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Obama face à son ombre

Le monde arabe est en ébullition et ce qui apparaissait jusqu'à présent pour Obama comme une sacré tribune où exprimer son empathie proverbiale, devient à présent une espèce de voie sans issue où il faudra bien que les USA dévoilent complètement leur sens de l'orientation pour s'en sortir par la grande porte.

Le basculement de la Tunisie puis de l'Egypte permit à Obama de surfer sur le tsunami démocratique en devenant l'ange qui accompagne la vague, son activisme durant ces semaines de lutte pour la démocratie semble une stratégie de communication censée redorer le blason du pays de la liberté terni de par le monde par la cure Bush et des siècles de politique coloniale.

“Laissez les peuples décider, que la transition démocratique se fasse sans heurts“, voilà le leitmotiv entendu à radio Washington depuis le début des affrontements tunisiens puis égyptiens.

On peut pourtant se demander si cette stratégie ne va pas tanguer à voir ainsi atteint le coeur des intérêts US dans les régions pétrolifères. Tant que des pays annexes (bien qu'importants dans l'équilibre des rapports de force avec Israël) étaient pris dans la tourmente ou pouvait accompagner le sens de l'histoire et se refaire une virginité, maintenant que Bahreïn, l'Algérie , le Yemen sont atteints, l'affaire prend une toute autre tournure.

En effet , Barhreïn, hôte de la cinquième flotte américaine, qui garde le golfe Persique est une fortification inexpugnable, là les enjeux y sont bien majeurs pour l'oncle Sam. Si Bahrein s'embrase, c'est tout le Golfe qui s'allume et les puits de pétrole, les plus importants de la planète qui se mettent à sentir le roussi. C'est aussi l'équilibre des richesses qui bascule, si les USA ne sont plus maîtres de la région avec les familles fantoches au pouvoir, les États-Unis perdent leur primauté planétaire et donc Israël perd son statut de protectorat doré.

La première occasion qu'avaient les USA de prouver leur volonté de déplacer leur rigide échafaudage d'alliances au Moyen Orient était cette semaine le vote aux Nations-Unis sur un projet de résolution des pays arabes condamnant la politique de colonisation israélienne. Comme de bien entendu, les USA ont opposé leur veto au Conseil de sécurité ce qui a été vivement contesté par l'Egypte.

“Le veto US a déçu les espoirs du peuple non seulement palestinien et arabe mais aussi au niveau international” a indiqué le ministre égyptien des affaires étrangères. ” Ce veto qui contredit les déclarations américaines rejetant la politique américaine entamera encore plus la crédibilité des USA comme médiateurs des efforts de paix.”

Dorénavant nous serons encore plus vigilants sur le grand écart pouvant exister entre les bons sentiments proclamés à tous vents et la réalité de l'action diplomatique d'Obama, entre la lumière des beaux discours et l'ombre des non-dits.


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3 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 21 février 2011 10:51

    Inutile de se faire d’illusions ... les mouvements de foule de ces dernières semaines n’ont encore rien fait évoluer dans le sens du « pouvoir au peuple ».
    Il serait bien naïf de penser que les « élites » vont abandonner le pouvoir, juste parce qu’il y a quelques milliers de personnes dans la rue. Ils sont en train de charger des « boucs émissaires », de pousser l’armée à assurer la « transition », et de choisir d’autres hommes pour MAINTENIR LE SYSTEME EN PLACE.
    Avec un petit coup de peinture par ci, par là, pour donner l’illusion du changement.

    Il commence à s’ecrire un peu partout , que ces mouvements, tout comme cela a été dans les pays de l’Est, sont provoqués par le milliardaire Georges SOROS et ses diverses organisations, sous le couvert de démocratie, de Droits de l’homme ou d’humanitaire. Le but ne serait pas alors de donner le pouvoir au peuple, mais de « nettoyer » ces pays de dirigeants infréquentables pour les rendre encore plus réceptifs au « nouvel ordre mondial ». L’avenir nous dira si c’est exact. Un seul souci, lorsqu’on en fait le constat... il est trop tard.

    Un véritable mouvement de révolution qui aurait pour but de reprendre le pouvoir aux « élites » et de le rendre au peuple, devrait casser tout le système économique et politique, confisquer les biens pillés au pays, chasser les corrompus ... Autrement dit, aller dans les « beaux quartiers » et redistribuer leurs richesses. Il devrait également ré-écrire une constitution qui redistribue les pouvoirs, avec un controle du travail des élus, dont le pouvoir de les démettre, un fréquent recours aux référendums populaires ...

    Bien entendu, il faut bien un premier pas, mais pour l’instant, rien n’est gagné pour eux.

    Pour nous ... tout reste à faire.


    • pilhaouer 21 février 2011 15:32

      « les mouvements de foule de ces dernières semaines »

      Il me semble que ces mouvements de foule peut-être distrayants pour les « révolutionnaires » de salon ont été payés de centaines de morts et de milliers de blessés qui méritent un peu de pudeur.
      Effectivement, on entend ici ou là théoriser sur le fait que la dictature est préférable à une pseudo-démocratie et que les révoltes sans fer de lance ne mènent pas à grand chose et sont même organisées par l’Empire lui-même.
      Sauf que ça déborde un peu beaucoup au point de devenir très embêtant.
      Robert Bibeau a écrit sur ce thème et a été là-dessus abondamment commentés et sa théorie contestable contestée.
      Voir par exemple : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article113770  La« Révolution » avortée, le texte et les commentaires.
      Non, il ne s’agit pas de mouvements de foule, il s’agit bien de peuples tellement asservis qu’ils ne craignent plus rien et sont dans un processus de révolution.
      Il aboutira ou non.
      Il se fait dans des conditions qui ne répondent pas aux théories.
      Ces mouvements doivent se structurer sans pour autant dévier vers d’autres dictatures.
      Mais ils sont évidemment préférables au statu quo et doivent être soutenus sans états d’âme.


      • Alpo47 Alpo47 21 février 2011 18:50

        Parler de « mouvement de foule » n’est pas irrespectueux avec ceux qui paient de leur vie la reconquête de la liberté. Vous l’interprétez à tort ainsi.
        Je pense que pour s’efforcer d’analyser ce qui se passe, il faut gérer ses émotions. Maintenant, si vous voulez absolument parler de révolution ...pourquoi pas, et, en même temps, cela ne changera rien à l’évolution de cette révolution/mouvements... pour l’instant contenue par l’armée et les anciennes « élites ».
        Ce n’est pas ainsi que je conçois une « vraie révolution ».

        Les individus/foule qui vont dans la rue sont désireux de provoquer un changement, sont pour la plupart dévoués et prêts à faire le sacrifice de leur santé, parfois vie. Et pourtant cela ne les empêche pas de se faire utiliser. Par exemple, les Algériens par Saadi, tous par les militaires, donc le système en place.

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