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Panique à Washington

Il souffle un vent de panique dans l’ "establishment" aux États-Unis. 

Oui, après plus d’un siècle de système électoral vert chou et chou vert, voilà qu’un indésirable vient perturber le scénario trop bien écrit pour que rien ne change. 

Donald Trump.

Donald Trump [1], l’entrepreneur qui a réussi, le populiste, le personnage au langage fruste, celui qu’on prenait pour un clown fait la course en tête pour l’investiture républicaine. 

Il est assez fortuné pour ne pas devoir compter sur de riches contributeurs pour financer sa campagne électorale et il ne devra donc pas leur renvoyer l’ascenseur. Un président qui ne serait pas soumis aux pressions des lobbies, cela, ce serait quelque chose de nouveau depuis longtemps aux États-Unis.

Ce qui en Europe serait un handicap, la réussite, le populisme et le langage vert sont des atouts aux États-Unis. 

Là-bas, celui qui a réussi est respecté. 

Le populisme, c’est bien prendre en compte les intérêts du peuple par opposition aux élites ? Il me semble que c’est la définition première de la démocratie, non ? 

Le discours qui dénonce les élites du système avec des mots crus est bien reçu par le peuple qui voit Washington occupée par une aristocratie déconnectée de la réalité quotidienne des Américains. 

La croissance aux États-Unis l’a été au bénéfice des 1 % les plus riches [2]. Les autres 99 % rament. Plus de 46 millions d’Américains reçoivent des coupons alimentaires. De plus en plus de citoyens appartenant aux classes moyennes n’arrivent pas à s’en sortir à cause de leurs dettes. L’Obamacare couvre 20 millions de personnes mais c’est nettement insuffisant quand on connait la détresse dans laquelle se trouvent les plus démunis.

Nous ne sommes pas au paradis pour tout le monde et de moins en moins d’Américains réalisent leur rêve.

Hillary Clinton.

En face, Hillary Clinton fait la course en tête. Son seul concurrent est Bernie Sanders dont les chances de l’emporter sont minces. Il serait de toute façon aussi un candidat antisystème… et socialiste de surcroit.

Imaginons Hillary Clinton et toutes ses casseroles face au rouleau compresseur Donald Trump. N’importe quel Européen dira que c’est course gagnée d’avance pour Clinton mais nous sommes en Amérique et les casseroles, là-bas, c’est du sérieux. On n’est même pas certain qu’il n’y aura pas une inculpation émanant du FBI d’ici peu. De plus, on prédit que beaucoup d’Américains qui auraient voté pour Sanders reporteront leurs voix sur Trump.

Un vrai cauchemar pour l’establishment, surtout qu’ils ont montré une extrême hostilité à la candidature de Trump et qu’ils peuvent s’attendre à un retour de flamme.

 

Les républicains complotent.

Les républicains mais pas seulement ! Les patrons des grands groupes, les ténors du parti, les intellectuels, les artistes se réunissent en petits comités pour trouver une alternative à Trump. 

La solution serait évidemment que Trump n’obtienne pas les 1237 voix nécessaires pour être assuré d’avoir la majorité des délégués. On procèderait alors à une convention négociée [3]. Cela ferait très magouille et ouvrirait une voie royale au candidat démocrate.

John Kasich.

Les républicains devraient pour cela maintenir les trois autres candidats en lice en espérant qu’ils enlèvent le plus de délégués possibles à Trump et qu’ensemble ce soit eux qui obtiennent la majorité absolue. Une convention négociée permettrait alors de choisir le candidat du parti. Ce pourrait même être un candidat qui n’a pas participé au caucus. 

Ce ne serait pas la première fois que cela se passerait mais ces candidats désignés ont toujours été battus par leur adversaire. Ce fut notamment le cas en 1948 (le candidat républicain battu par Harry Truman) et en 1952 (le candidat démocrate battu par Dwight Eisenhower).

Si Trump ne change pas de style et de programme, à mon avis, il finira par fatiguer les Américains et les caciques du parti républicain.

Y a-t-il un autre moyen d’écarter Trump ? À première vue, non. On peut chercher une faille dans sa vie privée ou de la fraude fiscale ou de la corruption mais ce sera difficile et sans doute peu convaincant. J’écarte à priori une élimination physique.

 

Un duel démocrate.

À première vue, la situation est plus claire chez les démocrates. La candidate du système est en tête mais elle est plutôt menacée par la justice. S’il n’y avait qu’un risque d’inculpation, ce serait gérable mais il y en a de multiples dont voici les plus importants. 

  • Le plus grave d’un point de vue américain est l’histoire de l’utilisation de sa boîte personnelle non sécurisée pendant son mandat de Secrétaire d’État. Les « hackers » auraient pu avoir accès à 22 messages classés « top secret » et à 1200 messages confidentiels.
  • Les évènements de Benghazi qui ont coûté la vie à l’ambassadeur Christopher Stevens et à trois autres Américains. Elle est responsable parce que son administration avait refusé les requêtes de l'ambassade pour le renforcement de la sécurité et elle est coupable d’avoir voulu faire attribuer l'attaque à une réaction populaire contre une vidéo islamophobe américaine.
  • Toujours en Libye, c’est elle qui a persuadé Obama d’intervenir en 2011 avec pour conséquence le chaos actuel et l’apparition d’Al-Qaïda en Afrique. C’est aussi elle qui menait la diplomatie des États-Unis lors des printemps arabes qui ont finalement débouché sur un affaiblissement de l’influence américaine et sur le retour de la Russie dans la Région.
  • Un autre point faible qui est surtout soulevé par Sanders pour le moment est ses liens avec Wall Street et avec la haute finance. Elle a reçu des honoraires faramineux pour des conférences et cela pourraient être assimilés à de la corruption.

Il est clair que le ministère de la justice fait tout pour freiner l’enquête du FBI pour le moment mais c’est sans doute trop tard. 

Il y a aussi les rumeurs de bisexualité de l’ex « first lady » que Trump ne manquera pas d’exploiter avec l’une ou l’autre allusion déplacée.

Sa chance est sans doute passé en 2008, elle était plus jeune, moins liée à Wall Street et l’idée de voir une femme arriver à la présidence était nouvelle. Certes, elle est intelligente mais son mandat de chef de la diplomatie américaine et les erreurs qu’elle y a commises pèsent maintenant en sa défaveur.

Barack Obama n’a jamais été en odeur de sainteté avec Hillary Clinton. Jusqu’où est-il prêt à aller pour la sauver ? Mystère.

Bernie Sanders.

Il a rencontré Bernie Sanders à la Maison blanche et rien n’a filtré de leur discussion. Une fois élu, est-ce que Sanders serait prêt à se rapprocher de l’establishment ? Deuxième mystère.

Sanders a une grande chance de battre Trump dans la dernière ligne droite, surtout s’il parvenait à rassurer les grands groupes financiers, industriels et militaires qu’il maintiendra la ligne politique actuelle.

En revanche, il risque d’être balayé par un candidat républicain modéré qui serait désigné par le parti : John Kasich par exemple et voire même un candidat très conservateur comme le président de la Chambre, Paul Ryan. Le profil socialiste de Sanders et son appartenance à la communauté juive joueraient contre lui. 

Paul Ryan.

Pour Obama, ce serait une catastrophe. L’Obamacare et les accords avec l’Iran seraient remis en question et ce sont justement les deux points positifs de son bilan qu’il voudrait laisser en héritage.

On cherche sans doute aussi un plan B du côté démocrate. Une convention négociée serait aussi possible et ce serait alors une première de voir deux candidats désignés s’affronter pour la présidence avec peut-être Trump en outsider indépendant.

Y a-t-il un candidat charismatique qui pourrait émerger du côté démocrate ? Personnellement, je ne vois pas qui. 

John Kerry ferait sans doute un bon candidat mais sa présence au Département d’État est pour le moment indispensable. Dans la crise actuelle avec la Russie, on ne le voit pas se faire remplacer rapidement. En a-t-il d’ailleurs envie ?

Joe Biden est bien terne comme vice-président. Je doute qu’il ait une chance contre un rival républicain dans l’état actuel des choses Il représente la vieille génération et tous ses rivaux républicains potentiels excepté Trump sont jeunes et représentent un renouveau de la classe politique américaine.

Alors tant qu’on est dans les suppositions hardies, pourquoi ne pas considérer celle-ci.

On sait que Barack Obama ne peut plus rien apporter à son pays. Sur le plan intérieur, il est coincé par les majorités républicaines à la Chambre et au Sénat. En politique extérieure, il est hors course. Netanyahou ne veut pas le rencontrer. Poutine mène le jeu au Moyen-Orient, Erdogan et Mohammed ben Salmane sont hors de contrôle, l’Ukraine va à vau l’eau, les TTIP et TPP ne seront pas ratifiés sous sa présidence, il y a des tensions entre les Départements d’État et de la Défense au point qu’il n’a même pas participé à la dernière réunion des deux ministres et de leurs conseillers alors, au moment opportun, pourquoi ne se retirerait-il pas pour laisser la place à Joe Biden.

Si ce dernier engrangeait quelques beaux succès diplomatiques comme président, là, il deviendrait un candidat sérieux.

C’est peut-être une idée saugrenue mais nous vivons une époque où beaucoup de choses inattendues surviennent.

Joe Biden.

Un signe d’une candidature de Biden est venu de son récent voyage en Israël dont il semble avoir obtenu l’appui en cas de défection d’Hillary Clinton [4]. L’appui d’Israël signifie évidemment l’appui des principaux lobbies juifs aux États-Unis. 

 

Panique en Europe.

Les Européens devraient voir les élections américaines avec un certain détachement mais il n’en est rien.

Barack Obama est leur gourou depuis sept ans et ils risquent de se trouver seul sans guide.

L’arrivée de Trump à la présidence des États-Unis laisserait l’Europe devant ses responsabilités. Sans les États-Unis, il n’y a pas de défense européenne. L’industrie informatique européenne dépend de ce qu’on invente dans la Silicone Valley. Les produits manufacturés de consommation courante viennent d’Asie. Le commerce international continue à se faire en dollars malgré le déficit abyssal du budget étasunien. Pour l’Union européenne, ce serait le moment de constater la vérité. 

Le roi est nu !

Qui va en profiter ? Sans doute d’abord ceux qui l’ont toujours dit. Nigel Farage en Grande Bretagne, Marine Lepen en France, les antieuropéens de tous bords dans le sud du continent, les nationalistes en Europe centrale etc.

Il y a de quoi avoir des sueurs froides à Bruxelles et dans les capitales de l’Union mais malheureusement l’opinion des Européens n’a jamais eu la moindre influence sur le vote des Américains.

C’est pourtant une des élections américaines les plus importantes de l’histoire pour l’Union européenne. Elle n’a jamais été aussi inféodée aux États-Unis et elle a à surmonter des défis énormes qui mettent en péril la démocratie et la stabilité du continent.

 

Le reste du monde est plus serein.

La Chine attend depuis quatre ans le pivot stratégique américain vers l’Asie. Elle a eu le temps de s’y préparer. La Chine a assuré ses arrières avec ses partenariats avec la Russie et avec les républiques d’Asie centrale. Elle a eu le temps de commencer la réorientation de sa production vers son marché intérieur. Elle a fait de grands progrès militaires et ne craint pas vraiment les États-Unis, ni sur le plan économique ni sur la plan militaire. Un nouveau président ne changera sans doute rien pour la Chine.

Barack Obama n’a pas réussi à détruire l’économie russe. Elle se restructure pour le moment. Il y a encore un grand effort à faire mais le plus dur est passé. Les remontées des cours du pétrole vont rapidement aider les Russes à sortir de la récession. La Russie est réaliste. Elles s’adaptera au président que les États-Unis se seront choisis mais elle ne baissera pas sa garde.

Israël attend avec impatience le remplaçant d’Obama qui ne peut qu’être plus favorable à ses intérêts.

Pour l’Amérique du Sud, il n’y aura pas de changement quel que soit le nouveau président.

 

Conclusion.

C’est le 15 mars qu’on verra plus clair dans la course à la candidature. Ce jour-là, cinq gros États voteront et 60 % des délégués auront alors été alloués. Dans deux de ces gros États, la Floride et l’Ohio, le vainqueur empochera tous les délégués. Si Trump gagne ces deux caucus, il aura une chance d’atteindre les 1237 délégués nécessaires pour être le candidat du parti. Dans le cas contraire ses chances seraient compromises. 

La direction du parti républicain pourrait alors envisager une alternative à Donald Trump et essayer de le convaincre de renoncer à la présidence.

Le problème des démocrates est l’incertitude. Ils ne sauront sans doute pas avant juillet qui sera le candidat républicain et si Clinton renonce, comme il serait raisonnable de le faire, ils devront désigner leur candidat sans connaître l’adversaire républicain. 

Il est toujours mathématiquement possible que Sanders obtienne une majorité de délégués, elle est de 2241 chez les démocrates, mais c’est douteux.

Les démocrates peuvent-ils prendre le risque de désigner Sanders comme candidat ou vont-ils désigner un candidat plus expérimenté comme Biden par exemple ?

Pour le moment, il ne peut y avoir de réponse à ces questions. Les deux partis vont sans doute entamer une partie de poker menteur sous le regard éberlué du reste du monde.

La démocratie en ressortira-t-elle grandie ? Sans doute pas et ceux qui y croyaient encore devront une fois de plus ravaler leurs convictions.

Peut-on risquer un pronostic ? Chacun fera le sien mais moi je vois Joe Biden et John Kasich concourir pour la magistrature suprême aux États-Unis. C’est subjectif, je le reconnais.

Il y a aussi un point délicat à soulever. Si les deux candidats antisystèmes sont éliminés et remplacés par des candidats liés à l’ "establishment" grâce à des magouilles particratiques, on peut s’attendre à des réactions imprévisibles des Américains qui manifestent de plus en plus leur hostilité au système tel qu'il existe.

 

 


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153 réactions à cet article    


  • Robert GIL Robert GIL 10 mars 16:23

    il fait parti des 1%, donc il fera une politique pour les 1% ...


    • Pierre Pierre 10 mars 16:41

      @Robert GIL
      Vous parlez de Trump s’il est élu ?


    • Pere Plexe Pere Plexe 10 mars 18:24

      « Il [Trump] est assez fortuné pour ne pas devoir compter sur de riches contributeurs pour financer sa campagne électorale et il ne devra donc pas leur renvoyer l’ascenseur »

      L’experience montre que rien que le fait de vouloir conserver sa fortune amène à des arrangements/compromissions avec le pouvoir économique et financier du même acabits qu’en cas de financement direct.
      Que le candidat habile fasse de sa fortune un argument d’indépendance ne devrait pas abuser l’électeur un peu observateur.
      Et pourtant...

    • HELIOS HELIOS 10 mars 18:59

      @Robert GIL

      On se rappelle de Kennedy, qui a voulu gouverner comme il voulait.

      Un jour, a Dallas, ses « copains » se sont rappelés a lui.

      esperons que Trump n’a pas trop d’amis de ce genre !

    • colere48 colere48 10 mars 19:13

      @Pere Plexe

      Totalement d’accord. C’est une « pseudo » indépendance, une telle fortune est obligatoirement inter-mêlée avec un grand nombre d’alter ego.
      Toutes relations imaginables sont possibles....


    • Phalanx Phalanx 10 mars 20:35

      @Robert GIL

      Les Clinton pèse plus de 100 millions de dollars de fortune personelle à eux deux. Il sont centi millionaires .... largement de quoi financer une campagne si ils le voulaient. Mais pas besoin, Wall Street est là pour leur payer leur campgne.

      Marrant qu’on attaque Trump sur sa fortune faite dans le business et pas Clinton et sa fortune faite dans la politique. 

      Pour le reste, il ne vous aura pas échappé que les fameux 1% detestent Trump.


    • Robert GIL Robert GIL 11 mars 11:57

      @Phalanx
      trump ou clinton c’est comme buch et obama ... du pareil au meme. Au US tout est sous controle, si vous ne faites pas parti des 1% vous ne serez pas president, et lorsque vous etes president vous gouvernez pour les 1% ! .... En France c’est pareil, Sarko, Hollaande ou Le Pen font, ont fait ou ferons une politique pour leur ceste ... et les français adorent se faire entuber, ils aiment voter pour les elites pas pour un ouvrier qui fait difficilement 1% ... elle est pas belle la vie !


