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Accueil du site > Actualités > International > Norodom Sihanouk, un des fondateurs du mouvement de non-alignement

Norodom Sihanouk, un des fondateurs du mouvement de non-alignement

A la conférence de Bandung (Indonésie), furent élaborés et proclamés par 29 pays d'Asie et d'Afrique, les principes fondamentaux du mouvement de non-alignement. Cette important réunion avait eu lieu du 18 au 24 août 1955. Norodom Sihanouk, qui venait d'abdiquer pour la première fois, représentait le Cambodge en qualité de chef de délégation.

La conférence de Bandung s'était déroulée en pleine "guerre froide". C'est dans cette période difficile que les peuples d'Asie et d'Afrique, qui constituaient plus de la moitié de l'humanité, appelèrent à la paix et au renforcement de la sécurité internationale. L'esprit de cet appel est toujours d'actualité.

Les pays représentés à la conférence de Bandung, dont le Cambodge (parmi les pays fondateurs du mouvement de non-alignement), se prononcèrent pour la liquidation du colonialisme, du racisme et de l'apartheid. Ce dernier point ne sera définitivement réglé qu'en 1990, avec la libération de Nelson Mandela.

L'appel de Bandung pour le règlement du problème du Proche-Orient est toujours, lui aussi, d'actualité. Le communiqué final de la conférence soulignait que la tension au Proche-Orient menaçait gravement la sécurité des peuples de la région et la paix dans le monde. Les décennies écoulées ont confirmé cette appréciation. La conférence de Bandung avait montré la voie pour parvenir à un règlement du problème du Proche-Orient, par la création d'un foyer national pour le peuple arabe de Palestine, conformément aux résolutions connues, à l'époque, de l'ONU.

La conférence de Bandung ne s'était pas prononcée moins nettement sur les autres problèmes qui préoccupaient la communauté mondiale, dont le développement de la coopération internationale économique, scientifique et culturelle afin de mettre fin le plus rapidement possible au retard de nombreux pays d'Asie et d'Afrique.

Depuis 1955, la carte politique du monde est devenue méconnaissable. En Afrique et en Asie, des dizaines d'Etats ont vu le jour. La paix et la sécurité internationales sont une des principales conditions pour leur avancement dans la voie du progrès. Aussi, n'est-il pas fortuit que le mouvement du non-alignement se prononçait pour le renforcement de la paix et de la coopération internationale.

Le Cambodge, sous l'impulsion dynamique de Norodom Sihanouk, a participé très directement à la création du noyau du mouvement de non-alignement. Il est resté, juqu'à la fin des années 60, un participant très actif à toutes les rencontres et conférences de ce mouvement. Le Cambodge s'est toujours prononcé en faveur d'une attitude anti-impérialiste plus active du mouvement de non-alignement et a formé un front uni avec les pays progressistes d'Asie, Afrique et Amérique latine qui partageaient la même position. Dans sa politique extérieure, le Cambodge se tenait constamment aux principes de Bandung, jusqu'en 1970.

Le Cambodge préconisait la coexistence pacifique des pays à systèmes sociaux différents, le règlement pacifique de tous les problèmes litigieux par voie de négociations, le développement d'une coopération internationale large et mutuellement avantageuse, la liquidation des foyers de tension. Norodom Sihanouk a toujours condamné énergiquement la politique d'ingérence dans les affaires intérieures des nations souveraines que pratiquait non seulement les Etats-Unis d'Amérique, mais aussi certains pays membres du mouvement de non-alignement. On sait que la guerre non déclarée contre le Cambodge était menée depuis le territoire de ces pays. Or, c'était une violation directe du principe de bon voisinage proclamé à Bandung. Tout Etat, il faut le souligner, qui est victime d'une telle ingérence, a le droit de légitime défense, individuelle ou collective selon l'article 51 de la Charte de l'ONU.

Nous pouvons constater de juste droit que, bien qu'hétérogène, le mouvement de non-alignement est devenu depuis une importante force politique de l'époque contemporaine avec laquelle toutes les capitales du monde doivent compter. Personne ne peut passer outre l'aspiration des peuples à la paix et à la prospérité, à la coopération internationale et à la compréhension mutuelle.

En agissant ensemble, les peuples d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine obtiendront que les principes de la coexistence pacifique deviennent déterminants dans les relations internationales.Ce sera une nouvelle confirmation de la portée éternelle et universelle de "l'esprit de Bandung".


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13 réactions à cet article    


  • Giuseppe Di Bella Giuseppe Di Bella 17 octobre 2012 10:07

    @ Famine

    J’ai été un ami de Norodom Sihanouk pendant de nombreuse années. J’ai été nommé conseiller auprès de son secrétariat privé. J’ai également été un contributeur régulier au BMD (Bulletin Mensuel de Documentation du Secrétariat Privé de Sa Majesté Norodom Sihanouk, Roi du cambodge), véritable mine d’informations sur le Cambodge et fort apprécié par de nombreux histoiriens et journalistes qui s’intéressaient au Cambodge.

    En 1996, j’ai commencé à écrire un livre consacré au souverain khmer qui n’a jamais été publié. Dans un courrier du 10 mars 1996, Norodom Sihanouk m’écrivait un courrier :

     

    Cher Monsieur Di Bella,

    Je suis très touché par votre généreuse initiative consistant à écrire un livre sur moi.

    Je vous serais très reconnaissant si vous vouliez ne pas écrire ou publier ou diffuser ce livre.

    En vous exprimant ma gratitude pour votre noble compréhension à mon égard, je vous prie d’agréer l’assurance de ma haute et cordiale considération.

    Norodom Sihanouk

     

    Quelques jours plus tard, Norodom Sihanouk avait exprimé son souhait, dans un communiqué daté du 14 mars 1996, qu’aucun livre ne soit écrit ou publié tant qu’il était en vie.

    Il ne s’agit pas d’uh hommage, mais juste d’un éclairage historique sur le rôle que Norodom Sihanouk a joué dans la création du mouvement de non-alignement. Il se fait que la portée de la conférence de Bandung, qui avait été visionnaire, est toujours d’actualité.

     

     


    • Giuseppe Di Bella Giuseppe Di Bella 17 octobre 2012 10:16

      @ Famine

      Je me rends compte que votre commentaire a été effacé. J’ai quand même tenu à vous répondre.


      • Giuseppe Di Bella Giuseppe Di Bella 17 octobre 2012 15:14

        @ Parkway

        Merci pour votre commentaire. Je pense que ce n’est pas l’article qui est moinssé, mais l’auteur pour ce qu’il est... C’est souvent le cas lors je m’écarte de mes sujets de prédilection et où mes nombreux détracteurs n’ont pas l’occasion de déverser leur flot de haine...

        Norodom Sihanouk fut l’une des figures mythiques de l’Histoire du XXème siècle et également un leader incontournable en ce qui concerne le non-alignement. La conférence de Bandung est un bon exemple.

         

         

         


      • Surya Surya 17 octobre 2012 13:53

        Bonjour Giuseppe,

        Il y a eu du très bon et du nettement moins bon chez Norodom Sihanouk, et vous avez choisi comme thème de votre article un épisode valorisant sa vie politique. C’est vrai que votre article se veut historique, mais votre qualité d’ami personnel de Sihanouk influence le ton qui lui est donné. « Le Cambodge, sous l’impulsion dynamique de Norodom Sihanouk, a participé très directement... »
        Pour ma part, je n’ai pas une vision aussi idéale du défunt souverain cambodgien. Je sais bien que l’heure n’est pas à la critique, elle est supposée venir plus tard, mais je crois qu’il ne faut pas passer sous silence son association avec les Khmers rouges, alors qu’ils n’étaient encore qu’une guérilla, qui a eue pour conséquence une augmentation très nette des supporters de ces KR, nombre de gens, notamment des paysans très attachés à leur souverain, ayant vu dans l’association entre Sihanouk et les KR la voie à suivre.
        Comment un homme intelligent comme lui a-t-il pu ne pas voir, ou a-t-il pu ignorer délibéremment le danger que représentaient les KR pour l’avenir du pays, et s’associer avec ceux là même qui sont actuellement jugés pour génocide et crime contre l’humanité ? L’attachement à la souveraineté de son pays, la croyance en la nécessaire non ingérence, le coup d’état de Lon Nol, ou même la guerre sanglante que menaient les USA dans la région, déversant notamment sur le Cambodge des tonnes et des tonnes de bombes, ne parviennent à expliquer à mes yeux une telle « erreur » de positionnement. Evidemment c’est facile de dire ça des années après, et ce que subissaient les Cambodgiens lors de la guerre civile pré-1975, le nombre de morts, devait alors suffire à justifier une alliance avec les Khmers rouges (accueillis en héros lors de leur entrée à Phnom Pehn en 75, ne l’oublions pas) mais ne pouvait-il pas anticiper ce que ce mouvement ultra extrémiste risquait de faire ? Comment peut-on faire confiance à des extrémistes, de quelque bord qu’ils soient, de toute façon ?
        Votre avis sur la question, vous qui avez personnellement connu Norodom Sihanouk, me sera très précieux. Car les choses sont certainement beaucoup plus complexes que ce que j’ai pour l’instant saisi de l’histoire très tourmentée de ce pays.


        • Giuseppe Di Bella Giuseppe Di Bella 17 octobre 2012 15:31

          Bonjour Surya,

          Merci pour votre commentaire. Je peux vous conseiller la lectures de trois bons livres, écrits par Norodom Sihanouk, qui vous permettront de vous faire une opinion sur le sujet : « La guerre contre la CIA », « Souvernirs doux et amers » et « Prisionnier des Kmers rouges ».

          Norodom Sihanouk savait parfaitement qu’une alliance avec les Khmers rouges était contre-nature. Il représentait d’ailleurs la sociaté qu’ils condamnaient. Je peux vous dire que la Chine a joué un rôle déterminant dans son alliance avec les Khmers rouges, le poussant sans cesse à cautionner leur reconquête du pays lors de l’époque de Lon Nol, chef d’Etat fantoche manipulé par les Américains. Mais, il y avait également une envie de la part de Norodom Sihanouk de laver l’affront qu’il avait subit lors du coup d’Etat de mars 1970.

          N’oublions pas qu’iil a également payé son alliance avec les Kmers rouges : l’élimination de plusieurs de ses enfants et petits-enfants et d’autres membres de sa famille. Je me souviens d’une conversation avec lui où nous parlions de l’épouse d’un haut dignitaire du régime, dans les années 1990. Il me faisait remarquer qu’elle portait de beaux bijoux. Et il m’a avoué que c’étaient ceux de son épouse qui avaient été dérobés lorsque le couple fut captif des Khmers rouges pendant 4 ans. « Je ne dis rien malgré tout, je veux préserver la paix de mon pays », avait-il conclu. Il parlait également avec beaucoup d’émotion des membres de sa famille qui avaient été liquidés par les Khmers rouges, ainsi que pour les millions de ses compatriotes qui ont subi le même sort.

           

           


        • Giuseppe Di Bella Giuseppe Di Bella 17 octobre 2012 15:41

          Désolé pour les fautes de frappes, j’ai envoyé le message sans le relire.


        • Surya Surya 17 octobre 2012 17:40

          Pas grave pour les fautes de frappe. Merci beaucoup pour cet éclairage, notamment sur le rôle de la Chine dans sa prise de position. Mais tout de même, même s’il n’a fait « que » se faire manipuler, c’est dur à admettre, car je reste convaincue qu’on est toujours un peu responsable de ses actes malgré tout. Certaines photos où on le voit en charmante compagnie donnent le tourni.

          "Mais, il y avait également une envie de la part de Norodom Sihanouk de laver l’affront qu’il avait subit lors du coup d’Etat de mars 1970." à vrai dire je m’en doutais un peu, parce que ça n’a pas dû être facile à digérer pour lui. J’espère toutefois que cela n’a joué que pour un tout petit pourcentage dans ses prises de position.

          Je sais en effet que Norodom Sihanouk a perdu une grande partie de sa famille, victime comme tant d’autres de la folie des Khmers rouges. N’a-t-il pas aussi perdu sa première épouse ou je confonds ? Et je ne doute pas un seul instant qu’il ait parlé avec émotion également des centaines de milliers d’autres victimes. Il donnait l’impression, en effet, d’être quelqu’un aimant profondément son peuple, comme vous le faisiez remarquer hier.

          Un personnage vraiment complexe...

          Je note les trois livres que vous m’avez conseillés, je n’ai pas le temps de les lire pour l’instant, mais je le ferai dès que possible. En effet, comme vous l’aviez pressenti, ceux là, je ne les avais pas encore lus.


        • Surya Surya 17 octobre 2012 19:01

          Je viens de terminer le visionnage de cette longue vidéo, que j’ai pris le temps de regarder pour essayer de comprendre mieux, d’avoir encore un éclairage supplémentaire. Pas toujours très tendre pour Sihanouk, le commentaire, j’aime autant vous prévenir. Cette vidéo me démontre que tout était encore plus compliqué et difficile à comprendre que je le croyais...


