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Présidentielles au Chili : Michèle Bachelet contre Sébastien Piñera

Le premier tour des élections présidentielles au Chili a vu la candidate socialiste arriver en tête. Les élections des sénateurs et députés, qui avaient lieu à la même date, ont vu la victoire de la concertation, mais l’UDI (parti pinochettiste) reste le premier parti du pays.


C’est sans surprise Michèle Bachelet, la candidate socialiste soutenue par le président sortant Ricardo Lagos, qui est arrivée en tête du premier tour des élections présidentielles au Chili. Avec 45,95%, elle aura comme rival au second tour du 15 janvier 2006 le milliardaire libéral Sébastien Piñera (25,41%). Celui- ci, bien qu’entré dans la course tardivement, a réussi à devancer le candidat de l’extrême-droite Joaquin Lavin (23,22%). Il y a eu 2,5% de votes nuls et 1,17% blancs. Le second tour s’annonce très serré, puisque Michèle Bachelet ne pourra compter sur le soutien que d’une partie des électeurs du bloc "Ensemble nous pouvons" (PC, humanistes). Son dirigeant Thomas Hirsch, qui a obtenu 5,4% au premier tour, a refusé d’appeler à un report des voix, et a lui-même annoncé qu’il s’abstiendrait au deuxième tour. Les communistes, pour leur part, ont fait parvenir une liste de conditions "raisonnables" pour apporter leur soutien à Michèle Bachelet. De leur côté, les candidats de droite ont annoncé leur regroupement, et comptent sur un "effet Piñera" pour capter de nouveaux votes centristes, et aussi sur une discipline de vote des partisans de Joaquin Lavin. Celui-ci a très rapidement appelé à soutenir son ex-rival, et a pris la direction de sa campagne pour le deuxième tour.

Changements au Sénat

Mais si les électeurs chiliens votaient le dimanche 11 décembre pour le premier tour des présidentielles, ils devaient assurer aussi le renouvellement de la totalité de la chambre des députés et d’une partie du Sénat. À la suite de la réforme de la constitution, qui a été signée cette année, les sénateurs"désignés" et autres "sénateurs à vie" disparaissent. Le résultat (55,73% pour la concertation et 37,24% pour l’alliance) marque un vrai changement dans la structure de cette chambre, et assurera à Michèle Bachelet, si elle est élue, un soutien pour ses réformes. Le Sénat est par ailleurs considérablement rajeuni, et voit l’entrée de politiques au profil "citoyen" comme Guido Girardi en remplacement de "vieux renards" comme Andrès Zaldivar, ancien président du Sénat, issu du parti démocrate chrétien, grand perdant de l’élection.

A l’Assemblée, si on analyse les résultats par blocs, c’est la concertation qui obtient le plus grand nombre de députés (démocratie chrétienne 19 , parti socialiste 16 , PPD 21, PRSD 7 et indépendants 2 ) en passant de 62 à 65 députés . Le bloc de droite (Udi + Rénovation nationale) passe, quant à lui, de 57 à 54 députés. Paradoxalement, c’est le parti socialiste qui bénéficie le plus du système binominal (un système très compliqué mis en place par l’ex-dictateur Augusto Pinochet*) en obtenant 16 députés, avec seulement 8% des votes.

Système binominal, retraites, justice sociale

C’est pourtant ce système binominal qui fait aujourd’hui l’objet de toutes les critiques. Le prochain président, quel qu’il soit, devra forcément l’abroger, ou à tout le moins le changer. Pour cela, il peut faire appel à un plébiscite ou à un vote favorable de plus des deux tiers du Congrès, ce qui nécessite un accord entre les partis de la concertation et de l’alliance. Le président sortant Ricardo Lagos vient de tenter, entre les deux tours, de faire modifier ce système binominal par le Congrès. Mais Sébastien Piñera, qui se dit favorable au changement, n’a pas pu convaincre les députés de droite, qui se sont abstenus. Cela a permis à Michèle Bachelet de douter du leadership du candidat libéral sur ses alliés de la droite extrême. Les principaux défis du prochain président seront aussi la réduction des injustices sociales et le chantier du système de retraite, une bombe à retardement pour plus de la moitié des Chiliens, qui ne cotisent pas aux fonds de pension privés.

(*) Selon le système binominal, dans chaque circonscription électorale, deux parlementaires sont élus, députés ou sénateurs. Les candidats se présentent selon un système de listes, deux dans chacune d’elles. Mais les deux postes ne reviennent pas forcément à la liste gagnante. Pour que ceci soit possible, il faut que la somme des voix de ses deux candidats double le total de la liste qui arrive en deuxième place. Si tel n’est pas le cas, le candidat gagnant est élu, mais son compagnon de liste (même s’il est arrivé en deuxième place au total) n’est pas élu ; le poste revient au candidat ayant le plus de votes dans la liste arrivée deuxième, même si ce candidat est arrivé seulement troisième dans l’ensemble de la circonscription.



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LYonenFrance


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