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Accueil du site > Actualités > International > On voudrait l’avis du peuple s’il vous plaît… Mais non (...)

On voudrait l’avis du peuple s’il vous plaît… Mais non c’est pour rire !

J’avoue que j’y ai cru. J’ai cru à un sursaut d’humanité de la part du Premier ministre grec, George Papandréou, lorsqu’il tapait du poing sur la table, affirmant que c’était « au peuple grec de décider » de son avenir. Une vague d’espoir a envahi les réseaux sociaux et la rue grecque, mais elle fût bien vite tempérée par les positions tenues par les politiques et les media.

Concernant les deux partis de « gouvernement »

L’opposition menée par les socialistes F. Hollande et M. Aubry, dit « comprendre » la décision de mettre en place un referendum mais décrivent surtout un “défaut de gouvernance” de l’Europe. Auront-ils autant de compassion s’ils atteignent le pouvoir ? Leur position semble inconfortable selon Europe 1.

 Nicolas Sarkozy appelait à une « attitude ferme par rapport à la Grèce pour une prise de conscience collective » concernant ce genre de cas. Une sommation qui fait suite à un discours de fermeté et moralisateur prononcé dans la cour de l’Elysée. du premier ministre ? Il a ensuite justifié la violation de la souveraineté des Etats au nom de « l’euro et de l’Europe » comme étant, selon lui, notre « devoir  ».

Dans les médias

  Les campagnes de dénigrement dans la presse se sont installées rapidement dans le paysage français et en Europe, à voir des articles comme celui-ci, qui contribuent à installer dans l’imaginaire des individus l’idée d’un peuple grec malhonnête et fainéant. Si certains publient des avis d’internautes, qui soutiennent le peuple Grec la crédibilité médiatique de leurs discours est évidemment moindre. Pour une vision plus globale du traitement du cas par les media français, lisez l’article d’Arcrimed qui a étudié les Unes des quotidiens.

Au niveau économique

Les grecs peuvent-ils soutenir des décisions émanant d’une institution infiltrée par tant d’hommes d’influences de lobbyistes plus ou moins officiels, où Mario Draghi, président de la BCE, a une bonne place. Ce dernier, que l’on surnomme déjà « Super Mario  » est ancien vice-président de Goldman Sachs, banque qui a aidé la Grèce à falsifier ses comptes pour entrer dans l’UE. Le serpent se mord la queue…

Alors que les bourses ont fortement chutées à l’annonce de la tenue du referendum, elle se sont brusquement ressaisies à l’annonce d’une première hypothèse de reformulation de la question (ainsi qu’une baisse des taux par la BCE, décision de M. Draghi), et enfin de l’abandon pur et simple de la consultation des grecs.

Un dénouement inattendu

 Pourtant, à l’annonce de la décision, elle semblait être admise à l’unanimité par le cabinet grec. Ceci était publiquement en projet depuis le 19 juin dernier. A ce sujet, Jean-Luc Mélenchon rappelle que les 13 dernières grèves générales demandaient un referendum. Que s’est-il passé pour que le referendum à priori massivement soutenu par la population, soit abandonné ? Les pressions, les intimidations, les rappels à l’ordre, y sont-ils pour quelque chose ? Ou bien est-ce simplement un manque de discernement de la part du premier ministre Grec ?

La coupe semble pleine, et Papandréou, au travers de son referendum, voulait éviter qu’elle ne déborde davantage, afin que le pays ne sombre pas dans la révolte. C’est, je crois, ce qui attend la Grèce ces prochaines semaines ou mois. Ceci expliquerait pourquoi le Premier Ministre a changé tout son état major (armée de l’air, de terre, de la marine…) au profit d’hommes de confiance. Se prépare-t-il à une guerre civile ou un coup d’Etat militaire ? C’est en tout cas ce que certains (et ) se demandent.

La situation en Grèce reste donc plus qu’explosive à l’échelle sociale. Car l’application du plan d’aide, simple acharnement thérapeutique face à une situation désespérée, ne va qu’entrainer davantage de mécontentement à l’intérieur du pays. Les grecs n’ont je crois, pas aimé la « balade démocratique » dans laquelle ils ont été menées par les oligarchies politiques.

En tant que membre du mouvement du 15M, je ne peux qu’encourager les grecs à se lever pour défendre leur souveraineté et leurs droits. Et j’ose espérer que si soulèvement il y a, il saura se propager en Europe. 

Jonathan M.


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12 réactions à cet article    


  • eric 5 novembre 2011 09:31

    Il est à certain égards, surtout pour la Grèce, regrettable que le processus envisagé au départ par Papandréou ne soit pas arrivé à son terme.

    Référendum en janvier ou février.

    De nouvelles « grèves générales » organisée par le PC, les syndicats de la fonction publique, accompagnés de l’agitation habituelle de groupuscules d’extrême gauche (voir les comptes rendus de leurs camardes français sur le net sur leur caractère complètement groupusculaire).
    Hier on voyait des images de manif devant le parlement. Filmé en rang serré ils donnaient une impression de nombre tant que la caméra ne faisait pas l’erreur de prendre un peu de recul. Pas grand monde. Beaucoup de drapeaux rouges.

    En perspective:1 mois et demi de campagne pour le non

    Décembre : plus d’argent pour payer les fonctionnaires.

    On aurait pu voir tout d’un coup, les mêmes agents publics dans la rue, mais cette fois ci vraiment massivement, faisant pression pour que le gouvernement ratifie l’accord et que les grecs votent oui....voir pour ne pas attendre le référendum.

    Mais la rigueur et l’austérité, cela peut signifier 20, 30 40% de baisse des salaires des fonctionnaires, mais le chômage total pour les autres. Car quand on nous dit c’est affreux, l’état baisse les salaires, on oublie de préciser qu’il ne baisse à court terme que ceux qui dépendent de lui.
    On aurait pu assister au spectacle assez paradoxal mais pittoresque de forces de gauche et syndicats de la fonction publique descendant dans la rue pour exiger un plan de rigueur sévère et d’urgence et les contribuables du privé refusant absolument que l’on baisse les salaires des fonctionnaires...


    • lauraneb 5 novembre 2011 09:49

      1 : croire que Papandréou a décidé seul de ce référendum est stupide : ceux sont ses creanciers qui décident....

      2  : que les grecs votent oui ou non a ce referendum laissait croire aux grecs qu’ils avaient le choix de décider de leur avenir

      3 : une fois le vote fait, les grecs n’avaient plus qu’à rentrer à la maison puisqu’ils avaient choisit

      le but de se referendum étaient de reprendre le controle des rues grecs...mais qu’ils votent oui ou non la dette restait à honorer....


      • Daniel Roux Daniel Roux 5 novembre 2011 10:24

        Papandréou est un oligarque et raisonne en tant que tel. Il sert logiquement les intérêts de sa famille et de sa classe. Le peuple et ses affres sont les moindres de ses soucis.

        En Grèce comme ailleurs, les oligarques au pouvoir ne craignent pas vraiment le peuple, ils craignent les autres oligarques qui veulent prendre leur place.

        L’oligarchie est persuadée qu’elle contrôle le peuple en contrôlant les médias. Que ce soit aux USA ou en Europe, depuis septembre 2001, de nombreuses lois scélérates ont été discrètement votées pour limiter les droits civiques et permettre les arrestations et détentions arbitraires. L’affaire Coupat et de ses amis de Tarnac en est l’illustration.

        Le pouvoir est prêt à faire face à des émeutes sporadiques avec ses escouades de forces armées suréquipées et conditionnées.

        La menace de référendum de Papandréou, car cela en était une, du recours à un référendum visait à mettre l’opposition de droite devant ses contradictions. Il a réussi puisque la droite a finalement accepté le plan de l’UE.

        Les référendums deviennent des curiosités historiques. En France, les résultats de celui de 2005 ont été invalidés par le Congrès à Versailles avec la complicité de Hollande, alors premier secrétaire du PS. Il eut été légitime de se révolter à ce moment là mais nous ne l’avons pas fait. Sagesse, indifférence ou lâcheté, l’histoire jugera.

        Vous pensez être des citoyens, en réalité nous ne sommes que des sujets. Pour changer cet état de chose, il faudra plus que défiler avec des pancartes. Nous n’en sommes pas encore là et il en faudra beaucoup. L’oligarchie le sait. Elle peut dormir sur ses 2 oreilles.

         

         


        • Taverne Taverne 5 novembre 2011 11:04

          Bilan des quelques jours passés : moins de souveraineté nationale, moins de démocratie, plus de dépendance étrangère. Bravo Sarkozy !


          • roro46 5 novembre 2011 12:21

            « croire que Papandréou a décidé seul de ce référendum... »

            Il n’a jamais eu la moindre intention de quelque référendum que ce soit.
            Tout ça c’est le cirque, la mise en scène qui nous est destinée, et à laquelle on offre sans compter nos applaudissements à chaque élection en revotant inlassablement pour les mêmes.
            C’est déprimant.
            D’ailleurs je suis déprimé.


            • Antoine 5 novembre 2011 21:14

               On nage en plein comique ! Les français qui, en grande majorité, n’ont qu’une twingo de merde chialent sur le sort de la Grèce où l’on recense le record mondial de porsches au mètre carré. Que ces gens mettent de l’ordre dans leur foutoir et après je verrai ce que mes glandes lacrymales peuvent faire pour eux !


              • epapel epapel 6 novembre 2011 17:02

                Même si on annulait totalement sa dette publique, l’Etat Grec serait en cessation de paiement sans l’aide des autres pays de la zone Euro. Les grecs le savent très bien et c’est pour ça qu’ils n’ont pas intérêt à sortir de la zone euro et qu’ils ne demandent pas car cela entraînerait une banqueroute immédiate et totale pour eux y compris et surtout en faisant un défaut total sur leur dette : qui leur prêtera ensuite l’argent pour payer les fonctionnaires et importer les biens qu’ils ne produisent pas ?

                Les grecs peuvent bien avoir un référendum et les indignés de tout bord s’en réjouir, mais la véritable question qu’ils se posent implicitement est celle-ci : voulez-vous que les autres européens continuent à vous subventionner tout en annulant la dette afin de ne pas demander d’efforts supplémentaires ?

                Parce que c’est bien de vouloir maintenir le niveau actuel de service public en Grèce, mais qui doit les financer : les grecs ou nous ? Apparemment les grecs ne veulent ou ne peuvent pas le faire puisqu’ils sont contre les augmentations d’impôts sinon le problème serait déjà réglé depuis longtemps et comme ce n’est pas à nous de le faire alors ils ont un problème pour lequel il n’existe pas de solution miracle. C’est triste pour les grecs mais c’est comme ça et on ne peut pas grand chose pour eux à part le plan qu’il est proposé : 50% de remise sur la dette + 100 milliards de prêt supplémentaire ça mérite bien une contrepartie non ?

                Si les grecs pouvaient voter contre le plan qui leur est proposé, alors ce serait une bonne raison de demander aux autres européens s’ils veulent continuer à payer pour eux, mais ne comptez pas sur les indignés et les apprentis révolutionnaires pour l’exiger. D’ailleurs j’aimerai bien savoir quelle solution ces gens proposent pour sortir les grecs du marasme sans leur demander d’effort.


                • JL JL1 6 novembre 2011 17:40

                  « Même si on annulait totalement sa dette publique, l’Etat Grec serait en cessation de paiement » (epapel)

                  Non ! L’État grec paierait en drachmes ; des drachmes garantis par les Grecs eu-mêmes, comme cela se faisait avant que cette folie libérale ne s’abatte sur eux.

                  On a dit et redit que le pb pour la Grèce en quittant l’euro serait d’acquitter ses dettes libéllées en euros. Il est évident, sauf pour epapel, que si on annule la dette en euro, il n’y a plus d’obstacle.


                  • epapel epapel 6 novembre 2011 20:46

                    Et vous croyez qu’avec leur paye en drachmes bidon, les grecs pourront s’acheter des voitures allemandes, de l’électronique chinoise et tout ce qu’ils incapable de produire chez eux ?

                    Le commerçant allemand ou chinois leur dira probablement de se torcher avec.


                  • JL JL1 6 novembre 2011 23:00

                    Que les Allemands se les gardent leurs bagnoles, que les Chinois se les gardent, leurs gadgets, que Wall Street et les bourses scélérates se le gardent, le pognon qu’ils nous ont volé :

                     nous, les Français, les Grecs, les Italiens, ... nous n’avons pas attendu ces scélérats pour franchir victorieusement des siècles et des siècles de progrès social et industriel. Les chênes n’ont que faire des parasites pour s’épanouir.

                    Qu’ils se le bouffent ce pognon, et s’ils n’en crèvent pas, qu’ils s’en aillent tous !


                  • epapel epapel 7 novembre 2011 21:14

                    Le problème, c’est que les millions de gens qui manifestent et qui se plaignent ne sont pas du même avis que vous, au(riez)-vous l’outrecuidance de leur imposer votre vision du monde ?


                  • molotov Le sablier 7 novembre 2011 01:06

                    Les faux coup de theatre de l’empire capitaliste sont programmer pil poil pour le G20,

                    c’est bizard dites-vous !!

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