Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Odeur de pétrole sur les Printemps Arabes

Odeur de pétrole sur les Printemps Arabes

 Le « Figaro » cette gazette française qui distribue les bonnes pensées, l’a confirmé tout récemment alors, qu’ici même, Agora Vox l’avait annoncé, et prouvé, depuis des semaines déjà. « Uncle Sam » et ses ouailles se sont bien installés tout près des frontières de ce petit pays qui avait lancé « les printemps arabes », c'est-à-dire la Tunisie.

 Et il n’ est pas seul. La France y est également avec ses hommes et ses instructeurs de soldats dits des « forces spéciales ». Et puis, pas loin non plus, d’autres baïonnettes, tout aussi efficaces que les deux autres, ont été massées. Celles de l’Algérie qui ne veut à aucun prix revivre la terrible guerre civile qui l’a amputée voilà peu de plusieurs dizaines de milliers de ses fils.

 Pourquoi un tel chambardement de bottes, fusils et de drones dans les sables – magnétiques – du Sahara ? Pour verrouiller dit-on les différentes frontières qui dessinent le sud de la Tunisie de la Libye et de l’Algérie. Les verrouiller à tous ? Non aux seuls groupuscules d’Al Quaïda au Maghreb qui y dormiraient tout en menaçant les trois nations concernées. Que nenni ou plutôt pas tout à fait !

 Parce que là bas, sur une très large zone, flotte une très forte odeur de pétrole encore enfoui sous terre. Et que cette triple alliance à laquelle participe également les forces sécuritaires tunisiennes, Armée et Garde Nationale, est appelée à finaliser un plan juteux élaboré depuis bien longtemps par les Rois de l’Or Noir… dont le français Total. Foi de renseignements fiables (puisés auprès de l’armée et de diplomates étrangers) et confortés par des faits récents qui interpellent et des voyages successifs d’hommes de pouvoir de la région et des Etats Unis d’Amérique.

 Le thème central de ce plan : « pacifier » la Libye (premier producteur d’un or noir africain, d’excellente qualité et facile à exploiter) en neutralisant ses différentes tribus rivales lourdement armées (NDRL. Longtemps avant l’intervention franco-anglaise si favorable à P’tit Napoléon). Ensuite revenir au partage libyen d’antan, à savoir recréer une fédération de trois territoires distincts, d’ouest en est, Tripolitaine (capitale Tripoli) ouverte sur la mer et proche par une frontière commune, mais aussi par son dialecte et son histoire, de la Tunisie (dont le premier nom antique était Libyé), puis en sud-ouest le Fezzan semi désertique et enfin à l’Est la Cyrénaïque, très proche elle de l’Egypte avec comme capitale Benghazi.

JPEG - 115.8 ko
photo par Antony Stanley (CC BY-SA 2.0)
http://www.flickr.com/photos/antonystanley/5218971402/

 L’essentiel des richesses pétrolières du pays tel qu’il est unifié actuellement, se trouve justement en Cyrénaïque. Très peu exploité au Fezzan où…par un paradoxe surprenant dormiraient non seulement des masses énormes de pétrole facile à exploiter mais aussi et surtout des réserves tout aussi inépuisables de gaz. Et puis il y a également du gaz, beaucoup de gaz, en mer face aux côtes libyennes et notamment tripolitaines.

 Compte tenu de sa position géographique, dans le dos de l’ex-future Tripolitaine, ce Fezzan aurait été depuis des années "objet convoité" des occidentaux mais aussi des émirs de la péninsule arabique dont le Qatar. Or quelque temps avant l’explosion de la révolte, devenue révolution, puis enfin « printemps arabe » en Tunisie, au sujet de ce pétrole qui dort, Kadhafi revient sur sa décision d’autoriser des recherches et d’exploitation à une petite poignée de compagnies étrangères dont le major Français. Et de les accorder au Qatar. Ce minuscule territoire des sables, outre sa soif d’or tout court, désire étendre dans cette région son influence financière et surtout religieuse proche de l’extrémisme, grâce à ses protégés Frères Musulmans confrérie égyptienne dont il abrite le siège à Doha.

 Un jeune marchand ambulant n’ayant jamais été diplômé ni même bachelier (c’est prouvé) s’immole par le feu à Sidi Bou Zid. La Tunisie s’enflamme. Le dictateur est mis d’autorité dans l’avion de la fuite, persuadé par son principal conseiller en qui il a une entière confiance, un général, qui lui promet un retour rapide au pouvoir. L’occasion est trop belle. La rébellion s’organise aussitôt à Benghazi en Libye et demande, « bien sûr », l’aide de l’Occident. Le feu va jusqu’en Egypte. On connait- presque - la suite.

 Alors qu’ils ne peuvent s’implanter durablement en Libye en raison d’une opposition tribale armée de milices efficaces, par contre en Egypte et en Tunisie, grâce à leur organisation bien huilée depuis des années et largement financés par leur protecteur arabique, les Frères gagnent les élections « libres » sous la bannière (fausse) d’un Islam modéré. Celui-ci, gouverne très mal la Tunisie et se fait déborder (meurtres et attaque de l’ambassade US) par la frange fanatique de son mouvement. Par contre il la favorise en Egypte. D’où l’intervention massive de l’armée (depuis toujours couverte de dollars par les USA). Ailleurs, le travail de sape, plus feutré mais aussi ferme, est entamé par les diplomaties occidentales, aidées il est vrai par le rejet de cette confrérie par une grande partie du peuple tunisien dont les partis d’opposition, ainsi que le pays d’ailleurs, avouons le, reçoivent euros et dollars via Union Européenne et FMI. 

 Résultat le Qatar est éloigné de la région. En Egypte par une nouvelle dictature militaire qui se profile et en Tunisie, clef de voûte du fameux plan, par l’effacement des Frères Musulmans et de leur leader qui fait le dos rond après, la « disparition » du Groupe d’Al Qaïda, Ansar A Charia et de son redoutable chef. S’ensuit une féroce chasse aux salafistes et la mise en place, après l’adoption d’une démocratie où la laïcité l’emporte largement sur quelques bribes de « charia », d’un gouvernement d’indépendants et de transition dont le chef effectue très vite son premier voyage en Algérie où il est reçu par le Président. Simultanément le secrétaire d’Etat Adjoint du Département d’Etat US, rend visite aux chefs des deux principaux partis du pays et par le pouvoir nouveau qui va recevoir sous peu le Roi du Maroc. Cerise (éventuelle) sur la gâteau, il est envisagé – afin de neutraliser des prédicateurs dangereux – d’instaurer dans toutes les mosquées du pays le même sermon du vendredi.

 Etonnamment, réapparaissent, soudain, dans bon nombre de villes moyennes de la Nation les traditionnelles chéchias rouges alors que les barbes se font de plus en plus rares et que le nikab est redevenu invisible. Sauf, en guise de déguisement, pour le lieutenant d’Ansar ACharia qui vient d’échapper ainsi vêtu (un comble pour un extrémiste religieux) à la police, à la sortie d’une mosquée de la grande banlieue de la capitale.

 Reste la Libye sur laquelle la tenaille ne va pas tarder à se refermer sous le prétexte qu’elle peut servir de refuge aux pions venimeux d’un Islam rétrograde et meurtrier placés par un émirat qui voulait investir la région… si riche. Trop riche pour ne pas s’y introduire. Et trop importante par sa position géographique. Et au diable (ou au paradis) les centaines et centaines de cadavres qu'il a fallu enterrer pour en arriver à ce stade !


Moyenne des avis sur cet article :  4.72/5   (29 votes)




Réagissez à l'article

11 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 4 février 2014 09:15

    « Uncle Sam » et ses ouailles se sont bien installés tout près des frontières la France y est également " ..... les vautours se regroupent prêts à festoyer ....


    • Henri Diacono 4 février 2014 12:21

      Comme toujours zygzornifle, mais sincèrement je préfère ces vautours là que les autres qui voulaient s’y enraciner et qui ont été sabrés en Égypte, et en douce mais avec le couteau sur la gorge, écartés en Tunisie.


      • alberto alberto 4 février 2014 13:59

        Salut Riton,

        Un peu réducteur, à mon avis, ton article mais bien intéressant quand même ...

        Pour mémoire, puisque que tu as de la bouteille, tu dois te souvenir que le Fezzan a vu des français y laisser la peau il y a déjà bien longtemps, pour le Pétrole !

        Voir ici et

        Qui remportera le gros lot ? Probablement personne entièrement : après quelques sanglantes bagarres, les participants se réuniront autour d’une table et se partageront le gâteau, comme d’hab !!!

        Bien à toi  smiley


        • Henri Diacono 4 février 2014 16:12

          Mais bien sûr Alberto je savais que les français s’y trouvaient au Fezzan avant d’être priés de déguerpir. Itou les Anglais en Cyrénaïque et voilà plus de soixante ans, les Ritals de Mussolini et les Boches de Rommel, le Renard du Désert dont j’ai connu ses colosses gosse, chez moi, à Tunis.. C’est qu’on y avait senti le pétrole depuis longtemps. Mais en l’occurrence mon souhait n’a pas été de faire un cours d’histoire. Plutôt de révéler quelques dessous de cartes actuelles. De l’actualité..
          Salut !


        • Alex Alex 4 février 2014 16:02

          @ L’auteur
          L’odeur de pétrole, certes, mais pas uniquement cela : la France et les USA n’ont-ils pas acheté du pétrole à Kadhafi ? L’Arabie et les émirats, auxquels nous en achetons, sont-ils des pays « recommandables » ?
          C’est donc un peu plus complexe, avec plusieurs facteurs :
          1. Aspiration démocratique locale (mineure amha), rejet des dictatures et revanche des religieux tenus à l’écart.
          2. Mise à profit et encouragement des conflits pour établir les Blood borders (d’inspiration israélienne),
          3. Pétrole, mais peut-être sous un angle jamais évoqué : tenir la Chine à l’écart.


          • Henri Diacono 4 février 2014 16:39

            Exactement Alex. Plus même . Reprendre leurs billes. Tout prouve actuellement qu’un changement de cap monstrueux se prépare. Après l’échec (peut-être programmé lui aussi) de la Syrie, la fumée de l’installation de l’islamisme en Afrique du Nord en se débarrassant très vite de lui dans le massacre en Égypte, avec plus de roueries en Tunisie puis en Libye où la Fédération serait en bonne voie, en se gardant également de ressusciter le processus de Barcelone (association de cinq nations de la rive nord de Mare Nostrum aux cinq de celle du Sud qui devait inclure Maroc, Algérie, Tunisie et Libye, un redoutable ensemble économique que P’tit Napoléon a fait échouer avec sa lamentable Union Pour la Méditerranée), avec les bouderies réelles ou fumeuses envers Israël, Arabie Saoudite (Obama va s’y rendre pour amadouer peut-être un Roi mécontent du chemin que prend la bataille de Syrie et plus mécontent encore des sourires actuels envers l’Iran où déjà se précipite une forte délégation française du Medef) et Qatar compris, la main mise sur les ressources minières en Afrique subsaharienne (Mali, Sud Soudan, Centrafrique). Tout cela à l’écart de la Chine ? Ce n’est pas la Chine qui est à craindre à mon avis, Alex. Ce serait plutôt l’Inde qui semble dormir mais qui sera au cours de ce siècle le continent du futur et donc plus difficile à maitriser. D’autant que la Chine est déjà gangrénée par Coca Cola.
            Bien à vous.


          • TARTOQUETSCHES TARTOQUETSCHES 4 février 2014 17:28

            Al ’auteur ,

            Le pétrole fut certainement une des raisons de l’intervention de l’Otan en Libye, mais n’oublions pas :
             
            - projet de « dinar or » de Kadhafi, destiné à concurencer le dollar en Afrique
            - projet de banque libyenne pour l’Afrique, destiner à en virer le FMI.
             
            ces 2 projets menacaient à la foi la suprémacie du dollar en tant que monnaie obligée (tout le pétrole s’échange en dollar) et la mainmise occidentale de l’Afrique par la dette.
             
            vrais déclarations de guerre pour l’empire !

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès