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Accueil du site > Actualités > International > Pétrole et géopolitique : un ordre nouveau

Pétrole et géopolitique : un ordre nouveau

Au-delà de 100 dollars le baril, les prix du pétrole avaient atteint il y a quelques mois des niveaux historiquement records en données corrigées des variables inflationnistes ; au-delà de 130 dollars il y a quelques jours, l’impact commence à se faire durement ressentir au niveau global. De plus, un autre événement majeur, à savoir la flambée des prix alimentaires, se superpose depuis quelques mois au renchérissement sans précédent des prix de l’énergie. En fait, les denrées alimentaires, notamment céréalières, ne subissent pas seulement une augmentation notable de leurs prix, mais se font aussi moins abondantes que par le passé eu égard à la limitation de leur exportation par certains pays et par l’accumulation de nombre de stocks individuels en anticipation de prix encore plus élevés...

Pétrole et alimentation diffèrent notablement des autres denrées et matières premières en ce sens qu’ils sont tous deux indispensables au fonctionnement harmonieux de notre société telle que nous la connaissons. L’alimentation est bien évidemment vitale car sa pénurie déclenche aussitôt agitation sociale et instabilité politique alors que l’impact de la pénurie - ou du renchérissement extrême - du pétrole est, lui, moins prompt, mais nettement plus insidieux car toute notre activité humaine, depuis l’agriculture jusqu’au transport et à la vente des denrées alimentaires, est tributaire de l’énergie pétrolière. Ainsi, l’importance du pétrole et de l’alimentation n’est pas uniquement stratégique, mais également géopolitique car, comme aucun Etat ne peut s’en passer, toute flambée du prix ou raréfaction d’une de ces denrées a des répercussions sensibles au sein même de ces Etats, mais également et surtout dans les relations qu’entretiennent ces Etats entre eux. Il est certes possible que leur prix respectif reparte à la baisse car il est incontestable que la dimension spéculative y est non négligeable. Toutefois, il est fort peu probable que ces prix plongent au vu des données incontournables de l’offre et de la demande. Autrement dit, s’il est vrai que les prix pétroliers et alimentaires resteront à leurs niveaux actuels élevés - voire iront encore en s’aggravant - c’est tout notre système géopolitique des relations internationales qui est en voie de bouleversements !

Certes, notre monde a déjà été témoin d’ajustements majeurs depuis 1945, le premier en date étant la guerre froide, témoin d’une course aux armements nucléaires entre les Etats-Unis et l’URSS, à une époque où la quasi-totalité des nations de ce monde devait se définir par rapport à son appartenance à un bloc ou à un autre... jusqu’à l’implosion du bloc communiste qui permit l’émergence d’un nouveau paradigme mettant moins l’accent sur la puissance militaire que sur le développement économique et l’enrichissement des pays de l’Est de l’Europe et, surtout, des "tigres" asiatiques dont la Chine allait se tailler la part du lion.

Richesse et pouvoir étant étroitement imbriqués, notre monde s’installe de nos jours dans un nouveau paradigme où l’équilibre des forces en présence évolue insensiblement, mais assurément, au gré des prix du pétrole ! Effectivement, notre perception était radicalement plus nuancée lorsque ces prix avaient atteint 70 dollars - et que la majorité des observateurs les voyait rebaisser à 50 - que dès lors qu’ils atteignaient 130 dollars, qu’un retour au niveau des 100 n’était pas envisageable et un effondrement à 70 totalement exclu... A 70 dollars le baril - et même à 100 - l’impact géopolitique était d’autant plus circonscrit que la crise alimentaire ne s’était pas encore déclenchée et que ces prix énergétiques élevés étaient considérés comme un "accident " par définition provisoire. A 120 ou à 130 dollars le baril de pétrole, c’est un tout nouvel ordre qui s’installe où les grands gagnants sont bien sûr les pays exportateurs de pétrole à même de décider unilatéralement des quantités de pétrole vendues ainsi que des pays destinataires et bénéficiaires de ces exportations. De fait, c’est bel et bien un ordre nouveau qui voit le jour car ces ventes de pétrole, tout en enrichissant à un rythme sans précédent ces pays exportateurs, leur confèrent également un levier politique gigantesque de par leur capacité à suspendre leurs exportations vers tel pays ou vers telle région du monde.

