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Mirage et frégates de Taïwan : le bonjour documenté d’Alfred

Le 31 janvier dernier, dans un article expliquant que le dossier Tango (vente de 60 Mirage 2000 à Taïwan), je faisais part de la montée de l'exaspération croissante de certains milieux taïwanais à l'égard de qu'ils jugent être des attitudes méprisantes et déloyales des autorités françaises vis à vis de leur pays et de leurs citoyens.

Depuis quelques jours, des documents inédits, issus des carnets secrets d'Alfred Sirven, l'homme qui fut au cœur des dossiers Bravo et Tango, sont parvenus aux médias français et taïwanaisn ainsi qu'aux juges des deux pays.

Ces pièces inédites apportent de nouveaux noms, des numéros de comptes bancaires, y compris de la fameuse société Heine (basée au Luxembourg) dont il avait déjà été question.

A force de tirer avec mépris sur la corde de la patience, elle se brise

Dans les dossiers Bravo et Tango, une chose frappe les observateurs depuis plus de 20 ans : c'est le cynisme et le mépris avec lesquels les gouvernements français successifs ont traité à la fois les victimes ( les citoyens taïwanais qui ont payé d'abord des factures surévaluées, puis les contribuables français qui doivent rembourser les délits des corrompus de leur pays), et les acteurs survivants de ces contrats très particuliers.

Certes, les médias français n'ont pas vraiment joué un rôle essentiel dans la recherche et la manifestation de la vérité, soit en évoquant le sujet au minimum, soit en cherchant des pistes là où elles ne pouvaient se trouver.

Ainsi, on a vu des affaires parallèles se mettre en place comme autant de pare-feux contre la vérité et les faits, telles ces « affaires Clearstream », absurdes et aberrantes.

De son côté, la Justice de la République était impuissantée par les gouvernements successifs avec l'arme fatale du « secret-défense ».

En un mot, tout était fait afin de protéger les réseaux de corruption et de corrompus.

Quatre moyens essentiels ont été utilisés par ces gouvernements successifs pour cacher les identités de ces réseaux de corruption aux peuples concernés par leurs agissements crapuleux :

l'omerta, le silence, quand cela était possible.

Le secret-défense, quand les juges s'approchaient trop de la vérité

les pressions, les menaces et de possibles actes violents

l'orientation des recherches vers de fausses pistes voulues

Que nous révèlent les documents arrivés aux médias et à la Justice  ?

Les documents arrivés à la connaissance des médias et autorités judiciaires, tant de France que de Taïwan, sont consultables sur ce lien spécial créé par les militants anti-corruption de Taïwan, avec le soutien actif de l'association française jumelle, ANTICOR :

http://firebug87.blogspot.com/2012/04/corruption-affair-tango-du-nouveau.html

Ceux qui veulent connaître les détails ds comptes bancaires bloqués en Suisse au nom de la famille d'Andrew Wang se reporteront à ce lien francophone édité par nos amis taïwanais à destination des citoyens français et francophones :

http://firebug87.blogspot.com/2008/04/tableau-des-comptes-andrew-wang.html

Outre des listes de noms d'intermédiaires, de « consultants », de comptes bancaires, et autres documents que chacun pourra librement lire sur son écran, les inédits venus des archives cachées d'Alfred Sirven montrent la piste que ce lien officiel ( rapport contre la corruption et le blanchiment) avait déjà signalée :

http://www.assemblee-nationale.fr/rap-info/i2311-626.asp

Se reporter au témoignage accablant, mais non suivi d'effets réels de la part des autorités françaises, du banquier Joël BUCHER, qui officiait à l'époque comme directeur de la Société Générale à Taïwan et a été témoin de nombreux faits reliés à ces deux dossiers.

Que nous disent donc documents et ce témoignage de première main ?

Que le système permettant la corruption de personnalités françaises ou de partis politiques français était basé sur une idée simple, mais ingénieuse :

en échange des sommes discrètement versées à des banques, sur des numéros de comptes déterminés par les réseaux concernés, les bénéficiaires de la corruption bénéficiaient de prêts-miroirs, via Clearstream, mais sans comptes nominatifs – ce qui aurait été de la dernière stupidité- qui ne seront jamais remboursés puisque la banque avait déjà touché la somme prêtée compensant le prêt accordé !

En clair, légalement, rien à reprocher à personne, puisque tout un chacun a le droit de demander à une banque un prêt et que toute banque a le droit de ne pas exiger de son emprunteur le remboursement de son prêt.

Certes, cela ne se fait pour les dettes grecques, irlandaises ou espagnoles, que les peuples sont obligés par les gouvernements à payer par la misère et le chômage, mais voilà comment la corruption a été pratiquée systématiquement dans les dossiers Bravo et Tango.

Avec les pièces inédites publiées sur les liens plus haut, la Justice a de nouvelles pistes très détaillées pour travailler, sans être arrêtée par la secret-défense, rempart de corrompus.

Dans ce contexte, inévitablement, des questions vont se poser sur la possible action du Ministre du Budget que fit Nicolas Sarkozy de 1993 à 1995, puisque ce Ministère fut chargé de redistribuer les commissions, légales en droit français, mais INTERDITES par les contrats signés par la France.

Par ailleurs, en agissant vite et fort, les juges qui ont reçu ces documents et devraient, selon nos sources, en recevoir bientôt d'autres, pourront donner argument, dans l'intérêt des contribuables français, à une possible baisse des sommes à payer à Taïwan que la Cour d'Arbitrage International décidera contre la France et des entreprises privées.

Conclusion provisoire morale, civique et financière

Concluons provisoirement par ces mots d'une militante anti-corruption de Taïwan, traduits en français :

« Dans ces dossiers, les autorités françaises ont fait preuve depuis 19 ans (mort du capitaine Yin) d'un cynisme révoltant, d'une mauvaise foi indigne, de mensonges éhontés, d'un mépris ouvert et de méthodes dignes de régimes corrompus, contraires aux règles des Etats de droit dont la France se revendique d'en être.

Tout peuple mérite le respect, petit ou grand, car le respect mutuel des droits et des intérêts est la source de relations harmonieuses pacifiques entre les peuples et les Etats. Il importe que les autorités français cessent de prendre les citoyens taïwanais pour des pies de vaches à argent pour leurs corrompus et respectent les lois internationales et les contrats qu'ils signent avec les autres.

Notre pensée la plus amicale et fraternelle va aux citoyens français qui, s'ils ne réagissent pas eux-mêmes, ou via leurs élus et partis politiques, ou encore associations anti-corruption, risquent encore de payer de très lourdes sommes à Taïwan en lieu et place de corrompus qui se cachent lâchement derrière des banques qui ont participé aux délits contre eux ».

 

Illustration : TaiwanAirPower




par Philippe Vassé lundi 2 avril 2012 - 26 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par paul (---.---.---.167) 2 avril 2012 17:29

    D’après les infos disponibles ( Médiapart) les 630 millions d’euros dus à Taïwan ont été confirmés en juin dernier par la cour d’appel de Paris, après le recours de Thalès, qui pourtant n’en paierait que 27 % ; le reste étant à la charge de l’État qui était garant du contrat pour la DCN .
    Mais Matignon indiquait en 2011, « qu’il entreprenait des démarches auprès des autorités taïwanaises afin d’obtenir un remboursement au moins partiel dans l’hypothèse où celles ci obtiendraient des intermédiaires, la restitution de tout ou partie des commissions versées » .

    Cette affaire étant engagée depuis 1991, bien des gouvernements ont été concernés, tous se sont caché derrière le secret défense, comme l’affaire Karachi . Le contribuable au final paiera la note .

  • Par pensesy (---.---.---.158) 2 avril 2012 23:51
    pensesy

    en conclusion, il faut virer cette clique et la mettre au trou.

  • Par Philippe Vassé (---.---.---.140) 3 avril 2012 08:35
    Philippe Vassé

    Cher Paul,

    François Fillon a effectivement exprimé ces souhaits dont Taipei n’a pas tenu le moindre compte.

    Au contraire, Taïwan a déposé le dossier BOA (entretien et pièces des frégates) à la Cour d’Arbitrage International et est en voie de déposer à la même juridiction le dossier Tango.

    Non seulement, François Fillon est mal engagé dans la voie qu’il indique, mais l’Etat français risque d’être encore condamné deux fois à des sommes au total bien plus grosses que la première affaire (Bravo).

    Bien cordialement,

  • Par moussars (---.---.---.40) 3 avril 2012 11:19

    @zic_quili

    Bien minable réaction !
    Vous me faîtes penser à celui qui vient de voler et qui répond, pour toute défense :
    Mais il n’y a pas que moi ! Le voisin d’en face à voler encore plus que moi !

    Vassé a raison : vous devez être « intéressé » à l’affaire... qui est une affaire criminelle... où on retrouve encore et toujours l’ineffable Sarkozy...

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