Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Pourquoi pas un monde sans drogues criminalisées ?

Pourquoi pas un monde sans drogues criminalisées ?

En marge de la publication du rapport annuel de l’ONUDC, on est en droit de se demander si le fait de criminaliser la consommation des drogues illicites ne cause pas davantage de problèmes que cela n’en résout.

L’Afghanistan et l’Afrique de l’Ouest inquiètent l’Organisation des Nations unies pour la lutte contre la drogue et le crime (ONUDC). Selon son rapport annuel (en anglais seulement) sur la production, le trafic et l’usage de drogues illicites dans le monde, l’Afghanistan est aux prises avec une croissance soutenue de la culture de l’opium, tandis que l’Afrique de l’Ouest est devenue un important lieu de transit de la cocaïne acheminée vers l’Europe. Tout n’est pas noir dans ce rapport : la consommation mondiale des principales drogues illicites (cocaïne, héroïne, cannabis et amphétamines) se serait stabilisée en 2007, après plus d’un quart de siècle de croissance.

Outre l’Afrique de l’Ouest, l’Afghanistan est la bête noire de l’ONUDC. La culture de l’opium y a atteint des records, alimentant le trafic européen de l’héroïne transitant par l’Asie centrale. Le fameux Triangle d’or (Laos, Birmanie et Thaïlande) n’est plus la principale source d’opium dans le monde.

En Amérique du Sud, la production globale de cocaïne s’est accrue au Pérou et en Bolivie, mais a diminué en Colombie. Au total, la quantité produite dans la région, selon les données fournies par l’ONUDC, est demeurée la même qu’en 2006 (984 tonnes).

En Afrique de l’Ouest, c’est la Guinée-Bissau qui est la plus touchée par la montée du trafic de cocaïne.

200 millions de consommateurs

L’ONUDC estime à environ 200 millions le nombre d’individus âgés entre 14 et 64 ans qui consomment diverses drogues illicites :

Marijuana 160 millions d’individus
Amphétamines 25 millions
Cocaïne 14 millions
Héroïne 11 millions

De ces individus, environ 25 millions éprouvent de sérieux problèmes de dépendance ; la plupart de ceux-ci sont héroïnomanes ou cocaïnomanes. À elle seule, la production d’opium en Afghanistan pourrait être responsable de plus de 100 000 décès par année.

De loin la plus consommée des drogues illicites, la marijuana est cultivée dans 172 des 198 pays pour lesquels l’ONUDC a obtenu des renseignements en 2007. Alors que l’herbe de cannabis est surtout produite en Amérique du Nord et en Afrique, la résine de cannabis est pour sa part produite principalement au Maroc, en Afghanistan et au Pakistan.

Éliminer la prohibition ?

L’opium en Afghanistan et le transit de la cocaïne en Afrique du sud, de même qu’en Amérique centrale et dans les Caraïbes pour ce qui concerne les marchés de l’Amérique du Nord, menacent sérieusement la sécurité et le développement de ces régions, selon l’ONUDC. Les bandes criminelles sont mieux organisées en Amérique du Sud qu’en Asie centrale, mais dans les deux cas la violence est au rendez-vous.

Tout en se réjouissant des quantités de drogues saisies dans le monde, l’ONUDC a fait de la prévention son cheval de bataille. Certes la prévention ne peut pas nuire, mais il est évident qu’elle ne peut à elle seule tout régler. Les mesures drastiques telle l’éradication de la coca, « plante divine », ne sont pas non plus la solution.

On peut par ailleurs se demander si le fait de criminaliser la consommation de certaines substances ne cause pas davantage de problèmes que si celles-ci ne l’étaient pas. La lutte aux drogues criminalisées vaut-elle la criminalité endémique que leur interdiction maintient dans certaines régions du monde ?

Après tout, il y a des alternatives à la prohibition.



Moyenne des avis sur cet article :  3.88/5   (25 votes)




Réagissez à l'article

56 réactions à cet article    


  • Gazi BORAT 13 mars 2008 09:53

    Ce qui est drogue aujourd’hui a été légalement en vente hier..

    N’oublions pas, pour l’Occident la cocaïne en vente libre dans toutes les pharmacies jusque dans les années trente, l’heroïne produite en quantités industrielles par les laboratoires Bayer...

    http://www.a1b2c3.com/drugs/opi004a.gif

    N’oublions pas non plus, pour la France, les Régies Françaises de l’Opium, du Kif et du Kat qui rapportèrent autrefois aux caisses de l’Etat des revenus conséquents.. On peut voir ici à Saïgon, les imposants batiments de cette respectable institution (Régie de l’Opium) :

    http://belleindochine.free.fr/images/Saigon1882/saigon1882RegieOpiumL.jpg

    N’oublions pas non plus la vertueuse Grande Bretagne imposant à la Chine par la guerre l’introduction de l’opium sur son territoire..

    http://jclandry.free.fr/AuService/AuService.html

    Et aussi le large usage des amphétamines par les belligérants (USA, Japon, Allemagne) du deuxième conflit mondial pour augmenter (entre autres usages) la rotation des précieux équipages de bombardiers..

    http://www.cultural-baggage.com/tutruth/amphetamines%5B1%5D.jpg

    On peut ainsi penser que bien des psychotropes prescrits en France par des non-spécialistes (ils peuvent l’être par un généraliste alors que la prescription du Viagra n’est réservée qu’aux urologues !) seront demain substances prohibées..

    L’interdiction de ces produits a été une bénédiction pour les réseaux mafieux, tout comme la prohibition de l’alcool aux Etats Unis a servi de tremplin historique à la mise en place d’une criminalité organisée aujourd’hui internationale !

    Il n’est pas sur que la prescription des produits sous surveillance médicale fasse augmenter le nombre de toxicomanes..

    gAZi bORAt

     


    • tvargentine.com lerma 13 mars 2008 09:55

      La théorie qui consiste à vouloir décriminaliser les drogues est une mauvaise idée car il ne ferra que permettre aux réseaux criminels d’étendre leur activité

      La drogue est un danger public qui doit etre combattu


      • Gazi BORAT 13 mars 2008 10:07

        @ Lerma

        Je ne comprend pas votre logique..

        A moins que vous ne considériez les laboratoires pharmaceutiques que des réseaux mafieux ?

        Deviendriez-vous marxiste, Mr Lerma ?

        gAZi bORAt


      • gecko gecko 13 mars 2008 10:06

        Quand vous dites il y a des alternatives à la prohibition il y en a et certaines entreprises peu scrupuleuses les ont trouvées. En angleterre la revente de champignons hallucinogènes est permise... pourvu qu ils soit séchés... un gros vide dans la loi permet ça. Il y a aussi le BZP un piperazine qui a presque les mêmes effets que la MDMA (principe actif de l’extazy) et qui dans plusieurs pays n’a pas encore été classé comme drogue comme la Nouvelle Zelande, l’Irlande... et bien d’autres on peut d’ailleurs aujourd hui en commander sur le net et recevoir chez soi une boite de comprimés, oui oui ca passe la douane ! D’ailleurs malgré quelques problèmes de surdosage le BZP semble presque être une drogue sans trop de mauvais effets secondaires voir d’addiction (faux ! moins que la MDMA mais pas anodin non plus) alors bien sur après plus de 5millions de tablettes écoulées la loi est en train de ratrapper le BZP... mais les chimistes ont déja préparé quelques molécules similaires qui leur permettrons en toute impunité de contourner la loi.


        • tvargentine.com lerma 13 mars 2008 10:14

          Vouloir decriminaliser les drogues est dangereux pour la santé public il suffit de regarder un pays comme la Somalie ou chacun est libre d’acheter sa drogue pour obtenir le résultat d’un éffondrement d’une société livré aux trafiquants de drogue

          Oui,la drogue et les réseaux criminels doivent etre combattu

          Vouloir faire l’amalgame entre laboratoire et réseaux mafieux et stupide


          • yasunari yasunari 13 mars 2008 12:54

            C’est vrai qu’il est plus facile de faire passer vos idées stupides en prenant appui sur un exemple très très loin e Afrique que de regarder ce qui se passe en Hollande...

             

            Pôvre c. Même pas de c.


          • Valou 13 mars 2008 10:56

            L’avantage de la légalisation est qu’on peut plus facilement informer ou règlementer (cf la cigarette et l’alcool). Le problème est que les drogues sont beaucoup plus addictives et en prendre une seule fois peut être une fois de trop.

            Cela dit on peut immaginer des "drogoirs" avec du personnel qualifié qui gère les doses et permet de gérer la dépendance. C’est un peu comme la prostitution : ce sont des pratiques qui ont toujours existées et qui sont en marge de la moralité (voir au délà des frontières mais on entre dans la subjectivité) : on ne peut pas les faire disparaitre mais on peut au moins faire en sorte que ça se fasse dans des conditions d’hygiène et de règlementation correctes...

            Valou


            • MagicBuster 13 mars 2008 11:04

              Certains médicaments légaux et déjà disponibles sont bien plus dangereux que les drogues que l’on dénonce tous (pour la plupart). Avant de dépénaliser quoi que se soit, il faudrait s’interroger sur la raison du nombre de personnes (en France notemment) qui prennent ce genre de médocs.


              • 5A3N5D 13 mars 2008 11:13

                "Certains médicaments légaux et déjà disponibles sont bien plus dangereux que les drogues que l’on dénonce tous..."

                Des exemples seraient les bienvenus.


              • Gazi BORAT 13 mars 2008 11:41

                @ 5A3N5D

                Il existe à ce sujet une étonnante mansuétude des pouvoirs publics, par ailleurs souvent plus répressifs par ailleurs..

                En effet, nombre de psychotropes (antidépresseurs, anxyolitiques et autres) parfaitement légaux, sont totalement incompatibles avec la conduite de véhicules. Si la consommation d’alcool au volant est sévèrement controlée, dans un souci de sécurité routière (ce que je ne conteste pas), la consommation de psychotropes par contre ne semble pas inquiéter le ministère de l’Intérieur..

                Et pourtant... Vous avez déjà essayé de conduire sous L... ?

                http://www.ecole-art-aix.fr/IMG/jpg/lexomil.jpg

                gAZi bORAt

                 


              • 5A3N5D 13 mars 2008 12:51

                @ Gazi Borat,

                "En effet, nombre de psychotropes (antidépresseurs, anxyolitiques et autres) parfaitement légaux, sont totalement incompatibles avec la conduite de véhicules."

                Si un jour vous avez le malheur de faire une dépression, vous changerez peut-être d’avis sur les "drogues". Jusqu’ici et jusqu’à preuve du contraire, ces produits, inhibiteurs de la recapture de la sérotonine ou tricycliques aromatiques ne sont pas des alcaloïdes. Les benzodiazépines non plus.

                De plus, les patients qui sont traités sont très bien informés des dangers de ces substances sur la vigilance, notamment. Ces effets disparaissent d’ailleurs au bout de quelques semaines et la vigilance peut même être accrue.

                 


              • Gazi BORAT 13 mars 2008 18:15

                Les patients sont bien informés, en effet, et sont censés être responsables...

                Un bon nombre de psychotropes modifiant le psychisme (je pense au Prozac, pour en citer un courant), peut-on parler de "responsabilité" concernant une personne sous l’emprise de tels médicaments ?

                De même, informez sur un parking de discothèque le samedi soir les personnes en état d’ébriété se dirigeant vers un véhicule.. un grand nombre vous affirmera que l’alcoll augmente leur vigilance..

                Je ne nie pas que certains produits soulagent les personnes en souffrance psychique, mais je doute que le Lexomil accroisse la vigilance au volant... D’ailleurs, la conduite de véhicules ou de machines est fortement déconseillée en raison des risques de somnolence.

                EXTRAIT des PRECAUTIONS d’EMPLOI dans le cas de traitement au LEXOMIL

                PHENOMENE DE REBOND :
                Ce syndrome transitoire peut se manifester sous la forme d’une exacerbation de l’anxiété qui avait motivé le traitement par les benzodiazépines et apparentés.

                AMNESIE ET ALTERATIONS DES FONCTIONS PSYCHOMOTRICES :
                Une amnésie antérograde ainsi que des altérations des fonctions psychomotrices sont susceptibles d’apparaître dans les heures qui suivent la prise.

                TROUBLES DU COMPORTEMENT :
                Chez certains sujets, les benzodiazépines et produits apparentés peuvent entraîner un syndrome associant à des degrés divers une altération de l’état de conscience et des troubles du comportement et de la mémoire :
                peuvent être observés :
                . aggravation de l’insomnie, cauchemars, agitation, nervosité,
                . idées délirantes, hallucinations, état confuso-onirique, symptômes de type psychotique,
                . désinhibition avec impulsivité,
                . euphorie, irritabilité,
                . amnésie antérograde,
                . suggestibilité.
                Ce syndrome peut s’accompagner de troubles potentiellement dangereux pour le patient ou pour autrui, à type de :
                . comportement inhabituel pour le patient,
                . comportement auto- ou hétéro-agressif, notamment si l’entourage tente d’entraver l’activité du patient,
                . conduites automatiques avec amnésie post-événementielle.
                Ces manifestations imposent l’arrêt du traitement.

                RISQUE D’ACCUMULATION :
                Les benzodiazépines et apparentés (comme tous les médicaments) persistent dans l’organisme pour une période de l’ordre de 5 demi-vies (voir rubrique propriétés pharmacocinétiques).
                Chez des personnes âgées ou souffrant d’insuffisance rénale ou hépatique, la demi-vie peut s’allonger considérablement. Lors de prises répétées, le médicament ou ses métabolites atteignent le plateau d’équilibre beaucoup plus tard et à un niveau beaucoup plus élevé. Ce n’est qu’après l’obtention d’un plateau d’équilibre qu’il est possible d’évaluer à la fois l’efficacité et la sécurité du médicament.
                Une adaptation posologique peut être nécessaire (voir rubrique posologie et mode d’administration).


                Effet sur la conduite de véhicules

                 



                - Prévenir les conducteurs de véhicules et utilisateurs de machines du risque possible de somnolence.

                - L’association avec d’autres médicaments sédatifs doit être déconseillée ou prise en compte en cas de conduite automobile ou d’utilisation de machines (voir rubrique interactions).

                - Si la durée de sommeil est insuffisante, le risque d’altération de la vigilance est encore accru.

                Pour la documentation complête :

                http://sante-az.aufeminin.com/w/sante/m3174284/medicaments/lexomil-roche-comprimebaguette/detail.html

                De grâce, évitez de dire que les psychotropes accroissent la vigilance au volant, c’est irresponsable !

                gAZi bORAt


              • jondegre jondegre 13 mars 2008 11:23

                La drogue est l’un des marches les plus juteux, il fonctionne main dans la main avec le marche des armes qui est lui aussi l’un des plus juteux (exemples : Afghanistan, Colombie) . Ca m’etonnerait que les puissantes mafias qui tiennent ca laissent passer une quelconque liberalisation du marche de la drogue, trop d’argent, trop de pouvoir est en jeu. En fait c’est tout le systeme qui est en jeu ici.

                 

                 


                • MagicBuster 13 mars 2008 11:26

                  Tous les anti dépresseurs sont des drogues , je ne suis pas médecins, je ne connais pas les pires d’entre eux. Les effets secondaires des anti depresseurs - Dépression, déprime, stress ...

                  Sinon on peux également citer les produits de substitution genre méthadone. C’est pareil que de la drogue mais c’est la sécu qui paye. Plusieurs trafics de ce genre de produits ont été démentelé par le passé en France.


                  • MagicBuster 13 mars 2008 11:30

                    @l’auteur , Très bon article, je plus.

                    Merci également Gazi Borat pour vos liens très enrichissants. On en apprend de belles . . .


                  • MagicBuster 13 mars 2008 11:42

                    @Lerma

                    Le sujet n’est pas vraiment la tracabilité, mais la dépénalisation.

                    En plus, je ne vois aucune raison que l’argent de la drogue n’intéresse pas quelqu’un sous prétexte qu’il soit médecin. D’ailleurs dans les trafic de méthadone, les médecins étaient (évidemment) complices.


                  • 5A3N5D 13 mars 2008 13:26

                    @ Magic buster,

                    "tous les anti dépresseurs sont des drogues , je ne suis pas médecins, je ne connais pas les pires d’entre eux. Les effets secondaires des anti depresseurs - Dépression, déprime, stress ..."

                    Vous n’êtes pas médecin. Donc, taisez-vous. Préféreriez-vous que tous les déprimés se voient internés d’office, soumis à des électrochocs, comme au bon vieux temps... ? Idem pour tous les psychotiques qui, pourtant, peuvent être soignés en ambulatoire grâce aux neuroleptiques ? Vous êtes donc contre ces progrès de la pharmacologie ? Car, que viennent faire dans ce débat des substances, certes délivrées uniquement sur ordonnance, mais licites ? Trouveriez-vous normal qu’on vous laisse souffrir après une opération au lieu de vous autoriser l’usage de la morphine, produit qui est pourtant une "véritable" drogue ?


                  • Gazi BORAT 13 mars 2008 13:36

                    Le problème concernant la prescription des psychotropes, l’est moins lorsqu’elle est le fait d’un spécialiste (psychiatre) que celui d’un médecin généraliste.

                    Ces médicaments sont lourds d’effets secondaires, comment peuvent-ils être prescrits aussi légèrement lorsque l’on sait que, par exemple, un médicament comme le Viagra ne peux être prescrit que par un spécialiste (urologue) ?

                    Lorsque l’on connait le souci des médecins généralistes pour la conservation de leur clientèle et leurs récriminations récurrentes contre la baisse de leur pouvoir d’achat, on comprend qu’ils soient "tolérants " envers des cas avérés de toxicomanie légale au sein de leur pratique et répondent positivement lorsque la patiente venue consulter pour une grippe demande au praticien qui rédige l’ordonnance :

                    "... et vous n’oublierez pas mon petit Temesta ?"

                    gAZi bORAt


                  • Philou017 Philou017 13 mars 2008 18:40

                    A5E4D3"Vous n’êtes pas médecin. Donc, taisez-vous. "

                    Surtout pas. La medecine est à l’haure actuelle une "science pleine de dogmes et soumise aux intérêts du compexe pharmaceutique. Il est urgent que les citoyens se réapproprient la gestion de leur santé.

                    "Préféreriez-vous que tous les déprimés se voient internés d’office, soumis à des électrochocs, comme au bon vieux temps... ?"

                    L’electrochoc est revenu à la mode, surtout qu’il est bien remboursé par la securité sociale.

                    http://psychotopie100.canalblog.com/archives/2007/10/01/6396466.html

                    www.antipsychiatry.org/fr-ect.htm

                    "Idem pour tous les psychotiques qui, pourtant, peuvent être soignés en ambulatoire grâce aux neuroleptiques ? Vous êtes donc contre ces progrès de la pharmacologie ?"

                    Progres ? Tout le monde n’est pas de votre avis. Extrait :

                    -Les neuroleptiques utilisés depuis les années 50 ont fonctionnés en entravant la fonction normale du cerveau. Ils ont atténué la psychose, mais ont produit des pathologies souvent pire que la condition pour laquelle ils avaient été prescrits- tout comme les lobotomies que les psychotropes ont remplaçé.

                    Vera Sharav, American Journal of Bioethics, 2003

                    www.ccdhmtl.org/publications/quand-le-danger-psychiatrique-se-raproche-de-vous.pdf

                    L’usage intensif de psychotropes est fortement contestable. Ces medicaments ne sont que des palliatifs aux resultats contestables et qui servent surtout à enrichir les producteurs de médicament . Alors que seul le traitement psychologique peut faire évoluer les malades :

                    "Il n’est pas dans mon intention de défendre la psychanalyse qui, elle même, a fait preuve d’excès malheureux, bien qu’utilisant moi-même des principes psychanalytiques dans le genre de psychothérapie que je pratique. Cependant, il est assez clair pour moi que les grandioses prétentions de la biopsychiatrie sont exagérées et ce, de manière extravagante, totalement non prouvées et essentiellement destinées pour son propre bénéfice. [...] En réalité, c’est-à-dire dans celle qui consiste à traiter les malades, les médicaments ont de profondes limitations. Je sais que si le seul outil dont je disposais lors de mes traitements était le carnet d’ordonnances, je ne ferais qu’un piètre psychiatre. La partie principale du traitement devrait toujours être d’écouter et de parler avec les malades qui s’adressent à moi. Ce qui signifie écouter attentivement ce qu’ils disent au sujet de leurs vies et de leur "histoire" dans leur totalité, pas simplement écouter pour voir quels symptômes peuvent être soignés avec tel ou tel médicament. Bien que ce que je l’affirme puisse paraître étonnant, les biopsychiatres en général écoutent seulement la partie du discours du malade qui correspond à leurs propres paradigmes biologiques de la maladie mentale. Et c’est bien dans la nature du dogme que ceux qui le pratiquent n’entendent que ce qu’ils veulent bien entendre."

                    par David Kaiser
                    psychiatre américain de Chicago, Hôpital de la Northwestern University.

                    psychotrope.canalblog.com/archives/biopsychiatrie___critiques_et_dange rs/index.html

                    "Car, que viennent faire dans ce débat des substances, certes délivrées uniquement sur ordonnance, mais licites ? Trouveriez-vous normal qu’on vous laisse souffrir après une opération au lieu de vous autoriser l’usage de la morphine, produit qui est pourtant une "véritable" drogue ?"

                    L’usage de la morphine est hors débat. L’utilisation est ponctuelle au contraire des médicaments utilisés en psychiatrie.

                    Débat déja amorçé dans : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=35281


                  • docdory docdory 13 mars 2008 19:03

                     @ Gazi Borat 

                    Le viagra peut parfaitrment être prescrit par un généraliste , j’en prescris plusieurs fois par mois , nul besoin d’un urologue 


                  • Gazi BORAT 14 mars 2008 08:03

                    @ Docdory

                    J’ ARRRRRIIIIIIIIIVVVVE !

                    gAZi bORAt


                  • tvargentine.com lerma 13 mars 2008 11:36

                    Franchement on lit des bétises énormes de consommateurs de drogues qui se lachent ici,car comment pouvez vous comparer un médecin qui délivre une ordonnance médicale à un dealer qui revend de la drogue (avez vous la traçabilité de votre drogue ??????????????)

                     


                    • Gazi BORAT 13 mars 2008 11:49

                      @ Lerma

                      Je ne suis pas consommateur de drogue mais autrefois, les médecins en France prescrivaient cocaïne et opiacés en vente aujourd’hui dans les circuits parallèles.. mais effectivement, la traçabilité et le contrôle qualité de produits fabriqués clandestinement laissent à désirer..

                      C’est d’ailleurs un argument des partisans de la dépénalisation..

                      gAZi bORAt


                    • Trashon Trashon 13 mars 2008 12:14

                      Le seul effet notoire de la prohibition des drogues est l’augmentation de leur consommation sachant qu’à ma connaissance, il n’y a eu aucune civilisation qui n’ai eu recours à l’usage de drogue.

                      Je m’explique, à l’opposé d’aujourd’hui, dans plusieurs civilisations, telle celle des amérindiens, son usage servait à une sorte "élévation du niveau de conscience" (communication avec le grand esprit etc.) alors que dans la nôtre elle sert d’échappatoire à réalité.

                      Les drogues utilisées par ces différentes civilisations étaient d’origine naturelle (chanvre indien, champignons hallucinogènes, feuille de coca, etc.) et peu addictives.

                      La prohibition ayant naturellement transféré le marché de la drogue aux organisations mafieuses, leur intérêt premier a été de fournir des drogues le plus addictives possible en commençant par l’opium, l’héroïne et la cocaïne.

                      Par ailleurs afin de contourner les réglementations ces organisations se sont lancer dans la fabrication de drogues chimiques à qui il suffit aujourd’hui de modifier une molécule à chaque fois que celle-ci est ajoutée à la liste des produits stupéfiants et conduit à une prolifération sans précédent.

                      Par ailleurs, les revenus exorbitants (plusieurs centaines de milliards annuels) sont réinjectés dans l’économie par l’intermédiaire de placements boursiers.

                      Les dirigeants actuels des mafias étant loin d’être des abrutis et ayant une fâcheuse tendance à la mégalomanie, je vous laisse imaginer dans quel type d’entreprise ils placent ces revenus afin d’en prendre le contrôle. (www.monde-diplomatique.fr/1996/12/CHOSSUDOVSKY/7464)

                      Étant plutôt contre la consommation de drogue, la politique de répression menée depuis des décennies ayant eu l’effet contraire de son objectif, je pense qu’il est vraiment temps pour notre société de choisir la "moins pire" des solutions.


                       


                      • Trashon Trashon 13 mars 2008 12:17

                          Et elle est passé ou ma mise en forme ?????

                        Je retente :

                        Le seul effet notoire de la prohibition des drogues est l’augmentation de leur consommation sachant qu’à ma connaissance, il n’y a eu aucune civilisation qui n’ai eu recours à l’usage de drogue.
                         
