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Mexique : naissance du mouvement de contestation citoyenne #YoSoy132

PREMIER VOLET D’UNE TRILOGIE

Vous avez sans entendu parler des élections du 1er juillet dernier au Mexique. Elles ont vu s’affronter Enrique Peña Nieto, candidat du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), et Andres Manuel López Obrador, candidat du Parti de la révolution démocratique (PRD). Mais vous n’avez peut-être pas entendu parler du mouvement étudiant #YoSoy132. 

C’est un mouvement d’opposition à la candidature de Peña Nieto. Une opposition et une peur du retour au pouvoir de l’ancien parti hégémonique et de ses pratiques antidémocratiques. C’est aussi un mouvement d’opposition aux entreprises médiatiques, surtout télévisuelles, accusées d’être trop concentrées et biaisées.

Mais d’abord, un peu de contexte. Le PRI a occupé la présidence du Mexique de 1929 à 2000, lorsqu’il a été délogé par le candidat du Parti Action nationale (PAN), Vincente Fox. Le PAN a aussi remporté les élections de 2006 avec Felipe Calderon, mais il n’est pas un gros joueur cette fois.

Malgré ce que son nom indique, le PRI n’est pas un parti de gauche. Il l’a déjà été, c’était un parti d’ouvriers lorsqu’il a pris le pouvoir. Mais il a pris un tournant néo-libéral dans les années 1990, ce qui a causé la défection de nombreux partisans de gauche, dont Obrador, qui ont ensuite formé le PRD.

C’est d’abord et avant tout un parti qui aime occuper tous les postes de pouvoir. Son nom l’indique, les institutions du pays étaient et sont encore largement contrôlées par lui. La majorité des maires, des gouverneurs d’États et des parlementaires sont membres du PRI. Il a aussi l’appui des grandes pétrolières. Et il n’aime pas la contestation : le PRI a une longue histoire de répression, même depuis qu’il n’occupe plus la présidence.

Nous entrons dans le vif du sujet. Le mouvement #YoSoy132 est le lointain produit d’une manifestation réprimée en 2006 par les forces policières. Les citoyens de la ville de San Salvador Atenco, dans l’État de Mexico, s’opposaient à l’implantation d’un énorme Wal-Mart qui allait tuer les petits commerçants. Selon Alvaro Tejera Perez, un organisateur de #YoSoy132 dans la ville de Puebla que j’ai rencontré dans un café de Mexico, la répression a été sanglante : “Les policiers sont rentrés dans la ville et ont tout cassé. Il y a eu des viols. Il y a eu de la torture. Il y a eu deux meurtres de la part de la police. Il y a eu des centaines d’arrestations illégales et des étrangers qui habitaient là ont été expulsés du pays.”

“Je crois que les autorités se souvenaient d’un projet d’aéroport qui avait été bloqué par les habitants”, ajoute-t-il. “Ils ont donc décidé de prendre les grands moyens.”

Tout ça se vérifie assez facilement sur Internet, en cherchant “répression Salvador Atenco” sur Google. Je vous suggère un mémoire de maîtrise sur le sujet qui a été déposé à l’UQÀM en 2009. C’est un mémoire féministe alors l’auteure se concentre surtout sur les atteintes aux droits des femmes, mais la chronologie des événements est bien présentée.

Enrique Peña Nieto était gouverneur de l’État de Mexico en 2006. C’est donc lui qui, ultimement, était responsable des agissements des forces policières. D’ailleurs, à ce jour, aucun policier n’a subit de sanctions pour les violations des droits humains à San Salvador Atenco. Pourtant, il partait de loin favori pour l’élection présidentielle et il monopolisait l’attention médiatique. “Les médias l’avaient pris comme favori”, estime Alvaro, qui critique le parti pris des deux grands empires télévisuels. Mais je reviendrai sur ce point.

L’élément déclencheur de #YoSoy132 fut un discours de Peña Nieto à l’Universidad Iberoamericana le 11 mai dernier. Les étudiants l’ont pressé de questions sur les événements de San Salvador Atenco et n’étaient pas satisfaits de ses réponses, qu’ils qualifiaient de creuses. Ils l’ont carrément chassé du campus.

Par la suite, le PRI a accusé les étudiants de n’être que des imposteurs, des infiltrés payés par Obrador et le PRD pour porter atteinte à la campagne de Peña Nieto. En réponse à ces accusations, 131 étudiants de l’Universidad Iberoamericana ont mis une vidéo sur Youtube où ils montraient leurs cartes étudiantes et affirmaient n’avoir aucune affiliation au PRD. Et voilà, le mouvement était lancé : la vidéo est devenue virale et a attiré la sympathie de milliers de jeunes Mexicains un peu partout au pays. Plusieurs d’entre eux ont montré leur appui dans une nouvelle vidéo en dénonçant Peña Nieto et le parti pris des médias. Ils affirmaient être la 132e personne à vouloir chasser le candidat du PRI, d’où le nom #YoSoy132 (“Je suis 132″ en espagnol).

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Par Olivier Robichaud pour Le Granc Ecart.


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1 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 10 juillet 2012 09:28

    Bonjour

    Ce pays de plus en plus miné par la corruption, le narcotrafic et le crime organisé, à l’ombre du grand voisin du nord, a besoin de mille mouvements comme celui-là

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