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Accueil du site > Actualités > International > Perestroika et Glasnost à la cubaine

Perestroika et Glasnost à la cubaine

Les soviétiques avaient connu la perestroika (la restructuration) et la glasnost (transparence), les cubains se lancent dans une nouvelle politique socialiste avec la volonté de réussir.

Le 6ème congrès du Parti Communiste Cubain ( le précédent avait eu lieu en 1997 avant les crises cubaines de la dernière décennie) s'est tenu à la Havane, pendant 3 jours, devant un millier de délégués, pour la plupart pas nés au moment de la révolution.

Ces délégués représentaient 800000 adhérents, regroupés dans les 61000 cellules du parti et ils ont pu voir à la clôture du congrès Fidel Castro, lui-même,à la tribune.

Raul Castro a succédé à son frère au poste de premier secrétaire, que ce dernier occupait depuis 1965. Agé de 80 ans Raul Castro laisse sa place de deuxième secrétaire à une figure de la révolution José Ramon Machado âgé lui aussi de 80 ans.

Le bureau politique élu lors de ce congrès est de 15 membres au lieu des 19 précédemment avec seulement 3 nouveaux titulaires.Mais la moitié du comité central a été renouvelé.

Ce congrès a été organisé en tenant compte pour le choix de la date, de la commémoration du 50ème anniversaire de l'invasion infructueuse dans la Baie des Cochons, organisée contre le régime castriste par les Etats-Unis en 1961. Cette commémoration populaire, Fidel Castro n'a pu la suivre sur la Place de la révolution : "j'ai ressenti de la douleur quand j'ai vu que certains d'entre vous me cherchaient du regard à la tribune ; je pensais que tout le monde comprendrait que je ne peux plus faire ce que j'ai fait tant de fois".

Dans les magasins de la Havane d'immenses affiches représentaient ( ce qui n'est pas habituel) Fidel Castro photographié lors de l'invasion, béret sur la tête, doigt dressé vers le ciel, alors que de simples panneaux "nous saluons le 6ème congrès du parti" étaient installés dans les rues.

Fidel Castro fait état dans ses réflexions du "companero Fidel", publiées par la presse et rédigées jour après jour, de sa lecture avant présentation du rapport présenté par son frère au congrès. Fidel Castro a voté pour l'élection du comité central, inscrit à son insu par les militants du parti à Santiago de Cuba, en insistant sur la présence dans ce comité central de femmes et de "descendants d'esclaves arrachés à l'Afrique". Il a suivi les travaux du 2ème jour du congrès.

Pendant 3 mois, du 1 décembre 2010 au 28 février 2011, des débats et consultations populaires ont été ouverts sur les lieux de travail, dans les quartiers, les écoles, les communes, les universités, les cellules du parti unique.

Plus de 16000 réunions ont été organisées. Dès le 9 novembre 2010 un projet de directives de la politique économique et sociale avait été présenté, avec la mise en place de séminaires pour les cadres et les fonctionnaires devant animer ces débats. En décembre l'assemblée nationale du pouvoir populaire ( le parlement) en a discuté.

Les grandes questions soulevées par les débatteurs ont porté sur les transports, les crèches, les hôpitaux, les logements, les salaires, le coût de la vie, la formation en adéquation avec l'emploi.

311 directives ont été arrêtées dans un" programme de réformes et d'ouverture pour rectifier le modèle socialiste" :
ouverture au secteur privé, réduction d'emplois dans le secteur public ( 300000 cubains d'octobre 2010 à avril 2011 sont déjà devenus des "travailleurs à leur compte" "cuentapropistas"), baisses des subventions d'état, formes nouvelles d'autogestion dans les entreprises, décentralisation de l'appareil d'état , décentralisation de la production agro-alimentaire, achats et ventes de logements et d'automobiles, terres données en usufruit (40% des terres ne sont pas utilisées), crédits aux travailleurs privés, encouragement pour les coopératives notamment de produits bio, activités et gains libres moyennant taxes et impôts.

La planification sera toujours là mais prendra en compte les tendances du marché. Une économie mixte est ainsi mise en place.

68% des directives initiales ont été reformulées. 45 propositions ont été faites et non retenues, car en faveur de la concentration de la propriété, en contradiction avec" l'essence du socialisme".Les directives ayant motivé une plus grande quantité de propositions ont porté sur l'élimination de la carte de rationnement, la politique des prix, les transports, l'éducation, l'unification monétaire, la qualité des services de santé. L'unanimité n'a jamais été de mise ; la validité des propositions n'a pas dépendu de la quantité d'opinions données.

Le mot d'ordre est clair : "augmenter l'efficacité et la productivité du travail, de sorte à pouvoir assurer durablement des niveaux de production et des offres de produits et services de base à des prix non subventionnés".

Les cadres avaient cessé de se sentir en responsabilités des résultats de l'organisation qu'ils dirigeaient. La formation vocationnelle était en inadéquation avec les besoins et les offres d'emplois.

Les réformes prendront au moins un quinquennat, sans toucher à la gratuité de la santé et de l'éducation. Une commission permanente d'application et développement avec un groupe juridique formé de spécialistes de haute qualification, est mise en place. Un compte rendu sur l'état de l'application sera fait par le comité central du PC.

Raul Castro cite plusieurs fois son frère : "comme le disait Fidel en 1975, nous avons parfois méconnu la réalité qu'il existe des lois économiques objectives auxquelles nous devons nous tenir".

Raul Castro enfonce le clou : "ce que nous adoptons dans ce congrès ne peut subir le même sort que les accords des congrès précédents, presque tous oubliés, sans avoir été accomplis".

Au plan politique, "une interrelation avec les masses débarrassée de tout formalisme" doit voir le jour rapidement. De la même manière,il faut laisser tomber" le formalisme et la fanfaronnade dans les idées et les actions".

Ce qui doit cesser : "les matériels ennuyeux, improvisés ou superficiels donnés à la presse" ; " la militance ne doit pas signifier une condition obligatoire pour remplir un poste de direction dans le gouvernement ou l'état" ; " des réunions trop longues pendant l'horaire de travail qui doit par ailleurs être sacré" ; "un ordre du jour établi par l'organisme supérieur" ; " des activités commémoratives formelles avec des discours encore plus formels" ; "l'organisation de travaux volontaires les jours de repos".

" La limitation des mandats électoraux à 2 périodes de 5 ans" doit enfin permettre un rajeunissement des cadres politiques.

Et tout cela pour " défendre le socialisme et empêcher le retour du capitalisme" dixit le nouveau premier secrétaire, alors que le blocus américain entrave l'économie cubaine depuis un demi-siècle.

Ce 6ème congrès et la consultation large qui a eu lieu dans la population pour le préparer,explique pourquoi Cuba n'est ni la Tunisie, ni la Libye, ni l'Egypte où des révolutions ont eu lieu.

Mais il y a du pain sur la planche pour les années à venir et rien n'est gagné d'avance.


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4 réactions à cet article    


  • L'enfoiré L’enfoiré 28 avril 2011 20:20

    Bonjour,
     « Mais il y a du pain sur la planche pour les années à venir et rien n’est gagné d’avance. »
     C’est exactement ce que j’écrivais sur cet articlesmiley


    • asterix asterix 30 avril 2011 10:46

      Génial ! Démocratique ! Risible ! Mensonger !
      Propagande poubelle !
      Je suis votre argumentaire ligne par ligne....
      - 1 / Un millier de délégués représentant 800.000 adhérents.
      FORT BIEN , il n’y a que 20 pour cent des Cubains qui sont encore membres du parti. Les alimentaires, les chefs, les privilégiés, les maîtres prévaricateurs, les exécutants des basses oeuvres. Tous les autres n’en veulent plus mais n’ont pas le droit de le dire ni celui de s’organiser puisque la démocratie cubaine ??? !!! ne reconnaît qu’un parti, une opinion.
      - 2 / Ces mille délégués ont eu la chance ( vous ne l’écrivez pas mais c’est tout comme ) de voir Fidel à la clôture. Ne les plaignons pas, il y a aussi mille croûtons au moins pour aller voir Mathusalem Halliday lorsque Monsieur daigne présider une cérémonie de rock claudiquant
      80 ans pour Fidel l’icône, 80 pour son ancien pistolero en chef, 76 pour le petit frère. Vive les jeunes générations, dites-vous !
      Et leurs chefs ? Ceux à qui ils doivent obéir sinon c’est couper la canne...
      - 3 / La baie des cochons. Les cochons d’un côté, l’étable de l’autre. Vous maquillez l’histoire. L’invasion avait été mise au point par Eisenhower avant que Kennedy, élu depuis novembre mais pas encore aux commandes, ne prenne les rênes des USA. Il a refusé d’y associer les Etats-Unis et ce sont des Cubains seuls, de riches fanatiques plus quelques mercenaires idiots qui se sont faits prendre dans la nasse. Une glorieuse victoire du régime, les forces révolutionnaires étaient au moins mille fois plus nombreuses que ceux qu’ils attendaient de pied ferme. 
      - 4 / Un bureau politique rénové comprenant 3 nouveaux membres ? Ca, c’est du changement ! Même les remaniements à la Sarko sont plus étendus, c’est dire ! Ce que vous appelez rénovation, moi je le qualifie de ravalement de façade... La moitié du comité central a changé, précisez-vous comme pour vous en excuser. Sans ajouter toutefois que ce sont les 15 dont vous parlez qui ont eu seuls le droit de les élire. Dans le plus grand secret et sans aucune contradiction possible puisqu’il s’agit de la plus grande démocratie du monde.
      - 5 / D’immenses portraits de Fidel dans les magasins, dites-vous pour nous faire partager votre enthousiasme. Il n’y a AUCUN magasin à Cuba, sauf les haciendas en dollars, des espèces de CARREFOURS d’état comprenant un strict minimum d’articles de consommation ...à payer en dollars bien entendu ! Gageons que le portrait du héros a été vachement retouché, cela fait 52 ans qu’on ne voit que lui, plus le Che, toujours le Che, encore et toujours le Che. 
      - 6 / Dans l’objectif de rectifier le modèle socialiste... dites-vous avec candeur. Pourquoi n’a-t-il jamais été rectifié en 50 ans ? Un oubli ? Le culte du marasme ?
      -7 / 16.000 réunions préparatoires dans les usines, vous extasiez-vous ? Avez-vous seulement été voir l’une d’entre elles ? Je vais vous dire comment cela se passe. Les esclaves sont prévenus à 14 heures qu’ils doivent se rendre dans la cour centrale écouter les élucubrations de leurs bien-aimés chefs et gare à celui qui ne lève pas la main, il sera viré le soir même..
      - 8 / Socialisme, socialisme et toujours socialisme mais à adapter en fonction des tendances du marché. Expliquez-moi où vous voulez en venir, cela ne me semble pas très clair.
      - 9 / Des hôpitaux, des crèches, des écoles en veux-tu en voilà. Voilà qui évoque l’abondance mais pas sa corne puisque plus un seul immeuble, sauf les hôtels pour touristes et les centres d’études du Parti, ne tient debout. J’ai vécu 4 ans à La Havane, je sais de quoi je parle.
      - 10 / Ouverture à l’initiative privée, comme c’est beau. Mais vous ne pourrez JAMAIS rien ouvrir si vous n’êtes pas membre du parti. Renseignez-vous, Monsieur !
      J’en ai marre ou je suis trop écoeuré pour continuer, je n’en suis qu’à la moitié de vos mensonges et le dégoût me submerge.
      Raoul est un Roi de la sémantique : il réussit à faire de ses échecs une réussite suprême et en profite pour encore serrer la vis à ceux qui n’ont déjà rien. C’est GROTESQUE !!!
      Vous clôturez votre billet de propagande en disant, humblement, qu’il y a du pain sur la planche et que rien n’est gagné d’avance.
      Je vous répond que tout a été perdu depuis plus d’un demi-siècle, y compris l’illusion, et qu’il serait temps que vous vous en rendiez compte, companero !


      • L'enfoiré L’enfoiré 30 avril 2011 18:46

        salut Asterix,
         C’est ce que j’ai voulu dire sur l’article de Pierre Allard.
         Pierre Allard quand on n’est pas d’accord avec lui, referme les bans.
         Je n’ai pas eu besoin d’y passer des mois pour me rendre compte de la situation.
         Mon article, Un cuba libre por favor, n’était pas uniquement pour parler d’une boisson.
         Je n’allais pas le répéter ici... smiley


      • L'enfoiré L’enfoiré 30 avril 2011 18:47

        Le mutisme de l’auteur est assez assourdissant.

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