Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Catastrophe à Rio : « Le stade de Maracana inondé »

Catastrophe à Rio : « Le stade de Maracana inondé »

Les personnes ensevelies dans des coulées de boue sont innombrables à Rio.

A Rio, les favelas sont anciennes. Elles remontent au moins à l’abolition de l’esclavage, qui suit la proclamation de la République, à la fin du XIXème siècle. La modernisation de l’agriculture (motorisation, utilisation d’engrais) et le développement d’une industrie nationale amorcent dans les campagnes un exode rural contemporain de celui que connaissent nombre de pays européens. Rio de Janeiro s’accroît, et les démunis s’y pressent. L’hygiénisme aidant, les autorités combattent le développement des cortiços, ces logements de fortune remplacés par des maisons en dur (Réforme urbaine de 1902 - 1906). Mais les pauvres ne peuvent s’y installer, parce que les loyers dépassent leurs maigres moyens. Ils doivent déménager un peu plus loin.

Depuis cette époque, l’habitat spontané suscite des réponses insatisfaisantes, qui repoussent les moins riches dans des périphéries dans lesquelles ils ne trouvent pas d’emploi, et se désocialisent. La mixité sociale recule, car la modernisation des espaces centraux s’accompagne d’une augmentation des prix elle-même socialement dissuasive. Usines et maisons bourgeoises dépendent toutefois d’une main-d’œuvre bon marché. Politiquement, certains élus s’appuient sur le vote de ces quartiers populaires : les candidats communistes y obtiennent d’excellents résultats aux élections de 1947.

A partir des années 1940, les bidonvilles (favelas) prolifèrent sur les terrains oubliés, sans propriétaires connus, surtout négligés pour leurs nuisances (dépotoirs) ou pour leur danger potentiel : rives de cours d’eaux, monticules instables (mornes). Comme on va le voir, les risques naturels s’avèrent plus importants qu’ailleurs. Sur place les constructions ne répondent à aucune norme, et les habitants ne disposent d’aucun titre de propriété. Au début de la décennie suivante, Rio compte 119 favelas, accueillant un habitant sur sept. En dépit de la concurrence industrielle de São Paulo, et du choix d’une nouvelle capitale fédérale (Brasília), Rio de Janeiro ne cesse de grossir. Après 1964, les militaires au pouvoir tentent d’utiliser la manière forte pour supprimer les favelas. Ils ne parviennent qu’à reporter une nouvelle fois le problème. Un urbanisme plus réparateur que destructeur finit certes par s’imposer, mais dans les vingt dernières années. Tandis que l’exode rural se tarit, de nouvelles favelas apparaissent, sur de plus petites parcelles ou sur les toits d’immeubles : c’est la conséquence du marasme économique et de l’hyper-inflation des années 1980.

« A la fin des années 80, on estime à un demi-million le nombre de personnes vivant dans les périphéries et à un million celui des personnes résidant dans les 545 favelas de la ville. Mais dans les années 90, les nouvelles formes d’habitat populaire stigmatisent la difficulté accrue d’habiter la métropole. Il est vrai que la taille réelle des populations habitant les favelas est largement controversée, mais en 2000, si certains auteurs l’estiment à plus d’un million, d’autres l’évaluent à deux millions sur les 5 851 914 habitants que compte alors la commune. » [Paola Berenstein Jacques & Lilian Fessler Vaz / Notes historiques sur les favelas de Rio]

Dans le Complexo do Alemao, la violence règne en maître, l’argent de la drogue faisant vivre une partie de la population. En juin 2007, la police fédérale a mené une vaste opération de ratissage pour rétablir l’ordre : opération combinée engageant plus de mille agents sur le terrain. Des échanges de coups de feu ont provoqué des dizaines de blessés et de tués. L’opération a suscité des commentaires sur le bien-fondé de l’intervention et son caractère sanglant [source]. Une mission de Médecins sans Frontières a pointé l’ampleur de la détresse psychologique ressentie par une partie des habitants soumis chaque jour à la peur de mourir et au silence imposé par les criminels [source]. Rio s’enrichit. L’argent de la drogue, de la prostitution et des multiples trafics clandestins fait vivre les gangs, mais il vient des quartiers aisés.

Les opérations de nettoyage s’accélèrent. Au mois de mars 2010, à Santa Marta, la police fédérale brésilienne a expérimenté une nouvelle forme d’intervention, basée sur la reconquête les armes à la main de la favela, et complétée par la présence physique d’un bataillon entier, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Les personnels ont été soigneusement sélectionnés, et bénéficient d’une prime spéciale [Figaro]. Il est vrai qu’un événement sportif de premier plan s’approche. Il s’agit de la prochaine coupe du monde de football, dans quatre ans. Passée celle de 2010 en Afrique du Sud, les adeptes du ballon rond ne parleront plus que de Rio. Les autorités brésiliennes tiennent à présenter la meilleure image de leur ville et de leur pays.

Et puis en ce début d’avril, Rio occupe brusquement la une des journaux. Le stade de Maracana inondé. On appréciera l’écart entre le titre et la tragédie humaine. Mais le football est un dieu exigeant, dont le temple a été souillé. L’eau a inondé la pelouse, quel drame ! « La pelouse du mythique stade carioca de Maracana était sous l’eau hier et ses vestiaires complètement inondés à la suite des pluies diluviennes qui se sont abattues sur la métropole brésilienne lundi et qui ont causé la mort de 95 personnes dans l’Etat de Rio de Janeiro. Le Maracana, construit pour le Mondial de foot de 1950, et considéré comme le plus grand stade du monde, s’est transformé en une immense piscine pleine d’une eau marron et les dégâts rendent improbable la tenue du match du Groupe 8 de la Coupe Libertadores prévu ce soir entre le club local de Flamengo et Universidad de Chile. » [Le Parisien]. 

Plus de cent personnes ont péri, pour beaucoup emportées par des torrents de boue. En quelques heures il a davantage plu sur Rio qu’au cours de tout le mois d’avril. En fin d’après-midi, les averses torrentielles ont empêché les habitants de rentrer chez eux, en bouchant les tunnels et en fermant le pont Rio - Niteroi. Le fleuve Maracana a débordé sur les berges en partie recouvertes par des favelas [Le Monde / avec photos]. Les victimes m’importent davantage que les pelouses du stade, faut-il le préciser ? Je donne la parole pour finir au journaliste du Monde Jean-Pierre Langellier : « Le président Luiz Inacio Lula da Silva, arrivé à Rio mardi pour des engagements publics qu’il a dû annuler, s’est contenté d’implorer la bienveillance divine pour qu’il cesse de pleuvoir. Il a déploré que les autorités locales aient, par le passé, trop laissé construire dans les zones à risque et s’est engagé à mettre fin à ce laxisme. Mais cela pourrait ne rester qu’un voeu pieux, tant l’urbanisation sauvage ne cesse de progresser. »

Ainsi, aucune leçon ne semble avoir été retenue. Les pauvres indisposent, même (surtout ?) en mourant trop près de la belle ville. Le laxisme ici évoqué renvoie à une époque clémente. L’approche du spectacle médiatique de 2014 sonnera-t-elle le retour d’une politique urbaine brutale ? La destruction des favelas ne résout aucun problème de fond, à moins de donner plus d’importance au football - spectacle qu’à une catastrophe à l’heure de pointe.

PS./ Geographedumonde sur les inondations dans les grandes agglomérations : Prendre un Paris, celui de 1910Wild Wet MidwestDu risque climatique lointain au risque terroriste immédiat, De Batavia à Jakarta.

Incrustation : le stade de Maracana.


Moyenne des avis sur cet article :  3.82/5   (17 votes)




Réagissez à l'article

33 réactions à cet article    


  • @distance @distance 9 avril 2010 16:33

    BIDONVILLES, beaucoup en sortent, davantage y entrent
    le nombre de personnes vivant dans des bidonvilles n’a cessé de progresser :
    - 650 millions en 1990,
    - 760 millions en 2000,
    - 830 millions en 2010

    Plus de 800 millions de personnes vivent dans des bidonvilles à travers le monde, un chiffre en hausse continue car si de nombreuses personnes en sortent chaque année – en particulier en Chine et en Inde – d’autres, plus nombreuses encore, y entrent.

    Faute de « mesures radicales », ce chiffre devrait continuer à croître d’environ 6 millions par an, et flirter avec la barre des 900 millions en 2020, avertit l’Onu-Habitat dans son rapport sur « L’Etat des villes dans le monde 2010-2011″. PARIS (AFP)

    http://www.mondial-infos.fr/actualite/bidonvilles-beaucoup-en-sortent-davantage-encore-y-entrent-18151219/


    Le Rapport 2006/2007 sur l’état des villes dans le monde
    TENDANCES URBAINES ET BIDONVILLES AU XXIe SIÈCLE
    http://www.un.org/french/pubs/chronique/2006/numero2/0206p24.htm


    • @distance @distance 9 avril 2010 16:52

      Une vie dans un bidonville de Jararta
      Dans le nord de Jakarta, au sein des bidonvilles, vit une population rurale dont le statut d’occupants illégaux les empêche d’accéder aux services de santé et aux bénéfices sociaux pour les pauvres.
      http://www.medecinsdumonde.org/fr/Publications/En-images/Videos/Une-vie-dans-un-bidonville-de-Jakarta

      A LIRE AUSSI SUR TOULOUSE7.com

    • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 9 avril 2010 16:57

      @ L’auteur.

      Soyez rassuré. Au Brésil la saison des pluies se termine fin mars, début avril. Le risque que le stade soit inondé courant juin, en pleine coupe du monde, est - fort heureusement - quasi nul. La fête du football ne sera pas gâché, vous pouvez dormir tranquille.

      Par précaution, pour la bonne tenue de la compétition, il serait néanmoins utile - à tout hasard - de construire un vaste complexe de bassins de rétention des eaux à proximité du Maracana. Le doublement du réseau de canalisations qui enserre le stade serait une garantie supplémentaire. J’imagine mal un Angleterre-Argentine interrompu par la pluie. On a jamais vu ça en coupe du monde. De plus je connais des entreprises Américaines et Françaises qui seraient ravies de mettre en chantier ce type de projets colossaux (avec infrastructures ultra-modernes, corruption, pots-de-vin et tout le toutim).

      Maintenant, concernant le financement des travaux, la balle est dans le camp du gouvernement Brésilien. Par malheur, vous n’ignorez pas que le pouvoir est actuellement tenu par les gauchistes de Lula. Il est fort probable que ce socialiste privilégie les pauvres au détriment du Mundial. Espérons que d’ici 2014 un véritable homme de droite décomplexée soit élu afin de s’attaquer aux vraies priorités, réformer, moderniser, travailler plus...


      • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 9 avril 2010 16:58

        Je précise par précaution que ceci était un Troll.


      • Bruno de Larivière Bruno de Larivière 9 avril 2010 17:19

        Humour de mauvais goût, si l’on s’en tient au nombre de morts...
        Mais bon, çà me fait rire quand même !
        Vous ne le répéterez pas ?!
         smiley


      • Fergus Fergus 9 avril 2010 17:38

        Bonjour, Bruno.

        Le fait que l’inondation du stade Maracana puisse un tant soit peu prendre le pas sur les centaines de morts probables de la tragédie humaine montre à quel point le football peut décidément rendre très con !


        • eugène wermelinger eugène wermelinger 9 avril 2010 18:02

          les dégâts rendent improbable la tenue du match du Groupe 8 de la Coupe Libertadores prévu ce soir entre le club local de Flamengo et Universidad de Chile. » [Le Parisien]. 


          Quelqu’un de la fédération de water-polo ne pourrait-il pas programmer un match de remplacement ? Pour sauver le Brésil bien entendu.



          • zorglub zorglub 9 avril 2010 18:28

            Bonjour à tous.
            J’apprends plein de choses aujourd’hui : grace à Fergus que le Brésil est peuplé de cons, que le Maracana est « considéré » comme le plus grand stade du monde ( faux, tant par la taille que par la contenance ), qu’il a été transformé en piscine (rien à ce sujet dans la presse Carioca, JB et Globo, à part le nettoyage des vestiaires souterrains). Deux matchs ont déjà eu lieu depuis la tragédie.


             


            • Fergus Fergus 9 avril 2010 18:54

              Bonjour, Zorglub.

              Je vous serais reconnaissant de ne pas dénaturer mes propos. Je n’ai jamais prétendu que le Brésil était « peuplé de cons ». J’ai au contraire beaucoup de respect pour le peuple brésilien et, même si je trouve sa passion pour le football souvent excessive, je la comprends parfaitement. 

              Les cons que j’ai voulu fustiger sont ceux, journalistes ou supporters, qui auraient eu l’impudence de considérer que l’inondation d’un stade, aussi prestigieux soit-il, peut éclipser, fut-ce brièvement, une tragédie humaine.

              Fergus (32 ans gardien de but, 10 ans éducateur de jeunes footballeurs, ancien dirigeant du Paris SG lorsque ce club était encore estimable).


            • Djapaskero Djapaskero 9 avril 2010 20:10

              Tout d’abord, pour contraster avec l’ironie et l’humour (que je respecte, au Brésil on est le n°1 de l’humour noir) des autres commentaires, mes pensées vont aux victimes, en toute sincérité.

              (Désolé pour les liens en portugais, je n’en ai pas d’autres aussi bons !!)

              "Dans le complexo do alemao la violence règne en maître, l’argent de la drogue faisant vivre une partie de la population."

              J’adore ce type de commentaire qui laisse le lecteur dans le doute !
              Faut il croire les centaines de reportages mensongers diffusés en France ces trente dernières années ?
              Voici des faits (même si datés de 2000) :

              D’après une recherche faite par l’ « Escola Nacional de Sciencias Estatísticas e estagiaria da Secretaia Municipal do Trabalho da Cidade Do Rio de Janeiro », sous la direction de Maria Beatriz Assunção Mendes da Cunha, considérant la population économiquement active de 41 comunautés appelées « favelas », en soit 97 000 personnes (en 2000), qui correspond à 2,2 % de la population totale de la région métropolitaine de Rio de Janeiro (RMRJ), pour presque toutes les communautés, le taux de participation au marché du travail est SUPÉRIEURE au taux enregistré pour la région métropolitaine. Autrement dit, plus de travailleurs dans les favelas qu’à l’extérieur, en banlieue.

              Si il y a eu récement de graves problèmes dans le« Complexo do Alemão » il ne faut pas oublier que l’effort de centaines de policiers au quotidien est de PACIFICATION des favelas et non de DESTRUCTION.

              Comme explique le colonel José Vieira De Carvalho, responsable de l’opération dans les coteaux de Rio (favelas) "SI LES HABITANTS N’AVAIENT RIEN Á GAGNER AVEC L’OPÉRATION, NOUS NE SERIONS PAS ACCEPTÉS. Les personnes veulent avoir accès aux droits de bases comme l’eau, l’électricité et la sécurité. L’unité de Police Pacificatrice (UPPs) installée dans les coteaux est à peine l’accomplissement de leurs droits.

              La pacification des coteaux de la ville de Rio commence avec la répression du crime, l’extraction des traficants, et la fin de la distribution de drogue, fait par le bataillon des Opérations policiaires Spéciales (BOPE) LesUPPs entrent en jeux dans le deuxième phase, celle de stabilisation. Des policiers SPÉCIALEMENT PRÉPARÉS pour l’opération occupent les coteaux et, parallèlement, commencent les travaux d’assistance sociale, santé, implantation de crèche et écoles, qui sont offerts par le gouvernement ou la préfecture. "La police est présente pour éliminer toute forme de résistance, mais principalement pour PRÉVENIR du crime. C’est en ce moment précis que l’appui de la communauté est fondamentale".

              Ces procédés sont radicaux et entraînes parfois des bavures. Mais, avez-vous de meilleures solution, dans ce bourbier ? Le Brésil à déjà connu beaucoup de « défavelisations », d’entrée de la citoyenneté de cartiers populaires anarchisés. Il y a certaines villes qui ont totalement terminé ce processus. J’estime donc que l’effort fournit est productif.
              Arrètez les amalgames !


              • zorglub zorglub 9 avril 2010 20:21

                Bien entendu, Fergus, je m’associe volontier à votre croisade ! Je trouve cependant que vos propos manquent un peu de nuance. Vous parlez d’un sport qui peut rendre très con, sans mentionner qui et pour quelles raisons précises ! Par ailleurs, la supposée passion des Brésiliens pour le ballon rond est loin d’être aussi unanime qu’on le dit.
                Boa noite e Brasil rumo ao sexto !


                • Djapaskero Djapaskero 10 avril 2010 00:17

                  ... olha, não quero parecer chato mais é « rumo ao hexa »


                • Fergus Fergus 10 avril 2010 08:57

                  Bonjour, Zorglub.

                  Je vous invite à lire mon article intitulé « Je hais le football ! ». Vous comprendrez mieux mon état d’esprit !


                • krolik krolik 10 avril 2010 01:18

                  Une amie actuellement prof à Sao Paulo me signalait qu’actuellement il faisait 10°C là-bas !! Et que rien n’est prévu pour le chauffage.. Il pleut aussi, mais un peu rien de considérable.
                  Ah, le dérèglement climatique..
                  @+


                  • Djapaskero Djapaskero 10 avril 2010 01:50

                    Ici à Belo Horizonte il fait actuellement 17° (20:50)
                    C’est vrai que les maisons ne sont pas prévues pour un refroidissement fort bas, sauf dans le sud du pays où les températures descendent beaucoup plus en hivers...


                  • herrem herrem 10 avril 2010 03:00

                    Bonsoir,
                    Ici à Campinas on est à 15 le soir, et il fait frisquet.
                    Et maintenant que je suis habitué au climat brésilien et ben, je me les gèle.
                    Et vu d’ici, on se preoccupe plus des morts que de maracana.


                  • Cartman Cartman 15 avril 2010 07:20

                    @herrem

                    Exact. et au Brésil les gens sont assez triste du fait que ces gens s’étant installé illégalement en zone non-constructible, il est « impossible » de les indémniser. Cela scandalise beaucoup.

                  • goc goc 10 avril 2010 04:27

                    en tant qu’ancien « carioca » (j’ai vécu 1 an à Rio, ma fille est née la-bas), je ne peux que m’associer au chagrin du peuple brésilien

                    je me rappel avoir vécu une période pluvieuse en mars, déjà à l’époque on avait du finir a pied suite aux inondations qui avaient bloqué toute la circulation en ville, mais heureusement il n’y avait pas eu de victimes

                    quand au problème évoqué par l’auteur, je crains qu’il soit totalement insoluble, tant l’écart de civilisation est énorme. Le Brésil est au milieu de plusieurs cultures, d’une part notre culture occidentale impérialiste et matérialiste, ou le seul critère important est l’argent, et en face on a deux cultures semblables, celle des indiens et celle des anciens esclaves, ces deux cultures ont d’autres valeurs mais « on les force a accepter notre image afin de mieux les dominer.

                    et on les pousse dans une course perdue d’avance, en leur faisant croire que eux aussi pourront accéder au »bonheur". Et plus ils courent , plus ils prennent du retard sur nous, parce qu’on fait tout pour les ralentir, dressant a chaque virage, des obstacles de plus en plus insurmontables. Rappelez-vous les taux délirants de l’inflation dans les années 70-80

                    Voila pourquoi je pense que c’est perdu d’avance. Le seul salut pour le peuple brésilien serait une faillite économique totale remettant toutes les pendules a zéro


                    • Djapaskero Djapaskero 10 avril 2010 07:51

                      Si vous avez vécu un an à Rio De janeiro, ça ne fait pas de vous un « carioca ». Les brésiliens d’autres régions vivant à Rio ne se considèrent souvent pas eux-mêmes « carioca ». Enfin, juste techniquement. (Il faut savoir que les habitants de Rio ont une mentalité sensiblement différente du reste du Brésil).

                      Le Brésil n’est pas au milieu de plusieurs cultures, mais la culture brésilienne existe.
                      S’il existe de fortes différence culturelles entre le sud et le nord-est, que certaines tribus indiennes conservent leurs traditions, la culture brésilienne EXISTE.
                      Le Brésil est une ancienne colonie d’exploitation, par opposition aux États Unis ou au Canada qui sont des colonies de peuplement. Cela implique que la logique sociétale de pure exploitation imposée depuis des siècles a du mal a se dissoudre avec le temps, mais elle se dissout .

                      La logique impérialiste n’est pas une « culture » et n’appartient pas à un fantasmagorique « occident ». Le Brésil est Le pays « impérialiste » par excellence. Fortement inspiré par les États-Unis, amélioré grâce à la « manière brésilienne », et le « jeu de ceinture brésilien » ,
                      le modèle commercial brésilien est même un modèle inédit dans plusieurs domaines. (Je ne suis pourtant pas défenseur du modèle capitaliste)

                      Il n’y a pas de course perdue d’avance ni de bonheur non atteint. La course est déjà gagnée, le pays émerge.

                      Quand à la « course matérialiste » que vous évoquez, le secteur public est extrêmement développé et offre des dizaines de milliers d’emplois à qui veut bien étudier. Les concours ne sont pas truqués ici, contrairement à la France. Le salaire peut doubler, quadrupler... pour quelqu’un qui à un niveau supérieur d’études, en s’efforçant, il n’est pas difficile d’obtenir un salaire d’une fois et demi le salaire minimum français. Certains concours à Brasilia offrent des salaires de quatre fois le SMIC français, voire plus. Pour ceux issus des couches défavorisées n’ayant pas eu accès à l’école de façon correcte, il existe des formules pour récupérer le temps perdu (supletivo) et atteindre le niveau du bac en peu de temps. Les concours publics « niveau bac » sont légions. Le secteur privé n’est pas en reste, mais bien sur la logique est différente et n’offre pas d’emplois « à vie ».

                      Quand au bonheur, si vous avez vécu au Brésil, vous avez du remarquer à quel point les gens ne démontrent presque aucune joie, peu de sourires en France (sans compter le sud-ouest, bien sur), si vous comparez avec le Brésil. Essayez de comparer la notion inventée au Bouthan, le « BIB » (Bonheur Intérieur Brut) de ces deux pays !! Dès que vous posez le pied dans un aéroport brésilien, vous voyez le contraste.

                      Quant à vos prédictions de « faillite économique totale », les pays qui courent droit vers cette catastrophe, ce sont les pays assujettis aux États Unis comme la France.


                    • Jean-paul 13 avril 2010 04:52

                      @ Goc
                      Vous vous prenez pour un ancien Carioca apres 1 an a Rio .Vous avez la grosse tete .
                      Vous etes un gringo tout simplement .
                      Avec 9 ans a Rio les cariocas m’ont traite de francais et non pas de gringo .
                      Je ne pense pas non plus apres un an vous soyez fluent en portugais .


                    • brieli67 10 avril 2010 09:02

                      Par brieli67 (xxx.xxx.xxx.217) 12 février 14:01 ( pour actionner les liens)

                      Stade MARARACANA

                      AMBIANCE
                      http://members.virtualtourist.com/m...
                      Some fans get so crazed that they detonate smoke bombs, throw dead chickens around and launch cups of urine onto the fans in the lower decks. Massive flags swirl around the stadium while police try to manage an unimaginable situation making the entire experience surreal.

                      http://archives.lematin.ch/LM/LMS/-...

                      D’’un récit de voyage
                      http://www.vazyvite.com/html/bresil...

                      C’est à ce moment précis, alors que tous tes sens de vierge effarouchée sont en alerte et que ton petit coeur palpite sous ces seins frémissants et que ..... Désolé,

                      un p’tit coup de palu, sans doute !!!
                      Bref, quelque chose ne va pas avec le décor mais tu hésites ... tu cherches .... Oui, c’est ça ..... : Ça pue l’urine sur 3 kms !!!!!!!!!

                      C’est d’ailleurs + flagrant sur Copacabana, mais ces plages de Rio de Janeiro ne sont que d’immenses urinoirs à ciel ouvert !!
                      Entre les clients des buvettes qui vont se soulager de leur bière, des sans-abris pendant la nuit, etc ... etc ....
                      Il n’y a effectivement aucun équipement prévu et comme je te le précisais un peu + haut, pas grand chose le long de la plage, hormis des immeubles résidentiels

                       !
                      Étant donné la concentration de personnes selon certains endroits + à la mode que d’autres, tu imagines la suite !
                      C’est + particulièrement odorant le matin car la nuit, les gens se « lâchent »

                      + facilement .... Bref, la légende en prend un coup !

                      Pour les bourgeoises l’’ innovation
                      http://dailyriolife.typepad.com/my_...

                      Avec un bon rhume des foins et un bon garde du corps,
                      why not M. l’Enfoiré !


                      • Djapaskero Djapaskero 10 avril 2010 18:48

                        Vous parlez du carnaval ou de la vie de tous les jours ?
                        Les Européens sont bien pire quand il sagit de fête, pour uriner partout !!!

                        Au Brésil, pour votre information, l’hygiène est bien plus grande qu’en France.
                        Copacabana est loin d’être un urinoir à ciel ouvert. Il est strictement interdit d’uriner dans la rue
                        et les rues des villes ici au Brésil sont BIEN PLUS PROPRES que les villes françaises.

                        Les Brésiliens disent que leur grand attrait pour l’hygiène vient des indiens. Les indiens est un peuple qui vit près de l’eau et qui aime se baigner souvent. La légende veux que les portugais étaient particulièrement sales et que les indiens se moquaient d’eux.
                        Maintenant, se sont les français qui sont objet de moquerie pour leur hygiène plus que douteuse. Normal !! Quel peuple condescendant et prétentieux !! (la partie sud de la France l’est beaucoup moins en général)

                        L’apport de la culture arabe dans la culture brésilienne à souvent été oubliée. Les arabes sont particulièrement attentifs à l’hygiène ainsi que les juifs. De nombreuses familles brésiliennes sont des descendants de juifs convertis et d’arabes (libanais par exemple) et il est reconnu aujourd’hui qu’il y a un réel apport culturel de ces migrations formant le peuple brésilien. (arabes, juifs, allemands, italiens, portuguais, ...)

                        Vous vomissez votre venin comme tant d’autres pour ternir l’image d’un pays, d’un peuple, mais vous êtes totalement ignorant quand aux sujets que vous traitez !!!


                      • brieli67 10 avril 2010 23:05

                        Combien de douches par jour ? 

                        Ras le bol de cette soit disant hygiène ! 
                        Les français puent, sont sales....

                        Le béton du stade croulant sous la pisse ... je l’ai vu et senti ! 

                        Le traitement des eaux usées au Brésil ce n’est vraiment pas celà !
                        vaut mieux vivre et habiter en amont qu’en aval d’une agglomération.
                        La pollution n’est pas maîtrisée. Ca doit pas rapporté des masses.. aux investisseurs. 

                        Et des plages de Rio : allons allons... des efforts svp ! 
                        Ca pue la pisse partout ! Dans d’autres villes balnéaires, ce n’est guère mieux !

                      • Djapaskero Djapaskero 12 avril 2010 21:17

                        Quelles « autres villes portuaires » ?
                        Votre médisance est triste.
                        Ça ne sert à rien de vous acharner à vomir votre venin, ce fil a été abandonné.
                        Vous continuez à parler de ce que vous ne conaissez pas.
                        Les plages brésiliennes ne « puent » pas « la pisse », encore moins Copacabana.


                      • Jean-paul 13 avril 2010 04:47

                        Ca pue la pisse sur les plages de Rio(Copacabana ,Ipanema ,Leblon )Impossible les Cariocas vont pisser dans la mer .
                        Les Bresiliens prennent 3 douches par jour et traitent les francais de gens sales .Et c’est vrai historiquement il y a des dizaines d’annees en France les appartements n’avaient pas de cabinets de toilettes ni de douche .


                      • Djapaskero Djapaskero 13 avril 2010 08:58

                        Je crois que vous êtes un déséquilibré, vous devez faire une fixation sur l’urine.
                        Vous aimez « pisser » dans la mer ?
                        Était-ce un jeu pour vous, quand vous étiez enfant ?

                        Pourquoi détestez-vous les brésiliens au point de médire à ce point sur eux ?
                        Vous sentez-vous réprimé ?
                        Souffrez-vous ?
                        Avez-vous du mal à exprimer vos sentiments ?
                        Vous sentez-vous parfois inférieur ?
                        La spontanéité des « gens de couleur » vous incomode-t-elle parfois ?
                        Vous sentez-vous souvent coupable ?

                        Je crois sincèrement que vous êtes dérangé psychologiquement.
                        Voilà pourquoi je vais mettre un terme à cette discussion si productive.

                        Mais tout de même, avant cela, il serait utile de vous signaler que déjà dans mon entourage (où on peut dénombrer plusieurs centaines de personnes) je connais peut de gens qui se douchent 3 fois par jour, sauf en plein été, mais ce n’est pas une chose planifiée, c’est juste le fait de vivre dans une ambiance chaude et de rentrer chez soi pour faire diverses activités. (exemple : travail, maison, douche, sale de sport, douche, faculté, maison, douche) La plupart des gens que je connais prennent une douche par jour, comme moi.

