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Accueil du site > Actualités > International > Pervez Musharraf risque-t-il une fatwa ?

Pervez Musharraf risque-t-il une fatwa ?

Comment sera jugé, dans les heures qui suivent, le président Pervez Musharraf ? Déjà très contesté dans le pays, pourrait-il encore faire les frais de cette opération, qui s’est soldée par de nombreuses victimes, auprès de l’opinion publique ? Le règne du président pakistanais tombera-t-il comme est tombé le siège de la Mosquée rouge ?

Devant les hésitations du président Musharraf de donner l’assaut contre la Mosquée rouge, comme l’indiquait le quotidien The Washington Post : «  Peu importe ses réponses, Musharraf va apparaître au mieux incompétent, au pire complice d’avoir tenté de détourner l’opinion publique du vrai problème politique du moment  ». L’équation devant laquelle s’est retrouvé le président Musharraf est simple : « Vous êtes foutu si vous le faites, vous êtes foutu si vous ne le faites pas  ». C’est-à-dire vous donnez l’assaut contre la Mosquée rouge, vous êtes foutu, vous ne donnez pas l’assaut, vous êtes foutu également. Binaire, quoi.

Là où le bât blesse, se trouvait dans la Mosquée rouge une madrasa, soit l’école coranique Jamia Fari-dia, financée, au moins en partie, par le gouvernement. Le gouvernement pakistanais a-t-il ignoré, ou tu, le fait que cette même école, devenue un symbole de la « talibanisation » du pays, se radicalisait depuis des mois ? Le gouvernement n’a-t-il pas entendu les islamistes qui n’avaient pourtant pas caché leurs intentions extrémistes ? Déjà, pour le grand malheur du président Musharraf, des théories circulent : hostiles à la politique du chef de l’État, les services secrets pakistanais auraient pu miner l’action du gouvernement.

À la fin du mois de juin, des étudiants islamistes enlèvent neuf personnes, un vendredi soir, peu après minuit, dans un salon de massage d’un quartier chic d’Islamabad, avant de les libérer quatorze heures plus tard : six étrangères, dont trois Chinoises. Un Chinois et deux Pakistanais faisaient également partie des personnes enlevées. Maulana Mohammed Ishaq, un imam de la Mosquée rouge, a expliqué que le but de cet enlèvement était d’inculquer à ces personnes un enseignement afin qu’elles ne se livrent plus à des «  activités antisociales  ». Pour sa part, Abdul Rashid Ghazi, l’un des deux frères qui dirigent ce lieu de culte, en a rajouté en accusant les étrangers «  d’impliquer notre jeunesse dans des activités sexuelles sous couvert de massages  ». Et de toute façon «  les valeurs de l’islam n’autorisent pas les femmes à masser les hommes  », a-t-il fait valoir.

Abdul Rashid Gazi libère les neuf hommes et femmes après que l’administration du gouvernement l’a assuré qu’elle allait fermer les salons de massage à Islamabad. Abdul Rashid Gazi déclare également avoir pris en compte l’amitié entre le Pakistan et la Chine. Un porte-parole a justifié en ces termes l’action des étudiants : «  C’est une réaction naturelle des étudiants contre la vulgarité et l’obscénité. Des filles étrangères dans ce centre de massage commettaient des péchés avec des hommes ». L’homme et les six femmes sont relâchés quelques heures plus tard dans les rues d’Islamabad habillés d’une burqa.

Pour le plus grand malheur de Pervez Musharraf, l’ambassadeur de Chine est fort mécontent et somme les autorités de garantir la sécurité des ressortissants chinois et de punir sévèrement les responsables. Dès le lendemain, le président somme les Rangers pakistanais de se déployer autour de la Mosquée rouge. Ce qu’il faut bien comprendre c’est que la Chine est le principal fournisseur d’armes du Pakistan. Après ce déploiement, Pékin adresse un message de soutien à Islamabad. «  Nous appuyons, dit le communiqué, les mesures prises par le gouvernement pakistanais car elles visent à maintenir la stabilité nationale ».

Pervez Musharraf, qui envisage ainsi de se faire réélire président à l’automne, en a plein les bras. Il doit conjuguer avec Washington. Ces derniers mois, il a manifestement été l’objet d’un ballet diplomatique intense lui rappelant ses devoirs dans la lutte au terrorisme. Et voilà que maintenant s’ajoutent les pressions d’un gouvernement chinois en colère et mêlé bien contre son gré à cette crise interne intense. Au plan intérieur, Pervez Musharraf vit en effet une crise sans précédent avec le système judiciaire après avoir congédié le juge en chef de la Cour suprême, Iftikar Chaudhry. Son gouvernement est en chute libre et la plupart des Pakistanais réclament le départ de celui qui a pris les rênes du pays à la faveur d’un coup d’État, fin 1999. Les fondamentalistes profitent de cette période de trouble pour attaquer frontalement le gouvernement. «  Il est à parier que les extrémistes vont multiplier les attentats pour venger leurs frères de la Mosquée rouge  », note un diplomate en poste à Islamabad.

Selon le général Asad Durrani, qui fut chef du service de renseignements pakistanais (ISI) au début des années 1990, dans une entrevue qu’il accordait à Marie-France Calle, du Figaro : «  le président paie le prix de toutes les opérations militaires menées depuis plusieurs années par l’armée pakistanaise dans les zones tribales, dans les provinces du nord-ouest et du sud-ouest du pays, proches de l’Afghanistan. Là aussi, il y a eu et il continue d’y avoir des victimes innocentes, des femmes, des enfants. Cela attise les ressentiments contre le régime et la volonté de vengeance de la population. Après l’opération contre la Mosquée rouge, il faut s’attendre à des représailles, à des attaques, notamment contre des installations gouvernementales  ».

Olivier Guillard, politiste et directeur de recherche Asie à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), analyse en ces termes la situation dans laquelle se retrouve Pervez Musharaff : «  Tout le monde lui demande tout et son contraire, à commencer par la communauté internationale, et notamment les États-Unis, qui exercent sur lui des pressions pour juguler les islamistes. Quant à la majorité des militaires, ils voient dans le soulèvement de la Mosquée rouge l’occasion d’en finir avec ces radicaux ». Monsieur Guillard poursuit : «  la façon dont se désamorcera la crise aura une incidence capitale sur la stabilité ou non du Pakistan dans les prochains mois  ». En conclusion, poursuit l’analyste : «  le noyau dur de la contestation anti-Musharraf, des personnes tout à fait prêtes à donner leur vie sont ceux qui ont produit depuis trois ou quatre années les diatribes les plus redoutables à l’encontre de Musharraf » (Marianne-en-ligne).

Sur la montée de l’islam radical au Pakistan, Gilbert Etienne, spécialiste de l’Asie du Sud et grand connaisseur du Pakistan, explique que : « jusqu’aux attentats du 11 septembre 2001, le pays soutenait le régime des talibans en Afghanistan. De nombreux groupuscules islamistes étaient utilisés par les services secrets et l’armée. Des liens évidents subsistent. Certains militaires ou politiques n’ont sans doute pas enterré toute ambition de reprendre la main en Afghanistan. Des zones tribales, comme la frontière du Nord-Ouest, sont incontrôlables et constituent traditionnellement un refuge. Par ailleurs, pour asseoir son pouvoir, Musharraf, qui est lui-même un musulman plutôt libéral, se doit aussi de ménager les partis religieux représentés au parlement et qui militent pour une islamisation du système  ». Relativement à une éventuelle crise de stabilité, le spécialiste considère que : «  le Pakistan a des capacités de rebondissement assez étonnantes, notamment grâce à sa croissance économique. Cela dit, il y a beaucoup de risques  : la contagion du conflit en Afghanistan, les liens de solidarité entre certaines écoles coraniques et les talibans, le contexte des élections de cet automne. Ainsi, Pervez Musharraf aura du mal à se faire réélire. Mais, s’il parvient à une entente avec l’ancien Premier ministre Benazir Bhutto, une déstabilisation politique pourrait être évitée. « Nous ne savons pas où nous allons », c’est la phrase qui revient le plus souvent et traduit l’incertitude des Pakistanais eux-mêmes  » (Entrevue d’Yves Petignat, Le Temps, Suisse, 11 juillet 2007).

Benazir Bhutto a, de Londres, estimé que la décision du général Musharraf d’assiéger la mosquée était la bonne. Toutefois, elle se déclare inquiète de la possibilité d’une prise de pouvoir islamiste au Pakistan : «  Si on donne cinq ans de plus (aux talibans) en truquant les élections cette année, alors nous pourrions vraiment faire face au spectre d’une prise de pouvoir islamiste du Pakistan. Le siège de la Mosquée rouge montre à quel point certains parties du Pakistan sont devenues dangereuses  », a relevé Mme Bhutto.

Mme Bhutto n’est pas tendre à l’égard de Pervez Musharraf qu’elle considère avoir été incapable de réaliser sa promesse d’instaurer une vraie démocratie. À l’inverse, le général a, selon Mme Bhutto, exploité les craintes de la communauté internationale sur le terrorisme. «  La dictature à mon avis nourrit l’extrémisme plus qu’elle ne le contient et rien ne le prouve plus que l’apparition de la Mosquée rouge au cours de ces cinq dernières années à Islamabad  », a expliqué l’ancienne Premier ministre qui a été au pouvoir de décembre 1988 à août 1990 et d’octobre 1993 à novembre 1996 (AFP, Londres, 10 juillet 2007).

Dans son entrevue, accordée au quotidien Le Monde avant les événements de la Mosquée rouge, Nawaz Sharif, ancien Premier ministre, chassé du pouvoir en 1999 par son vieil ennemi, le général Musharraf, juge ce dernier en termes très durs : «  La situation se dégrade de jour en jour  », dénonce-t-il. «  Après avoir réduit le Parlement à une chambre d’enregistrement, Musharraf s’attaque en ce moment à la justice et aux médias. On vit en pleine dictature. Ce sont toutes les institutions du pays qui, une par une, sont visées, provoquant l’hostilité de l’ensemble de la société civile. [...] Si Musharraf poursuit dans cette voie, le pays va basculer dans le chaos, la destruction, le soulèvement du peuple  ». Nawaz Sharif conjure George W. Bush de lâcher le général-président pakistanais : «  Ce soutien américain transforme M. Musharraf en un dictateur arrogant qui se croit tout permis. Une telle attitude ne peut que renforcer les sentiments antiaméricains au sein de la population, ce qui n’est bon ni pour le Pakistan ni pour les États-Unis  ». Pour mieux convaincre Washington, M. Sharif brandit l’épouvantail du danger islamiste : «  M. Musharraf se pose en rempart contre les intégristes, mais c’est une plaisanterie. En affaiblissant les forces libérales, il favorise au contraire la montée en puissance des islamistes. On le voit bien avec la “talibanisation” croissante de la société pakistanaise  ».

Les États-Unis ont manifesté leur appui au général Musharraf : «  Le gouvernement pakistanais a agi de façon responsable sur cette question », a déclaré un porte-parole du département d’État, Tom Casey, notant que les autorités avaient donné «  d’amples  » occasions aux militants de se rendre pacifiquement. «  Ils ont fait un certain nombre d’efforts pour régler ceci pacifiquement. Il est certain que personne ne veut assister à des pertes humaines, et notamment des pertes de vies innocentes dans cette affaire, a ajouté M. Casey. Mais en fin de compte, la responsabilité de tous les gouvernements est de préserver l’ordre et de tenter d’agir contre les terroristes ainsi que les auteurs d’actes criminels ».

Olivier Guillard, de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), cité plus avant dans cet article, redoute maintenant que, dans les zones tribales, les forces de l’ordre soient prises pour cibles dans le pays. En Afghanistan, un chef taliban, Mansoor Dadullah, a exhorté les musulmans à perpétrer des attaques suicides contre les forces de sécurité pakistanaises, qualifiant l’assaut d’ «  acte cruel  ». Le n° 2 d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, a, dans un enregistrement sonore diffusé sur internet, exhorté les Pakistanais à se révolter contre leur président, Pervez Musharraf : «  J’en appelle aux oulémas (religieux musulmans) du Pakistan (...). Musharraf et ses chiens vous ont déshonorés au service des croisés (Occidentaux) et des juifs (...). Si vous ne vous révoltez pas, Musharraf va vous anéantir. Musharraf ne s’arrêtera pas tant qu’il n’aura pas éradiqué l’islam du Pakistan  ».

Pervez Musharraf risque-t-il maintenant d’être l’objet d’une fatwa ?


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87 réactions à cet article    


  • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 12 juillet 2007 11:20

    @ Pierre

    Merci pour cet article très informatif. No comment. Bonne journée.


    • snoopy86 12 juillet 2007 11:33

      @ l’auteur

      bon article, merci.

      la perspective est angoissante :

      un pays de 170 millions d’habitants, doté de l’arme atomique en proie à la guerre civile ou sous contrôle des islamistes..

      avec un voisin d’1 milliard d’habitants, non-musulman, lui aussi doté de l’arme atomique et qui ne demande qu’à s’en mêler...


      • Lilian Lilian 12 juillet 2007 11:52

        J’ai trouvé l’article extremement interessant. J’ai beaucoup apprecié le ton qui n’est pas engagé mais clair et informatif. Et tout cela sans simplifer le problème. J’ai eu un peu peur de la longueur de l’article mais elle est méritée.


        • mcm 14 juillet 2007 09:41

          @Pierre,

          Vous souvenez-vous de mon 1er post sur cette article ou après vous avoir félicité je vous transmettait une info par ce lien :

          http://insoumission.wordpress.com/2007/07/07/l%e2%80%99histoire-qui-ne-fait-pas-les-manchettes/

          Eh bien, il a disparu ce post sans doute mangé par l’alien !


        • WOMBAT 12 juillet 2007 11:53

          Article passionnant, étayé et qui fait froid dans le dos. En cas de renversement du président/dictateur ce serait , dans le pire des cas, le premier califfat doté de l’arme atomique et qui plus est du lanceur performant qui va avec. On serre les fesses et je présume que les voisins directs font la même chose. C’est malheureusement tout ce qu’il nous reste à faire et, vu l’expérience irakienne, personne n’ira au Pakistan calmer le jeu, d’autant plus qu’il n’y a apparemment pas de pétrole ou quoi que ce soit à piller...


          • faxtronic faxtronic 12 juillet 2007 14:52

            Les chinois par exemple, et les indiens de sucroit. Les deux ne seront pas content du tout,les deux possedent la bombe, et les deux veulent la paix, quitte a radier une partie du pakistan.


          • caius 12 juillet 2007 12:00

            L’article 295-C du Code Pénal Pakistanais (PPC) stipule que quiconque insulte le prophète Mahomet est passible de la peine de mort. Au départ, les juges avaient le choix entre la peine de mort ou la prison à vie mais au début des années 1990 la loi a été amendée en vue de rendre obligatoire la peine de mort pour les infractions à l’article 295-C.

            L’article 295-B des lois sur le blasphème maintien que quiconque « souille, endommage ou profane une copie ou un extrait du Saint Coran » sera emprisonné à perpétuité. Une fois accusé de blasphème, il n’y a aucune possibilité de libération - l’accusé est automatiquement mis en prison jusqu’à ce que le procès soit terminé. Les fausses accusations, particulièrement envers les minorités comme la secte islamique des Ahmadis et les chrétiens, prolifèrent. En avril, parmi les cinq chrétiens actuellement détenus en application de l’article 295-B, il y avait un garçonnet de 11 ans.

            A Lahore dans la province du Pendjab, un chrétien de 79 ans risque en ce moment la peine de mort, après que ses voisins, qui dirigent la mosquée Jamil, l’aient accusé d’avoir insulté Mahomet et brûlé le Coran. Les membres de la mosquée se sont emparés de la propriété de Walter Fazal Khan et l’ont transformée en madrassa. Gladys, l’épouse âgée de 84 ans de M. Khan, a été convertie de force à l’islam. Elle a été si traumatisée par cette expérience qu’elle est à l’hôpital, incapable de parler.

            Les déclarations de Mme Bhuto et de M. Sharif sur la démocratie et la justice sonneraient moins creux si ils n’avaient pas fait appliquer ces lois abjectes quand ils étaient au pouvoir.


            • L'enfoiré L’enfoiré 12 juillet 2007 12:04

              Salut Pierre,

              Excellent article. Quand je l’ai lu en modération, je me suis posé la question. Comme nous sommes lus par beaucoup de monde. Ne va-t-on pas donner des idées ? Ce ne serait pas le but d’AV.

              Ensuite, j’ai poussé sur le bouton ad hoc, car on n’arrète pas le mouvement en le taisant. Oui, c’est vrai, ce n’est guère facile de présider aujourd’hui et encore plus dans certains pays de notre beau monde. Prise d’otage et intervention. Toujours le dilemme de savoir jusqu’où aller trop loin.

              Indira Gandhi n’aura pas le souvenir qu’elle devrait d’un tel événement.

              C’est une situation binaire, en effet, algèbre booléenne (1 ou 0 = 1) plus précisémment. Situation dantesque dirait-on aujourd’hui. smiley


              • L'enfoiré L’enfoiré 12 juillet 2007 12:10

                J’oubliais la citation : « Les conseilleurs ne sont pas les payeurs ». smiley


              • Stephan Hoebeeck Stephanesh 12 juillet 2007 12:09

                Notons quand même que les manifestations contre l’annoblissement de Salman Rushdie semblent avoir diminuées au regard des manifestations anti caricatures qui semblaient pouvoir faire basculer le régime...

                Y aurait-il un tassement de l’islamisme au Pakistan, du moins hors de la zone tribale

                Enfin vu le nombre d’islamistes mis en prison... Mais il ne saura pas les y garder éternellement...

                Et puis les élections...


                • Stephan Hoebeeck Stephanesh 12 juillet 2007 12:11

                  Notons quand même que les manifestations contre l’annoblissement de Salman Rushdie semblent avoir diminuées au regard des manifestations anti caricatures qui semblaient pouvoir faire basculer le régime...

                  Y aurait-il un tassement de l’islamisme au Pakistan, du moins hors de la zone tribale

                  Enfin vu le nombre d’islamistes mis en prison... Mais il ne saura pas les y garder éternellement...

                  Et puis les élections...


                  • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 12 juillet 2007 12:39

                    @ toutes et tous

                    Merci de vos bons commentaires. Les événements parlant d’eux-mêmes, je me suis laissé guider par une analyse des faits. Que les faits.

                    Pierre R.


                    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 16 juillet 2007 00:28

                      @ Pierre R. Vous etes ce que devrait être un journaliste. Chapeau, encore une fois.

                      Piere JC Allard


                    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 16 juillet 2007 00:36

                      Le Pakistan, avec sa population, sa bombe et ses services secrets est le seul pays islamique vraiment dangereux. Je n’ai pas de solution. Ou plutot si : cessons de penser mondialisation et songeons plutôt a minimiser les contacts entre cultures qui menent rapidement au racisme, au fanatisme et eventuellement a un conflit cataclysmique. Nous arrivons a un ere d’isolationisme. Quand on aura appris a s’aimer, on reprendra les visites.

                      http://www.nouvellesociete.org

                      Pierre JC Allard


                    • frédéric lyon 12 juillet 2007 12:44

                      Pauvres complices du terrorisme, qui pleurnichent parce que Musharraf, soutenu par la France et par toutes les démocraties, expédie leurs amis ad patrès à la Mosquée rouge.

                      Et qui pleurnicheront encore quand le gouvernement libanais, soutenue par la France et par toutes les démocraties,, éliminera les tueurs du Fatah al Islam qui se sont réfugiés dans le camp de Nahr al Bared.

                      Et qui pleurnicheront encore quand le Quartette, soutenu par la France et par toutes les démocraties, exigera du Hamas la reconnaissance de l’Etat d’Israël, en conformité avec la loi internationale et enverra une force internationale pour mettre de l’ordre à Gaza.

                      Et qui pleurnicheront encore, quand l’ONU et l’OUA, soutenus par la France et toutes les démocraties enverront des troupes au Darfour, pour sauver la population des massacres organisés par le pouvoir islamique de Khartoum.

                      Vous passerez votre vie à pleurnicher désormais, car la roue tourne et ce qui était toléré hier, ne l’est plus aujourd’hui.

                      Au fait, le gouvernement français est bien votre gouvernement, n’est-ce pas ? Otez-nous d’un doute.


                      • masuyer masuyer 12 juillet 2007 13:05

                        Bonjour Pierre,

                        une fois de plus un article clair, étayé, mesuré. C’est une constante chez vous.

                        Merci


                        • Le Panda Le Panda 12 juillet 2007 13:28

                          Pierre bonjour,

                          quel article, clair, net, précis, sans prise de partie, objectif, rapporteur de faits actuels qui nous donne envie de nous congeler pour nous réveiller dans 2 siécles peut-être.

                          Le trouble que cause l’assaut de la fameuse Mosquée Rouge porte en la circonstance bien son nom, c’est regrettable, car la violence n’engendre que la violence et comme tu le dis si bien, les représailles n’en resteront pas là.

                          La stabilité du Pakistan ne semble pas pour demain. Une page de l’Islam, malheureusement s’écrit encore une fois dans le sang d’innocents.

                          Merci pour ton excellent billet, mais à charge le fait du décalage horaire qui peut t’avantager smiley

                          Magnifique revue de Presse, avec ton nom moins trés bon coup de patte.

                          Les jours à venir rendront raison à cet analyse que tu viens de faire.

                          Bravo, amicalement,

                          Le Panda

                          Patrick Juan.


                          • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 12 juillet 2007 13:59

                            @ Patrick Juan

                            Je n’ose imaginer mon état s’il me venait à l’esprit de nous congeler pour nous réveiller dans 2 siécles peut-être.

                            Salutations

                            Pierre R.


                            • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 12 juillet 2007 14:01

                              @ DANTONcul

                              Est-ce bien nécessaire d’engager cette polémique ?

                              Pierre R.


                            • armand armand 12 juillet 2007 14:04

                              @Pierre

                              Pas vraiment une polémique : il y en a qui ne sont pas sortis du pipi-caca-grosses-cochonneries.

                              ceci dit, le para-quaidiste n’est pas mal non plus...


                            • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 12 juillet 2007 14:06

                              @ Armand

                              Merci pour ces informations fort pertinentes. Il ne faut toutefois pas oublier que monsieur Musharraf n’a pas été élu et, contrairement à ses engagements, n’a pas su ou n’a pas désiré remettre en place une vraie démocratie.

                              L’autre question fondamentale : si ce n’est Musharraf, qui gouvernera ce pays et dans quelles conditions ?

                              Pierre R.


                            • armand armand 12 juillet 2007 14:10

                              Au risque d’en offusquer certains, je doute que le recours aux élections soit la meilleure idée en ce moment. Plutôt l’état de siège, les pleins pouvoirs, et après on voit. Il ne faut pas que les partis religieux courent le moindre risque de les gagner.

                              Les islamistes suivent dans les faits la phrase malheureuse de Charles Maurras : Je réclame ma liberté au nom de tes principes ; je te refuse la tienne au nom des miens !


                            • armand armand 12 juillet 2007 14:00

                              Excellent article, qui pécherait, néanmoins, par son pessimisme (certes, je suis plutôt du genre optimiste).

                              Musharraf représente le type même du musulman cultivé, issu d’une longue tradition urbaine venue d’Inde du Nord. On ne peut absolument pas lui reprocher la moindre sympathie pour les islamistes. Mais il est arrivé au pouvoir après des années de complicités et de noyautage, après la transformation de l’état laïc de ’nationalité’ musulmane, fondé par Ali Jinnah, en dictature religieuse sous Zia ul-Haqq. Les lois que cite un posteur ci-dessus remontent à cette période et ne sont pas consubstantielles avec le Pakistan. Face aux dangers des islamistes, Musharraf doit aussi, en tant que mohajir (réfugiés de l’nde)composer avec les ethnies du Pakistan qui n’ont jamais beaucoup prisé ses semblables. Il lui faudra, à mon avis, continuer sur une lancée de rigueur impitoyable contre les islamistes, faire la paix avec l’opposition de gauche (Bhutto), et assainir les écoles religieuses, qui ont proliféré à l’extrême avec l’argent séoudien ces dernières années. Il y songe certainement - tout récemment une délégation pakistanaise a visité les madrassas du Bengale, où on enseigne les autres religions, la littérature mondiale, les langues étrangères, et d’où ne sortent le moindre extrémiste, pour s’inspirer de leur formule.


                              • Stephan Hoebeeck Stephanesh 12 juillet 2007 14:23

                                Toujours l’Arabie Saoudite

                                je crois que c’est l’un des noeuds du problème.

                                Je regrette que nous n’ayons pas de sondages sur les événements récents au Pakistan...

                                Enfin demain c’est vendredi on verra si il y a des réactions hostiles et massives contre musharaf, ce sera toujours cela comme sondage...


                              • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 12 juillet 2007 14:32

                                @ Stephanesh

                                C’était avant l’assaut de la Mosquée rouge, selon le Figaro : « Un sondage de la télévision pakistanaise indiquait, que près de 90 % des personnes interrogées approuvaient une attaque imminente de la mosquée. Et, au moment même où l’opération battait son plein, la Bourse de Karachi montait en flèche... » Il sera intéressant de suivre dans les jours qui suivent les réactions de la population pakistanaise, la Bourse de Karachi et quelques autres indicateurs.

                                Pierre R.


                              • Stephan Hoebeeck Stephanesh 12 juillet 2007 14:44

                                Merci pour votre réponse

                                C’est vrai que j’ai quand même l’impression que l’intégrisme est en diminution, on dit d’ailleurs que al qaida algérie a du mal à recruter...

                                Si réellement le takfirisme (l’islamisme terroriste) est en perte de vitesse, ca pourrait laisser quelques années pour résoudre les problèmes (conflit israelo palestinien, accès à l’éducation et aux richesses, démocratisation, etc.) Si par contre on ne fait rien pour c’est problème on risque bien pire que le 11 septembre. Il faudra de plus que l’islamisme conventionnel s’adapte au monde moderne, et commence sérieusement son auto-critique (sort des femmes, des non-musulmans, etc.)

                                Le takfirisme n’est que la combinaison de deux éléments : problèmes politiques non résolus et islamisation à outrance par les pétro dollars

                                Cordialement et merci pour l’article


                              • Stephan Hoebeeck Stephanesh 12 juillet 2007 14:50

                                Je pense aussi qu’il est important de laisser le soin aux états de régler eux-mêmes leurs problèmes internes. C’est en ce sens que je ne suis pas si pessimiste pour un départ des américains de l’Irak.

                                ....

                                Merci pour le sondage


                              • stephanemot stephanemot 12 juillet 2007 14:02

                                La fatwa court déjà : Musharraf échappe régulièrement à des attentats. Dans cet assaut d’un lieu de culte occupé par des fanatiques, Pervez s’est retrouvé dans la position d’Indira à quelques décennies d’écart, et à mon humble avis il terminera comme elle.

                                Musharraf a soutenu les talibans puis les a plus ou moins symboliquement combattus. Maintenant, il doit avoir une position à la fois ferme et claire et se mettre à dos l’autre moitié de la population.

                                L’armée n’a pas d’alternative à proposer puisqu’il a fait le vide. Sign’o the times, on commence à revoir Benazir Bhutto sur les écrans anglophones... cette populiste a sa chance mais les ultras religieux aussi ; une chose parait claire : les Pakistanais ne semblent pas près de sortir du bourbier.


                                • armand armand 12 juillet 2007 14:06

                                  Alors prions pour que Pervez ait la baraka ! L’empereur Akbar, auquel Musharraf ressemble physiquement sans en avoir le génie, échappa à bien pire.


                                • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 12 juillet 2007 15:31

                                  @ Stephanemot

                                  Vous vous doutez bien que la tâche sera colossale : on évalue à 14 000 le nombre de madrassas qui enseignent à plus d’un million d’étudiants. Karachi, métropole portuaire et capitale économique, compte à elle seule 2000 madrassas et 100 000 étudiants. Mais les filières islamistes les plus décisives se retrouvent au sein de l’armée et de l’ISI (Jooneed Khan du quotidien La Presse, de Montréal).

                                  Pierre R.


                                • stephanemot stephanemot 12 juillet 2007 16:01

                                  @ Pierre

                                  Effectivement, et c’est bien pour cela que les ultras ont leur chance.

                                  Si Musharraf conserve le soutien de Bush, ce dernier pourrait bien finir par le laisser tomber. Naturellement pas dans l’intérêt des States, mais dans celui du fondamentalisme au sens large.


                                • hurlevent 12 juillet 2007 14:19

                                  Merci pour cet article bien écrit et bien documenté.

                                  Pour ma part, cette affaire me fait penser à la version Pakistanaise de l’affaire Waco, au Texas, en 1993.


                                  • Le Panda Le Panda 12 juillet 2007 14:43

                                    @Pierre R,

                                    Pervez Musharraf n’est pas un élu du peuple, de là viennent peut-être certaines difficultées. Comme les raisons de la non mise en place d’une démocratie que des états tiers empêchent peut-être ; that’is the question ? CQFD...

                                    Pierre, merci pour ton salut, dans la mesure où je puisse trouver une solution à notre congélation puis à notre réveil, je te le laisse un mot sur ta bal, pas ici.

                                    Par contre il y a une chose que je demande pour le respect de tous les morts tombés, ayez un peu de correction de politesse dans vos interventions, restez plutôt dans le coeur du débat et non de la rancoeur.

                                    Merci pour tous les êtres et enfants qui tombent sous l’égémonie de fanatiques de certaines convictions personnelles dont ils sont souvent aussi victimes.

                                    Posez en votre âme et conscience à qui profites le crime en dehors de la rumeur publique. Un enfant vient au monde pour vivre et ses parents l’attendent pour le voir grandir.

                                    Combien d’orphelins ou de parent unique compte le monde par la cause d’événement similaire à ceux de la Mosquée rouge ? Alors merci encore une fois un peu de pudeur et de respect pour ceux qui ne peuvent plus s’exprimer et qui sont pleurés.

                                    Merci encore à toi Pierre d’avoir ouvert ce débat, qui est dans la ligne de ce que tu sais si bien faire. Il faut que la chaleur des esprits se calme.

                                    Le Panda

                                    Patrick Juan.


                                    • Stephan Hoebeeck Stephanesh 12 juillet 2007 15:00

                                      Je crois que de nombreuses personnes au Pakistan ont assimilé que conflit avec l’Inde équivaut à l’anéantissement du Pakistan, sans doute d’une partie de l’Inde aussi.


                                    • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 12 juillet 2007 15:02

                                      @ Arthur Mage

                                      Relativement à la décrispation entre le Pakistan et l’Inde, il faut savoir, comme le rapporte Cyberpresse, que Le Pakistan est censé signer d’ici la fin du mois un traité avec l’Iran et l’Inde pour la construction d’un gazoduc de 7 milliards US, auquel les États-Unis sont opposés. La Chine, son alliée fiable, a beaucoup investi dans le mégaprojet de Gwadar, avec son port en eau profonde et son réseau d’autoroutes propre à lui donner accès au golfe Persique, par où transitent chaque jour 13 millions de barils de pétrole brut.

                                      Pierre R.


                                    • Stephan Hoebeeck Stephanesh 12 juillet 2007 15:11

                                      Ah ces ricains chaque fois qu’une goutte de gaz ou de pétrole leur échappe, ils en sont malades.

                                      Devraient peut être favoriser les transports en commun plutôt que 5 voitures par ménages


                                    • frédéric lyon 12 juillet 2007 15:36

                                      Le port de Gwadar n’est un problème pour personne et sera surement un grand succès économique lorsqu’il sera relié par routes et chemins de fer à l’Asie Centrale et à la Chine, via le Pakistan.

                                      En revanche, ce nouveau port en développement explique l’empressement avec lequel Musharraf veut éliminer aujourd’hui les radicaux islamistes :

                                      il n’est pas question de laisser une menace à proximité des routes, des voies de chemins de fer et les pipelines qui arriveront ou partiront de Gwadar, en direction de l’Iran, du Turcmenistan, du Kazakstan, ou de la Chine, à travers les territoires de l’Afghanistan et du Pakistan.

                                      Il est donc très probable, qu’après avoir écrasé les tueurs islamistes à la Mosquée rouge, Musharraf ne s’en prenne bientôt de façon plus vigoureuse aux Talibans réfugiés au Waziristan, le long de la frontière Afghane.

                                      Personne ne veut les voir gambader trop près des voies de communications.


                                    • Stephan Hoebeeck Stephanesh 12 juillet 2007 15:47

                                      @ mage

                                      J’aime beaucoup les USA

                                      Je trouve dommage qu’ils n’acceptent pas des réformes de leur système...

                                      On peut aimer et apprécier quelqu’un sans être aveugle sur ses défauts

                                      Leur avidité de ressources est la cause de nombreux conflits dans le monde.

                                      L’idéal démocratique est quelque chose qui doit s’appliquer partout. Cela signifie pour les états à l’intérieur : des élections libres et une liberté de penser à l’extérieur : une politique basée sur les mêmes principes.

                                      L’idéal démocratique doit être basé sur un partage rationnel des ressources, quand les USA dépenses 600 milliards USD pour faire la guerre en Irak et que des gens crèvent de faim dans le monde, cela me choque...

                                      Les USA ont du mal à comprende que un milliard tois cents millions de chinois ont besoin de plus de pétrole que trois cents millions de chinois.

                                      Si tu me donnes le choix de vivre entre le Pakistan, la Chine et les USA, t’inquiète je choisis les USA


                                    • frédéric lyon 12 juillet 2007 15:49

                                      L’offensive contre les radicaux islamistes réfugiés au Waziristan est en cours de préparation et cette fois elle sera massive.

                                      Le Pakistan ne peut plus laisser cette situation d’état dans l’état perdurer plus longtemps, ni laisser planer une menace sur les voies de communication qui sont en construction au Pakistan pour relier l’Océan Indien à l’Asie Centrale at à la Chine (la province du Xianjiang).

                                      La Chine, qui a le plus grand intérêt dans ces nouvelles infrastructures et qui a investi massivement, élimine vigoureusement actuellement la branche Uighur d’al Qaeda au Xinjiang.

                                      Elle sinise également cette province à toute vitesse, en envoyant les colons chinois par millions, pour submerger la population autochtone, comme celà a été fait au Tibet.

                                      C’est la Chine, plus que les USA, qui pousse aujourd’hui à l’éradication de la menace islamiste dans les territoires tribaux du Waziristan. Cette menace doit être éradiquée pour que le pétrole coule librement de Gwadar au Xinjiang.


                                    • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 12 juillet 2007 15:49

                                      @ Arthur Mage

                                      En mars, le secrétaire américain à l’Energie, Samuel Bodman, avait réclamé l’abandon du projet parce que, selon lui, sa construction permettrait à Téhéran de se doter de l’arme nucléaire.

                                      La question a été abordée sur Agoravox.

                                      Pierre R.

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