’Italie et de Grèce, tous pays dont les économies baignent, comme on sait, dans l’huile (d’olive).

      * 369 voix pour, 225 contre et 31 abstentions


    • jacques casamarta 23 février 2012 22:48

      Je suis d’accord avec vous que les dés sont pipés. L’union de la Méditerranée a été avancée par le Président de la République et on a vu qui il a invité à l’Élysée pour cela. Ben Ali, Moubarack, Khadafi et bien d’autres... Pourtant c’est une belle idée et c’est par le bas quelle doit avant tout se construire, dans les échanges et les coopérations ...
      La responsabilité de l’occident, des gouvernements, de la banque Mondiale et du FMI.... est engagée dans la situation du Maghreb et plus généralement de l’Afrique. 
      Aujourd’hui, la compétition, la confrontation est la mise et prend la place des nécessaires coopérations, de la solidarité internationale pourtant si nécessaires à entretenir et à développer.


    • slimane 22 février 2012 22:23

      salut jacques

      tu te rappel du centre de jeunesse de ain soltan de la region ghardimaou le directeur sami me dit il seras tres heureux d’acceillirs des jeune dans le centre comme tu le sais il y’a 24 place ils ont souffer du froid ils y’a eux beaucouop de neige est la jeunesse ils etait présent pour prendre la releve qustion l’apres révolution je suis tres inquiet la jenesse a chassé ben ali ceux qu’il le remplace c pas mieux j’ai peux du pire enfin j’epere que en retourne comme en a promi

      enfin tu le sais t mon ami depuis 31 ans a bientot comme en dit inchallah


      • lulupipistrelle 23 février 2012 01:53

        Votre article partait d’une bonne intention... 


        Mais puisqu’on délocalise des milliers* d’emplois au Maroc, moi je ne veux plus entendre parler de ce pays, et de ces ressortissants.
        Et je n’achète aucun produit marocain ( y a qu’à bien lire les mentions obligatoires). Et ma prochaine bagnole ne sera pas une renault... 

        *Par exemple : SAV d’Orange= service commercial et assistance technique, usines Renault...

        • Mais dans quel monde vit-on ? 23 février 2012 11:24

          « moi je ne veux plus entendre parler de ce pays, et de ces ressortissants. »

          Lire ci-dessus 11:23, lulupipistrelle smiley


        • lulupipistrelle 23 février 2012 13:07

          Oui et merci, nous sommes sur la même longueur d’onde sur ce sujet...


          Curieusement quand j’ai réagi, il n’ y avait aucun message avant le mien : est-ce que le serveur ne fonctionne plus à partir d’une certaine heure ?

          En tout cas, vous avez écrit ce que je n’ai pas explicité : pour tous mes achats je privilégie l’UE, et je boycotte les autres. Y compris pour le tourisme. Les seuls voyages qui me feraient envie, sont à l’autre bout de la planète... 

          Entre parenthèse, c’est HS, mais puisque vous en parler:je n’en veux pas de l’Union Méditerranéenne. 

          Je marche à pieds par tous les temps, mais mon mari ne peut se passer de véhicule pour travailler, j’en rajoute une couche en réponse à votre propre intervention : notre prochaine bagnole sera une FIAT. Et toc. 

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