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Mauritanie : Une politique en chasse une autre ... Le retour du populisme ?

La sécurité et la stabilité de la Mauritanie se jouent aussi au Nord Mali, tel est l'avis de l'opposition mauritanienne aujourd'hui, elle qui hier traitait les expéditions des militaires

mauritaniens contre Alqaeda au Maghreb islamique, de "Guerre importée". Faudrait-il lire cette nouvelle posture en la remettant en perspective avec la politique du "Rahil" et son slogan, "Aziz dégage" ? Pourtant, ce dernier et son lot de manifestations et de protestations, considérés, sans doute comme plus vendeurs depuis le printemps arabe ne semblent pas avoir bouleversé fondamentalement l'équillibre des forces politiques, dans le pays. Oubliés, le regain d'optimisme et les ambitions proclamées du parti Tawassoul, dit "islamiste modéré" ? Un fait demeure : toujours empêtrée dans ses divisions et

les tiraillements de ses membres - entre engagement politique et allégeance clanique ou affairiste- l'opposition peine encore à être à la hauteur des attentes des citoyens et des enjeux politiques du pays et de la sous-région.

Les choses semblent pourtant avoir bien changé sur la scène politique mauritanienne, puisque dorénavant, le pouvoir mauritanien affichant une neutralité bienveillante, face à la crise au Mali, le Président Mohamed ould Abdelaziz préfére se rappeller qu'il a un Peuple. Ce peuple que la délocalisation à Atar, au Nord du pays, du show présidentiel radio-télévisé dénommé, "Emission Rencontre avec le peuple", qui en est à sa troisième édition, n'a pas encore fini d'étonner. Il faut dire qu'il fallait bien fêter dignement, ce 05 août 2012, le quatrième anniversaire du coup anti-constitutionnel qui a mis à terre une démocratie naissante et qui a permis au Général Aziz d'accéder au pouvoir. Et surtout, rappeller au bon peuple, les réalisations en infrastructures de son gouvernement, en passant sous silence les difficultés du quotidien de la majorité des citoyens et tous ces maux sociaux "qu'on ne saurait voir".

Qu'auraient-ils pû reprocher, ces citoyens, à un Président qui vient débattre avec eux toute une nuit, grâce à des moyens qui auraient permis à la plupart d'entre eux de finir confortablement le Ramadan ? Un Président qui n'a pas hesité à organiser une belle cérémonie de rupture de jeûne, offerte aux citoyens, au Palais Ocre, le domaine présidentiel ? Assurément, les citoyens auraient tort de se plaindre.

Faut-il voir là le retour du populisme inauguré, par la poursuite pénale des acteurs économiques de l'ancien régime, sous-couvert de justice sociale dès les premières heures d'un pouvoir qui avait fait de la "lutte contre la gabégie", le cheval de bataille du "Président des pauvres" ? Le maintien en prison de l'ancien Commissaire aux Droits de l'Homme, Ould Daddé et de l'activiste anti-esclavagiste, Ould Dah, viennent corroborrer ce retour. Cette posture ne serait-elle que provisoire en attendant d'en savoir plus sur la logique de la politique africaine de François Hollande ? Une chose semble établie, les choses ont bien changé du côté de l'Elysée et les visiteurs du soir ne sont plus les mêmes.

En attendant de savoir quels bénéfices réels, les populations mauritaniennes, tireront de cette politique, on peut constater que Ould Abdelaziz aura réussi à diviser pour longtemps le champ politique et à discréditer auprès des citoyens tout discours politique. Lorsque l'on constate qu'une partie de l'opposition politique - apparemment la plus visible -, s'attarde moins sur la revendication de l'organisation d'élections législatives, prévues depuis octobre 2011, que la demande lancinante d'un partage du pouvoir, sous le vocable "Dialogue", on peut comprendre que Mohamed Ould Abdelaziz tienne si peu cas de ses opposants. Il peut ainsi continuer de jouer pendant un certain temps encore au" Président des Pauvres", alors que les pauvres sont de plus en plus pauvres. Pour combien de temps encore ? Jusqu'aux prochaines élections présidentielles ?

Michèle Lioux pour Ciesma

Copyright mauritanidees 2012


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