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Accueil du site > Actualités > International > Présidentielles de mars au Congo : L’UE choisit son camp

Présidentielles de mars au Congo : L’UE choisit son camp

Dans une déclaration publiée le 19 février dernier, l’Union européenne a cru bon de prendre la voix et la place de l’opposition congolaise pour récuser tous les actes du processus électoral tel qu’il est mis en œuvre au Congo. Cette prise de position d’un partenaire qui a perdu les repères diplomatiques usuels, cache mal la volonté de l’occident de voir le Congo s’embraser.

La déclaration de l’Union européenne sonne comme un coup de massue sur les usages diplomatiques. Alors que tout le monde sait que l’Union européenne est et reste pour le Congo, comme pour d’autres pays africains, notamment, un partenaire qui appuie le Congo, à travers le financement de quelques projets de développement, l’organisation européenne s’est donnée plutôt le rôle au service de l’opposition congolaise.

 Le discours diplomatique est toujours empreint de respect, surtout quand le contenu est destiné à un Etat, donc à un peuple souverain. Cela est valable pour l’Union européenne.

 Visiblement, l’UE n’a pas de bonnes informations de Brazzaville. Elle doit avoir été induite en erreur. Mais, par qui ? Peut-être par des opposants congolais dont le seul espoir repose sur son soutien. Peut-être aussi par sa représentante dont certains à Brazzaville, reprochaient, par moment, l’activisme aux côtés de l’opposition.

 Mais, on sait aussi que Guy Brice Parfait Kolelas, parce que membre du FN quand il était en France, bénéficie depuis sa sortie du gouvernement, du soutien ouvert de Louis Aliot, lui aussi, membre du parti Frontiste français et député européen pour ce compte. De ses bureaux feutrés de Paris et de Bruxelles, cet extrémiste français qui rêve déjà de voir son « poulain » au trône, multiplie des actes contre le Congo depuis lors. Ce n’est donc pas étonnant que l’UE prenne la parole au même moment que l’opposition faisait entendre sa voix à Brazzaville et surtout avec les mêmes mots ou presque.

 Néanmoins, en attendant de savoir et de comprendre comment et pourquoi un partenaire au développement s’est brutalement transformé en un gouvernement bis pour le Congo, les Congolais ont leur idée de cette diplomatie discourtoise instaurée par l’Union européenne : l’UE a choisi a bel et bien clarifié le choix de son camp, celui de l’opposition.

 

 Le danger du jugement par anticipation par l’UE

 Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu au Congo le 20 mars 2016. Ce n’est qu’un rappel. Pourtant, un mois avant le scrutin, l’Union européenne estime que ses résultats ne seront pas justes.

Cette appréciation tronquée et anticipée sonne avec évidence comme l’appel de pied de l’UE aux leaders de l’opposition auxquels elle entend apporter son soutien multiforme, quand ceux-ci lanceraient leurs partisans dans les rues de villes congolaises, pour aller casser et piller, au nom de la contestation des résultats. Et quand Bruxelles estime que la réforme de la loi électorale du 23 janvier ne permet pas d'assurer « le caractère démocratique, inclusif et transparent de l'élection », elle voudrait donner à l’opposition le prétexte de retirer ses candidats, à la veille du scrutin, juste pour atteindre un objectif : semer le trouble ou au besoin jeter le discrédit sur le processus électoral.

Et, l'Union européenne a conclu son ‘’procès d’intention déclaré’’ par une décision, elle aussi anticipée : elle n’enverrait pas d'observateurs pour le scrutin de mars prochain. A juste titre, le ministre Thierry Moungalla a qualifié cette attitude de curieuse :« Cautionner ou refuser de cautionner à l’avance une élection qui n’a pas encore eu lieu, ça me paraît un concept assez curieux, a-t-il réagi sur Rfi à ce sujet.

 

Les réformes en question

Au-delà de l’étonnement que suscitent les affirmations de l’UE sur le processus électoral en cours au Congo, il y a l’incompréhension sur sa volonté de retirer au président de la République la prérogative de nommer les cadres aux hautes fonctions de l’Etat. Selon RFI, « l'Union européenne émet des réserves notamment sur la désignation par décret présidentiel du chef de file de la Commission électorale … ». De même que l’UE récuse le droit du chef de l’Etat de convoquer l’élection présidentielle anticipée. L’« anticipation du scrutin de trois mois ne permettra pas une amélioration substantielle du fichier électoral dont la qualité risque d’affecter les résultats du vote  », écrit l’Union européenne.

Au fond de ce procès d’intention, transparait le regret, sans doute d’un lobby qui parle au nom de toute l’Europe et qui craint que ces délais ne permettent pas à ‘’son candidat’’ de gagner.

Or, la loi électorale que l’UE incrimine du haut de ses salons feutrés de Bruxelles est le fruit d’un consensus, puisque le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, Raymond Zéphirin Mboulou a eu plusieurs séances de travail avec les leaders des partis politiques du pouvoir comme de l’opposition et ceux de la société civile à cette fin. Ainsi, le bulletin unique et la mutation de la Commission nationale d’Organisation des Elections (CONEL) en Commission nationale électorale indépendante (CNEI), pour ne citer que ces amendements de fond ont été des demandes régulières et pressantes de la classe politique congolaise dans son ensemble.

 Parce qu’elle n’a dû écouter qu’un seul son, l’UE n’a pas eu l’information sur le caractère paritaire de CNEI et des commissions qui la composent. L’Union européenne ne sait pas, non plus, que la révision des listes électorales a été également consensuelle. Elle a été menée de façon paritaire entre l’opposition et la majorité au pouvoir, ainsi que la société civile.

 Selon le président de la CNEI, la révision des listes électorales donc consensuelles a abouti à l’inscription d’à peu près 70 000 à 80 000 Congolais supplémentaires ». Cette augmentation de l’électorat est la conséquence de l’appel lancé par tous les partis au peuple congolais afin qu’il se fasse massivement enrôler.

 

Incitation au boycott du scrutin

 L’UE a déjà envoyé des observateurs dans des pays où le pouvoir qui organisent des élections arrête des opposants pour un rien, où les libertés individuelles ne sont guère respectées. Cela ne se passe pas au Congo. Sa décision de ne pas envoyer les observateurs le 20 mars prochain n’est que le fruit d’une mauvaise lecture du contexte actuel au Congo. Elle symbolise ni plus ni moins que le boycott vers lequel il pousse l’opposition congolaise.

 Sauf que, comme l’a dit le ministre congolais de l’information et des médias, porte-parole du gouvernement, Thierry Moungalla à RFI, le droit de l’Union européenne « de ne pas envoyer d’observateurs lui retire aussi au passage la possibilité demain de juger de la qualité du processus qui va aboutir à l’élection du président de la République ».

Le 06 janvier 2016, en réponse aux vœux que lui avait présenté le corps diplomatique accrédité en République du Congo, le président de la République, Denis Sassou N’Guesso avait pourtant invité les « partenaires, bilatéraux et multilatéraux à accompagner, sur des bases saines, le Congo et son peuple vers la tenue du prochain scrutin présidentiel. Un scrutin que nous voulons libre et transparent ».

 Il n’est pas certain que la tonitruante déclaration de l’Union européenne s’inscrive dans cette optique qui implique, par ailleurs, la nécessité pour « tous les amis du Congo » de respecter et de soutenir « l’expression de la souveraineté du peuple congolais », disait Denis Sassou N’Guesso à la même occasion. 


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1 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 2 mars 18:32

    partout ou l’UE s’en mêle il ne reste que des ruines et des miséreux, pire qu’Atilla ....

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