Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Matières premières : le trésor sud-américain ?

Matières premières : le trésor sud-américain ?

Dans un contexte comme la Mondialisation des marchés que nous vivons depuis maintenant plus de 15 ans, le contrôle des ressources en matières premières, notamment énergétiques, est devenu un enjeu pour la plupart des Etats. L’Amérique du Sud apparaît riche de diverses ressources, hydrocarbures et minerais, disséminées à travers tout le continent. Chaque pays, comme nous le verrons, est plus ou moins spécialisé dans une ou deux ressources dont il est très souvent un régulateur de flux. Depuis la création de l’UNASUR en 2008, ces ressources semblent enfin devoir être mises au service d’un véritable ensemble politique continental. Panorama d’une situation politique et économique complexe.

A la recherche de l’or noir

Venezuela, Brésil et Equateur, à eux trois ces pays représentent le potentiel pétrolier de l’Amérique du Sud. Parmi ceux-ci le Venezuela d’Hugo Chavez fait figure de géant incontestable. En effet Caracas contrôlerait, selon les diverses estimations dont la fiabilité est souvent plus que douteuse, les 2e ressources mondiales de pétrole. Le pays, membre fondateur de l’OPEP, sait très bien utiliser le potentiel politique que lui offre la détention d’une telle ressource, et ce d’autant plus qu’Hugo Chavez a expulsé les majors américaines et nationalisé les exploitations. Cette manne pétrolière offre au Venezuela, en plus d’une grande réserve de devises, un poids considérable sur la scène continentale, comme on a pu le constater lors de la récente crise avec la Colombie sur la question des bases militaires des USA où l’une des premières décisions d’Hugo Chavez fut de couper l’approvisionnement de Bogota. Il est certain que le pétrole vénézuélien est pour beaucoup dans la capacité de l’UNASUR d’affirmer son existence et ses ambitions sur la scène internationale. D’autant plus que le siège du Venezuela à l’OPEP risque à terme de se transformer en un siège unasurien, comme en témoignent les sommets américano-arabes dont le prochain est prévu à Caracas.

De leur côté, l’Equateur et le Brésil apparaissent beaucoup plus faibles quant aux possibilités d’utilisation de leurs ressources. Absent tous les deux de l’OPEP, ces Etats, qui ne sont même pas autosuffisants dans le cas du Brésil, ne représentent pas une véritable force sur le plan international. Même si les compagnies pétrolières, Petrobras au Brésil et Petroecuador en Equateur, sont contrôlées par l’Etat et rapportent beaucoup de devises à des deux pays, elles sont insuffisantes pour représenter un vrai outil de puissance international. En effet la production pétrolière de l’Equateur ne représente à peine de 10% de celle du Venezuela. Bien que la capacité productive de l’Amérique du Sud soit moins connue que celle du Moyen-Orient, n’en reste pas moins très importante à l’échelle mondiale et n’est pas étrangère à la capacité de Chavez de résister aux pressions extérieures.

Métaux communs : le cuivre chilien domine

Au Chili c’est le minerai de cuivre qui représente la plus grande source de puissance du pays. En effet, 1er producteur mondial, le Chili apparaît bien sur comme leader discriminant sur le marché du cuivre, capable de fixer à lui tout seul le cours du métal rouge par une simple décision politique. Avec plus de 35% de la production mondiale à lui tout seul, le Chili peut s’enorgueillir de disposer là d’une grande source de richesse et de puissance. Les grands noms de l’extraction minière ne s’y sont pas trompés, tous sont présents au Chili que ce soit dans l’immense mine d’Escondida (BHP Billinton, Rio Tinto) ou en d’autres emplacements (Anglo-american, Xstrata). La tonne de cuivre, même si elle subit des variations annuelles plus ou moins prononcées, elle augmente régulièrement depuis des années, suivant l’évolution de la demande des pays producteurs de matériel électronique. Même si les Etats-Unis et l’Europe se désintéressent petit à petit de la production matérielle pour se concentrer sur la recherche, des pays comme l’Inde et la Chine compensent largement cette baisse de demande et sont même en train de la faire fortement augmenter. Derrière le Chili, même si le Pérou possède lui aussi des ressources intéressantes en cuivre, exploitées par les compagnies japonaises principalement (Pan Pacific Copper, filiale de Mitsui et Mitsubishi), aucun pays de l’UNASUR ne possède une telle position.

Métaux rares : l’eldorado des aciers spéciaux

Au sein des métaux rares, un certain nombre de pays de l’UNASUR ont des positions très intéressantes. Le lithium notamment, très utilisé dans les batteries et comme substitut énergétique dans l’industrie automobile se trouve en quantité dans les pays sud-américains. Le Chili, véritable réservoir unasurien, ainsi que l’Argentine occupent une position intéressante comme producteurs de lithium, respectivement 1er et 5e mondiaux. Non seulement le lithium est de plus en plus recherché par les industries automobiles mais il est important de noter que le prix de la tonne fluctue beaucoup, en grande partie parce qu’une part importante des gisements mondiaux se trouve au Tibet. Ainsi lors de troubles dans une région immense et sujette aux soubresauts contre le pouvoir de Pékin, l’acheminement de lithium s’avère plus difficile. Dans ces conditions, les gisements sud-américains apparaissent bien plus surs que ceux d’Asie, et donc favorisés par les industriels européens et américains.

L’UNASUR représente aussi un réservoir intéressant de métaux rares, adjuvants à l’acier traditionnel pour la confection d’aciers spéciaux résistants à la corrosion, à la température, à la torsion…etc. Ces aciers, de plus en plus recherchés dans les industries de pointe (aéronautique, nucléaire, spatial) acquièrent leurs propriétés par de petites adjonctions de métaux rares. Parmi ceux présents en Amérique du Sud, on note du cadmium (Argentine, Bolivie, Brésil, Pérou), de l’indium (Pérou), du niobium (Brésil), du rhénium (Chili, Pérou) et du zirconium (Brésil). Certains pays apparaissent donc beaucoup plus favorisés que d’autres (Pérou, Brésil, Chili), alors qu’un nombre important sont quasi dépourvus de ressources stratégiques minérales (Colombie, Uruguay, Paraguay, Equateur, Surinam, Guyana). L’attrait des pays de la Triade (USA-Europe-Japon) pour l’Amérique du Sud, reste surtout un attrait ciblé vers certains pays, fournisseurs nets de matières premières stratégiques et la plupart du temps dépourvus des industries nécessaires à leur transformation. Ainsi on note que nombre de ces mines / gisements sont exploités par les grands consortiums internationaux, anglo-saxons ou japonais.

Cette inégalité flagrante de répartition conduit à une forte inégalité politique au sein de l’UNASUR puisque les pays comme le Chili et le Venezuela disposent d’un potentiel de puissance par leur position de leader discriminant sur une ou plusieurs ressources qui conduit à leur prépondérance.

Auteur : Nicolas Mazzucchi

Equipe : Unasur.fr


Moyenne des avis sur cet article :  4.64/5   (11 votes)




Réagissez à l'article

5 réactions à cet article    


  • Ceri Ceri 19 septembre 2009 13:21

    les richesses du sous sol de l’amrique latine n’ont jusqu’à présent jamais profité aux peuples, pourquoi est-ce que cela changerait aujourd’hui, à part dans quelques pays à tendance sociale ? Ces pays là peuvent peut etre espérer faire quelque chose de leurs ressources, les autres continueront à se faire piller.

    Car qui exploite le plus souvent lesdites ressources et pour le bénéfice de qui ? Qui s’est arrangé pour avoir la main sur la biodiversité de l’amérique centrale et les richesses contenues dans le sol ?

    Comme vous le dites ; ce sont les multinationales qui détiennent actuellement tout cela.


    • morice morice 19 septembre 2009 14:49

      n’oublions pas la Colombie .. où les français sont déjà...



      • Augustule pipo 19 septembre 2009 15:05

        Je vous invite tous a lire « Les veines ouvertes de l’amerique latine » d’ Eduardo Galeano qui traite du sujet en profondeur.


        • wawa wawa 19 septembre 2009 16:52

          Etonnant que l’article ne parle pas du lithium de la bolivie qui sera (qui l’est déjà, regardez votre batterie de portable) un des élément essentiels des batteries hautes capacités nécessaire pour les véhicules électriques.

          le lithium à le meilleur rapport « puissance réductrice/poids » de la table de mandeleev, coté oxydant encore beaucoup de candidat sont en balance)

          Les grandes maneuvres ont commencé pour l’accés à cette ressource qui prendra amha de plus en plus d’importance dans les années qui viennent.

          Cet oubli rend l’article très incomplet et ne dit rien d’autre que Chavez peut avoir un poids politique important du fait des reserve pétrolière du venzuela. Il faut aussi souligner que le venzuela a cruellement besoin d’un pétrole cher car ses cout d’exploitation sont plus élevés que ceux du moyen orient. Il doit comenser a desserer les fesses depuis que le cours du pétrole est autour de 70$, tout juste le prix d’equilibre pour le venezuela !!!!


          • Jean-paul 20 septembre 2009 01:41

            Sans compter que le seul acheteur du petrole venezuelien est l’Amerique .

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès