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Portables au Sénégal

Les téléphones portables au Sénégal entre frime et nécessité.

Les portables au Sénégal : frime ou nécessité ?

A Dakar, le téléphone cellulaire est devenu l’objet de toutes les convoitises, on l’arbore avec ostentation, on le vole, décode et recode…

L’anecdote aurait pu faire rire, n’eut été son issue malheureuse : c’est l’histoire d’une de nos célèbres chanteuses traditionnelles qui s’est fait subtiliser son portable, lors d’une de ces fêtes à Sorano. Remarquant que son mobile avait subitement disparu, elle se mit dans tous ses états, vociférant et injuriant. L’affaire finit en pugilat.

On ne sait si l’infortunée chanteuse a finalement retrouvé son objet magique. Cette histoire vraie, qui se raconte dans tout Dakar depuis des semaines, donne l’exacte mesure de l’importance que le cellulaire a pris dans la vie des Sénégalais.

Autre exemple ? Fatou, jeune élève de 17 ans, a finalement reçu le portable qu’elle attendait désespérément. Maintenant elle pourra frimer sur les rues, les plages, avec son portable comme tout le monde. Tout le monde, c’est le patron d’entreprise et la femme d’affaire, le riche et le pauvre, le play-boy ou le mannequin, l’artiste et le sportif…

Et sans oublier l’interminable querelle des in et des out, ou anciens et modernes. Pour les anciens, cela pourrait être le genre de cette jeune secrétaire qui peste : « Les propriétaires de téléphones portables nous pompent l’air avec leurs téléphones qui sonnent à tout moment et partout. En rentrant dans la modernité les Sénégalais ont perdu leur quiétude. »

Pour les modernes : « Pour moi le cellulaire est synonyme de gain de temps et d’organisation. Je dois pouvoir être joignable partout pour les besoins de mon job tout en ayant une vie privée… », renchérit une jeune cadre.

Le portable est devenu signe de distinction sociale et en même temps a créé un besoin : celui de communiquer à tout prix.

Même ceux qui n’avaient rien à dire se sont mis à appeler. Peu importe d’ailleurs que la qualité des télécommunications ne soit pas des meilleures. Le résultat est là : la distance entre Dakar et les régions lointaines est abolie. Les journalistes de la presse radiophonique ont changé de méthodes de travail. Pour couvrir l’actualité, ils n’ont plus besoin de voitures émettrices ni de ces dispositifs avec des lignes téléphoniques spéciales. Dans le fin fond du Sénégal où il n’existe pas ou peu de lignes de téléphones fixes, les populations n’ont plus besoin de se taper des kilomètres pour trouver des télécentres publics. Le téléphone portable leur a permis d’appeler à toute heure. Bien entendu les promoteurs des deux réseaux qui quadrillent le pays, Orange et Tigo, se frottent les mains, mais les vols souvent avec agressions se sont multipliés. Les portables disparaissent de plus en plus lors des grandes fêtes, dans les stades ou dans les lieux publics…

Ils seront revendus, sous le manteau, dans les marchés de la capitale, en l’occurrence Sandaga, ou même au fameux « colwaiz » à des prix dérisoires.

Des particuliers ramènent des appareils de l’étranger. Mais que faire avec des mobiles qui fonctionnent avec des réseaux de ces pays ?

Pas de panique ! Les portables sont décodés, comprenez adaptés aux réseaux sénégalais par des « spécialistes ». Pour des prix oscillant entre 5000 F et 25000 F, ou plus même nous révèle un vendeur de portable, il est vrai que l’activité nourrit son homme. Des entrepreneurs, des vrais, se sont engouffrés dans le créneau, comme ces marchands qui vendent du matériel électronique dans le centre-ville. Tout le monde y passe, que ça soit frime ou nécessité.


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4 réactions à cet article    


  • Marcel Chapoutier Marcel Chapoutier 24 juillet 2008 17:34

    C’est pas compliqué avec un téléphone débloqué il suffit de racheter une puce Sénégalaise 1,50 € (à coté du prix prohibitif français c’est donné) et voilà le tour est joué,il suffit de racheter une recharge de 5000 Fcfa ou 10000 fcfa (7,50 ou 15 €) et vous en avez pour longtemps...

    En France c’est bien trop cher, les opérateurs se sucrent un peu trop, c’est des bandits... 


    • MAIKEULKEUL 24 juillet 2008 18:57

      Assez curieux cet article.

      S’il émane effectivement d’un rufisquois, il a voulu se faire plaisir

      CAR le téléphone fixe est pas très développé au Sénégal et coûte cher, d’où la multiplication des télécentres qui ont eu de belles heures et qui disparaissent petit à petit maintenant.

      LE DEVELOPPEMENT du téléphone mobile est directement lié au fait que le coût de l’implantation d’un relai est sans commune mesure avec l’installation de kilomètres de lignes téléphoniques.

      D’AUTRE PART, les sénégalais achètent, pour la plupart, des cartes d’unités prépayées, dont la moins chère doit être de 2000 FCFA (3€) et il me semble qu’il y en a à 1000 F, donc même s’il n’ont pas beaucoup de revenus, ils peuvent s’en acheter une de temps en temps.

      Au départ, une bonne partie des téléphones mobiles ont été envoyés par les sénégalais de l’étranger, ou donnés par les touristes : sur place les prix étaient rédhibitoires.

      Ensuite, s’est développé un marché de portables volés.

      D’où la floraison de petites boutiques qui "cassent" les codes : le coût est au maximum de 5000 FCFA (7,5€) et non 25000 FCFA. Ca, c’est un prix pour un couillon de toubab !!!

      Enfin quand un sénégalais se fait "choper" son portable, s’il hurle c’est surtout parce que disparait avec lui son répertoire téléphonique !!!


      • Jibson Jibson 22 novembre 2008 16:39

        Je me demande bien, si tu crois toi même à ce que tu dit.
        Il ne faut pas être plus royaliste que le roi, moi je sais bien ce que j’ai écrit et je ne me prend pas mon temps pour mettre des choses qui ne sont pas vrais. Avant de prendre son temps à contre dire les gens, il faut vérifier d’abord pauvre c**



      • Christoff_M Christoff_M 29 juillet 2008 20:46

        ils ont inventé les grands gourrous de la consommation de masse, l’objet incoutournable...

        parti d’un nokia simple à 30euros nous en sommes venus en quelques années à l’ipod à 300euros...

        et les gens achètent !!

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