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OGM : The Economist plus féodal que libéral

Après la Californie, les partisans d’un étiquetage des produits contenant des OGM ont perdu une nouvelle bataille dans l’Etat de Washington. Malheureusement, les lobbys de soutien des OGM ont beaucoup plus d’argent. L’occasion pour The Economist de montrer qu’il est plus féodal que libéral.

La victoire de l’opacité
 
Il est tout de même incroyable que le pays qui se veut celui de la liberté résiste à la simple information des consommateurs. S’il est légitime d’indiquer les ingrédients ou la composition nutritionnelle des produits, on ne voit pas bien pourquoi il faudrait leur cacher la présence d’OGM, d’autant plus qu’il y a des polémiques scientifiques sur leur innocuité. Après tout, si les consommateurs ne veulent pas en consommer, c’est leur choix. Jusqu’à présent, les Etats-Unis résistent. Après la Californie l’an dernier, un nouveau référendum a été perdu par les soutiens d’un étiquetage, dans l’Etat de Washington.
 
 
Il faut dire que les lobbys OGMs n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère, dépensant la bagatelle de 25 millions de dollars en campagnes publicitaires, trois fois plus que les soutiens de l’étiquetage. Monsanto était logiquement le premier contributeur… De manière habile, ils n’ont pas cherché à faire la promotion des OGMs mais ont plutôt soutenu que la mesure n’était pas nécessaire, qu’elle risquait d’augmenter le coût de la nourriture et qu’il y avait trop d’exemptions, comme le rapporte The Economist. L’autre camp insistait logiquement sur le simple besoin d’information du consommateur.
 
Défenseur des oligarques plus que libéral
 
The Economist, journal qui se prétend libéral, penchait clairement contre l’étiquetage, comme l’indiquait le titre de son papier d’avant le vote « Signes dangereux pour des choses sûres  ». Le journal, que l’on a connu plus équilibré, même sur le sujet des inégalités, développe un argumentaire à sens unique disant que les OGM permettraient d’améliorer les rendements, d’économiser des pesticides, qu’il n’y aurait pas de risque et qu’elles permettraient de lutter contre la famine. Pourtant, un vrai libéral devrait forcément être en faveur de l’étiquetage, qu’il soit favorable ou non aux OGMs. Mais sur ces dossiers, les lobbys savent bien défendre leurs intérêts, que ce soit aux Etats-Unis, ou en Europe.
 
Ici, The Economist prend de facto partie contre l’information des consommateurs (jugeant sans doute qu’ils sont trop stupides pour juger). Outre le fait qu’il y a quand même suffisamment de signaux d’alerte sur les OGMs, l’hebdomadaire britannique révèle du coup qu’il est davantage sensible à la défense des intérêts des multinationales qu’à l’information des consommateurs et des marchés. Ce faisant il montre la dimension féodale de ce néolibéralisme cynique et à géométrie variable, qui réclame des efforts aux petits et veut protégrer les gros. En cela, le néolibéralisme trahit le vrai libéralisme.
 
Quel que soit ce que l’on pense des OGMs (je pense qu’il faut être très prudent, en séparant le mauvais grain des études commanditées par les industriels du secteur), on devrait soutenir l’information des citoyens et des consommateurs. Il n’est pas normal de ne pas pouvoir savoir ce que l’on mange.

 


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8 réactions à cet article    


  • claude-michel claude-michel 22 novembre 2013 11:12

    L’argent mène le monde...Pour encore combien de temps...ça je ne sais pas.. !


    • Laurenzola Laurenzola 22 novembre 2013 13:53

      Cela aurait pu être différent si la FED n’injectait pas 85 milliards de $ / mois dans l’économie spéculative mondiale.


    • escoe 22 novembre 2013 19:38

      Derrière The Economist se cache la ploutocratie anglaise qui vit toujours dans un régime de propriété féodal. Et derrière le libéralisme la dictature n’est jamais bien loin.


      • eau-du-robinet eau-du-robinet 22 novembre 2013 21:39

        Bonjour Laurent,

        Merci pour votre article.

        Les OGM peuvent activer des gènes provoquant le cancer, ou affaiblir notre système immunitaire.

