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Accueil du site > Actualités > International > Nicolas Sarkozy sert-il la diplomatie française ?

Nicolas Sarkozy sert-il la diplomatie française ?

Etrange de voir un président français questionné au sujet de la politique de son gouvernement ! La Ve République ne nous avait en effet pas habitués à tant d’explications, voire d’excuses de la part du premier représentant de l’Etat.

Nicolas Sarkozy a voulu davantage de transparence, il a désiré s’impliquer personnellement dans les actions gouvernementales, au moins sur ce point, il aura réussi. Quitte à perdre parfois pied lorsque le questionnement des journalistes se fait trop précis (voir notamment le passage sur la prime au gaz). Mais nous ne lui en tiendrons pas rigueur...

En revanche, s’il est bien un domaine dans lequel le président doit être irréprochable, c’est celui de la politique internationale. Or, en matière de diplomatie, les propos tenus jeudi soir par Nicolas Sarkozy auraient dû surprendre ! Notamment lorsqu’il s’est exprimé à propos du Hamas :

En tant que chef d’Etat, je ne dois pas parler au Hamas

Si le Hamas concentre à lui tout seul une bonne partie de la haine nauséabonde qui s’en prend à Israël, si ce mouvement n’hésite pas à stigmatiser les Juifs et à faire appel aux plus bas instincts de ses électeurs pour servir ses intérêts politiques, rappelons qu’il n’en est pas moins le parti qui a remporté les législatives palestiniennes de 2006 (devant le Fatah de feu Yasser Arafat). Il s’agit donc d’un interlocuteur indispensable pour faire avancer le processus de paix israélo-palestinien.
Or, avec ces propos, nous pouvons craindre que Nicolas Sarkozy se soit exclu de la table des négociations, ce qui marquerait un tournant radical dans la politique française au Proche-Orient !


Rappelons que Jacques Chirac, passé maître dans l’art de la diplomatie était parvenu à la jouer beaucoup plus finement lorsque, interrogé par le journal israélien Haaretz en juillet 2005, il avait déclaré :

Le Hamas est une organisation terroriste qui ne peut être un interlocuteur de la communauté internationale tant qu’il ne renonce pas à la violence et ne reconnaît pas le droit à l’existence d’Israël. C’est la position de l’Union européenne ; elle est sans ambiguïté et ne changera pas.

La nuance est subtile, mais elle est bien présente puisque ce n’est pas le dialogue avec la France que le président français excluait, mais la négociation avec la communauté internationale. Par ailleurs, plutôt que de fermer définitivement la porte à la discussion, il posait des conditions : le renoncement aux attaques terroristes et la reconnaissance de l’Etat d’Israël. Enfin, Chirac a prononcé cette phrase en 2005, soit avant que le Hamas ne remporte les législatives palestiniennes, gageons que dans le contexte actuel il aurait été encore plus mesuré.


Pour peser sur la scène internationale, Sarkozy devra quant à lui apprendre à modérer son propos... et son action : rappelons que notre président n’hésite pas, d’un autre côté, à négocier personnellement avec les Farc, pourtant reconnus par les Etats-Unis et l’UE comme organisation terroriste (comme le Hamas !) et responsables de la disparition de plusieurs milliers de personnes (à la différence du Hamas !)...


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10 réactions à cet article    


  • Napakatbra Napakatbra 28 avril 2008 11:12

    - "Je ne serrerai pas la main de gens qui ne reconnaissent pas Israël"...

    - Et ce vendredi... après son calamiteux discours de Dakar, il enchaine : "J’ai fait un rêve, c’est que les peuples de la Méditerranée du Nord comme du Sud soient aussi imaginatifs et courageux que les peuples d’Europe continentale". Merci pour eux !

    Voir http://www.lesmotsontunsens.com/sarkozy-a-fait-un-reve-pour-les-peuples-mediterraneens-imaginatifs-courageux


    • antennerelais 28 avril 2008 18:53

      Le Président mesure-t-il la portée des paroles qu’il déclame ainsi publiquement ?

      "Le scandale Henri Guaino"


    • 1984 28 avril 2008 12:51

      "Nicolas Sarkozy a voulu davantage de transparence, il a désiré s’impliquer personnellement dans les actions gouvernementales, au moins sur ce point, il aura réussi."

      S’agit-il d’humour ???

      De la transparence chez ce menteur patenté !!!???


      • MagicBuster 28 avril 2008 13:24

        @Auteur

        Bonne question , mais l’article suppose comme un pré-requis que Nicolas Sarkozy sert à quelque chose ; ce qui n’est pas une évidence pour tout le monde


        • Weinstein 28 avril 2008 14:02

          Pour une fois la France peut s’honorer d’un président ami d’Israël, la lumière des nations,il est sûr que pour mehdi c’est une déception.

          Allah est miséricordieux !


          • 1984 28 avril 2008 14:48

            Il n’est pas nécessaire d’être musulman pour détester israel, il suffit d’être humain !

             


          • Weinstein 28 avril 2008 15:01

            Orwell, non bien sûr nul besoin d’être mahométan afin d’ haïr les juifs, on peut être aussi Français le peniste, marxisco léniniconco trotskiki et pire encore.

            Bien à vous, laillahlah.