    • blablablietblabla blablablietblabla 10 mars 16:57

      De toute façon ça ne changera rien pour la France et l’Europe on est devenu les larbins des américains !


      • Fergus Fergus 10 mars 17:06

        Bonjour, blablablietblabla

        C’est vrai pour Clinton.

        Ce le serait sans doute nettement moins si Trump devait être élu, lui qui entend se recentrer sur les Etats-Unis et abandonner une grande partie de l’interventionnisme étasunien. Il est même des plus réticents vis-à-vis de l’Otan, une grande première au pays de l’Oncle Sam dont cette organisation est un relais planétaire.


      • Pierre Pierre 10 mars 17:08

        @blablablietblabla
        Bien sûr que cela fera une différence. Le passage entre W Bush et Obama a fait une différence. il en sera de même avec le successeur d’Obama sauf si c’est Clinton ou Biden.


      • blablablietblabla blablablietblabla 10 mars 17:29

        @Fergus, oui c’est sur avec lui au moins on c’est ou on va il n’écoutera pas les lobbys de toute sorte c’est ce qu’on appelle un électron libre !


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 10 mars 20:17

        @Pierre
        « Le passage entre W Bush et Obama a fait une différence »... Et dire que les Syriens ne sont aperçu de rien .... Où voyez vous une différence ?
        « L’ère de l’autoritarisme »


        Chomsky : «  Trump est en train de gagner parce que l’Amérique blanche est en train de mourir »

      • soi même 10 mars 23:26

        @blablablietblabla,c’est une réalité que les esprits naïfs ont du mal à comprendre tellement est forte en Europe, cette duplicité politique à vouloir nous faire courber l’échine. !

        Rare en politique aujourd’hui ceux qui osent dire la vérité sur le sujet, ce qui va se passer en Amérique va pas changer d’un iota le sort qu’il réserve au monde, car Hillary où Trump sont en réalité sortir du même moule, ils non aucune volonté de sortir de l’idéologie de cette Amérique triomphante qui domine le monde .


      • Pierre Pierre 11 mars 04:53

        @Fifi Brind_acier
        Bonjour Fifi, Je suis étonné que vous ne voyez pas la différence entre un conservateur et un libéral. 

        Pour la Syrie aussi il y a une grande différence par rapport à l’Irak. 
        L’Irak a été envahi par les Américains sans le soutien des pays voisins. C’est pour cela que ce fut un échec des conservateurs. 
        Le changement de régime en Syrie a été voulu par l’Arabie saoudite et par des comploteurs des services secrets occidentaux. La Turquie s’est jointe dans un deuxième temps. Obama n’a pas envoyé de soldats américains en Syrie. Il s’est même abstenu de la bombarder en 2013. Il n’a pas armé les rebelles des armes les plus sophistiquées. Vous ne trouvez pas que cela fait une différence ?


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 11 mars 07:42

        @Pierre
        « Obama n’a pas envoyé de soldats américains en Syrie. Il s’est même abstenu de la bombarder en 2013. »

        Obama n’a pas envoyé les soldats américains, il a envoyé la CIA. C’est plus discret, mais le résultat est le même, la Syrie est dévastée comme l’ Irak , l’ Afghanistan et la Libye. .


        En 2013, il aurait ben voulu,... mais il n’a pas pu !
        L’US Navy a envoyé 2 missiles pour tester les radars syriens qu’elle n’arrivait pas à localiser, et ce sont les Russes, pas les Syriens, qui ont signalé l’incident...
         « Echec et Obamat en Syrie »

      • MAIBORODA MAIBORODA 11 mars 08:22

        @Fergus


        Ce que vous avancez concernant Trump et l’OTAN ne manque pas d’intérêt, mais demande à être vérifié.

      • Fergus Fergus 11 mars 08:40

        Bonjour, MAIBORODA

        En effet, cela demande à être vérifié.

        D’autant plus que Trump nous a crédités jusque-là de propos décoiffants très éloignés dans la plupart des cas de ce qu’il ferait au pouvoir. Néanmoins, sa conviction semble être assez solide sur le nécessaire recentrage étasunien.


      • julius 1ER 11 mars 09:23
        L’Irak a été envahi par les Américains sans le soutien des pays voisins. C’est pour cela que ce fut un échec des conservateurs. 