        De nouvelles études en recherche cellulaire soulèvent de nouvelles questions alarmantes concernant les OGM, et l’une d’elles en particulier fait ressembler l’insuffisance hépatique ou le cancer à un jeu d’enfant comparée aux choquantes possibilités soulevées si nous commençons à analyser la manière dont les aliments génétiquement modifiés peuvent altérer notre ADN.
        source et suite ...

        En fait, un OGM à double hélice d’ARN (ARNd) créé par Monsanto peut censément désactiver certains signaux génétiques et en activer d’autres. Habituellement, en insérant un gène de Roundup Ready dans une plante, il faut une protéine qui peut fabriquer une plante Roundup Ready pouvant résister au Roundup et continuer à grandir. Le nouveau ARNd peut survivre sans synthèse de protéine. Ce qui permet au dARN de modifier les gènes. source et suite ...


        • Laurenzola Laurenzola 22 novembre 2013 21:50

          Monsanto ou ma santé ? Telle est la question !


        • eau-du-robinet eau-du-robinet 22 novembre 2013 22:21

          Information au sujet des négociations sur le traité du grand marché transatlantique entre l’Europe et les États-Unis.

          Des sénateurs américains appellent l’UE à lever les barrières à la malbouffe chimique

          Les principaux membres de la Commission des finances du Sénat ont placé la barre très haut pour les négociations commerciales en cours entre les États-Unis et l’Union européenne, en insistant sur la nécessité de résoudre les conflits anciens et pleins d’âpreté, relatifs aux méthodes de transformation de viande de bœuf et de volaille et au blocage, par l’UE, de certaines méthodes américaines de production de viande de bœuf.

          Selon Baucus, l’Organisation mondiale pour la santé animale (OIE) et la Commission internationale de normalisation dite du codex Alimentarius ont déclaré que les « méthodes de production de bœuf américain sont parfaitement sûres ». Il n’est pas entré dans les détails, mais un collaborateur du Sénat a déclaré après l’audience que Baucus faisait allusion à une interdiction de l’UE portant sur le bœuf et le porc élevés en utilisant un médicament vétérinaire favorisant la croissance, appelé ractopamine, qui a été approuvé par le Codex l’an dernier, malgré les objections de l’UE.

          Cette année, le Département américain de l’Agriculture (USDA) a discrètement donné un autre coup de poignard, en demandant à obtenir l’approbation de l’UE pour le peroxyacide, un autre PRT utilisé par l’industrie américaine.

          Bill Roenigk, vice-président du Conseil national de l’industrie de la volaille, qui a témoigné lors de l’audience, a annoncé cette demande d’autorisation. Après l’audience, il a déclaré ignorer si l’USDA avait déposé la demande d’approbation du peroxyacide en coopération avec la Commission européenne, ou si elle avait pris la décision de le faire unilatéralement, dans le but de rouvrir le marché européen à la viande de volaille américaine.

          Les observateurs avisés disent que cette substance peut avoir une meilleure chance d’être autorisée par les responsables européens car elle ne contient pas de chlore, lequel est utilisé dans les piscines d’eau potable et de baignade pour tuer les bactéries nocives, mais a aussi des propriétés toxiques. Le peroxyacide est l’un des quatre traitements anti-microbiens permis aux États-Unis pour le traitement de la volaille après abattage, mais ce n’est pas le cas dans l’UE. Les autres sont le dioxyde de chlore, le chlorite de sodium acidifié et le phosphate trisodique.

          source et suite ...

          L’agriculture n’était pas le seul objet de l’audience. Cardin a aussi poussé Michael Ducker, vice-président exécutif et chef de l’exploitation de FedEx, de prendre une position plus ambitieuse sur l’élimination de taxe sur la valeur ajoutée de l’UE sur les exportations américaines au lieu de se contenter de relever le seuil des minimas en dessous desquels les consommateurs américains et européens ne paient pas taxes pour les exportations. source

          L’Europe vas nous imposer le malbouffe un jour ou l’autre !

          Sortons de l’Europe et vite !


          • Laurenzola Laurenzola 23 novembre 2013 00:02

            Ma conclusion est différente, il faut mobiliser tous les efforts pour consolider et légitimer l’UE, vers un modèle fédéral, inspiré des institutions suisses, et doté d’une assemblée constituante citoyenne.

            L’intérêt de cette démarche est d’en finir définitivement avec le dumping social et entrepreneurial, qui favorise une concurrence débridée au sein même de l’UE.

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