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Michèle Bachelet gagne avec plus de 53% des voix

C’est finalement la candidate socialiste, Michèle Bachelet, qui a remporté l’élection présidentielle chilienne. Avec 53,5% des voix, contre 46,5% au candidat de l’Alliance pour le Chili, Sébastien Piñera, la nouvelle présidente a pris la parole tard dans la soirée du 15 janvier.

Au terme d’une campagne très longue et éprouvante, Michèle Bachelet s’est adressée à la foule en ces termes :
"Buenas noches, amigas y amigos. Qui l’aurait pensé ? Qui aurait pensé, il y a vingt, dix ou cinq ans, que le Chili allait élire comme présidente une femme ? "

Dans un discours plein d’émotion, elle a cité son père, le général Alberto Bachelet, mort à la suite de tortures subies durant la dictature, et a regretté de ne pouvoir partager son émotion avec lui. Devant une foule de plus de 200 000 personnes, elle a indiqué plusieurs fois qu’elle serait la présidente de tous les Chiliens, dans une optique claire de réconciliation.

Les premiers cent jours seront les plus importants.
L’agenda législatif s’annonce très chargé pour la nouvelle présidente, qui prendra ses fonctions le 11 mars prochain. Tout d’abord, il y a les projets en cours du président sortant Ricardo Lagos : le parlement doit, entre autres, finir de voter les lois sur l’inscription automatique sue les listes électorales et le vote des Chiliens de l’étranger, la régulation des lobbies, le marché du capital et la loi sur le tabac. En plus, des thèmes comme la création d’une institution (un ministère ?) de l’environnement sont sur le point d’entrer en discussion. Michèle Bachelet continuera certainement avec cet agenda, mais elle voudra certainement profiter du double état de grâce (récente élue et première femme présidente d’Amérique latine) pour imposer ses lois les plus politiques, celles qui nécessitent un quorum important à l’assemblée. Son mandat est court, quatre ans, non renouvelable, et les premiers cent jours seront les plus importants. Ses chantiers phares devraient être la réforme des retraites, la réforme du système binominal, et la création d’un superministère de la sécurité publique, qu’elle a annoncée durant la campagne.

Mais l’une des grandes tâches de Michèle Bachelet sera de maintenir une économie en croissance soutenue, qui lui permette d’augmenter les dépenses sociales sans (trop) augmenter les impôts. Elle est attendue dans des domaines aussi divers que l’éducation, la prise en charge des jeunes enfants, le logement, la justice (les prisons chiliennes sont les plus surchargées du continent, avec 212 prisoniers pour 100 000 habitants).
Jusqu’à présent, le gouvernement n’avait pas la majorité suffisante pour faire passer des réformes sociales au parlement. Avec le nouveau congrès issu des urnes en décembre, Michèle Bachelet dispose d’une majorité dans les deux chambres. Une situation plus confortable, mais qui place dans l’expectative les syndicats et les groupes organisés : " Si nous ne faisons pas croître l’investissement social nécessaire pour donner satisfaction à la grande majorité, il sera logique que le mécontentement augmente dans de nombreux secteurs qui attendent toujours leur part de la croissance", disait aujourd’hui l’ancien président du Sénat, André Zaldivar, dans le journal La Nación.
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LYonenFrance


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