        @Pierre

        non l’’echec est que l’on ne tient jamais un pays militairement !!! les solutions militaires sont de courte-vue parcequ’un pays ne fonctionne pas sous régime militaire ... on le sait depuis la guerre d’Algérie !!
        et partout où il y eu des dictatures militaires les pays ont été livrés à la stagnation !!!!

      • julius 1ER 11 mars 09:39

        @Fifi Brind_acier


        la politique d’un pays c’est comme un train.... plus il est grand et plus il est lancé et plus il est difficile à arrêter !!!!
        de plus comme Louis XIV je dirai qu’en dernier lieu c’est l’administration qui pèse sur le cours des choses alors dans la mesure où ce ne sera pas un révolutionnaire qui sera élu .....

        ce n’est que sur le long terme que l’on verra la différence car plus un pays est grand et plus il y a d’inertie ....

        10 ans avec Obama n’ont pas changé grand -chose sur le fond aux USA, il n’ a pas engagé de conflit majeur comme Bush mais il n’a pas changé de doctrine quand au fond !!!

        la finance n’a pas été maitrisée et ses mandats vont paraître bien ternes lors de l’analyse exhaustive !!!

      • izarn 11 mars 09:48

        @blablablietblabla
        Esperons que ce n’est pas définitif...
        Faut quand meme pas s’énerver sur Trump. Ne serait-il pas une sorte de Tsipras de droite à l’américaine ?
        Meme s’il est élu...Et Alors ?
        On a vu Tsipras se dégonfler....Pire que ça sa posture était depuis le début intenable : Rester dans l’UE et l’euro était impensable pour vouloir résister... On l’a dit depuis le début moi et plein d’autre. Ca n’avait pas de sens. Alors plein d’intellos et de politiciens ont commencé a soutenir les grecs avec illusion...Histoire de faire encore croire à une démocratie déficiente.
        Mais que va pouvoir faire un Trump ? Qu’a fait un Obama ?
        A la limite pourquoi s’agiter ? Ce n’est pas le président US qui dirige le Système...


      • Pierre Pierre 11 mars 10:59

        @Fifi Brind_acier
        Vous faites une erreur de jugement, Fifi. Ce sont les voisins turcs et saoudiens qui sont responsables des dévastations. 

        En 2013, Obama avait été poussé dans le dos par les faucons ainsi que par un certain François Hollande pour intervenir en Syrie. Vous savez très bien qu’il y avait un « false flag » au départ avec l’histoire de l’attaque au gaz de combat. Obama le savait aussi et d’autant plus qu’il recevait à l’époque les rapports de la DIA qui était hostile à cette intervention. Obama tient à l’image qu’on gardera de lui. Il ne veut pas être mis dans le même sac que W Bush.
        Tenez compte que beaucoup de services américains ont une liberté d’action et échappent à son contrôle ainsi qu’à celui du Congrès. Ils se financent grâce à des trafics divers.

      • Pierre Pierre 11 mars 11:24

        @julius 1ER
        Ce que vous dites n’est pas incompatible avec ce que je dis.

        Si vous voulez bien voir ce qui s’est passé en Irak à partir de 2003, vous constaterez que les Etats-Unis ont envahi l’Irak à partir du Sud, quasiment seul (ou avec des figurants) et sans mandat de l’ONU déjà parce que la Turquie voulait avoir le contrôle du Kurdistan irakien avant d’accepter d’épauler les Américains. Rappelez-vous, ils croyaient être reçu en libérateurs par les Irakiens. Ils ont été reçus avec indifférence dans les meilleurs des cas. Dès le début, en 2003, les chiites ont reçu l’appui de l’Iran et les sunnites l’ont reçu des saoudiens dès que le pouvoir a été tenu par la majorité chiite. C’était déjà la répétition générale de ce qui allait se passer en Syrie 8 ans plus tard.
        A partir de ces constats, l’occupation ne pouvait être qu’un échec d’autant plus qu’ils durent faire face à un nouveau type de guerre auquel ils n’étaient pas préparés : la guerre hybride et les attentats suicides. 
         

      • L'enfoiré L’enfoiré 11 mars 18:46

        @Pierre, 

        Combien miseriez-vous pour vos candidats ? smiley 
        Faites-vos jeux. mais attention,.. 

        Un Américain n’est ni sur le même axe de la longitude, ni sur la même longueur d’onde, ni, encore moins, accoquiné avec les mêmes techniques de sondages. 

        Pour lui, socialisme et communisme, c’est du pareil au même. 

        Le suspense restera intense jusque dans les chaumières américaines qui affichent en devanture leurs couleurs politiques sur leurs façades.

        Ce qu’on ne fait jamais de notre côté de l’Atlantique....


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 11 mars 19:10

        @julius 1ER
        Si les ravages en Syrie et en Ukraine ne sont pas des conflits majeurs, que vous faut-il ?
        Et ça redémarre en Libye... Daesh est maintenant répandu un peu partout, en Afrique, Caucase, en Tunisie etc


        La taille d’un pays n’est pas un critère, la Russie de Poutine n’a plus rien à voir avec l’ère Elstine, au grand désespoir de la Maison Blanche.

      • Pierre Pierre 11 mars 20:11

        @L’enfoiré
        J’ai fait mon pronostique dans l’article. A mon avis, Trump et Sanders n’atteindront pas les 50 % de délégués et ce seront deux conventions négociées. Trump a les moyens de se présenter comme indépendant, pas Sanders.


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 13 mars 19:39

        @Pierre
        En 2011, il semblerait ( c’est confirmé par la suite par Roland Dumas), qu’un accord entre les Anglais, et Juppé/ Sarkozy, poussés par Hillary Clinton, ait eut lieu pour que la France et l’ Angleterre recolonisent la Syrie. Les accords de Lancaster House en 2011.


      • Fergus Fergus 10 mars 17:01

        Bonjour, Pierre

        Vous l’avez évoqué furtivement : Trump se présenterait sans doute comme candidat indépendant si le GOP choisissait de l’écarter sur le tapis vert en refusant de prendre en compte son très probable plus grand nombre de délégués que ses adversaires.

        Encore faudrait-il tenir compte également de Cruz, tout aussi honni des caciques du Parti républicain.

        Personnellement, je ne crois pas qu’il puise y avoir désormais de « convention contestée » et a fortiori de « convention négociée », les candidats « compatibles » Rubio et Kasich étant, le premier cramé, et le second en sursis.

        On devrait donc voir Trump en finale contre le champion - et plus probablement la championne - démocrate.


        • Pierre Pierre 10 mars 17:39

          @Fergus
          Bonjour, Je n’ai pas évoqué Ted Cruz parce qu’il n’est pas une alternative à Trump. C’est le candidat du Tea Party et comme vous dites il est aussi honni que Trump par les caciques. 

          L’idée de la convention négociée est venue de Mitt Romney et elle a intéressé les dirigeants du parti républicain qui ne veulent Trump en aucun cas. L’idée est de battre Trump le plus souvent possible pour l’empêcher d’atteindre la majorité des délégués. Les trois candidats doivent pour cela se maintenir et concentrer leurs attaques contre Trump.
          Maintenant, Trump n’est pas tout seul non plus. Il a aussi des soutiens de poids comme l’ancien maire de New-York Rudolph Giuliani par exemple et l’acteur Jon Voigh comme je viens de l’apprendre.
          Je crois que comme tout le monde, on verra plus clair après le 15 mars. 
          Si le GOP voulait écarter Trump alors qu’il serait en tête, je ne vois pas comment ils pourraient éviter une candidature indépendante. 

        • Fergus Fergus 10 mars 17:55

          @ Pierre

          Le 15 mars sera évidemment une date importante car les primaires qui se tiendront ce jour-là apporteront tous les délégués au vainqueur (winner takes all). Or, Trump est donné nettement vainqueur pour le moment en Floride, dans l’Etat de Rubio. Ce qui pourrait lui rapporter 99 délégués d’un coup et définitivement tuer Rubio.

          « Si le GOP voulait écarter Trump alors qu’il serait en tête, je ne vois pas comment ils pourraient éviter une candidature indépendante. » 

          En effet, et c’est très exactement ce que j’écrivais dans mon article de lundi.