        • Giuseppe Di Bella Giuseppe Di Bella 17 octobre 2012 19:25

          J’allais justement répondre à votre commentaire en vous conseillant de visonner ce documentaire très intéressant. Bien entendu, je ne partage pas du tout la teneur de certains commentaires. Je ne peux pas être impartial, vous le comprendrez. D’ailleurs le manuscrit que j’ai rédigé est presque une hagiographie. Ce n’était pas l’homme d’Etat que je côtoyais ou avec lequel j’étais en contact, mais avec avec l’ami. Aujourd’hui, je mesure la chance d’avoir connu un tel personnage, si attachant. C’est vrai que sa mort m’attriste profondément, je ne vais pas le cacher.

          Effectivement, il a souvent été critiqué pour ses multiples alliances. Avec la Chine, la Corée du Nord, en particulier.Il avait un palais à Pékin et à Pyongyang et était un grand ami de Kim Il Sung. Il est vrai qu’on peut le voir, en photos, en compagnie de personnages peu fréquentables, Pol Pot et Khieu Samphan en particulier.

          Il était très réticent pour retourner au Cambodge, après le mois d’avril 1975. Il savait très bien qu’il était la bête noire des Khmers rouges qui ne cherchaient qu’une certaine légitimité de leur régime, en particulier auprès du peuple cambodgien. Il ne faut pas perdre de vue qu’il était le père de l’indépendance et avait un statut de monarque d’origine divine.

          C’est vrai, c’était un personnage très complexe. Mais il avait beaucoup d’affection pour ce qu’il appelait « le petit peuple », ce qui était loin d’être péjoratif.

          Vous avez raison, il a perdu l’un de ses premières épouses pendant le régime des Khmers rouges. On peut dire qu’il s’est allié avec son plus grand ennemi, en particulier pour préserver l’unité de son pays.

           


        • Surya Surya 17 octobre 2012 22:14

          Je trouve également que certains commentaires de la vidéo sont énoncés sur un ton très dur, et parfois j’ai été surprise par la façon dont les choses étaient évoquées (par exemple peut on encore parler, avec le recul que nous avons aujourd’hui sur ce qui s’est passé, peut on encore parler de façon très naturelle et sans mettre, de par le ton de la voix, de guillemets au terme, de zones « libérées » par les KR ?), mais ce sont des points de vue qu’il ne faut pas ignorer. Norodom Sihanouk n’a laissé personne indifférent, que ce soit en positif ou en négatif. Votre point de vue est tout aussi intéressant et éclairant que ceux des autres.
          Je comprends parfaitement que vous puissiez être partial, mais plutôt que partialité, ce qui suppose de part le sens du mot un refus de considérer la réalité, car je trouve le terme assez négatif, peut être pourrions nous parler de réelle et fidèle amitié, qui vous pousse à la compréhension de ses choix, car connaissant et acceptant toutes les facettes du personnage.
          Il sera très intéressant de lire votre manuscrit si un jour vous décidez de le publier.


        • Relladyant Relladyant 17 octobre 2012 18:43

          Bonjour,

           

           

          L’article est intéressant, mais ou ne comprend pas tres bien votre message.

           

          Quid des Non-Alignés aujourd’hui et du fait que les USA et l’UE en sont un ennemi ? (pour etre membre de l’UE il faut sortir des Non-Alignés, cf. Chypre et Malte) ?

           

          Quid du Gaullisme et de l’alignement total de la France dernierement ?


          • Giuseppe Di Bella Giuseppe Di Bella 17 octobre 2012 19:34

            Bonjour,

            Merci pour votre commentaire. Il n’y a pas vraiment de message à faire passer dans cet article. C’est une réaction à une actualité récente, la disparition de Norodom Sihanouk. Egalement pour mettre en lumière la portée visionnaire de la conférence de Bandung, en particulier pour les problèmes actuels au Proche-Orient.

            A l’origine, effectivement, les pays non-alignés étaient plutôt nationalistes et n’appréciaient pas les Etats-Unis. C’était en pleine guerre froide. La situation est différente aujourd’hui. A l’époque L’UE n’avait pas du tout d’influence internationale. Les pays non-alignés, à l’origine, étaient anti-impérialistes.Il s’agissait surtout de pays d’Afrique et d’Asie qui, pour la plupart, étaient encore sous le joug du colonialisme.

            Je ne peux pas répondre à votre dernière question, je ne suis pas un spécialiste du Gaullisme. Toutefois, en ce qui concerne Norodom Sihanouk, on lui attribuait le qualificatif de « premier gaulliste du Cambodge ».


          • Soi même Soi même 17 octobre 2012 20:21

            Demander que pence certain Cambodgien de ce Prince qui à été un pantin des Khmers Rouge.

             

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