          • superesistant superesistant 28 avril 2008 16:30

            aurait on un nouvel illuminé sur AV ... ?

            avons nous déjà eu un président qui a ouvertement déclarer haïr israel ou critiquer ouvertelent ce pays ?? ( et pourtant il y a matière.. )

            par contre votre superbe accroche "lumière des nations" je pense que vous pouvez vous l’accrocher au sommet du candelabre, elle vaut son pesant de pain azim.... hallucinant... d’objectivité.... la secte de drzzz ne fait que grandir, ou tout simplement il est schyzo....

             


          • phiconvers phiconvers 28 avril 2008 14:06

            Vous prêtez à tort une capacité d’honnêteté intellectuelle au Président.

            Le vrai scandale est la complaisance pleine de lâcheté de cet individu avec les FARC, qui n’ont pas le quart de la moitié de la légitimité politique du Hamas, mouvement détestable mais (relativement) populaire.

            Voilà comment N. Sarkozy condamne notre pays à l’insignifiance sur la scène diplomatique mondiale.

            C’est assez triste.


            • kitchoum kitchoum 29 avril 2008 02:15

              CHAMPIONNAT DE BAISSAGE DE PANTALON : NICO PART GRAND FAVORI !

              Droits de l’homme : pas de leçon à donner à Tunis, dit Sarkozy

              Reuters - 28 avril 2008

              TUNIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a déclaré ne pas avoir de leçon à donner à la Tunisie en matière des droits de l’homme et justifié la politique du président Zine el Abidine ben Ali contre le terrorisme et l’extrémisme religieux.

              "Je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans un pays où je suis venu en ami et qui me reçoit en ami, de m’ériger en donneur de leçons", a déclaré le président français dans un toast prononcé lors d’un dîner offert en son honneur à Tunis par son hôte tunisien.

              Il a dit au contraire vouloir rendre hommage à la "lutte déterminée" de son homologue tunisien contre le terrorisme, "qui est le véritable ennemi de la démocratie".

              "Pour la France, la lutte contre le terrorisme engagée ici, c’est important", a-t-il poursuivi. "Car qui peut croire que si demain, après-demain, un régime du type taliban s’installait dans un de vos pays au Nord de l’Afrique, l’Europe et la France pourraient considérer qu’elles sont en sécurité ? J’appelle chacun à réfléchir à cela."

              Des organisations de défense des droits de l’homme accusent le pouvoir tunisien d’attenter aux libertés fondamentales sous couvert de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme islamique. Amnesty International et Human Rights Watch notamment font état de cas de mauvais traitements, voire de cas de torture.

              Les défenseurs des droits de l’homme souhaitaient que Nicolas Sarkozy fasse pression sur le président tunisien à l’occasion de sa visite d’Etat et demande notamment la libération de prisonniers politiques.

              Le président français les a pris à contre-pied en estimant au contraire que la Tunisie pouvait "se comparer sans rougir à tant d’autres pays".

              Il a salué l’héritage du défunt fondateur de la Tunisie moderne, Habib Bourguiba, notamment en matière de condition et de statut de la femme, et il a félicité son successeur, Zine el Abidine ben Ali, d’avoir "repris cet héritage et cette vision".

              SARKOZY DIT FAIRE CONFIANCE À BEN ALI

              Le code du statut personnel mis en place par Habib Bourguiba dans les années 1950 "était en avance non seulement sur les pays de la région, mais aussi sur des pays européens où le principe d’égalité ne s’appliquait pas alors totalement à la femme", a souligné le président français.

              Il s’est également félicité de ce que la Tunisie se soit engagée "dans la promotion des droits universels et des libertés fondamentales en respectant (...) notamment un moratoire strict sur la peine capitale".

              Nicolas Sarkozy a fait valoir que la Tunisie pourrait rejoindre d’ici la fin de la prochaine décennies des pays européens comme la Grèce et le Portugal en termes de revenus.

              "Aujourd’hui, l’espace des libertés progresse (en Tunisie)", a-t-il ajouté. "Ces signaux, ces réformes s’inscrivent sur un chemin étroit et difficile mais essentiel, celui de la liberté et du respect des individus (...) Ce chemin, aucun pays ne peut prétendre l’avoir entièrement parcouru et personne ne peut se poser en censeur."

              Il a rappelé à ce propos que l’histoire récente de l’Europe n’était pas exempte de "tragédies abominables".

              "J’ai pleinement confiance dans votre volonté de vouloir continuer à élargir l’espace des libertés en Tunisie", a-t-il ajouté à l’adresse de Zine el Abidine ben Ali.

              L’Elysée laisse entendre que Nicolas Sarkozy s’est réservé la possibilité d’évoquer des dossiers individuels dans l’intimité de ses entretiens en tête-à-tête avec le président tunisien mais qu’il n’a pas l’intention d’en parler publiquement.

              "On sait qu’avec la Tunisie, moins on en dit, plus on avance", explique-t-on de source diplomatique française.

              Alors que la France a signé lundi soir avec la Tunisie un accord-cadre de coopération dans le domaine de l’atome civil, Nicolas Sarkozy a, par ailleurs, de nouveau défendu sa diplomatie du nucléaire et sa volonté de permettre à des pays en voie de développement comme la Tunisie d’accéder à cette énergie.

              "Grâce à (cette) énergie du futur, on aura le développement et la croissance et donc, on aura la misère qui reculera", a-t-il dit. "C’est par le savoir et la croissance qu’on luttera contre les terroristes."

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Mehdi

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