                        Même si je ne vis pas à Rio, mais à Belo Horizonte, je n’ai jamais vu de forte dégradation de
                        l’état des plages, en dehors du caos carnavalesque, ni d’odeurs telle que vous semblez les apprécier.
                        Par contre, en France ce type d’odeur est souvent venu me fouetter les narines.

                        ...sans conter la continuelle incommodation de la cigarette, un réèl fléaux en Europe. Ici les gens qui fument sont rares. Et je ne parle pas de l’alaine infecte si courante chez les français, sûrement dû à l’hygiène dentaire quasi-inexistante dans ces contrées. Le fil dentaire en France est d’une utilisation très marginale alors qu’ici, il est utilisé plusieurs fois par jour. Les gens n’ont pas peur de se brosser les dents au travail, même dans les toilettes de lieux publics.

                        Non, vraiment, les français ont des qualités, mais pas celle-là. Alors, venir critiquer un pays que vous ne semblez pas connaître (combien de fois êtes-vous venu chez nous ??) seulement par envie de vomir un venin infecte destiné à dénigrer ce que votre orgueil européen vous fait pressentir comme inférieur... utilisez au moins les faiblesses du peuple que vous critiquez, vous aurez plus de crédit. Il faudrait que je vous fasse un cours de médisance, car vous n’êtes vraiment pas fortiche !!
                        Ce n’est pas étonnant, venant d’un pays peuplé majoritairement de réprimés...


                      • Djapaskero Djapaskero 13 avril 2010 09:10

                        (ce message était destiné à brieli67, je croyais qu’il avait répondu de nouveau...)


                      • brieli67 13 avril 2010 09:45


                        Maracana rongé par les urines, vrai ou faux ?

                        Traitements des eaux usées ?

                        Nettoyage des plages : des reportages à me proposer ?


                      • Djapaskero Djapaskero 13 avril 2010 22:20

                        pas de reportages, on vit là-bas !
                        expérience personelle !


                      • brieli67 14 avril 2010 00:58

                        Une conférence de François-Xavier Verschave,
                        toute une série à visionner

                        http://www.dailymotion.com/video/x73fxt_francafrique-lenvers-de-la-dette-15_news

                        Depuis février 85, des missions régulières et varièes au Brésil.

                        au plaisir.


                      • Djapaskero Djapaskero 14 avril 2010 11:14

                        Quel est le rappport ?
                        D’abbord, le Brésil ce n’est pas l’Afrique.

                        Ensuite, votre petit cours date de 2002. Le 21 février 2008, la banque centrale du Brésil a informé que le Brésil possédait les ressources suffisantes pour payer sa dette externe. Le pays a enregistré des réserves supérieures a sa dette externe dans le secteur public et le secteur privé. Ce fut la première fois dans l’histoire du pays que le Brésil à cessé d’être débiteur liquide. Pas très actuel, votre matière.

                        Le Brésil est une ancienne colonie d’exploitation, comme beaucoup de pays d’Afrique, mais la comparaison s’arrête là. Les pays d’Amérique Centrale et du Sud ont eu comme modèle les États-Unis et le Canada (colonies de peuplement dont les pays colonisateurs commençaient à s’y intéresser seulement après leur développement réussi) pour ce qui est de l’indépendance par rapport au colonisateur et tendèrent ainsi à sortir petit-á-petit de cette logique d’exploitation outrancière. Á l’époque actuelle, les modèles sont multiples et le Brésil émergeant a de plus en plus de place dans la scène internationale. Bien que de nombreuses ONGs internationales soient présentes au Brésil, il y en a beaucoup qui sont brésilliennes. Il y a aussi énormément d’ONGs brésilienes dans de nombreux pays.

                        Pour conclure, il est important de signaler que la crise ici n’a été que peut ressentie. Le pays est en effet très peut dépendant des États Unis. Par contre, de nombreux pays sont encore le nez dedans, comme la France.


                      • aigle80 aigle80 10 avril 2010 12:53

                        des centaines de morts des milliers de sans abris et ceux là ne seront pas indemnisés par l’etat !!! on ne leur proposera pas d’aller habiter ailleurs,seul la solidarité des favellas fera qu’ils pourront survivre mais dans quelles conditions ? alors le maracana on s’en fout ! d’autant que le fric ira à son assainissement et surement pas à la population sinistrée, elle n’avait rien donc elle ne perd pas grand chose.... à part la vie.... et dans les favellas ça ne vaut rien helas !

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès