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Accueil du site > Actualités > International > ONU et développement : le nouveau maître de spectacle est choisi

ONU et développement : le nouveau maître de spectacle est choisi

L’enfer et l’ONU ont un point commun : les deux sont pavés de bonnes intentions. Le nouveau secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, devra à son tour marcher sur ces pavés, à la tête du grand cirque du développement qui poursuit sa tournée mondiale, une tournée dont on ne connaît pas la fin.

Le préambule de sa charte donne aux Nations unies l’objectif de « favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie ». L’idée est qu’il ne peut pas y avoir de paix sans développement.

Pour atteindre ce noble objectif, l’ONU s’est dotée d’organismes de toute nature. Allez jeter un coup d’oeil sur l’index alphabétique des sites WEB des organismes du système des Nations unies que publie l’UNICEF. Vous y trouverez (en date du 11 octobre 2006) pas moins de 108 entrées !

Tous ces organismes ne s’occupent pas de développement, mais plusieurs le font.

La Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sont les plus connus et les plus controversés, mais il y a aussi la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Programme mondial relatif à la mondialisation, la libéralisation des échanges et le développement humain durable (une initiative conjuguée de la CNUCED et du PNUD).

D’autres organismes, fonds et commissions, par exemple l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), interviennent dans le grand cirque du développement.

Maître de spectacle ?

Kofi Annan a consacré une grande part de son énergie à promouvoir les actions de l’ONU en vue de favoriser le développement. C’est d’ailleurs sans doute ce que l’on retiendra de l’héritage qu’il lègue à son successeur.

En mars 2000, Kofi Annan publiait le rapport Nous les peuples : le rôle des Nations unies au XXIe siècle qui devait inspirer la Déclaration du millénaire et Les objectifs du millénaire pour le développement.

Annan s’est aussi ntéressé de près au Cycle de Doha initié par l’OMC et qui se voulait le cycle du développement. Annan est intervenu publiquement pour demander aux pays riches de faire les concessions nécessaires à la réussite des négociations commerciales visant à libéraliser le commerce mondial en faveur des pays pauvres.

Une autre de ses initiatives, plus méconnue celle-là, est le Pacte mondial, lancé en 1999 au Forum économique mondial de Davos (Suisse). L’idée était d’associer les entreprises du secteur privé, les dirigeants syndicaux et les représentants de la société civile dans un large débat sur la mondialisation et sur le développement.

Depuis le 26 avril 2006, le Pacte a un conseil d’administration formé de vingt membres provenant des trois groupes ciblés par Annan, et une fondation.

Le rapprochement de l’ONU avec le secteur privé n’a pas été sans susciter de réprobations. On reproche à Annan d’avoir loué le « mérite » et le «  rôle » du secteur privé. Il n’est pas non plus intervenu, note le Centre Europe-Tiers Monde, pour empêcher l’OMC de marginaliser la CNUCED.

Les relations demeurent pour le moins tendues entre l’approche représentée par l’OMC, le FMI et la Banque mondiale, et celle que prône la CNUCED. Encore récemment, cette dernière a écrit noir sur blanc que le FMI et la Banque mondiale ne sont pas les mieux placés pour gérer les montants supplémentaires qu’elle juge indispensables à l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement en Afrique (Le développement économique en Afrique, doublement de l’aide : assurer la « grande poussée »).

Pour plusieurs, Kofi Annan aura été le maître d’un spectacle de mauvais goût.

Le secrétaire général a fait de nombreux vœux pieux, à longueur de sommets mondiaux : lutte contre la pauvreté, financement du développement, 0,7% du budget des pays riches à l’aide publique au développement, etc.

Pendant ce temps, la Banque mondiale, le FMI et l’OMC se sont illustrés comme le trio des mal-aimés du développement, alors qu’une relation d’amour-haine se développait entre les ONG et l’ONU. Il est difficile de ne pas aimer, ne serait-ce qu’un peu, celui qui nous nourrit.

Vraiment Ban Ki-moon, présenté comme l’homme de Washington, n’aura pas la tâche facile.

Le cirque du développement poursuit son chemin sur les pavés de l’ONU.

Vive monsieur B. Que le spectacle continue !

Voir aussi :

Quelle risée ! La Chine membre du nouveau conseil des droits de l’homme
Dépoussiérer les Nations Unies : mission impossible
Le sommet mondial de l’impuissance ?
À qui profitent les achats de l’ONU ?


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5 réactions à cet article    


  • Sam (---.---.187.20) 13 octobre 2006 23:11

    Sur Agoravox dont je fréquente régulièrement les forums, il m’a paru légitime de mettre un petit mot pour Politis, dont je suis un lecteur régulier, sans être abonné, et qui est en voie de disparition.

    Politis, c’est un petit mag sans pub, menacé par la faute, semble-t-il d’un appareil dirigeant plutôt amateur.

    On peut critiquer ses choix éditoriaux et je le fais souvent,mais il assume ceux-ci avec constance et dans la marge de la presse, vu qu’il n’a pas de pub.

    C’est un petit, au pays des gros organes de presse tout orientés vers la maximisation de la rente publicitaire, un journal orienté à gauche - nul n’est parfait - qui donne de l’info, des idées et des réflexions semaine après semaine, sans tomber dans le populisme ou la servilité, ce qui n’est déjà pas mal dans notre paysage informationnel actuel.

    J’aime cette idée d’une petite presse d’idée qui vive encore, j’aime cette presse sans l’inféodation aux marques.

    Je serais assez content que Politis reste dans nos kiosques.

    Et je crois qu’Agora Vox, qui se veut représentant d’une presse alternative, ne peut oublier les rares organes de qualité qui continue leur bonhomme de chemin dans l’économie de la presse traditionnelle.

    Alors j’invite les bénévoles rédacteurs, et les lecteurs de ce site, à manifester un soutien sans ostentation à Politis, de la manière qu’ils souhaitent, mais clairement, pour sa survie.

    Quant à moi, je vais faire un petit chèque pour ce petit magazine pour qu’il continue à donner de sa petite et singulière voix.


    • L’Huissier (---.---.178.229) 14 octobre 2006 11:10

      Poltis,libé,france soir,l’onu,le fmi c’est normal que ça marche pas !


      • La Taverne des Poètes 14 octobre 2006 21:23

        The dark side of Ki-Moon : L’ombre de Washington...

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