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Accueil du site > Actualités > International > Peloton d’exécution pour un condamné en Utah

Peloton d’exécution pour un condamné en Utah

A minuit vingt heure locale, Ronnie Lee Gardner, 49 ans, a été déclaré mort. Une exécution qui a fait beaucoup de bruit, et pour cause, c’était la troisième seulement par fusillade depuis 1977 (date où la peine de mort est redevenue légale aux Etats-Unis après une pause de 4 ans). C’était aussi l’occasion pour de nombreuses associations de remettre sur le devant de la scène les problématiques entourant la peine capitale dans le pays.

Une mort plus « humaine » ?

Depuis 2004, l’Utah n’autorise plus le choix du peloton d’exécution, lui préférant l’injection létale. Mais les condamnés antérieurs à cette loi peuvent encore choisir cette option, comme l’a fait Gardner. C’est d’ailleurs, avec l’Oklahoma, le seul Etat où cette méthode est encore rendue possible légalement.

La procédure se déroule dans une pièce de six mètres sur sept. Le condamné est attaché sur une chaise noire, en dessous de laquelle un plateau est installé pour récupérer le sang. Il est cagoulé, et une cible blanche est épinglée au niveau de son cœur. En face, cinq tireurs sélectionnés pour leur précision se placent derrière un mur, dont ne dépasse que l’extrémité de leur calibre 30. L’une des armes est chargée à blanc, laissant aux tireurs le doute sur la provenance de la balle mortelle. Les témoins de l’exécution se trouvent derrière une vitre pare-balle, pour prévenir les ricochets.

Cette méthode de mise à mort a été décriée à moult reprises pour sa « barbarie », et son côté réminiscent de la justice du Far West. Pourtant, en 1938, un condamné à mort avait accepté d’être branché sur un électrocardiogramme pendant son exécution. Les résultats ont montré un arrêt du cœur en moins d’une minute, faisant donc du peloton d’exécution la technique la plus rapide et la moins douloureuse de l’attirail mortifère de la justice américaine.

Autre reproche fait à la méthode : elle serait, par sa rareté, un choix visant la médiatisation, une façon de partir dans un « coup d’éclat ». L’aspect très sanglant de l’exécution serait aussi une manière d’embarrasser l’Etat qui la met en œuvre, et d’attirer l’attention. Dans le cas de Gardner, qui a sobrement demandé « je voudrais le peloton d’exécution s’il vous plaît » lors de sa dernière audience en avril, ce serait simplement une question de préférence selon l’un de ses avocats.

L’injection létale, beaucoup plus « propre » à regarder et à réaliser est néanmoins sujette à de houleux débats. Le personnel qui l’administre n’ayant pas de formation médicale, il arrive (souvent ?) que les dosages des trois médicaments ou leur ordre d’injection soient incorrects, occasionnant une mort lente (environ 9 minutes) et douloureuse. Mais personne n’aime avoir du sang sur les mains.

Un homme changé

C’est ainsi que l’un de ses avocats, Andrew Parnes, le décrivait récemment à des reporters. La liste des crimes de Gardner est longue, indiscutablement. D’abord condamné en 1980 pour un braquage, il parvient à s’enfuir quatre ans plus tard. Après quelques mois dehors, il tue Melvyn Otterstorm, un barman à Salt Lake City. Le 2 avril 1985, pendant son procès pour ce meurtre, il tente une nouvelle fugue et tire un coup fatal sur un membre du parquet, Michael Burdell. C’est donc d’une double condamnation à mort qu’écope Ronnie Lee Gardner cette année là. Depuis, il vivait dans une cellule de la prison d’Etat de Draper, en attendant la mort.

