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Accueil du site > Actualités > International > Poutine ou le retour du « Petit Père des Peuples »

Poutine ou le retour du « Petit Père des Peuples »

Alors que la Russie s’apprête à vivre le 2 décembre ses prochaines élections législatives, Vladimir Poutine maintient un faux suspense quant à son avenir politique. Président de la Russie depuis 2000, date à laquelle il a succédé à Boris Eltsine, l’ex-membre du KGB semble grandement s’attacher au pouvoir. Les dernières manifestations de soutien à son égard le confirment, à tel point qu’il est légitime de s’interroger sur ce qui reste de démocratique au régime de Moscou.

Vladimir Poutine est un personnage ambitieux. Membre du KGB, président du conseil de la ville de Saint-Pétersbourg, vice-président, Premier ministre et enfin président de la Fédération de Russie, c’est à un rythme effréné qu’il a gravi les échelons du pouvoir ; ce pouvoir qu’il aime et qu’il ne veut à présent plus quitter. Seulement, un obstacle vient à présent s’immiscer sur sa route, il s’agit de la constitution russe. Selon cette dernière, un président ne peut être réélu qu’une seule fois. Elu pour 4 ans le président ne peut dépasser les 8 années de pouvoir. Président depuis 2000, c’est en mars 2008 que le successeur de Boris Eltsine arrive au terme de ses deux mandats.

Va-t-il se laisser abattre pour autant ? La réponse est évidente : Vladimir Poutine ne quittera pas le pouvoir l’année prochaine. Il l’a laissé entendre plusieurs fois aux cours des derniers mois. Croire le garçon docile serait une grave erreur...

Démonstrations de force

Tout semble orchestré d’une main de maître afin de maintenir Poutine sur la haute plus haute marche du pouvoir. Dès septembre dernier, celui que l’on surnomme le « nouveau tsar » nomme Victor Zoubkov au poste de Premier ministre. Le concerné est un proche du président, qu’il côtoyait déjà à la municipalité de Saint-Pétersbourg au début des années 1990.

La stratégie est implacable : Zoubkov se présente aux élections de mars 2008 en tant que candidat « officiel », soutenu par Poutine. Cela lui assure quasiment un poste de président, tant l’opposition semble pauvre. N’osons par contre pas émettre l’hypothèse de l’existence de quelconques fraudes électorales...

Son acolyte au pouvoir, Vladimir Poutine pourra occuper le devant de la scène en acceptant le poste de Premier ministre, cette dernière fonction agglomérera alors vraisemblablement les principales fonctions du pouvoir, si ce n’est toutes.

Cette hypothèse ne fonctionnera bien entendu qu’en cas d’obtention d’une majorité à l’assemblée pour le parti pro-Poutine « Russie Unie », lors des prochaines élections législatives. Cela ne devrait pas poser de problèmes réels, Russie Unie étant pour l’instant crédité de 65 % des voix, contre 10 % pour le principal parti d’opposition qui s’avère être... le Parti communiste.

Mais l’actuel président ne s’endort pas sur de telles prévisions. C’est ainsi toute une activité de propagande qui est réalisée chaque jour. Son point d’orgue a été atteint le 21 novembre avec l’organisation d’une grande messe à la gloire du bienheureux Vladimir. 5 000 militants se sont rassemblés au stade Loujniki de Moscou afin de supplier Poutine de rester au pouvoir. C’est un comble de populisme que l’on a pu observer, démagogie mêlée à un inquiétant culte de la personnalité. Ses adversaires sont traités de « chacals » par le président lui-même, celui-ci est qualifié de « père de la nation », alors qu’un idéologue du parti Russie Unie propose de prêter serment au « nouveau guide ».

La comparaison avec les totalitarismes qui ont souillés le XXe siècle de leur empreinte vient malheureusement très vite à l’esprit...

L’historien russe, Alexandre Skobov, confirme cette rapide impression : "Le modèle où le président prête serment au peuple est en train d’être écarté. Nous revenons au modèle où c’est le peuple qui prête serment à son dirigeant, au modèle totalitaire".

Démocratique ?

Cette acceptation très floue de la démocratie ne se résume pas qu’aux élections et aux campagnes électorales. Le pouvoir inscrit ses actions dans une logique de souveraineté nationale, confondue parfois avec un nationalisme exacerbé, et d’élimination de l’opposition. Celle-ci est très souvent muselée, notamment lorsque les manifestations anti-Poutine initiées par l’ancien champion d’échec et leader politique Kasparov sont sévèrement réprimandées par la police. Parallèlement à cette police, se sont développées sous Poutine d’importantes milices, formées essentiellement de jeunes, prêtes à réaliser des actions de grandes ampleurs, comme empêcher des réunions de l’opposition et s’en prendre aux ennemis de Russie Unie. Ces « brigades du Kremlin » sont également considérées comme des outils de propagande très efficaces, les jeunes volontaires étant munis d’un patriotisme exacerbé.

Enfin, ce musellement du système politique russe par Vladimir Poutine s’effectue sur fond de scandales mêlant diverses personnalités du Kremlin. Ainsi début octobre est arrêté le général du FSB (ex-KGB), Alexandre Boulbov, et, le 15 novembre dernier, le vice-ministre des Finances, Sergueï Stortchak. L’opacité la plus totale règne autour de ces deux affaires, liées à des détournements de fonds publics. Elles sont le résultat de nombreuses luttes internes qui semblent faire rage dans l’ombre de Poutine, comme ce fut le cas à une certaine époque du soviétisme, les apparatchiks se livrant alors une guerre sans pitié sous l’influence de Staline, le « Petit Père des Peuples ».

Au fil des mois, la crainte de voir la Russie se muer en Etat (semi-) totalitaire, est ainsi grandissante. Vladimir Poutine s’inscrit parfaitement dans la lignée des grands dirigeants ayant jalonné l’histoire de la Russie, des Tsars aux dirigeants soviétiques. Ne se refusant rien, il ne quittera pas le pouvoir de sitôt, et continuera à dominer la politique intérieure russe pour plusieurs années. Ses nouveaux défis sont à présent extérieurs à la terre russe. Poutine a un véritable rôle à jouer aussi bien en Europe de l’Est, avec les luttes d’influence secouant l’Ukraine, qu’en Iran où il s’avère être un partenaire privilégié du dialogue avec les dirigeants.


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27 réactions à cet article    


  • Yannick Harrel Yannick Harrel 28 novembre 2007 11:47

    Bonjour,

    L’intention d’éclairer les esprits sur la situation est louable sauf que plusieurs points me paraissent éminemment lacunaires :

    * Vladimir Poutine est un produit du KGB, et à ce titre il n’était pas simple membre comme vous l’indiquez mais officier, il en sortit d’ailleurs avec le grade de Lieutenant-Colonel. En outre il en deviendra le responsable en 1998 sur nomination de Boris Eltsine. Le KGB (FSB de nos jours) peut effrayer c’est un fait, et parfois ce service joue amplement sur cette réputation, mais c’est aussi une école du pouvoir, comme Sciences Politiques en France, recrutant les meilleurs éléments des universités du pays.

    * Des manifestations sont organisées au sein du pays pour supporter le Président actuel et lui demander de conserver les rênes du pays. Il faut tout de même savoir, quand bien même ces manifestations ne seraient pas toutes spontanées (d’ailleurs lesquelles le sont vraiment ?) que Poutine jouit d’une réelle adhésion au sein du pays. Ca défrise bien des observateurs occidentaux mais il est tellement facile de juger la Russie quand on n’a pas connu le chambardement des années 90...
    Or Poutine fut celui qui permit un relatif retour à l’ordre et une croissance économique fulgurante.

    * Vous employez de suite le terme de totalitarisme. Encore un bel exemple de la banalisation de certains termes usités pourtant avec grande prudence par les historiens eux-mêmes.
    Bernard Kouchner avait d’ailleurs répondu récemment par la négative à la question de savoir si l’on devait considérer la Russie atteinte de totalitarisme.

    * De grâce, n’employez pas une grille démocratique clef en main pour analyser les évènements internationaux. La Russie a une histoire et une culture propre, elle est en partie Européenne, en partie Asiatique et croyez moi ça change énormément de choses... L’autorité est nécessaire pour garder bien un main un pays faisant onze fuseaux horaires (de mémoire). Vous préféreriez une multitude de conflits ethniques à la frontière de l’Europe ? Ou un retour à l’anarchie quasi-mafieuse des années 90 ? Il est vrai que l’autorité est mal perçue, surtout en France, mais elle demeure nécessaire pour assurer le fonctionnement d’un pays, du moment qu’elle ne dévie pas vers l’autoritarisme.

    Sinon, je tiens tout de même à indiquer que l’arrestation de Garry Kasparov est incompréhensible de mon point de vue. Je pense qu’il y a là une erreur politique majeure du gouvernement : tant vis à vis de l’extérieur que de l’intérieur. Je dis bien incompréhensible car le parti Russie Unie est donné largement vainqueur dans les derniers sondages.

    Cordialement


    • Pie 3,14 28 novembre 2007 20:59

      Vous avez raison, de plus il n’y a aucune tradition démocratique en Russie. La Russie des tsars était autocratique même après la révolution de 1905, l’URSS était totalitaire.

      Il faut du temps pour apprendre la démocratie d’autant que la société et l’économie ont été bouleversées depuis 1991.

      Les russes s’accrochent à Poutine qui représente l’ordre à leurs yeux, ils deviendront sans doute plus exigeants du point de vue de la démocratie dans quelques années.


    • pad pad 29 novembre 2007 21:23

      Pour le soutien d’une majorité du peuple je suis d’accord, mais comment pourrait il en être autrement dans un pays qui n’a jamais réellement connu la démocratie (avec son multipartisme et ses scores aux dessous des 60%, dont l’opposition est muselée et dont la presse n’est pas libre.

      Sur le plan économique maintenant : si l’économie russe s’est redressée c’est avant tout grâce à l’effet gazprom et la croissance bénéficie en quasi-totalité aux plus riches (20% possédant +de 80%)

      Pour le totalitarisme je vous renvois à mon article sur Poutine et la réécriture de l’histoire, un totalitarisme est un régime qui glorifie son chef (n’est ce pas le cas ?, ou un petit nombre détient l’ensemble du pouvoir (n’est ce pas le cas ?), un pays qui use automatiquement par la force dans sa politique extérieure (Ukraine, Moldavie, Estonie, Géorgie les exemples d’actions de force russe ne manquent pas), un pays ou la justice n’est pas entravée par le pouvoir...

      « Anarchie quasi-mafieuse des années 90 » : la mafia n’a pas reculée, elle s’est juste embourgeoisée et est maintenant à la tête de grosses entreprises...

      Quant aux conflits ethnique (vous faites sûrement référence à la tchéchénie), comment expliquer que pour calmer le jeu Poutine ait fait libérer tout les prisonniers de droits communs au moment de l’évacuation par l’armée de la tchéchénie. De plus les tchéchènes se battent contre la fédération, pour leur indépendance et pas contre une autre ethnie.


    • Yannick Harrel Yannick Harrel 30 novembre 2007 00:11

      @ Pad

      Bonsoir,

      Je suis tout à fait d’accord avec vous : la Fédération de Russie a compris qu’elle pouvait se redresser économiquement en se servant de ses formidables ressources énergétiques. Et pendant que les prix grimpent, les caisses de l’Etat débordent... Toutefois, ne confondez pas ce pays avec ceux du Golfe Persique : les Russes investissent, dans le secteur civil et militaire (et financier avec les fonds souverains, je vous renvoie à l’article de ÇaDérange sur ce point précis). On a coutume de dire que la Russie est un pays d’ingénieurs, je vous laisse deviner où je veux en venir... Quant au reste je vous demanderai de relativiser : « pour un pays qui n’a jamais connu NOTRE démocratie ». La nuance est de taille. De plus, je pourrais par exemple vous parler du vetché de Novgorod, véritable participation citoyenne aux décisions d’importance : incongrue à une époque où la féodalité régnait sans partage en Europe de l’Ouest.

      Votre définition du totalitarisme me paraît particulièrement extensive. Pour un peu et sur cette base, l’on pourrait même y rajouter... la France !
      Du reste, croyez-vous que les Etats-Unis, la Chine ou le Royaume-Uni ne répugnent pas aux coups tordus et coercitions en tous genres ? Les Africains pourraient vous en dire un petit mot sur le sujet...

      Pour la question de la mafia, hélas elle existe toujours, mais un certain respect de la loi a été imposé (la fameuse dictature de la loi). Imparfaitement certes car il y a encore bien des écueils, mais le gouvernement a compris depuis un moment qu’il en allait non seulement de sa crédibilité et popularité, mais aussi du plein rendement économique qui ne peut exister si les circuits de production et d’échanges sont gangrenés par de tels parasites. Ca je puis vous assurer que j’ai constaté de visu cette amélioration. La meilleure preuve : les investisseurs étrangers sont largement plus nombreux aujourd’hui qu’il y a dix ans.

      La question de la Tchétchénie ce n’est pas la guerre des bons contre les mauvais. La situation est extrêmement complexe. Et je ne suis pas d’accord avec vous : le Caucase est un entrelacs d’ethnies les plus diverses et les plus concentrés sur cette planète (c’est lors d’une étude que j’ai appris qu’il y avait même un groupe appelé juifs des montagnes !). Ajoutez-y en plus une conception de la religion totalement différente selon les régions créant bien des tensions : ainsi les Tchétchènes ont tenté par la force de convertir les Daghestanais voisins au wahabisme, estimant que le soufisme était une pure hérésie pour ces zélateurs de la charia.
      Comme quoi le monde est parfois plus complexe que ce que certains journalistes veulent faire accroire smiley

      Cordialement


    • Internaute Internaute 1er décembre 2007 18:12

      @Pad

      Le redressement de la Russie n’est pas dû à l’effet Gazprom.

      Si Poutine avait laissé les pétroles et le gaz russe entre les mains des Rothchild (actionnaire principal de Menatep), de Berezovsky, Kodorovsky et des autres parasites pensez-vous vraiment que la Russie se serait redressée ? Je ne le crois pas.


    • Gilles Gilles 2 décembre 2007 09:10

      Effectivement :

      « Poutine jouit d’une réelle adhésion au sein du pays. »

      Mettons un bémol. Il semble bien que quand on leur demande pourquoi, beaucoup de ces supporters disent qu’il ne voient pas d’autre alternatives crédibles...un vote par défaut quoi ! Ne serait-ce pas du en partie au manque de visibilité des autres alternatives, orchestrée par Poutine (pas d’accés au media, interdictions, assassinats...) ?

      Deuxio, certains sont forcées à voter Poutine notamment dans le secteur public

      Ensuite, 65% aussi des électeurs trouvent que ces élections ne sont pas justes , voir sont une farce, et ce même parmi ses électeurs

      Voir entre autre Courrier International et http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-984779@51-972553,0.html

      http://www.lemonde.fr/web/infog/0,47-0@2-3210,54-984407@51-972553,0.html

      http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-984518@51-972553,0.html

      Comme quoi pas mal de russes ne sont pas tout à fait dupes


    • Phileas Phileas 28 novembre 2007 13:27

      Article structuré et clair.

      Belle synthèse d’une fausse démocratie à nos portes.


      • Sz 28 novembre 2007 14:32

        Poutine est un fasciste d’un nouveau genre, qu’on se le dise.


          • ZEN ZEN 28 novembre 2007 14:44

            Chat-citoyen Gasty

            Très drôle....On peut voir aussi les choses comme ça :

            http://abonnes.lemonde.fr/web/portfolio/0,12-0@2-3208,31-983567,0.html


            • Gasty Gasty 28 novembre 2007 21:00

              J’espère que l’auteur ne m’en voudra pas ! smiley


            • Ikarus Ikarus 28 novembre 2007 22:22

              non non c’est vrai que ça a un certain sens...^^


            • Le péripate Le péripate 28 novembre 2007 20:47

              Une longue lignée des czars à Poutine, en passant par la russie soviétique....

              C’est encore E Tood qui, à mon avis, fourni l’éclairage anthropologique qui permets de comprendre. Vraiment un auteur à découvrir pour ceux qui ne le connaissent pas encore.

              Accessoirement, ça permets aussi de comprendre le communisme russe, en le replaçant dans ce fil historique. C’est à dire un soviétisme.

              La Russie est la Russie.


              • Martin sur AgoraVox Martin sur AgoraVox 28 novembre 2007 22:49

                Sur quel point la volonté de la majorité des citoyens n’est pas respectée dans la Fédération de Russie ?

                Car l’article parle de la démocratie qui est parait-il défaillante en Russie. Il faudrait d’abord comprendre ce que signifie « démocratie ».

                La définition de la démocratie existe depuis des millénaires et y rajouter « le respect des minorités et de la diversité » c’est y introduire une confusion. De même la définition de l’auteur crée une confusion en y mêlant les « valeurs libérales et humanistes ». Il n’était pas nécessaire d’attendre la Révolution française de 1789 pour savoir ce que signifie « démocratie » et d’ailleurs la Révolution française de 1789 n’a pas mis en place la démocratie véritable.