De surcroît, la nouvelle donne est encore plus subtile car, parmi ces pays exportateurs, ceux qui parviennent à générer des richesses excédant leurs besoins domestiques émergent très nettement du lot avec une aura de quasi-invincibilité ! Ainsi, des pays comme le Venezuela, le Nigéria et l’Indonésie qui bénéficient à coup sûr des prix élevés du pétrole sont néanmoins forcés de déverser toutes leurs recettes à l’interne eu égard à la pauvreté de leur population et au dénuement de leurs infrastructures. Au même moment, l’Arabie saoudite et les pays de sa péninsule, n’ayant besoin de dépenser pour leurs besoins domestiques qu’une quantité infime de leurs recettes, font usage de leurs liquidités gigantesques pour stabiliser leur propre régime politique, influencer la donne régionale ou prendre des participations décisives dans des fleurons de l’économie et de la finance mondiale...

En revanche, les grands perdants sont les pays importateurs de pétrole et tout particulièrement ceux dont l’économie est intimement liée à la production industrielle comme les pays du Sud-Est asiatique et qui en plus sont touchés par la pénurie alimentaire que ceux dont l’activité est surtout basée sur le secteur des services comme les Etats-Unis. De fait, la vulnérabilité américaine aux importations et aux prix pétroliers est moins dramatique que lors de l’embargo de 1973 précisément grâce à la désindustrialisation endémique dont souffre le pays... De plus, les Etats-Unis, qui sont un grand pays exportateur de céréales et de denrées alimentaires (comme le Canada et l’Argentine) profitent de l’escalade de ces prix. Certes, l’économie américaine ralentit-elle du fait de la flambée des prix du pétrole, mais dans une mesure moindre que l’économie japonaise ou sud-coréenne lourdement industrialisées et donc nettement plus tributaires de leurs importations de pétrole.

C’est certainement la Chine, ayant connu une industrialisation éclair, qui est le pays le plus affecté dans une conjoncture aggravée par un effondrement de la consommation américaine et dans un contexte où elle ne peut absolument pas augmenter ses prix ! En fait, le géant chinois se révèle un colosse aux pieds d’argile extrêmement fragilisé par une flambée des prix énergétiques combinée à un environnement domestique tendu par des catastrophes naturelles, des tensions au Tibet et des menaces terroristes contre les Jeux olympiques... D’ores et déjà échaudés par des pénuries épisodiques de carburant diesel, les autorités chinoises sont conscientes qu’un ralentissement des exportations provoquera des licenciements avec, à la clé, une vague de mécontentement populaire et d’agitation sociale. Certes, elles imposent pour le moment un plafond aux prix à la pompe tout en accordant des subventions aux compagnies pétrolières nationales qui protestent néanmoins vigoureusement au vu de leurs marges bénéficiaires amoindries. Cependant, l’alternative, qui est de refléter les prix du pétrole sur le consommateur et sur l’industrie, n’est guère plus réjouissante au vu des conséquences dramatiques tant sur la consommation intérieure que sur la réduction drastique des marges des exportateurs. Confrontée à un tel dilemme, la Chine - comme du reste les autres pays de la région - pourrait voir ses réserves massives fondre comme neige au soleil et assister par la même occasion à la déconfiture de son système bancaire et financier déjà fragilisé par des prêts subprimes accordés localement. De plus, la Chine pourrait se retrouver fragilisée et isolée en Asie centrale, où elle a effectué ces dernières années de lourds investissements en matière énergétique, par une Russie qui monte en puissance et qui est probablement un des tout grands gagnants de la hausse des prix de l’énergie.

La Russie, qui est exportatrice de pétrole et de gaz, pourrait également vendre à l’étranger des denrées céréalières si leurs tarifs persistaient à être élevés. En fait, la Russie a mené une politique intelligente consistant en l’accumulation d’immenses réserves en devises et en une prise de participation substantielle dans des entreprises étrangères, notamment européennes. Ainsi, la dépendance de l’Europe vis-à-vis de la Russie va-t-elle en s’accroissant du fait des exportations russes de gaz, mais également grâce à un levier russe grandissant à travers des entreprises européennes-clés. Du reste, les Européens, parfaitement conscients de cette situation, font tout pour ménager, voire s’attirer les faveurs, de ce pays.