Bien qu’il n’ait jamais nié les faits ou sa culpabilité, son équipe légale a déposé de nombreux recours pendant les 25 ans de son incarcération. Arguant que leur client n’aurait pas eu l’occasion d’exposer les circonstances terribles qui ont participé à sa plongée dans la violence. Et il faut dire qu’à côté de lui, même Causette passerait pour chanceuse. Son premier contact avec les forces de l’ordre se fait alors qu’il n’a que 2 ans, il est trouvé dans la rue, marchant seul, en couches. A 6 ans, il sniffe déjà de la gazoline et de la colle. Dès ses 10 ans, il passe aux drogues plus dures (LSD et héroïne). A 23 ans, lorsqu’il tue Otterstorm, il a déjà passé 18 mois dans une institution psychiatrique, et a été abusé sexuellement dans une de ses familles d’accueil.

Interrogé par téléphone la semaine dernière par un journal local, il déclarait « J’avais un tempérament explosif. Même ma mère disait que j’avais deux personnalités. ». Mais, même si pendant 25 ans la seule main qu’il peut serrer est celle de son avocat, son frère soutient qu’il n’était plus le même homme. Il projetait, s’il réussissait à être libéré, de créer des jardins communautaires pour révéler des mains vertes parmi les jeunes « difficiles ». Mercredi soir, pour la première fois en un quart de siècle, Il a pu passer les bras à travers les barreaux et toucher sa famille. C’était aussi la dernière fois.

Le peloton d’exécution n’a pas seulement abattu Gardner le meurtrier d’il y a 25 ans, il a aussi tué l’homme qu’il était devenu, qu’il voulait être, le frère, l’oncle, l’ami.

Les chiffres de la peine de mort aux Etats-Unis

  • En 2009, 52 personnes ont été exécutées aux Etats-Unis.
  • 3279 attendaient dans le couloir de la mort et 9 ont été innocentés et libérés avant que l’irréparable soit commis.
  • Les criminologues comme les forces de l’ordre estiment unanimement que la peine de mort n’est pas un moyen efficace de lutter contre la criminalité.

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40 réactions à cet article    


  • Internaute Internaute 19 juin 2010 12:05

    Les criminilogues sont là pour déculpabiliser les criminels et nous faire passer de dangereuses bandes armées pour des « victimes de la souffrance sociale » ou des « victimes de l’exclusion et du racisme ». Les sociologues nous ont appris qu’il n’y a pas d’augmentation de la délinquance mais du « sentiment d’insécurité ».

    Je ne vois pas trop où l’article veut en venir. Montrer dans le détail une exécution ne sert bien évidemment qu’à provoquer chez le lecteur un rejet épidermique de la peine de mort sans réfléchir plus loin. Vous auriez aussi pû nous décrire dans le détail la souffrance d’un couple de vieux qui reçoit 25 coups de couteaux et comment le sang gicle et coule sur le carrelage après avoir imbibé le divan. Vous vous rendez compte ? Même pas une bassine placée dessous pour récupérer leur sang. Quelle horreur ! Parlez nous du monsieur qui implore en sanglots l’assassin d’épargner sa femme.

    Pour ce qui est des détails techniques, la peine de mort la plus rapide reste la guillotine ou la pendaison. C’est d’ailleurs un humaniste démocrate, le docteur Guillotin, qui inventât la guillotine pour abréger les souffrances des condamnés. C’est la « valeur » de la Révolution Française.

    La peine de mort a déjà un avantage que vous ne pouvez pas nier. Elle élimine de la circulation des individus dangereux et protège les victimes de tous les récidivistes. Sans elle, il y a toujours un député félon pour relâcher avant l’heure un criminel.

    Pour être dissuasive la peine de mort doit être menée jusqu’au bout. Au lieu de tuer en cachette quelqu’un qu’on a laissé mijoter 20 ans en prison, la peine de mort devrait être appliquée rapidement et retransmise en direct au JT de 20heures en présence du premier ministre et du président de l’assemblée nationale. C’est la seule façon d’inquider aux délinquants qui tient le fouet et de leur montrer les risques qu’ils prennent. Aprés tout on n’a aucune gêne à nous montrer les cancers du tabac ou les accidentés d’autos. Une exécution n’est pas plus sanglante. Il semble que dans notre société où les valeurs sont inversées, culpabiliser le public c’est bien mais intimider les criminels c’est mal.


    • Radis Call 19 juin 2010 19:22

      L’histoire de la guillotine est encore plus curieuse..C’est en effet un médecin Guillotin qui en a eu l’idée , mais au départ la lame ressemblait à une lame de hache : courbe et c’est Louis XVI qui l’aurait incité à fabriquer une lame oblique, en ciseau...

      Les deux inventeurs ont eu l’occasion de tester la machine...


    • Mmarvinbear mmarvin 19 juin 2010 20:34

      « La peine de mort a déjà un avantage que vous ne pouvez pas nier. Elle élimine de la circulation des individus dangereux et protège les victimes de tous les récidivistes. Sans elle, il y a toujours un député félon pour relâcher avant l’heure un criminel. »  : Si la mort était tellement dissuasive, pourquoi alors les pays qui ont le plus fort taux de criminalité sont aussi ceux qui ont la mort dans leur arsenal judiciaire ?

      A l’inverse, les Etats qui l’ont supprimé ont vu le taux de criminalité baisser.


      La mort ne protège pas. Elle n’a jamais protégé quiconque et elle ne le fera jamais. Le criminel décapité est simplement remplacé par un autre. Celui qui croit être protégé ainsi se berce d’illusions.


      La « sécurité » est une invention de la droite pour sa campagne électorale, promettant, en échange des voix, paix et tranquilité, au prix de la libéralisation sauvage de l’économie.


      Ni le RPR, ni l’UMP, qui ont fait de l’insécurité leurs chevaux de batailles, n’ont réussi, ou même fait quoi que ce soit pour lutter contre : une société qui aura peur sera plus tentée de voter pour eux. L’insécurité est doucement entretenue à dessein : les effectifs de la police sont ajustés à la baisse pour permettre à la délinquance d’être suffisamment visible. Pour que le gouvernement ne soit pas tenu responsable, les médias seront gentils de sous-entendre que tout est de la faute de la Gauche, qui tient les départements et les régions, alors que ces entités administratives n’ont aucun rôle à jouer dans la sécurité intérieure.


      Pendant des siècles, la mort était publique. Le faux-monnayeur était jeté dans de l’huile bouillante sur la place du marché à une heure de grande affluence et une grande publicité était faite autour de l’exécution. Les mères menaient leurs enfants turbulents leur rpomettant de finir ainsi s’ils ne devenaient pas sages.


      Et vous savez quoi ?

      Un bon nombre finissaient ainsi en place de Grève.


      La mort publique de leur prédecesseur ne les avaient pas dissuadés, bien au contraire !


      Robert Badinter, à juste titre, a rappellé que dans la foule qui hurlait « à mort » à l’encontre de Buffet et Bontemps, il y avait un certain Patrick Henry, qui dix ans après allait étrangler un garçon de huit ans après l’avoir enlevé pour en tirer rançon.

      En quoi la mort de Buffet et Bomtemps aura t-elle été instructive ?

      En rien.


    • Arafel Arafel 21 juin 2010 02:34

      A la vue de cet article, je comprend une chose : s’il avait été exécuté après qu’il eut commis un premier assassinat, il n’aurait pas tué de nouveau. Et le membre du Parquet serait certainement encore vivant à ce jour.


    • Hijack Hijack 19 juin 2010 12:23

      Je suis contre la peine de mort pour de milliers de raisons mais je précise aussi que pour un grand criminel, la peine capitale est une délivrance et non une condamnation d’où l’idée ridicule de la peine de mort ... mais il est évident qu’une fusillade est la mort la plus acceptable.


      • Mmarvinbear mmarvin 19 juin 2010 20:35

        A la rigueur, pour rester propre, on peut envisager la mort par vuvuzelas...


      • Hijack Hijack 20 juin 2010 11:18

        Noooooooon !!!! J’ai rien fait ... pardon quand même.


      • Louisiane 19 juin 2010 12:27

        Si la peine de mort avait une quelconque valeur pédagogique, les Etats-Unis (entre autres) seraient un pays sûr et sans criminalité. Or, ce n’est pas le cas.
        Et si la perspective de la peine de mort invitait au contraire les délinquants à ne reculer devant rien ?
        Par ailleurs, faire mariner une personne vingt ans dans le couloir de la mort relève plus du sadisme que de la justice.
        C’est à se demander qui de l’assassin ou des bourreaux est le plus pathologique. Sans doute est-ce la structure de la société qui l’est ?


        • ravachol 19 juin 2010 16:46

          Je ne suis pas tres ancien sur agoravox et je trouvait le systeme plus-moins un peu pueril,mais dans se genre d’articles j’en voit tout l’enjeu,et donc je plus


        • dom y loulou dom 19 juin 2010 13:26

          cette nation, les USA donc, sous la tutelle des banksters anglais maintenant, entièrement tenue par wall street gouverné par la FED, émétrice du dollar en chute libre, avec un président qui a déjà dépensé plus que tous les présidents US conjointement avant lui, sombre dans la barbarie nazie à vitesse grand V.

          mais on fait la fête aux festivals... faut pas voir de la conspiration partout voyons...


          • ravachol 19 juin 2010 14:41

            Je vote oui pour l’article et je pense que si tout les cons volaient on ne pourrait plus circuler dans l’espace aerien francais.Vous savez,ceux qui moinssent !!!


            • oncle archibald 19 juin 2010 15:03

              Je suis contre la peine de mort par attachement à une valeur supreme, à un principe absolu : la vie d’un homme est sacrée. La société doit se protéger des délinquants, elle n’a pas à les tuer. 

              Autant je peux comprendre le geste incontrolé de vengeance immédiate, genre le père surprend le malfaisant qui vient de tuer sa femme ou son enfant et le tue à son tour, autant je pense que l’enfermement « à perpétuité » c’est à dire à une très longue peine de l’ordre de 25 ou 30 ans est une peine bien plus lourde que la peine de mort pour les délinquants et qui permet en outre à certains d’entre eux de comprendre et de s’amender... 

              • Dominitille 19 juin 2010 15:36

                Ronnie Lee Gardner 49 ans condamné à mort pour avoir pris la vie de :
                Melvyn Otterstorm en 1980
                Mickael Burdell en 1985.
                Quelle autre peine méritait-il ?
                Il a pris la vie de deux êtres humains, ces deux vies sont-elles aujourd’hui 25 ans après moins importantes que celles de Ronnie Lee Gardner en 2010 ?
                Ronnie Lee Gardner a été condamné il y a 25 ans pour des faits qu’ il a reconnus.
                Il n’ a changé que parce qu’ il est resté 25 ans en prison et pour aucune autre raison.
                Il n’ aurait pas changé s’ il était resté en liberté, je gage qu’ il aurait privé de leur vie plusieurs autres innocents.
                C’ est plutôt le système de la peine de mort qu’ il faut changer et ne plus laisser des condamnés à mort pour des crimes reconnus, j’ insiste sur ce fait, pourrir derrière des barreaux et en faire des martyres de la société.
                Que peuvent-ils faire d’ autres derrière les barreaux qu ’évoluer positivement ? ils n’ ontque cela à faire.
                Pourquoi seules les guerres dédouaneraient-elles les hommes de tuer l’ autre ?
                Ronnie Lee Gardner a gagné sa rédemption et aujourd’hui il est peut-être au paradis ?
                Dans son autre vie, il sera sûrement meilleur. C ’est ce que je lui souhaite.


                • oncle archibald 19 juin 2010 18:31

                  Melvyn Otterstorm et Mickael Burdell vont-ils rescuciter parce que l’on a tué Ronnie Lee Gardner ?

                  Quel est « l’avantage » que l’on retire de l’avoir tué ?

                • Dominitille 20 juin 2010 02:45

                  Oncle archibald,
                  posez la question aux familles de ces deux hommes. La peine de mort fait peur, beaucoup la refuse. Bizarre tout de même que l’on s’inquiète plus du bien être de l’ assassin que celui des victimes.
                  Il a été juste exécuté car il a tué deux hommes. Je n’ai jamais sous-entendu que la mort du condamné ferait revivre les victimes.

                  Mais peut-être changerez-vous d’ avis le jour ou vous ou l’un de vos proches seront en danger de mort parcequ’ un ou des individus vous menaceront avec une arme.


                • oncle archibald 20 juin 2010 08:10

                  et vous, changeriez-vous d’avis si c’était vous, personellement, qui deviez appuyer sur la détente du fusil pour tuer cet homme de sang froid ? Avez vous lu les témoignages de ceux qui ont assisté par force à des exécutions capitales : magistrats, avocats .. Rares sont ceux qui n’ont pas été bouleversés et amenés à réflechir sur le bien fondé de la peine de mort ...


                • oncle archibald 20 juin 2010 10:43

                  Domitille : « Mais peut-être changerez-vous d’ avis le jour ou vous ou l’un de vos proches seront en danger de mort parcequ’ un ou des individus vous menaceront avec une arme. » ...

                  Vous changez de sujet .. Bien évidemment si je suis menacé et que je dispose moi même d’une arme, je n’hésiterai pas à m’en servir .. Cela s’appelle la légitime défense .. C’est à chaud, dans le feu de l’action et il faut sauver sa peau ou celle de ses proches ...
                  La on a réflechi 20 ans et on a tué un homme qui n’était plus le même celui qui avait commis les crimes pour lesquels il a été condamné ... C’est un assassinat longuement prémédité !

                • Mmarvinbear mmarvin 20 juin 2010 14:30

                  En quoi la mort soulageraient les victimes des tueurs ?

                  Par définition, elles sont déjà mortes.

                  Vous pensez sans doute aux familles des victimes.

                  Ce qui est curieux, c’est qu’aucune famille ne s’est jamais sentie soulagée après. Elles pensent toutes que l’exécution leur permettra de se sentir mieux ensuite, mais ce n’est jamais le cas.


                • Dominitille 20 juin 2010 17:56

                  mmarvin,
                  J’ ai bien écrit les familles des victimes.
                  Ne déduisez rien de ce que pensent les familles des victimes après l’ exécution. Vous n’ en savez rien. Mais je suppose qu’ elles doivent être soulagées qu’ un être nuisible soit définitivement mis hors course ; ne serait- ce que pour d’ autres victimes.
                   Ma compassion ira toujours aux victimes.


                • Mmarvinbear mmarvin 20 juin 2010 23:08

                  Donc votre compassion va aussi aux familles des personnes exécutées à tort ?


                • Dominitille 21 juin 2010 13:57

                  mmarvin,
                  lisez mes commentaires en totalité, car j’en ai également parlé.
                  Voici dans l’ intégralité un texte reçu ce matin dans ma boîte mail. Les bien-pensants auront encore des excuses à formuler mais je n’ en ai rien à cirer.

                  Inversion des valeurs – lettre d’une mère à une autre mère, après le journal télévisé de RTP1 (Portugal). HISTOIRE VRAIE.

                  > Chère madame,


                  > J’ai vu votre protestation énergique devant les caméras de télévision contre le transfert de votre fils de la prison de Porto à la prison de Lisbonne. Je vous ai entendue vous plaindre de la distance qui vous sépare désormais de votre fils et des difficultés que vous avez à vous déplacer pour lui rendre visite. J’ai aussi vu toute la couverture médiatique faite par les journalistes et reporters sur les autres mères dans le même cas que vous et qui sont défendues par divers organismes pour la défense des droits de l’homme, etc…

                  > Moi aussi je suis une mère et je peux comprendre vos protestations et votre mécontentement. Je veux me joindre à votre combat car, comme vous le verrez, il y a aussi une grande distance qui me sépare de mon fils. Je travaille mais gagne peu et j’ai les même difficultés financières pour le visiter. Avec beaucoup de sacrifices, je ne peux lui rendre visite que le dimanche car je travaille tous les jours de la semaine et aussi le samedi et j’ai également d’autres obligations familiales avec mes autres enfants.

                  > Au cas où vous n’auriez pas encore compris, je suis la mère du jeune que votre fils a assassiné cruellement dans la station service où il travaillait de nuit pour pouvoir payer ses études et aider sa famille. J’irai lui rendre visite dimanche prochain. Pendant que vous prendrez votre fils dans vos bras et que vous l’embrasserez, moi je déposerai quelques fleurs sur sa modeste tombe dans le cimetière de la ville… Ah, j’oubliais… vous pouvez être rassurée, l’état se charge de me retirer une partie de mon maigre salaire pour payer le nouveau matelas de votre fils puisqu’il a brûlé les 2 précédents dans la prison où il purge sa peine pour le crime odieux qu’il a commis. Pour terminer, toujours comme mère, je demande à tout le monde de faire circuler mon courrier, si intime qu’il soit… nous parviendrons ainsi peut-être à arrêter cette inversion des valeurs humaines.
                  Les droits de l’homme ne devraient s’appliquer qu’aux hommes droits !!!
                   
                   

                   


                • Mmarvinbear mmarvin 22 juin 2010 10:10

                  Il faudrait vous même vous relire car vous n’en dites pas un mot.

                  Vous avez peut-être cru le faire mais ce n’est pas le cas.

                  Je vous repose la question : votre compassion touche t-elle également les familles des personnes exécutées à tort ?


                • Dominitille 23 juin 2010 20:07

                  Bonsoir mmarvin,
                  le 19 juin 15h36, j’ ai écrit : « c’ est plutot le système de la peine de mort qu’ il faut changer et ne plus laisser les condamnés à mort pour des crimes reconnus, j’ insiste sur ce fait, pourrir derrière des barreaux et en faire des martyres de la société ».

                  Je pense que je ne me suis pas exprimée assez clairement sur ce que je voulais dire.
                  Mais ma position est claire, la peine de mort ne doit s’ appliquer qu’ aux véritables assassins, ceux dont les crimes sont prouvés d’une manière irréfutables, jamais aux autres, car dès qu’ il y a un doute quelconque, il doit profiter à l’ accusé.
                  Un homme ou une femme exécutés à tort sont des innocents condamnés par erreur, et de ce fait evidemment qu’ ils ont ma compassion. Puisque ils seront tous victimes.
                  Les faits de violence que je lis ou vois à la télévision, dans les journaux me font douter de l’être humain. Aujourd’hui encore j’ ai lu sur lci.fr qu’ un sexagénaire a été battu à mort sur le quai d’une gare en Eure-et-Loir par 3 jeunes complètement saouls.


                • Mmarvinbear mmarvin 23 juin 2010 22:51

                  En fait j’ai l’impression que les partisans de la peine de mort sont au fond d’ eux même des désespérés.

                  Ils sont incapables de sortir de leur schéma primaire de vengeance froide. Alors ils se trouvent toutes sortes de raisons pour se voiler la vériter et remettre des oeuillères si rassurantes.

                  Beaucoup se disent chrétiens et « humains » mais leur démarche est en contradiction avec le précepte numéro un : « tu ne tueras point ».

                  Je suis d’accord pour dire que les meurtriers non plus ne le font pas. Mais leur acte justifie t-il de violer à son tour cette règle ?

                  Franquin avait bien saisi l’essence de ce paradoxe : http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/56/25/34/rakotoarison/_blogFranquinIdeesNoiresPeineC apitale.jpg

                  Pour accéder à la Justice, la vraie, il faut se détacher de la vengeance, légale ou non. Fut-ce au prix de la peine de la famille de la victime.

                  Ce n’est pas facile. Mais c’est l’effort et la peine qui nous font progresser en tant qu’animaux intelligents sur la voie du progrès.

                  Une petite note au sujet de l’espoir :
                  http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Maurice


                • oncle archibald 19 juin 2010 18:36

                  Je suis d’accord avec vous, le respect de la vie ne se partage pas et je trouve désolante la banalisation de l’avortement et sa transformation en « contraception retard » pour étourdies ..


                • Dominitille 20 juin 2010 02:51

                  Oncle archibald,
                  ne savez-vous pas que l’ acte sexuel se pratique à deux (en général et au minimum) Que l’ étourdie est sans nul doute l’ étourdi qui s’imagine que l’ autre a fait ce qu’il fallait faire.
                  les foetus ont un père et une mère.
                  la contraception est autant féminine que masculine. Seriez-vous du genre à ne pas prendre vos responsabilités ?
                  Les femmes font des bébés toutes seules c’est connu,


                • oncle archibald 20 juin 2010 08:04

                  Dominitille, mon age avancé me permet de parler d’experience ... Lorsque j’étais ado puis étudiant dans les années soixante la hantise des jeunes gens était de « mettre une fille enceinte » et d’être contraint de l’épouser alors que ça n’était pas prévu .....


                  Les temps ont changé, les femmes revendiquent d’assumer leur sexualité et sont donc sensées savoir « prendre leurs précautions » pour ne pas tomber enceinte sans l’avoir voulu ... La plupart le font, certaines acceptent l’idée que, le cas échéant, si un foetus vient se fixer dans leur utérus, elle « le feront sauter », parfois même contre l’avis du« père » qui voudrait bien ,lui, fonder une famille ... Les moeurs ont changé, ne vous en seriez vous pas aperçu ? C’est ce qui rend d’autant plus indispensable de s’accrocher aux principes fondateurs de la vie en Société ... Par exemple, tu ne tueras point ...


                • Dominitille 20 juin 2010 17:49

                  Oncle archibald
                  Vous parlez d’un temps qui existe encore apparemment. Les hommes se payent toujours du bon temps gratos et c’ est toujours aux filles de prendre leurs précautions. Que les moyens de contraception féminine toujours plus nombreux et le droit aux femmes de décider de leur sexualité ne dédouanent en rien les hommes de leurs responsabilités.
                   Si le garçon veut fonder une famille en couchant une fois avec une inconnue qu’ il le dise clairement à sa partenaire. Ce sont encore et toujours les filles qui porteront le foetus.
                  Faire un enfant se fait à deux, coucher également, donc avant l’ acte chacun doit prendre conscience de ses actes. L’ éducation sexuelle est toujours aussi lamentable côté garçon.
                  Vos idées sont restées coincées au 20 ème siècle.
                  Un homme responsable met un préservatif et ne laisse pas sa compagne dans le doute.
                  Savez-vous que beaucoup de filles sont dans l’ ignorance de leur corps ?
                  Je vous souhaite une bonne fête des papas.


                • oncle archibald 20 juin 2010 19:38

                  En lisant votre message de 17h49’ je me demande si vous avez jamais eu 18 ans et l’irrépressible envie de baiser qui va avec, généralement ...

                  Pour la fete des papas, c’est fait merci, y compris autéléphone pour ceux qui sont à 700 km de moi, mais à mon age j’en parle encore plus volontiers avec mes petits enfants et je « complote » avec eux pour la confection du poeme et de la superbe pince à linge ornée de coccinelles qui servira à leur étourdi de père pour fixer les papiers avec la liste des courses à faire ...

                • Dominitille 21 juin 2010 14:01

                  oncle archibald
                  baiser cela vous va si bien. Moi c’est faire l’ amour que je préfère, dans le respect de l’ autre. Le terme baiser je vous le laisse, car à 18 ans j’ évitais les petits cons de votre epèce que j’ aurais pu croiser dans la rue.
                  Mais cela est dit sans animosité de ma part, vu votre grand âge que je respecte.


                • Nicolas-royaliste 19 juin 2010 17:46

                  On peut dire tout ce qu’on veut, la fusillade est beaucoup plus morale que l’injection létale. La fusillade dure quelques secondes, l’injection léthale est quelque chose de bien plus atroce car vous sentez votre mort, au rythme de votre corps qui s’arrête. 


                  • Samuel Moleaud 19 juin 2010 18:54

                    Qu’est ce qu’on en sait ? Ceux qui l’ont testé ne sont pas là pour en parler... Ceux qui en parlent sont ceux qui ne subiront jamais cela...

                    Tuer sous prétexte qu’un homme a tué, c’est juste faire pareil. Faut-il / Peut-on procéder à un peloton d’exécution ou à une injection létale aux bourreaux, aux personnels policiers, institutions, magistrats, juges, parlementaires et secrétaires d’Etat ? C’est stupide.


                    • Radis Call 19 juin 2010 19:24

                      Je sais que ma principale


                      • Radis Call 19 juin 2010 19:27

                        prévention contre la peine de mort est l’erreur judicaire...En France la dernière condamnation en était une ( Renucci), aux USA c’est de l’ordre de 20 % !


                      • kitamissa kitamissa 19 juin 2010 19:57

                        perso,c’est l’histoire du flingue chargé à blanc qui me chagrine ...

                        parce que,un vrai tireur déjà lorsqu’il prend une arme,il pratique obligatoirement deux coups de sécurité et deux coups de bon fonctionnement arme vide ...

                        ensuite une cartouche à blanc ne ressemble pas du tout à une réelle,de plus le tireur voit son impact sur la cible surtout à petite distance,enfin le recul de l’arme n’est pas le même suivant la charge réelle ou à blanc où là le recul est pratiquement nul .


                        • Mmarvinbear mmarvin 19 juin 2010 20:40

                          Exact. Cette histoire de balle à blanc est une légende urbaine. 


                          Tout tir réel povoque un recul que ne produit pas un tir à blanc. Comme les tireurs sont tous expérimentés, ils savent forcément si leur tir compte ou pas.


                          Un peu comme la lame en biseau de la guillotine, soi-disant inspirée par Louis XVI en personne... Légende encore, popularisée dans le film sorti en 1989 sur la Révolution Française.


                        • asterix asterix 19 juin 2010 22:17

                          La condamnation la plus lourde de ce type est d’avoir passé 25 ans en tôle en sachant qu’il allait être exécuté. En quelque sorte, son exécution était une délivrance.
                          Envoyons tous les criminels sur une île déserte, fournissons-leur de quoi bouffer et laissons-les se débrouiller entre eux.
                          Oui, je suis contre la peine de mort !


                          • Mmarvinbear mmarvin 19 juin 2010 22:58

                            c’est déjà fait.


                            ça s’appelle Koh-Lantha...


                          • Le péripate Le péripate 20 juin 2010 01:09

                            Kant a affirmé (et démontré) que l’on fait honneur au criminel en le condamnant à mort. C’est le traiter en personne responsable, digne. Le contraire d’un animal ou d’une machine.
                            Le châtiment n’a que faire de son utilité réelle, supposée ou contestée. Il est l’expression d’un ordre moral naturel : on ne viole pas les droits fondamentaux des autres.


                            • Mmarvinbear mmarvin 20 juin 2010 14:35

                              Sauf avec la permission ou sur ordre de l’ Etat.

                              ça gêne enormément la société qu’un homme en tue un autre, mais elle applaudit des deux mains si l’autre porte un uniforme adverse.

                              Allez comprendre.

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