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Obama, le pétard mouillé

Plus d’un an est passé, et l’Obamania est retombée comme un soufflé monté trop vite. Ceux qui attendaient des monts et merveilles en restent sur leur faim. Certes, le nouveau président américain est nettement moins caricatural que son prédécesseur, mais la face du monde n’en a pas changé pour autant. Il fallait s’en douter, il n’y a plus de place pour un homme providentiel dans une démocratie occidentale de nos jours. Le pouvoir n’est plus dans les mains des politiques, mais dans celle des financiers et des grands groupes multinationaux, dont seuls ceux qui suivent de près l’actualité économique connaissent les noms et éventuellement les visages. Des présidents comme Obama ou Sarkozy ne sont que des façades, des vitrines, guère plus décideurs que ne le sont les personnages de la téléréalité. Comme ceux de Secret Story ou de la Nouvelle Star ils jouent le rôle pour lequel ils ont été élus et ils n’ont juste été bons qu’au casting, ce qui les a démarqués des autres politiciens sur les rangs. Après, les discours, le scénario, les effets tragiques ou comiques sont dans les mains de metteurs en scène agissant dans l’ombre. La pièce que l’on nous joue n’est pas écrite par les acteurs, qui ne sont pas des auteurs-compositeurs. Tout juste leur laisse-t-on improviser quelques scènes intermédiaires. Et Obama ne transgresse pas à la règle.

Qui pouvait croire que c’était réellement George Bush Junior qui gouvernait les Etats-Unis ? Sans en faire une caricature de demeuré, comme le firent les Guignols, il était évident, rien qu’à le voir, l’écouter parler, que ce n’était pas lui qui décidait quand cela devenait sérieux. A part parader, le bras autour du cou d’un pompier sur les ruines du 11 septembre, ce qui est de l’image et de la communication, on le voit mal décider tout seul d’attaquer l’Irak. Alors, pourquoi voudriez vous que tout ait changé quasiment du jour au lendemain sur l’unique bonne mine de Barack Obama. La crise était prévisible, si ce n’est prévue, et les Etats-Unis avaient besoin d’une bonne tête sympa pour faire passer l’amertume de la pilule. Les promesses de campagnes n’engageant que ceux qui les écoutent, il faudra bien voir ce que va devenir la réforme du système de santé présentée comme une mesure phare du candidat. Si jamais elle passe, cela ne sera pas la volonté d’un homme, mais une décision prise après mûre réflexion entre membres du Congrès et des grands groupes industriels et financiers ayant déjà leurs lobbyistes dans les contre-allées du pouvoir. Et pas besoin de parler de complot. Tout ce qui nous parait occulte, n’est en fait qu’occulté par les médias, mais ceux qui sont au fait de l’actualité économique et financière savent très bien comment cela se gère sans tambours ni trompettes. Nous n’auront jamais de Docteur Folamour au pouvoir et celui qui détient la mallette atomique ne le fera que cornaqué par un groupe qui décidera à sa place, si jamais quelqu’un doit un jour presser sur le bouton. Le Président aura tout juste le droit de prononcer le discours du fond de son abri, avec les civils ordinaires en surface.

Car, ni Obama, ni Sarkozy d’ailleurs ne possèdent de véritable pouvoir décisionnel. Probablement encore moins que Berlusconi qui du fait de son passé d’homme d’affaires et de médias, assisté de son carnet d’adresse, avait tissé tout un appareil capable de contrôler l’Etat bien avant d’arriver officiellement au pouvoir, ne serait-ce que par le contrôle de la presse et de la télévision. Sarkozy ne peut encore étendre le système des Hauts-de-Seine à tout le pays et Obama n’a pas le même entourage que les Bush, père fils et frère pour se tisser un réseau aussi puissant.

Donc, Obama est condamné à faire de la figuration, à choisir un chien, à inaugurer des chrysanthèmes ou tout autre type de jardin fleuri. Et à faire des déclarations dans le sens des lobbies, celui des armes, celui des pétroliers et celui des pseudos écolos dans la lignée d’Al Gore. Au mieux, quand il n’approuve pas, il édulcore sa désapprobation. Il parle de terrorisme à la sauce Al Qaida, parce que le terme est un fourre-tout à la mode et utilise une dialectique et un vocabulaire, certes plus riche que celui de Bush, mais sans aucune rupture. Il ne peut même pas se payer les plaisirs de ses prédécesseurs. D’abord parce que le moralisme néoconservateur est devenu encore plus puissant et du fait de sa « négritude », il ne peut se permettre ce qui était toléré à un blanc. Donc pas de liaison avec Angelina Joly en nouvelle Marylin, pas de flute enchantée sous le bureau ovale, pas d’excès de Martini et de main baladeuse comme Nixon. Obama reste malgré tout une marionnette, intelligente, donnant une image moins ridicule de la présidence que son prédécesseur et ce n’est guère plus.