Utiliser cette puissance de feu monétaire à des fins géopolitiques est précisément ce qu’entreprend aussi l’Arabie saoudite et ses alter ego arabes dont la préoccupation primordiale est la stabilisation de la région et le bon fonctionnement du détroit d’Ormuz, vital pour eux. Voilà pourquoi l’Arabie, qui n’a pas souffert lorsque le pétrole était nettement moins cher et qui a parachevé la consolidation de son système financier, soutient activement deniers à l’appui les sunnites d’Irak dans leur lutte contre Al-Qaïda, le dialogue des communautés au Liban, les négociations israélo-syriennes tout en permettant aux chiites dans son propre pays de participer à la richesse nationale dans le but manifeste de couper l’herbe sous les pieds à l’Iran chiite...

De fait, en dépit d’être le cinquième pays exportateur de brut au monde, l’Iran, qui souffre cruellement d’un sous-investissement chronique (depuis trente ans) dans ses infrastructures, est réduit à importer massivement - 40 % de sa consommation - d’essence de l’étranger, faisant de lui le second importateur d’essence au monde ! Cette nouvelle donne d’un pétrole à 130 dollars voit donc les pays sunnites fortunés inonder la région de liquidités afin de contrebalancer l’influence nauséabonde d’un Iran empêtré dans ses problèmes structurels et dans sa lutte de clans. Il n’est pas jusqu’aux factions iraquiennes sunnites et chiites - pourtant ennemies héréditaires - qui ne se persuadent qu’il vaut mieux faire une trêve afin de profiter de la manne pétrolière...

Le pétrole, qui était la cause principale de la guerre en Irak et donc de la montée en puissance de l’Iran, sera-t-il également la raison de la stabilisation - voire de la pacification - de l’Irak ? L’Arabie saoudite et ses acolytes sunnites ont tous les moyens d’acheter cette paix, l’Iran quant à elle souhaiterait participer à la renaissance de l’industrie pétrolière Iraquienne. Une dynamique nouvelle semble progressivement s’installer au Moyen-Orient du fait de la flambée des prix de l’énergie, flambée qui semble sur le point de changer l’ordre des priorités des intervenants concernés, voire des belligérants ! Ainsi, Al-Qaïda ou le Hezbollah en deviendraient secondaires, voire inutiles.

On n’en est certes pas encore à ce stade, mais qui dit que le pétrole à 130 dollars n’a que des effets désastreux ?


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32 réactions à cet article    


  • fonzibrain fonzibrain 2 juin 2008 09:55

    des bruits court sur le fait que 60 % du pris du baril est du a la spéculation,surtout parce que les banques et institutions financieres on perdu tellement de pognon avec les subprimes qu’ils ont investit les place de transaction des commodity pour se refaire

    pauvres pauvres qui vont encore faire les frais des requins de la finance

     

    il est bon à savoir que les opérateur de ces marchés ne payent que 8 dollars sur les 130(du prix du baril par exemple) le reste est avancé par le systeme.

     

     mais c’est vrai que l’on ne prete qu’au riches


    • ZEN ZEN 2 juin 2008 10:25

      Bonjour M.Santi

      Article intéressant, comme d’habitude

      Sur quels indices, déclaration, documents vous appuyez-vous pour affirmer :

      "..Le pétrole, qui était la cause principale de la guerre en Iraq et donc de la montée en puissance de l’Iran, sera-t-il également la raison de la stabilisation - voire de la pacification - de l’Iraq ? L’Arabie Séoudite et ses acolytes sunnites ont tous les moyens d’acheter cette paix, l’Iran quant à elle souhaiterait participer à la renaissance de l’industrie pétrolière Iraquienne. Une dynamique nouvelle semble progressivement s’installer au Moyen-Orient du fait de la flambée des prix de l’énergie, flambée qui semble sur le point de changer l’ordre des priorités des intervenants concernés, voire des belligérants ..." ?

      Probabilité , voeux ou prophétie ?


      • Michel Santi Michel Santi 2 juin 2008 10:28

        Probablement les trois...L’idée de l’article étant d’aller hors des sentiers habituels, de tout ce que nous lisons tout le temps ! 


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 2 juin 2008 19:27

         @Santi : Intéressant. J’ai quelques réserves sur l’identité des acteurs et prête-noms, mais je suis bien d’accord avec vous qu’on est à établlr d’autres règles du jeu. Le pétrole est devenu le nouvel étalon monétaire et la Russie monte en flèche. L’Europe ne devrait-elle pas s’unir à la Russie au plus vite, avant que les termes d’une union ne basculent complètement en faveur de celle-ci ? 

         

         Pierre JC Allard


      • fredR31 3 juin 2008 00:23

        Pierre,

        Ha, on retrouve bien une de vos sacro-saints idees smiley, l’union de l’Europe et d ela Russie


      • fonzibrain fonzibrain 2 juin 2008 10:36

        hello zen

        tu dois surement connaitre son ouvrage"la face caché du petrole "d’eric laurent

         

        http://www.eric-laurent.com/

        c’est tres bien documenté et expliqué

         

         

         


        • ZEN ZEN 2 juin 2008 12:15

          @ Fonzibrain

          Oui, à recommander à tous !


        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 juin 2008 10:37

          Pétrole et alimentation diffèrent notablement des autres denrées et matières premières en ce sens qu’ils sont tous deux indispensables au fonctionnement harmonieux de notre société telle que nous la connaissons. L’alimentation est bien évidemment vitale car sa pénurie déclenche aussitôt agitation sociale et instabilité politique... avez vous écrit.

          Quand on connait la motivation des spéculateurs mondiaux, il est indéniable qu’ils cherchent à déstabiliser la planète. Cette hausse brutale du baril répond étrangement à l’appel de mr Jancovici, analyste influent. Les conséquences de ces hausses répondent elles à ses attentes, et dans le cas contraire, peut il être jugé responsable ?


          • Lisa SION 2 Lisa SION 2 juin 2008 11:27

            En parallèle avec ce que je viens d’écrire, j’ajoute cet extrait d’un autre article du jour. 

            Bien évidemment, Milton Friedman, mis devant le fait accompli - celui de voir ses élèves contribuer à la mise en place et à l’enrichissement d’un Etat fasciste, corporatiste et ploutocratique - nia jusqu’au bout ses responsabilités et les errements de sa doctrine économique...


          • tmd 2 juin 2008 12:22

            Euh ... non. L’appel de Jean Marc Jancovici est l’instauration d’une taxe carbone élevée de manière planifiée et surtout progressive sur un grand nombre d’années (typiquement 15). Ceci aurait comme vertu de nous habituer graduellement à un pétrole cher, et pas de manière abrupte comme c’est en train de se passer.

            (Ce qui me laisse d’aiileurs penser que pour l’instauration de cette taxe carbone il est peut-être déjà trop tard. Ou peut-être pas finalement, si le pétrole n’a fait que commencer son ascension)


          • Dominique Larchey-Wendling 2 juin 2008 10:40

            @ l’auteur,

            La Chine sensible à l’augmentation du prix du pétrole, certes. La Chine sensible à un ralentissement de l’économie américaine, sa principale cible économique, certes ...

            Mais les USA désindustrialisés ... donc moins sensibles au prix du pétrole ... je ne vous suis pas du tout. Malgré une désindustrialisation relative, les USA consomment tout de même à eux seuls un quart du pétrole mondial ... La Chine va peut-être les rejoindre en valeur absolue ... mais n’est-ce pas surtout pour produire des biens en direction des USA qu’elle consomme tant d’énergie ?

            Ce qui rend sensible à la hausse du prix du pétrole, c’est la quantité qu’on en importe ... directement ou indirectement (sous forme de produits manufacturés avec du pétrole) ...

             


            • Adonis Adonis 2 juin 2008 15:59

              Tout à fait d’accord avec vous, je m’étais fait les mêmes réflexions à propos des USA !