        • Pierre Pierre 10 mars 18:11

          @Fergus
          Oui c’est vrai, à partir du 15 mars, le vainqueur dans un Etat remporte toutes les voix. (Winner takes all)

          Il faut rappeler que les caucus républicains se terminent le 7 juin et qu’il y aura ce jour-là la Californie qui à 172 délégués.

        • agent ananas agent ananas 10 mars 19:27

          @Pierre, Fergus

          Winner takes all ... seulement si le vainqueur obtient au moins 50% des suffrages. !


        • Fergus Fergus 10 mars 20:05

          Bonsoir, agent ananas

          En Floride, Trump est donné à 60 %. A suivre...


        • pierrejcallard 10 mars 20:41

          @Pierre & Fergus


          Il semble que personne ne voit une autre alternative, VRAIMENT révolutionnaire, celle-là... Imaginez Trump, obtenant l’endossement du Parti Républicain, mais ne pouvant pas compter sur la loyauté de son parti, qui invite SANDERS - privé, lui, par une magouille de « super-délègués » de l’investiture Démocratie - à devenir son colistier et éventue VP.... 

          Leur commune opposition à leurs oligarchies respectives et à toute la structure des accords commerciaux des USA les distingue des autres volets de leurs Partis respectifs... et rend leurs programmes compatibles.... alors que leurs supporters constituent des clientèles électorales merveilleusement complémentaires. 

          Si Sanders acceptait, moyennant la promesse de Trump de réalise les programmes de santé et d’éducation gratuites de Sanders .... et appelait ses fidèles à soutenir Trump, cette équipe remporterait en novembre, une victoire électorale comme les USA n’en ont jamais connue.

          Une victoire démesurée. Il ne resterait ensuite qu’a occire les vieux partis Dem et Rep, au profit d’un nouveau « Parti Américain » dont la mascotte iconique ne serait plus l’Âne ni l’Éléphant, mais ce Lion rugissant qu’on a vu dernièrement apparaitre associé au « mouvement » de Trump dans des reportages de CNN....


          Pierre JC Allard











           



        • Abou Antoun Abou Antoun 11 mars 00:46

          @Pierre
          (Winner takes all)
          Chanson de circonstance, un peu de musique pour détendre l’ambiance.
          Plus sérieusement l’Amérique peut nous réserver des surprises. Ils en ont marre de l’establishment là-bas comme ici. Le consensus était formé autour d’une grosse classe moyenne, de l’American Way of Life accessible. Tout cela tombe en charpie ; le rêve américain a un coup dans l’aile. Les guerres ’coloniales’ coûteuses, en argent, en vies humaines, en prestige car elles sont toutes perdues in fine, sont de plus en plus impopulaires. J’ignore jusqu’à quel point la tentative de ressusciter l’épouvantail russe a du succès auprès de la population.
          Hillary Clinton est le symbole de toute cette m..., et de sa continuation.


        • Pierre Pierre 11 mars 04:57

          @agent ananas
          Merci. C’est une précision importante. A suivre.


        • Pierre Pierre 11 mars 05:12

          @pierrejcallard
          Bonjour, Trump n’a rien ni d’un socialiste ni d’un anarchiste alors gardons ce rêve au placard des utopies. 

          Un tel scénario ne peut avoir ni le soutien du Congrès ni des médias ni d’une majorité d’Américains. A titre personnel, je le déplore parce que ce serait révolutionnaire. D’un point de vue réaliste, je crois qu’il y aura dans un proche avenir des bouleversements aux Etats-Unis mais pas celui-là

        • MAIBORODA MAIBORODA 11 mars 08:25

          @pierrejcallard


          On peut toujours rêver. Mais marier la carpe et le lapin est un exercice utopique.

        • Fergus Fergus 11 mars 08:44

          Bonjour, pierrejcallard

          Je partage l’avis de Pierre et Maiboroda


        • JL JL 11 mars 08:49

          @pierrejcallard
           

          êtes vous notre Pierre JC Allard connu depuis des lustres sur Agoravox, ou bien un non inscrit qui profite d’une faille du système (ou facilité ?) poster sans être inscrit et en l’occurrence, sous une signature usurpée ?

        • julius 1ER 11 mars 09:26

          @pierrejcallard


          j’espère que c’est de l’humour !!!!

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