Les Français ont été bien naïfs en croyants à l’arrivée d’un nouveau Messie ou plutôt ils ont bien trop vite écouté ceux qui leur serinaient cette fable sur quasiment tous les médias. La capricieuse Rama Yade qui déclara le jour de l’élection de l’icône : « Aujourd’hui comme le 11 septembre, nous sommes tous Américains » aurait mieux fait de se taire que de sortir une telle sornette. Que peut apporter Obama aux Etats-Unis ? La question est déjà complexe. Que peut-il apporter à la France ? Probablement pas grand chose. Alors on se demande à quoi à pu bien servir ce battage et cette pamoison collective. Le seul intérêt d’Obama a été de faire vendre des hebdomadaires. Les grands gagnants dans l’affaire sont les grands groupes de presse qui ont vendu de l’Obama comme de la lessive.

Poutine et Medvedev ont sûrement plus de pouvoir en Russie qu’Obama et tous les dirigeants de l’Union Européenne, mais sans oublier que les hommes de l’ombre du complexe militaro-industriel (pas uniquement ceux de Gazprom) ont aussi leur mot à dire et qui réécrivent aussi une partie de la partition officielle des deux maitres du Kremlin. Mais Poutine au moins, a tout de même son mot à dire. Tout comme Hu Jin Tao en Chine entouré d’une bande qui n’est plus de Quatre, mais d’un petit groupe dont les noms ne doivent être connus que de quelques rares politologues sinologues.

Obama a fait rêver les gens sans imagination, les naïfs à la recherche de conte de fées, ceux qui s’intéressent à la politique-spectacle. Le show pour continuer a besoin d’un nouveau scénario, quelque chose dans la lignée de la série 24 Heures, sinon Obama finira son mandat dans l’indifférence. On (aux Etats-Unis) nous prépare déjà d’éventuels rebondissements qui restent en réserve, au cas où. Une femme présidente, ferait vendre lors de la prochaine campagne. Un Latino serait politiquement correct, mais déplairait aux WASP, les protestant blancs). Reste d’autres hypothèses de scénario qui feraient de l’audience, comme un handicapé (Les Américains ont eu le précédent Roosevelt), un juif (Lieberman a déjà été sur un ticket démocrate), par contre un Américain d’origine arabe n’est pas du tout envisageable tout autant qu’un homosexuel tout à fait incompatible avec la morale dominante.

On conspue à chaque élection le parti des pêcheurs à la ligne, au vu de la présidence Obama, on peut se demander à juste titre si ce ne sont pas eu qui ont raison. A moins que ce ne soient les gauchistes avec leur vieux slogan : « Elections, piège à cons ! »

par Georges Yang jeudi 7 janvier 2010 - 49 réactions
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  • Par Alpo47 (xxx.xxx.xxx.70) 7 janvier 2010 11:00
    Alpo47

    Félicitations à l’auteur pour cette description qui restitue Obama dans son contexte.
    Celui ci, n’est, en effet ; qu’une marionnette, notamment entre les mains de Wall Street, mais pas seulement...

    Et pour appuyer le fait qu’il n’est qu’un "pantin" entre les mains du "Système", cette grotesque nomination au prix nobel de la paix, alors qu’il mène de front deux guerres d’invasion, en prépare une troisième avec l’Iran, multiplie les bases militaires en Colombie pour renforcer son pouvoir en Amérique du Sud, renforce le controle des citoyens ... la liste est longue.

    Le "système" nous met un nouveau pantin plus présentable (du moins jusqu’à ce que tout le monde s’évéille) afin de continuer à renforcer sa mainmise sur l’économie et ... le monde.

  • Par Alpo47 (xxx.xxx.xxx.80) 7 janvier 2010 12:59
    Alpo47

    Oh, pas la peine d’attendre...
    Dans un an donc, Obama aura probablement attaqué l’Iran ainsi que le Yemen, déstabilisé le Vénezuela et une bonne partie de l’Amérique du Sud, renforcé les liens avec Israel, donné quelques centaines de milliards supplémentaires aux banquiers-prédateurs, tout en laissant les petits propriétaires à la rue, renforcé le controle du FBI sur les citoyens US, divisé l’europe .... et tout ce que j’oublie ou ignore encore...

    La grande différence avec Bush, c’est qu’il est élégant, bon orateur, plus intelligent.
     Serait pas passé par Hollywood, des fois ?

  • Par morice (xxx.xxx.xxx.100) 7 janvier 2010 11:07
    morice

    je pense que vous n’avez pas idée de ce à quoi il se heurte : 27 ans de pouvoir de Cheney, ça laisse des traces, et pas de belles, et une CIA qui n’en fait qu’à sa guise...


    je vous rappelle que le seul qui se soit permis d’engueuler la CIA en est mort, il s’appelait Kennedy.

    il serait bon de se le rappeler, avant de crier un peu vite haro sur le baudet (démocrate).
  • Par ZEN (xxx.xxx.xxx.77) 7 janvier 2010 11:00
    ZEN

    Promu par W.Street,qui revient à ses errements,soutenu par l’Aipac...Obama ne pouvait que décevoir

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