            • Olivier 2 juin 2008 17:46

              Les USA consomment beaucoup de pétrole certes, mais comparé à la richesse du pays, le ratio PIB produit / utilisation de pétrole montre évidement une moindre dépendance au pétrole


            • Dominique Larchey-Wendling 2 juin 2008 20:03

              Le PIB ne veut rien dire si vous ne prenez pas en compte la dette extérieure de ce pays. Dette qui s’exprime en dollars, dette individuelle, dette des Etats, dette de l’Etat fédéral. Les bons de trésor de la réserve fédérale que possèdent en masse la Chine et le Japon.

              Le jour où la dette sera prise en compte par une attaque sur le dollar par exemple (comme une vente massive de bons de trésor par la Chine, aussi appelée "option nulcéaire"), le dollar coulera à pic et le pétrole exprimé en dollar crêvra le plafond et vous verrez si les USA ne sont pas sensibles au prix du baril. Les motifs pour une telle action de la Chine sont nombreux : perte de confiance dans le dollar, défiance à l’égard de la politique étrangère US, mesure de dissuasion/rétorsion contre une attaque US de l’Iran, un des principaux exportateur de pétrole et de gaz ...

              Dire que les USA sont riches sans prendre en compte leurs dettes est absurde. Imaginez que vous possédiez une maison pour laquelle vous rembourser tous les mois ... mais que suite à un effondrement de l’immobilier, vous ayez encore à rembourser plus que la valeur de marché de la maison. A côté de cela, vous payez vos frais courants avec d’autres dettes à la consommations que vous contractez sur la foi de vos avoirs (comme la maison par exemple). Il suffit que l’un vos créanciers exige de vous un remboursement anticipé, une augmentation des taux d’intérêt etc et qu’en même temps, le marché du crédit se contracte et vous avez tout perdu. Ce qui se produit à l’échelle individuelle pour le subprime, peut très bien se produire à l’échelle de l’Etat fédéral qui emprunte tous les jours 2 milliards de dollar pour fonctionner. On en revient à la question fondamentale de Paul Craig Roberts, ancien chef de cabinet du ministre des finances sous Ronald Reagan :

              I sometimes wonder if the bankrupt “superpower” will be able to scrape together the resources to bring home the troops stationed in its hundreds of bases overseas, or whether they will just be abandoned.

              Je me demande parfois si la "superpuissance" ruinée sera capable de réunir les fonds nécessaires au rappatriement des troupes stationnées à l’étranger dans ses centaines de bases militaires, oubien si elles seront simplement abandonnées à leur sort.

               

               


            • tvargentine.com lerma 2 juin 2008 11:23

              A l’image de la bulle internet ,nous avions des sociétés coquilles vides dont les cours flambées sur des "études" publiées dans des publications se réclamant de l’information financière et de la presse financière dont la finalité est de survivre grace à la publicité des groupes financiers dans leur journal

              Nous avons le même shéma ici qui se reproduit sur un autre type de marché ,celui des matières premières.

              Il ne sert strictement à rien de rentrer dans un jeu qui consiste à se persuader que les ressources de la planéte sont limités car cette instrumentalisation des médias n’a que pour objectif de faire croire à la rareté des matières premières.

              Nous sommes dans un cycle de spéculation et nous ne pouvons que constater que les instances européennes sont incapables de mettre en place des outils pour casser la spéculation (une super tva européénne sur les achats/ventes sur les matières premieres)

              Au mieux,cela casse la spéculation,au pire,cela rempli les caisses de l’Europe qui pourra financer des infrastructures en Europe

               


              • katalizeur 2 juin 2008 11:49

                @ lerma

                je vais me faire moinser

                mais pour cette fois je vous plus

                @ aux autres ,il est pas c.on quand il fait un effort


              • Zalka Zalka 2 juin 2008 13:08

                Et bien moi, je vais continuer comme d’habitude et moinsser.

                Sauf bien sûr si Lerma m’explique de quelle manière les ressources naturelles comme les minerais ou le pétrole peuvent ne pas être limitées. Bien sûr, le métal peut être recyclés, mais les stock à l’état naturel sont limités. Nous pourrons donc dans le meilleur des cas, construire un nombre limité d’objet metallique. Dans le cas du pétrole, nous le brûlons. Son renouvellement se fait à une échelle géologique, c’est à dire qu’il faudrait des millions d’années pour renouveler les sotck.

                Certes, il y a un aspect purement spéculatif, non liés à l’état réel des stock. Mais contrairement à internet, il ne s’agit pas que d’une bulle.

                 


              • MagicBuster 2 juin 2008 11:45

                On peut prendre l’exemple de l’aluminium

                Comme tous les métaux , son cours est passé de 2300 à 2800 $ la tonne.

                http://bourse.lesechos.fr/bourse/matieres/details_matieres.jsp?Code=MAL&Place=RMSE-TR&Codif=TSB&Secteur=METAL

                Pourtant, ce n’est pas vraiment sa rareté qui en fait son prix.

                http://fr.wikipedia.org/wiki/Aluminium

                Extrait : C’est le troisième élément le plus abondant dans la croûte terrestre ( 8 % de la masse) après l’oxygène et le silicium.

                Et si c’était seulement spéculation ?


                • tmd 2 juin 2008 13:16

                  Dans le cas de l’aluminium, ce n’est pas sa rareté, mais le coût énergétique de production de l’aluminium (à partir du minerai, la bauxite) qui est la cause principale de cette augmentation ...


                • Forest Ent Forest Ent 2 juin 2008 11:47

                  Tout cela m’a l’air bien optimiste. Des belligérants s’interrompraient pour exploiter paisiblement leurs ressources ? La guerre n’est pas un jeu coopératif : c’est le plus belliqueux qui donne le ton. L’enjeu économique est plus élevé ? Cela attise en général les passions. J’aimerais bien vous suivre, mais cela ne correspond pas à une "observation statistique basée sur des séries longues" appelée "la loi du bordel maximum".


                  • wesson wesson 2 juin 2008 12:06

                    Bonjour l’auteur, bonjour Forest ;

                     

                    Toujours le même plaisir à lire l’auteur, cependant d’accord avec la remarque de Forest Ent.

                    Il me parait également évident que les Etats Unis ont un sérieux lobby pro-militaire qui a besoin d’une guerre permanente pour justifier l’attribution d’un budget militaire sans cesse augmenté. Raréfaction ou spéculation sur les ressources ne changeront rien à cet état de fait, et cela ne va certes pas dans le sens d’une paix globale. Au contraire, le dévissage du Dollars incitera ces sociétés à réclamer toujours plus de budget, et donc sussiter encore plus de conflits et de dépenses militaires. Le risque énorme que je pressent dans tout cela, c’est que toutes ces armes servent à leur finalité ultime : les balles d’êtres tirées, les grenades et les bombes d’exploser.


                  • ZEN ZEN 2 juin 2008 12:13

                    Plutôt d’accord avec la remarque réalistico-humoristico-cynique de Forest

                    Il y a de l’angélisme dans la fin de l’article..

                    Ah ! si je pouvais me tromper !..


                    • LE CHAT LE CHAT 2 juin 2008 12:46

                      article interessant ; les pays producteurs ont interêt à profiter de cette manne avant que les pays consommateurs aient le temps de se retourner vers d’autres sources d’energie ou de mettre en service d’autres gisements devenus rentables .


                      • aquad69 2 juin 2008 14:09

                        Bonjour Michel,

                        Merci pour votre article, très intéressant.

                        Sans vouloir jouer les Cassandre, je suis moins optimiste que vous : on assiste actuellement, dans bien des pays et sous la pression de la nécessité alimentaire et d’énergie, au retour d’un protectionnisme qui ne peut que s’étendre progressivement à de nombreux marchés et pays ; le pétrole devient d’ailleurs aujourd’hui beaucoup plus une affaire d’Etat que de marchés.

                        Favorable aux protectionnismes absolus et à l’autonomie la plus complète possible des peuples et des régions, on serait portés à s’en réjouir, mais l’histoire enseigne qu’un tel retour de balancier commence d’abord par une guerre générale entre les différents blocs d’alliances...

                        Il est indéniable que l’ambiance actuelle est bien lourde et que, sauf miracle, celà ne semble rien présager de bon.

                        Cordialement Thierry

                         

                         


                        • Internaute Internaute 2 juin 2008 14:16

                          L’auteur pose que le pétrole a été la cause principale de la guerre en Irak et donc de la montée en puissance de l’Iran. Faut-il répéter que la cause principale de l’attaque américaine contre l’Irak n’est pas le pétrole mais la volonté de néo-cons pilotés par l’Israël d’en découdre avec l’Irak.

                          Le milieu des affaires prospère dans l’ordre et la tranquilité, pas dans le chaos. Il eut été 100 fois moins couteux de créer une entreprise de cogestion du pétrole irakien avec Saddam Hussein empochant une partie des bénéfices, comme cela est fait en Arabie Saoudite.

                          Faisons un parallèle entre l’Irak et l’Arabie-Saoudite. En Arabie, les américains soutiennent une monarchie intégriste de type féodal qui coupe les mains aux voleurs de dattes. Ils ont des bases militaires dans le pays qui peuvent fonctionner à plein régime, en toute sécurité, sans risque pour leurs soldats. Le pétrole coule à flot des ports arabes vers les Etats-Unis. Ils ont obtenu cette enviable position en créant l’Aramco, une compagnie pétrolière contrôlée par les US et qui enrichit les féodaux saoudiens.

                          Devant un pareil succès, regardons ce qui se passe en Irak. La production est par-terre, le désastre de l’armée américaine se voit tous les jours. Les dépenses militaires font peut-être la fortune de quelques compagnies US mais mettent à genoux le budget de la nation. Le bilan est globalement négatif.

                           

                          Et on veut nous faire croire qu’ils ont en Irak pour les droits de l’homme, la démocratie et le pétrole ? De qui se moque-t-on ? Même le plus idiot des ministres américains est capable de faire la même comparaison.


                          • Dominique Larchey-Wendling 2 juin 2008 16:29

                            L’auteur pose que le pétrole a été la cause principale de la guerre en Irak et donc de la montée en puissance de l’Iran. Faut-il répéter que la cause principale de l’attaque américaine contre l’Irak n’est pas le pétrole mais la volonté de néo-cons pilotés par l’Israël d’en découdre avec l’Irak.

                            Le mobile de la guerre en Irak n’est pas le pétrole pour l’argent (càd les affaires) mais le contrôle stratégique de la région exportatrice de pétrole pour le maintien de l’hégémonie américaine (Projet pour un Nouveau Siècle Américain) par la capacité d’exercer un chantage à l’énergie sur les concurrents principaux des USA, c’est-à-dire la Chine, le Japon, la Russie et surtout l’Europe. Oui maintenir l’Europe sous domination américaine, voilà un des objectifs de la guerre en Irak. Et le contrôle du pétrole en est le moyen essentiel (mais pas unique, il y a aussi le bouclier anti-missiles). D’autant plus avec l’approche de "Peak Oil", dont Dick Cheney et ses amis n’ignoraient évidemment pas l’existence, vu qu’il parlait déjà en 1999 du Moyen Orient comme de la source principale de pétrole en 2020 et qualifiait le MO d’"ultimate prize" :

                            For the world as a whole, oil companies are expected to keep finding and developing enough oil to offset our seventy one million plus barrel a day of oil depletion, but also to meet new demand. By some estimates there will be an average of two per cent annual growth in global oil demand over the years ahead along with conservatively a three per cent natural decline in production from existing reserves. That means by 2010 we will need on the order of an additional fifty million barrels a day. So where is the oil going to come from ? Governments and the national oil companies are obviously controlling about ninety per cent of the assets. Oil remains fundamentally a government business. While many regions of the world offer great oil opportunities, the Middle East with two thirds of the world’s oil and the lowest cost, is still where the prize ultimately lies, even though companies are anxious for greater access there, progress continues to be slow.

                             


                          • Internaute Internaute 3 juin 2008 08:35

                            Même si vous aviez raison je ne vois pas en quoi la méthode employée en Irak a été plus efficace que celle employée en Arabie-Saoudite. Rien ne montre que cela a été le bon choix, rien ne prouve que cela était nécessaire.

                            Par contre si l’on prend comme objectif la destruction des voisins qui ne plaisent pas à l’Israël alors l’aventure irakienne est un succès complet.


                          • Dominique Larchey-Wendling 3 juin 2008 11:22

                            Même si vous aviez raison je ne vois pas en quoi la méthode employée en Irak a été plus efficace que celle employée en Arabie-Saoudite. Rien ne montre que cela a été le bon choix, rien ne prouve que cela était nécessaire.

                            La situation de l’accord entre Roosevelt et Ibn Saoud est bien différente de la situation des années 2000. A l’époque, les USA sont le premier producteur et exportateur mondial de pétrole. L’accord avec l’Arabie Saoudite est un atout stratégique supplémentaire mais absolument une nécessité vitale au maintien de la puissance de l’Empire. Aujourd’hui, c’est le MO qui domine la production et l’exportation. Son contrôle est indispensable et l’on voit bien qu’ayant échoué à cet objectif, la puissance US est déclinante et plus personne n’écoute ni ne respecte l’administration US, sauf peut-être les alignés de la dernière heure.

                            Par contre si l’on prend comme objectif la destruction des voisins qui ne plaisent pas à l’Israël alors l’aventure irakienne est un succès complet.

                            Je ne dis pas que l’élément "sécurité d’Israël" n’a pas joué un rôle dans cette affaire. Bien-sûr, il y a le document de Richard Perle "A Clean Break". Simplement, je ne pense pas que ce seul élément aurait suffit à entrainer tout l’establishment US dans une guerre. Le bénéfice stratégique pour les USA aurait été beaucoup trop faible. Nombreux parmis les néocons avaient sans doute la volonté d’établir l’hégémonie locale d’israël en tête mais je ne pense pas qu’ils ont été suivis et écoutés pour ce motif unique.

                            Et aujourd’hui, le danger principal qui menace Israël est l’effondrement du soutien militaire et financier US.

                             


                          • Dominique Larchey-Wendling 3 juin 2008 11:24

                            En outre je doute que l’aventure Irakienne ne soit un succès pour la sécurité d’Israël. Le principal bénéficiaire de cette aventure, en terme gain de puissance régionale, est l’Iran.

                             


                          • finael finael 2 juin 2008 21:44

                            Juste quelques remarqueq en passant :

                            - La raréfaction d’un produit provoque une hausse lente et régulière (sauf par exemple dans le cas d’une guerre ou d’un blocus), pas une explosion !

                            - Grand photographe amateur, je lisais "ad nauseam" dans la presse spécialisée les conséquences qu’allait avoir la pénurie croissante d’argent (métal) sur notre hobby ... c’est alors qu’apparu la photographie numérique !

                            C’est juste pour mettre mon grain de poivre, car, à part la pertinence de certaines conclusions, j’ai trouvé l’article très intéressant, même si je ne partage pas entièrement ce qui y est écrit.


                            • JAcky 3 juin 2008 00:12

                              Bonjour,

                              2 commentaires (sur les commentaires)

                              - je pense egalement que la hausse du petrole n’est pas forcement mauvaise en soi. Songez qu’elle constitue un frein aux importations massives de produits a faible valeur ajoutee ainsi qu’aux delocalisations (par un effet combine de desavantage concurrentiel relatif sur les couts et de hausse des couts de transport).

                              - je ne crois pas que les Etats-Unis soit entres en guerre contre l’Irak uniquement sur des motivations liees au Petrole. C’est bien plus la folie des neoconservateurs obnubiles par la defense d’Israel qui a pousse le pays a la guerre. Ce faisant, ils ont condamne les 2 parties (Palestiniens et Israeliens) a la guerre, les Etats-Unis abandonnant leur role d’arbitre politique pour celui de premier sponsor de la cause israelienne. La logique en place est une logique d’affrontement, sans personne (l’EU n’a pas l’influence necessaire) pour siffler la fin de partie.

                               

                              J


                              • fredR31 3 juin 2008 00:26

                                "Le pétrole, qui était la cause principale de la guerre en Irak "

                                Il me semble que, pour les americains, acheter le petrole coutait beaucoup moins cher que le cout de la guerre en cours....

                                Donc je ne comprends pas trop cette affirmation

                                Merci pour le reste de l’article, tres instructif

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