                        Je m’explique, à l’opposé d’aujourd’hui, dans plusieurs civilisations, telle celle des amérindiens, son usage servait à une sorte "élévation du niveau de conscience" (communication avec le grand esprit etc.) alors que dans la nôtre elle sert d’échappatoire à réalité.
                         
                        Les drogues utilisées par ces différentes civilisations étaient d’origine naturelle (chanvre indien, champignons hallucinogènes, feuille de coca, etc.) et peu addictives.

                        La prohibition ayant naturellement transféré le marché de la drogue aux organisations mafieuses, leur intérêt premier a été de fournir des drogues le plus addictives possible en commençant par l’opium, l’héroïne et la cocaïne.

                        Par ailleurs afin de contourner les réglementations ces organisations se sont lancer dans la fabrication de drogues chimiques à qui il suffit aujourd’hui de modifier une molécule à chaque fois que celle-ci est ajoutée à la liste des produits stupéfiants et conduit à une prolifération sans précédent.

                         
                        Par ailleurs, les revenus exorbitants (plusieurs centaines de milliards annuels) sont réinjectés dans l’économie par l’intermédiaire de placements boursiers.

                         
                        Les dirigeants actuels des mafias étant loin d’être des abrutis et ayant une fâcheuse tendance à la mégalomanie, je vous laisse imaginer dans quel type d’entreprise ils placent ces revenus afin d’en prendre le contrôle. (www.monde-diplomatique.fr/1996/12/CHOSSUDOVSKY/7464)

                         
                        Étant plutôt contre la consommation de drogue, la politique de répression menée depuis des décennies ayant eu l’effet contraire de son objectif, je pense qu’il est vraiment temps pour notre société de choisir la "moins pire" des solutions.
                         


                      • Trashon Trashon 13 mars 2008 12:19

                        scrogneugneu de scrogneugneu !!! ça ne marche qu’à moitié mais bon je m’en contenterais


                      • Dalziel 13 mars 2008 12:30

                        Décriminaliser la consommation de stupéfiants revient à en banaliser les dangers !

                        Et c’est au moment où on criminalise les fumeurs, que l’on prétend démocratiser les surdoses et des toxicodépendances, autrement plus meurtrières que celle qu’engendre le pétun !

                        Si on ne savait pas que les Protocoles des Sages de Sion sont des faux, on jurerait qu’on assiste à leur mise en oeuvre !


                        • nostromo 13 mars 2008 12:33

                          Merci a l’auteur, l’article est interressant ; j’ai toujours pensé qu’une regie du cannabis et ses dérivés (genre seita) permettrait de reduire a neant tout un pan de la petite criminalité.

                          Je serais tenter d’y adjoindre les drogues naturelles et culturelles qui sont consommées depuis des millenaires (coca, peyotl , opium etc) ; les drogues de syntheses (lsd, heroine, cocaine, mdma, amphé etc...) sont du meme type que n’importe qu’elle autre "medicaments" issus des industries (lobby) pharmaceutiques et je partage l’opinion de gAZi bORAt : Il n’est pas sur que la prescription des produits sous surveillance médicale fasse augmenter le nombre de toxicomanes..


                          • cpt.kirk cpt.kirk 13 mars 2008 13:03

                            Simple réflexion :

                            la loi de 1970 qui condamne les stupéfiants en France est une des plus durs en Europe et nos resultats en matières de toxicomanie sont parmis les plus mauvais d’europe.

                            La prohibition de l’acool au Etats Unis entre les deux guerres mondiales n’a eut pour unique effet que l’enricissement de la mafia.

                            Je pense sincerement que au moins une reflexion s’impose sur ce problème.


                            • MagicBuster 13 mars 2008 13:21

                              La drogue douce (cannabis) est légalisée en Hollande. Il y a proportionnellement moins de fumeur la bas car c’est complêtement Has-been pour eux.

                              Ce qui attirent les jeunes c’est précisément ce qui est interdit.


                              • Dalziel 13 mars 2008 14:33

                                Alors, il faut produire des chiffres, en indiquant une source crédible !

                                Autrement, c’est de la pure merde, ton intervention.


                              • yasunari yasunari 13 mars 2008 14:45

                                Tiens, fumes-en des références si tu ne peux pas chercher tout seul :

                                 

                                http://www.cedro-uva.org/lib/index.html


                              • Zanini 13 mars 2008 14:31

                                Bonne article, quelques petites remarques :

                                "Certes la prévention ne peut pas nuire, mais il est évident qu’elle ne peut à elle seule tout régler."

                                De nombreuses études ont montrées que les enfants américains qui avait suivit le programme officiel de prevention contre la drogue (D.A.R.E) ont en fait plus de chance de devenir toxicomane que ceux qui n’ont reçu aucune éducation spécifique a ce sujet.C’est logique car ce programme tient plus de l’indoctrination que de l’education et le but est principalement est la diabolisation de toutes les drogues, les enfants rejetant alors en bloc tout ce qu’on a pu leur apprendre sur le sujet."Je vois bien que fumer un joint ne transforme pas automatiquement en parasite sociale dépressif donc c’est qu’on m’a aussi menti sur les drogues comme l’heroine".On est malheureusement pas tres loin de cette diabolisation en Europe.

                                Je trouve dommage aussi que l’article ne s’attaque pas a l’enorme disparité qui existe selon que l’on soit blanc, riche et célebre ou noir et pauvre face a la justice.Pour la 1ere catégorie la drogue est bel et bien légalisée.

                                Beigbeder pris en flag avec 3 gr de coke = 1h au post de police , mohamed du 93 peut se prendre facilement plusieurs années de prisons avec la meme quantitée.Au EU ,Lindsay Lohan se fait prendre a rouler a contre sens sur l’autoroute avec une voiture qui n’est pas la sienne, plus de 3 fois la dose d’alcool autorisée dans le sang et 30gr de coke, 3h au poste de police, un gars (Blanc mais pauvre) qui vend des lampes horticoles dont certains de ses clients les ont achétés pour faire pousser du cannabis, 10 ans de prison.(Il aurait du prévoir que...)

                                Dans certains états avec une grand communauté noir et pauvre (comme l’Alabama) ils risquent jusque 15 ans de prisons pour consomation de drogues. (Meme canabis si 3 récidives)


                                • Michel Monette 13 mars 2008 22:35

                                   « Je trouve dommage aussi que l’article ne s’attaque pas a l’enorme disparité qui existe selon que l’on soit blanc, riche et célebre ou noir et pauvre face a la justice. »

                                  Il y a évidemment plusieurs angle de traitement possible d’un rapport mondial de cette envergure. L’aspect que vous auriez souhaité voir aborder demanderait toutefois des recherches supplémentaires pour bien le cerner car le rapport ne l’a pas abordé. Ce qui me frappe par contre est le fait que l’ONUDC reconnaît elle-même qu’elle doit consacrer plus de ressources à la prévention pour diminuer la consommation. La répression coûte cher et elle se fait forcément au détriment de la prévention.


                                • Le vénérable du sommet Le vénérable du sommet 13 mars 2008 15:58

                                  J’ai une proposition pour le canabis en France.

                                  La vente, la publicité et le transport de cette drogue continueraient à être interdit mais la plantation personnelle autorisée. Cela obligerait les consomateurs à avoir des pratiques plus raisonnées er responsables face à cette plante. Le deuxième intérêt, c’est que ça ferait baissé les achats auprès des groupes mafieux de façon progressive (avec moins de heurts) et pourrait même ralentir la vente de produits plus cher.

                                  Eh oui, à votre avis comment fait un dealer pour s’acheter le premier kilo de cocaïne à revendre ?? Il vend du canabis bien sur !! (c’est un peu plus compliqué mais le principe est là)


                                  • fourminus fourminus 13 mars 2008 17:22

                                    Le cas du canabis me semble different de celui des autres produits cités (héroïne, cocaïne, etc.)

                                    _ Quel trouble à l’ordre public cause un type qui fait pousser du canabis dans son placard ?

                                    _ En quoi fumer du canabis est il plus néfaste que de boire de l’alcool avec excés ? (avez vous déjà vu un type qui a pris du canabis se battre ? Foncer comme un dingue sur les routes ? Le canabis à un effet tranquilisant...)

                                    _ Le canabis rend t’il plus dépendant que la cigarette ?

                                    J’avais lu dans "Que sais-je - Le Canabis" que ce sont les Etats Unis qui avaient introduit l’interdiction du canabis car... c’était un produit utilisé par les esclaves noirs et qu’il avait le tort de les rendre moins productif... Cette interdiction a ensuite été exportée dans le monde entier par le jeu de signature de traité internationaux de lutte contre les stupéfiants...

                                    Le canabis a donc été interdit en France avant qu’il y ai causé le moindre domage... Les domages liés au canabis sont en fait ceux lié à sa prohibition (traffic, bandes organisées, etc.)

                                    La pénalisation du canabis ne resistera plus bien longtemps en europe... Trop de consomateurs et... pas assez de raisons !


                                    • wizi 13 mars 2008 17:37

                                      Il est clair qu’une légalisation raisonnée du cannabis apporterait de nombreux avantages (très forte baisse de la délinquance, les jeunes serait plus poussés à travailler car dealer du canna ne serait plus une alternative, rentrée d’argent pour l’état à la place des mafias, forces de police et tribunaux qui pourraient utiliser leurs temps pour des choses plus utiles à la société...)

                                      On se demande même qui bloque cela avec tant de ferveur (politiques corrompus par les mafias ou qui ont besoin de la délinquance pour se faire élire ?)

                                      Bien sûr, il faudrait que la vente soit contrôlée par l’état et totallement interdite au moins de 18 ans.

                                      Pour les autres drogues, pourquoi pas légaliser également, mais avec des contrôles et limitations.


                                      • MagicBuster 13 mars 2008 17:45

                                        Ben, il parait qu’il y a trop fonctionnaires en france. Qui va bien pouvoir vendre tout ça ?

                                        Il va falloir embaucher dans les banlieues , CAP fumette option marocain ?


                                        • Sébastien Sébastien 13 mars 2008 18:06

                                          Parler des drogues en general ne veut pas dire grand chose parce qu’il faut distinguer les drogues douces des drogues dures.

                                          Pour le cannabis on pourrait legaliser. De toutes facons ce ne serait qu’officialiser un etat de fait et en plus ca permettrait de faire une vraie prevention comme pour l’alcool, notamment sur la securite routiere.

                                          Sur les autres drogues ca me parait difficile. L’alcool est certes une drogue legale mais il peut etre consomme avec moderation. Ca me parait difficile pour la cocaine et l’heroine. On ne va pas se shooter a l’heroine le midi comme on pourrait boire un verre de vin et retourner bosser. Pour ces 2 drogues, la modification du comportement est trop importante pour qu’on legalise son usage et je ne vois pas bien quelles limitations on pourrait mettre en place.


                                          • docdory docdory 13 mars 2008 18:48

                                             @ Michel Monette 

                                            Un certain nombre de partisans de l’ultralibéralisme sont partisans de la décriminalisation des drogues .

                                            Pour résoudre cette question , il faut revenir à la déclaration des droits de l’homme , laquelle stipule que la liberté consiste à " faire ce qui ne nuit pas à autrui " . Cette conception de la liberté est source de toute législation , en principe .

                                            La question qui se pose en réalité est " quelqu’un qui se drogue nuit-il à autrui ? "

                                            La réponse ne peut -être que positive :

                                            - Un jeune toxicomane qui meurt d’une overdose est , qu’il l’ait voulu ou non , la cause d’une souffrance indicible pour ses parents ou sa fratrie , 

                                            - En terme d’accidentologie routière , le cannabis n’a rien à envier à la dangerosité de l’alcool ( un joint altère autant la conduite qu’un demi litre de vin bu à jeun , ) . Pour l’héroïne et la cocaïne , c’est pire !

                                             - Le coût pour la société d’un toxicomane peut-être exorbitant ( incapacité de travailler , donc versement du RMI , frais médicaux très élevés des cures de désintoxications , hospitalisations en urgence pour accidents de surdose , hospitalisations psychiatriques itératives etc ...) 

                                            - Et enfin , d’une certaine façon , autrui , c’est aussi soi-même vingt ans plus tard : qui peut dire qu’ à quarante ans , qu’on est vraiment la même personne qu’à vingt ans ? Non , les gens évoluent , et subissent parfois de lourdes conséquences de leurs erreurs de jeunesse . Un toxicomane désintoxiqué à quarante ans doit faire le deuil de ce qu’aurait pu être sa vie sans drogue : il se retrouve souvent édenté , insomniaque , chômeur ou vivant de petits boulots , gardant un tabagisme invétéré séquellaire , atteint de maladies infectieuses , aux traitements longs ,pénibles et coûteux inoculées par les drogues intra veineuses , atteint d’un oedème chronique du dos des mains lié à la perte de son capital veineux , fréquemment atteint d’impuissance sexuelle définitive et autres inconvénients . Son apparence physique est celle de quelqu’un âgé de vingt ans de plus . Il est en droit de dire que celui qu’il était à vingt ans lui a fortement nui !

                                            A ces arguments de bon sens , certains rétorqueront que tabac et l’alcool sont des drogues légales et qu’elles ont aussi dangereuses que les autres . Plusieurs arguments peuvent être opposés à cette analyse :

                                            D’une part , la dangerosité d’une drogue dépend en partie du temps de contact qu’une civilisation a eu avec cette drogue , et de la concentration de celle-ci . Je m’explique : les civilisations andines , qui mâchent des feuilles de coca depuis des centaines d’années se sont adaptées à la présence de ce toxique dans leur organisme ( les gens qui ont mal supporté la toxicité de cette consommation ont fini par disparaître ) . Par ailleurs , la faible concentration en cocaïne de ces feuilles de coca les rendent beaucoup moins nocives que l’administration de cocaïne pure ( beaucoup moins de risque de surdosage aigu) .

                                            De même , la France qui a été exposée depuis l’époque gauloise à une importante consommation de vin voit ses habitants beaucoup mieux y résister que , par exemple , les indiens d’Amérique du Nord à qui l’on distribuait de " l’eau de feu " , ayant un beaucoup plus fort degré alcoolique , alors que nombre d’entre eux manquent d’une enzyme , l’alccol déshydrogénase .

                                             -Egalement certains montagnards d’Indochine , qui fument de l’opium faiblement concentré depuis toujours résistent mieux aux opiacés que des européens à qui l’on donne de l’héroïne pure !

                                            Enfin , tout légals qu’ils soient , l’alcool et le tabac sont soumis à d’importantes restrictions d’usage ( âge minimum de vente , taux légal d’alcoolémie , loi sur les alcooliques dangereux , obligations de soins . Pour le tabac , sa simple interdiction dans les cafés et restaurant a été immédiatement suivie d’une diminution de 15 % des hospitalisations pour infarctus et accidents vasculaires ! ) .

                                            Il en est d’ailleurs des drogues comme des religions : elles présentent toutes un certain danger , mais certaines religions , qualifiées de sectes , sont tellement dangereuses pour l’individu et la société qu’un Etat responsable doit restreindre leur liberté pour les empêcher de nuire !

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès