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Novembre noir pour George W. Bush

NOVEMBRE NOIR POUR GEORGE W. BUSH

Pas de répit pour le président américain en tournée depuis le début du mois de novembre à l’étranger. Malmené par les scandales, la guerre en Irak et les sondages, le président américain est confronté à une crise profonde mettant en cause à la fois sa politique intérieure et sa politique étrangère. Les seconds mandats présidentiels conduisent souvent à une érosion de la présidence, et celui du président Bush ne fait pas exception, loin de là, mais il faut généralement attendre les élections de mi-mandat pour qu’apparaissent au grand jour les fissures de la présidence. Recueillant ce mois ci 37% d’opinions favorables dans les sondages, le président Bush voit sa cote de popularité décroître de jour en jour, sans signe d’amélioration à l’horizon. L’appel du large
- sommet des Amériques, sommet de l’APEC, tournée en Asie- n’est cependant pas gage d’accalmie pour le président américain, qui a dû intervenir à maintes reprises ce mois-ci pour riposter aux attaques démocrates, après les querelles partisanes qui ont eu lieu ces derniers jours au Congrès.

Depuis la fin du mois d’août, avec l’ouragan Katrina, c’est une véritable série noire qui s’abat sur la Maison blanche et ébranle le parti de l’éléphant. Sur le plan intérieur, c’est l’intégrité même de l’administration républicaine qui est touchée. Le GOP, qui avait fait campagne sur l’éthique et les valeurs morales, est secoué par de nombreux scandales impliquant les plus hauts responsables du parti républicain : ce fut d’abord le chef de la majorité républicaine à la Chambre des représentants, Tom Delay, qui dut démissionner fin septembre, à la suite d’une double inculpation, pour collecte de fonds illégale pour le compte du Comité national républicain, puis pour blanchiment d’argent dans le cadre de la campagne de mi-mandat de 2002. Sous le feu des projecteurs, vint ensuite son homologue au Sénat, Bill Frist, qui fait l’objet d’une enquête pour délit d’initié, après la vente d’actions de la chaîne d’hôtels HCA préalablement à la chute des cours. Mais c’est surtout l’affaire Valérie Plame, qui, parce qu’elle touche directement l’entourage du président - Lewis « Scooter » Libby, chef de cabinet du vice-président Dick Cheney et Karl Rove, « l’architecte » de la présidence Bush, et conseiller personnel du président - se traduit par une véritable banqueroute pour la Maison blanche.

Et les ennuis de G.W.Bush ne s’arrêtent pas là. Le retrait de la candidature de Harriet Myers à la Cour suprême, consécutif aux critiques acerbes en provenance des républicains les plus conservateurs, constitue un revers personnel pour le président américain, qui en avait fait sa favorite pour remplacer Sandra Day O’Connor. Le choix de Samuel Alito augure, de son côté, d’un regain de tensions bipartisanes, et pourrait creuser davantage la « culture war », le débat idéologique sur les valeurs morales (avortement, peine de mort, homosexualité, créationnisme...) qui divise les Américains. Les grands chantiers intérieurs auxquels le président s’était attaqué - système des retraites, santé, éducation, prorogation du Patriot Act - sont pour le moment dans l’impasse. Car c’est sur la question de l’Irak que se concentre désormais l’essentiel du débat politique américain. Après la plus grande manifestation contre la guerre, organisée fin septembre à Washington, rassemblant plus de 100 000 protestataires, et l’annonce, le 25 octobre, du deux millième soldat américain tombé en Irak, deux sujets majeurs attisent les passions : la polémique sur l’entrée en guerre des États-Unis, et celle du calendrier de retrait des troupes d’Irak.

La présence des troupes américaines en Irak, tout comme la politique menée par l’administration dans la région, sont de plus en plus contestées, mais la particularité de ces derniers mois tient en la distanciation progressive de la classe politique républicaine, qui cherche à se démarquer d’une équipe dirigeante affaiblie, à l’aune des élections de mi-mandat de l’automne 2006. Le 15 novembre, le Sénat approuvait ainsi à 79 votes conte 19 un plan permettant d’obtenir un rapport tous les quatre mois sur la situation irakienne. Pourtant, si les membres du Congrès, dans leur grande majorité, et quelle que soit leur étiquette politique, souhaitent davantage de clarté et une stratégie plus efficace sur la politique menée en Irak, la question du retrait des troupes n’en finit pas d’opposer les deux grands partis américains. En témoigne la session parlementaire de cette semaine, lors de laquelle démocrates et républicains ont failli en venir aux mains, après la montée au créneau du faucon démocrate John Murtha, appelant au retrait immédiat des troupes, et la réponse insultante de la députée républicaine de l’Ohio, Jean Schmidt, allant jusqu’à évoquer la « lâcheté » de la position du démocrate - un vétéran du Vietnam décoré à de multiples reprises. Le républicain Duncan Hunter, président de la commission de la défense, a tenu à dissiper « l’impression répandue dans le monde, chez nos alliés comme nos ennemis, que le Congrès retire son soutien à la guerre en Irak », néanmoins c’est bien une querelle de fond qui déchire actuellement le monde politique américain et qui touche non seulement l’avenir des États-Unis mais également celui de l’Irak, de sa région, et la stabilité internationale dans son ensemble.

Alors que la population américaine apparaît de plus en plus favorable à un retour rapide de ses boys -19% des Américains seraient favorables à un retrait immédiat, et 54% estiment que "les États-Unis ont fait une erreur en envoyant des soldats" en Irak, selon un sondage Gallup réalisé à la mi-novembre pour CNN et USA Today- l’administration Bush affronte avec la vigueur non démentie qui la caractérise les arguments de tous bords en faveur du retrait. Le président Bush est sans doute malmené, tourmenté, affaibli, mais il campe sur ses positions, attaquant durement une ligne démocrate qualifiée « d’irresponsable », de « malhonnête » envoyant des « signaux de faiblesse » tant aux troupes qu’aux ennemis. Une stratégie qui, jusqu’à ce jour, s’est montrée payante, mais qui, à la longue, finit par s’éroder et perdre de son crédit au sein de l’opinion publique.


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2 réactions à cet article    


  • Proof OK (---.---.28.210) 22 novembre 2005 17:51

    Quel est le taux de satisfaction des electeurs de Georges et ceux de Jacques ?

    Jacques est encore tres en dessous je crois !!!et personne ne parle de novembre noir !


    • Cedric (---.---.89.246) 25 novembre 2005 17:20

      Et pour le moment je pense qu’on a rien vu, attendez que cette bombe là explose, là ça va vraiment faire mal :

      http://www.reopen911.be/

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