                Ceci dit, l’auteur se réfère peut-être à une « définition » de la démocratie qui est effectivement véhiculée en France depuis quelques décennies, notamment dans l’enseignement public, de sorte que de nombreux citoyens, notamment parmi les plus jeunes, la prennent pour une vérité certaine.

                Alors qu’est-ce que la démocratie ?

                La définition de la démocratie est très simple et rarement respectée dans le monde. Un seul État européen respecte entièrement la démocratie et ce n’est pas un État membre de l’Union européenne.

                La démocratie c’est quand la volonté de la majorité des citoyens est respectée dans toutes les décisions qui concernent la société. L‘État qui dans toutes ( !) ses décisions veille à respecter la volonté de la majorité des citoyens est un État démocratique.

                En démocratie, le devoir des individus qui représentent le pouvoir - politique, éducation publique, médias officiels - est de respecter la liberté d’opinion et d’appliquer systématiquement et scrupuleusement les décisions qui viennent de la volonté de la majorité des citoyens.

                La France est-elle un pays démocratique alors que le parlement est libre de prendre des décisions qui sont en opposition avec la volonté de la majorité des citoyens ? Et de plus dans le système politique français il n’existe aucun moyen permettant aux citoyens de prendre l’initiative pour intervenir afin de corriger rapidement ces décisions antidémocratiques.

                Mais même si le système est bien verrouillé par les cercles politiques au pouvoir, parfois le peuple français a au moins l’occasion de prouver que les politiques au pouvoir ne respectent pas la démocratie.

                Exemple flagrant : le vote sur la Constitution de l’Union européenne, dans la version proposée aux citoyens européens en octobre 2004. En France, cette constitution avait été approuvée par le Président de la République française, puis avait été approuvée par 92 % des parlementaires de l’Assemblée nationale française, avant d’être rejetée par 55 % des électeurs français lors du référendum de mai 2005.

                C’est une parmi les preuves que les politiques, qui ont reçu le mandat du peuple, ne reflètent pas la volonté de la majorité des citoyens - ces politiques ne sont donc pas démocrates.

                Les cas sont nombreux quand les parlements ou les chefs d’État et de gouvernement décident ce qui bon leur semble et ne respectent pas la volonté de la majorité de la population. L’intervention dans les décisions législatives du vote direct des citoyens serait alors indispensable pour introduire le respect de la démocratie, car les politiques au pouvoir ne représentent pas fidèlement la volonté des citoyens.

                En démocratie toutes les décisions doivent être conformes aux désirs de la majorité des citoyens, donc toute décision doit pouvoir être soumise à la validation par la majorité des voix des citoyens qui désirent s’exprimer

                Il est vraiment intéressant de constater, qu’en France, dans un pays qui prétend avoir un système politique basé sur la démocratie, les citoyens ne savent même pas ce que « la démocratie » signifie !

                Les politiques français ne respectent pas la volonté de la majorité des citoyens français sur de nombreux points, comme par exemple avec la Constitution de l’Union européenne. Poutine est-il plus ou moins proche de la démocratie que ne le sont les politiques français ? Sur quel point la volonté de la majorité des citoyens n’est pas respectée dans la Fédération de Russie ?


                • Ikarus Ikarus 29 novembre 2007 19:56

                  Tout d’abord : « notamment dans l’enseignement public » Je ne vois pas l’intérêt de cette mention. Je ne suis d’ailleurs pas dans l’enseignement publique.

                  Puis : « La démocratie c’est quand la volonté de la majorité des citoyens est respectée dans toutes les décisions qui concernent la société. [...] En démocratie toutes les décisions doivent être conformes aux désirs de la majorité des citoyens, donc toute décision doit pouvoir être soumise à la validation par la majorité des voix des citoyens qui désirent s’exprimer. »

                  Démocratie désigne en effet étymologiquement « le pouvoir au peuple ». Mais on distingue la « démocratie directe », régime dans lequel le peuple exerce sa souveraineté lui-même sans l’intermédiaire d’un organe représentatif, de la « démocratie représentative » où il la délègue à des représentants interposés .

                  La France est une démocratie REPRESENTATIVE. Le pouvoir est transmis (notamment) au parlement par le peuple. Déclarer que la France n’est pas un régime démocratique est donc faux.

                  « Poutine est-il plus ou moins proche de la démocratie que ne le sont les politiques français ? »

                  En réprimant des manifastations pacifiques, Poutine fait preuve d’anti-démocratisme. De plus sont orchestrés en Russie des actions ne respectant pas les droits de l’homme. Mais ces actions se font en sous-mains ; l’assassinat d’Anna Politkovskaïa, ou l’apparente clémence à l’égard de certains groupes neo-fascistess’attquant violemment aux minorités étrangères en sont des exmples. Le déni des droits de l’homme n’est pas anti-démocratique ? D’après la définition du terme non. Mais le mot démocratie n’a-t-il pas évolué pour avoir une acceptation plus large ? Et est-ce une raison pour cautionner l’autoritarisme de Poutine ?


                • Internaute Internaute 1er décembre 2007 18:06

                  Quels éléments vous permettent de dire que l’assassinat d’Anna Politkovskaïa est l’oeuvre du pouvoir en place ?

                  Ce n’est pas parceque les journalistes de la télé le laissent entendre que cela est vrai. En général les journalistes en vue mentent effrontément, le plus souvent par omission. C’est ainsi qu’ils maintiennent leur gamelle bien pleine.


                • Satan's Tango Satan’s Tango 28 novembre 2007 22:57

                  Tiens tiens cela m’aurait étonné qu’on sorte du cliché du « Russe un couteau entre les dents » ou celui du KGB « une armée d’assassins ».

                  Alors que la CIA, qui a d’ailleurs actuellement des prisons secrètes en Pologne en Allemagne et dans d’autres pays européens, c’est l’Abbé Pierre et Mère Thérésa réunis. Tout le monde sait ça

                  Les médias nous le rabâche depuis tellement longtemps qu’ils nous ont conditionnés (si pas que nous en avons un réflexe pavlovien)

                  Voilà ce qu’on peut lire à propos de Garry Kasparov « le persécuté » :

                  De son vrai nom Garik Kimovitch Weinstein est né le 13 avril 1963 à Bakou dans une famille juive arménienne.

                  Riche actionnaire de sociétés nées à la faveur de la libéralisation anarchique de l’économie russe des années ’90, conseiller du président d’une grande banque suisse, chroniqueur au Wall Street Journal et invité régulier du Forum de Davos, son action politique est financée — voire, selon certains observateurs, manipulée — par les américains et par certains richissimes oligarques israélo-russes mafieux tels Boris Berezovski ou Mikhaïl Khodorkovski

                  Depuis 2004 Garry Kasparov mène une véritable croisade contre Vladimir Poutine, qu’il accuse d’être un « dictateur ».

                  En 2005, il fonde le Front Civique Unifié.

                  Installé en septembre 2007 à la tête de L’Autre Russie, une petite coalition hétéroclite de communistes nationalistes et de personnalités libérales qui l’a désigné candidat pour l’élection présidentielle russe de 2008, il joue pour l’Occident le rôle d’opposant numéro 1 au Kremlin malgré le faible score de 3% d’intentions de vote dont le créditent les sondages.

                  Il a été interpellé et brièvement emprisonné à deux reprises, les 14 avril et 24 novembre 2007, lors de manifestations non autorisées organisées pour dénoncer entre autres les violations de la démocratie et des droits de l’Homme en Russie.

                  La République des Lettres, 25/11/2007

                  Cela ne signifie en rien que je suis pro-Poutine mais simplement que l’information est toujours manipulée ou tronquée.

                  Mais aussi que si Poutine est un dictateur, Bush et sa clique ont commis des crimes innommables au nom de la démocratie et de la liberté.


                  • socal 29 novembre 2007 14:21

                    @ l’auteur

                    Vladimir Poutine

                    Ah ! pour sur qu’on ne l’aime pas celui-là... smiley smiley smiley

                    On aurait préféré que la Russie soit dirigée que par des bons et braves Boris Eltsine, au moins de ce coté-là on aurait été peinard.Au moindre petit pb. à la moindre vélléité du personnage, on lui aurait collé le contenu d’une bouteille de Vodka dans le gosier, et hop !...Da ! Daa !! Karachooo !!!...ensuite Ronrrrhh...et ça airait marché comme sur des roulettes ! La Russie aurait mis 100 ans a se relever, et pendant ce temps nous « communauté internationale » nous aurions continué a faire la pluie et le beau temps de l’Atlantique à l’Oural. Tandis que lui Poutine il fout tout nos plans en l’air. smiley

                    Poutine il fait partie de la grande famille des Satans smiley composée des Hugo Chavez, Amadinedjad, Evo Morales,Bachir el Assad,Mugabe.

                    Bravo jeune-homme ! En votre qualité d’étudiant Européen, vous êtes déja bien formé et je dirai bien plus... formaté ! smiley


                    • moebius 29 novembre 2007 21:15

                      ..Hitler , Mussolini, Franco, le pere Ubu, la mere Denis...


                      • Internaute Internaute 1er décembre 2007 17:58

                        J’aime bien le couplet sur la sévère répression de l’opposition.

                        Avez-vous oublié qu’en France, les manifestations du Front National ont tout simplement été interdites les unes derrières les autres et que les lobbies en place ont fait pression sur leurs élus pour refuser toute salle de réunion à ce parti ? Savez-vous comment sont réprimées en France les manifestations interdites ? Avez-vous oublié que le pouvoir en place a organisé entre les deux tours des élections présidentielles de 2002 des manifestations monstres contre l’un des deux finalistes au mépris complet de la loi électorale ?

                        Si Poutine faisait cela vous l’appeleriez comment ? Hitler sans doute.

                        C’est un peu ridicule tous ces articles anti-poutine qui font des comparaisons stupides du genre Poutine=Staline. C’est en France que des intellectuels sont pourchassés et virés de l’université parcequ’ils ne pensent pas comme il faut. Bien entendu cela ne vous gêne pas. IL suffit de les traiter d’anti-sémite et tout devient permis. Au fond peut-être que Kasparov n’est qu’un anti-sémite auquel cas la répression dont il fait l’objet deviendrait un devoir démocratique et non pas du stalinisme.

                        Commençons par lutter pour la démocratie en France avant de donner des leçons aux autres. Le moralisme universel est malheureusement un des grands défaut de nos maîtres à penser.


                        • tal 2 décembre 2007 14:43

                          @l’internaute

                          Très concis et excéllent exposé . Vous avez tout dit, enfin...presque ! C’est l’ésentiel smiley

                          Merci.


                        • Proudhon Proudhon 2 décembre 2007 18:47

                          Une chose est sûr pour l’instant, le taux de participation est élevé, 54,8 % à 17 heures, heure locale et les malversations ne sont pas prouvées, contrairement à ce que prétendait la majorité de la presse internationale, ce vote ne ressemble décidément pas aux deux votes américains de Bush.

                          « Les deux principales missions occidentales présentes, celles des Assemblées parlementaire de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) et du Conseil de l’Europe, n’ont constaté de leur côté aucune violation dimanche matin. »Cela semble bien organisé, d’un point de vue technique... Nous n’avons pas constaté de violations« , a déclaré un porte-parole de la délégation de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE, Klaus Bergman. »Nous n’avons constaté aucun problème de procédure« , a renchéri Anne-Marie Lizin, de cette même mission d’observation. »

                          Même si je ne suis pas un fan de Poutine, j’estime qu’il a redonné sa grandeur à la Russie et qu’il va enrayer l’avancée destructrice des USA.


                          • pad pad 2 décembre 2007 20:04

                            Qu’elle grandeur Poutine a t-il redonner à la Russie. Aujourd’hui la Russie n’existe que par ses exportations d’hydrocarbure et que je sache Poutine n’est pas responsable de l’effet Gazprom.


                          • Proudhon Proudhon 2 décembre 2007 20:42

                            La Russie avant Poutine était exsangue. Des cas de famine ont même été signalés dans les années qui ont suivies la chute de l’URSS. La famine pour les uns, les revenus exorbitans pour les autres. L’anarchie dans le mauvais sens du terme.

                            Poutine, même si je l’apprécie moyennement a su remette de l’ordre dans tout ça, redonner une fierté au peuple russe et une nouvelle puissance militaire apte à enrayer la marche hégémonique des USA. Mais beaucoups de problèmes sociaux existent pour les plus pauvres.

                            J’ai de mes yeux vu une grand-mère fouiller dans une poubelle pour trouver à manger. Les jeunes qui ont un boulot demandant peu de qualification sont très mal payés (comme chez-nous d’ailleurs). La vie est très chère, surtout dans les grandes villes. C’est un peu la débrouille pour trouver les bonnes affaires.

                            Mais et surtout les russes ont retrouvé l’espoir et l’espoir fait vivre.


                          • Ikarus Ikarus 2 décembre 2007 23:39

                            « Poutine a su redonner une fierté au peuple russe et une nouvelle puissance militaire »

                            C’est généralement le cas dans la plupart des totalitarismes. L’armée et la fierté nationale... Est-ce réellement en empruntant cette voie que la Russie atteindra un statut de puissance intégrée internationalement ?


                          • Proudhon Proudhon 2 décembre 2007 19:22

                            « Un texte étonnant sur Courrier International »

                            Nobel de la paix Une mystérieuse dépêche datée du 22 novembre a fait couler beaucoup d’encre : un certain Centre international de recherches sur l’énergie alternative, basé à Zurich, faisait savoir qu’il proposerait la candidature de Vladimir Poutine au prix Nobel de la paix “pour sa politique énergétique et pour le développement des nanotechnologies en Russie”. Sa présidente, Aneta Ernest, y précisait : “L’idée du président russe de créer une Corporation russe des nanotechnologies est remarquable. C’est une contributuon importante à la recherche d’alternatives au pétrole et à la construction de la paix mondiale” (ce projet fédéral, doté de 180 milliards de roubles, a effectivement été annoncé en 2006 par Vladimir Poutine). Le rédacteur en chef de l’hebdomadaire Moskovskié Novosti, Vitali Tretiakov, tout en prenant les précautions d’usage étant donné l’origine mystérieuse de ce “Centre international”, a surenchéri dans son “journal politique” : quand bien même ce ne serait pas pour ce projet, la candidature de Poutine au Nobel de la paix serait tout à fait justifiée, estime-t-il, “pour avoir rétabli l’équilibre stratégique du monde en restaurant le rôle mondial de la Russie, ce qui renforce la sécurité internationale”.


                            • Tapioca Polvadot 3 janvier 2008 15:27

                              Vladimir POUTINE serait l’homme le plus riche d’ Europe Il posséderait en effet, 50% de la valeur totale de tous les EMPRUNTS RUSSES détenus par les français. The Moscow Times de Londres déclare « il serait le leader politique le plus corrompu de l’ Histoire mondiale ». Une polémique se développe au sein du Kremlin autour de la fortune personnelle du président russe, Vladimir Poutine, et des parts qu’il détient dans plusieurs compagnies d’Etat, affirme le quotidien britannique The Guardian à la « une » dans son édition du vendredi 21 décembre. L’affaire a été dévoilée dans une interview publiée par le magazine allemand Die Welt le 12 novembre. Un politologue russe, Stanislav Belkovsky, y affirme qu’en huit années passées au pouvoir, M. Poutine a accumulé des capitaux dont il évalue la valeur à 40 milliards de dollars, soit près de 29 milliards d’euros. Interrogé cette fois par The Guardian, Stanislav Belkovsky avance que le chef de l’Etat russe détient d’importantes participations dans trois compagnies russes du gaz et du pétrole, à travers « des compagnies offshore opaques ». Selon ce politologue, M. Poutine contrôle « dans les faits » 37 % des parts de Surgutneftegaz, une société de prospection pétrolière, également troisième producteur pétrolier russe. Il détiendrait également 4,5 % du géant Gazprom, et « au moins 75 % » de Gunvor, une compagnie de négoce pétrolier basée en Suisse et fondée par Gennady Timchenko, un ami du président Poutine, toujours selon Stanislav Belkovsky. Si ces informations sont exactes, elles feraient du président russe l’homme le plus riche d’Europe, et le placerait parmi les dix premières fortunes mondiales. Le quotidien russe The Moscow Times relevait, le 28 novembre, que les capitaux détenus par M. Poutine feraient de lui « le leader politique le plus corrompu de l’histoire mondiale, largement devant Ferdinand Marcos aux Philippines et Mobutu au Zaïre ». La fortune de Vladimir Poutine était jusqu’ici taboue. Mais des informations commenceraient à sortir, indique The Guardian, « en contrecoup d’une lutte interne au sein du Kremlin entre un groupe mené par Igor Sechin, l’influent chef adjoint de l’administration présidentielle russe, et un clan de »libéraux« auquel appartient Dimitri Medvedev », le successeur désigné de M. Poutine à la présidence. Les porteurs français d’emprunts russes vont demander que le dossier de la dette russe, soit examiné trés rapidement, et en tous cas début 2008. Le Président Nicolas SARKOZY s’était engagé dans une lettre de mars 2007 , a reunir les porteurs dés sa nomination à l’ Elysée , pour étudier avec méthode ce probléme trés sérieux. La Russie posséde maintenant une richesse qui lui permet de régler cette dette, et ainsi revenir dans le cercle des nations fréquentables financiérement. smiley

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